Bof

On poursuit la tradition avec la publication du texte écrit pour le micro ouvert de la dernière soirée du Collectif RAMEN, le 18 mai, à la Librairie St-Jean-Baptiste dont le thème était «Mois de meh».

Qu’est-ce qui me fait dire «meeehh» ou «bof»? Voici ce que j’ai pu sortir en trente minutes. La liste aurait pu être plus longue si j’avais eu plus de temps, ce qui me fait dire que cette contrainte était une bonne chose.

BOF
(ou la liste des choses qui me font dire bof)

Les allergies qui commencent avec les bourgeons et qui se terminent avec le froid
Internet qui plante
Facebook qui ne loade pas
Quand Nomade n’est pas vraiment synchro avec les autobus
Manquer l’autobus
Être fatigué
La charte des valeurs du PQ
Le test des valeurs de la CAQ
Faire croire qu’on a une crise avec les accommodements raisonnables
Utiliser l’expression « immigration illégale »
Le détournement du mot progressiste
Les stations-services qui font maintenant payer pour gonfler nos pneus
Une toilette bouchée
Les personnes scandalisées par Hubert Lenoir
Être coincé avec plein de vieilles batteries parce qu’il ne faut pas les jeter mais que je vais jamais dans un écocentre
Me faire des lunchs
Des poutines avec pas assez de fromage
Le goût de la Pabst
Les automobilistes qui accélèrent dangereusement après avoir été ralentis par un piéton
L’absence de piste cyclable est-ouest autour de la rue St-Joseph
La plus récente une du magazine Urbania avec Richard Martineau
Le sourire d’Andrew Sheer
Le mariage de chose pis du petit fils d’Élisabeth deuxième du nom
MétéoMédia
Les bulletins de circulation
Faire ses rapports d’impôts
Pauline Marois qui pense que la parité politique va se faire tout seul
Les événements avec un nom anglophone
Les centres d’achats
Les galas en général
La compétition en général
Ceux et celles qui se pensent mieux que les autres
Me coucher quand il fait encore soleil
Mes collègues journalistes qui ne comprennent toujours pas le black bloc même si ça fait 20 ans que ça existe
Plusieurs caricatures de Ygreck
Ce que pense Kanye West
L’humour de Guy Nantel
La nouvelle chanson des Backstreet Boys
Toutes les saisons de La Voix
Pis District 31
Les réunions en appel conférence ou sur Skype
Parler sur Skype en général
La cruise – pourquoi on dit pas juste : tu me plais, veux-tu apprendre à me connaître?
Être incapable de te dire que tu me plais
Ne pas savoir comment terminer une liste de choses qui me font dire bof

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Parler seul

Texte écrit pour la soirée du Collectif Ramen du 20 avril dernier, toujours à la Librairie St-Jean-Baptiste. Le thème était Bacchanales, j’ai plutôt opté pour un sujet qui me prend beaucoup la tête depuis plusieurs semaines, mes (in)aptitudes sociales.

PARLER SEUL

Pourquoi dis-tu que le ciel est bleu?
Parce que quand je le regarde, il est bleu.

Pourquoi est-il bleu?
Je ne sais pas pourquoi, mais je sais qu’il est bleu.

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Elle m’a organisé un surprise pour ma fête. Rien de gros, juste quelques amies pour prendre une bière alors que je pensais qu’on serait juste trois. C’était super gentil.

Toutes ces personnes sont mes amies, mais c’est sa gang. Toutes ces personnes étaient ses amies à elle avant de devenir mes amies.

Elle aurait invité mes ami.e.s si j’en avais eu.e.s. Mais qui?

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Adolescent, on me traitait de nerd ou de bolé. Que je connaissais déjà ce que le prof essayait de nous apprendre me donnait un air bizarre. Je me suis mis à retenir que je savais des choses.

À cette époque, je croyais que mon absence d’ami.e.s étaient parce que tout le monde était con.

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En un an sur la Côte-Nord, elle a eu beaucoup de plus de visites que j’en ai eues en six ans. Pour être honnête, je suis même surpris d’en avoir eu quatre. J’aurais misé sur la moitié seulement.

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Au début de ma vingtaine, on me traitait de vieux sage, de vieille âme. Je n’ai jamais trouvé que ça sonnait cool. Pas insultant non plus. J’ai fini par m’en amuser. C’était un des rares compliments qu’on me faisait dans la vie, aussi bien en faire mien.

Au fond de moi, quand même, je trouvais que ça me traçait une ligne un peu triste, un peu grise, comme Gandalf. J’avais donc l’impression que ça confirmait ma place sociale. Les vieux sages sont toujours des loups solitaires. Les vieux sages meurent seuls.

À cette époque, je croyais que mon absence d’ami.e.s étaient parce que je ne m’aimais pas.

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Quatre jours à l’hôpital. Trois semaines en convalescence, confiné à un lit et à un divan. Elle a pris soin de moi. Sa famille a pris soin de moi. Aucune visite d’un ou d’une amie.

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Mi-trentaine, je fais un emploi public, très public. Je rencontre beaucoup de gens, vraiment beaucoup de gens, dont plusieurs sont incroyablement inspirants et beaux. Je reçois beaucoup de compliments de gens que je ne connais pas.

Malgré tout, je peux passer deux semaines sans n’avoir de nouvelles de personnes, sauf si c’est professionnel. En fait, si j’enlevais mes activités professionnelles ou communautaires… je passerais plusieurs semaines sans voir personne. J’ai plus d’interactions avec des inconnu.e.s qu’avec des ami.e.s.

À cette époque, je croyais que j’étais trop occupé pour créer des amitiés.

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J’ai compris en revenant de France que ça ne change absolument rien, dans ma vie intime et quotidienne, que je sois à Paris, à Fermont, à Montréal ou à Québec. La distance que j’ai avec les gens n’est pas physique, elle est fondamentalement psychologique, un handicap social.

Je ne m’ennuie pas des gens. Je ne prends de nouvelles des gens et je n’en donne pas.

À cette époque, je me dis que je suis, en fait, un ami de marde.

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Toute ma vie on m’a traité de personne intelligente alors que moi je me trouve bête.

Je ne sais pas l’entregent. Je ne comprends pas les relations sociales. Je ne sais rien de l’amitié. Je ne sais pas comment créer une conversation. Je ne sais pas comment créer des liens avec les gens. Converser est peut-être l’activité qui me demande le plus de concentration et d’énergie dans la vie.

Tu vas me dire que ça ne paraît pas. Je te réponds que j’ai développé des trucs pour le cacher.

Ceci n’est pas une complainte. C’est une confession. Un coming out.

Elle m’a parlé de douance. Je ne sais toujours pas comment faire pour connecter avec les gens, mais je commence à comprendre pourquoi je trouve ça aussi dur.

Ce soir, je me dis que le ciel a peut-être un autre bleu.

Aventures françaises épisode dix – Drôles de chips!

Un moment donné, il faut savoir s’arrêter, prendre une pause.

En douze journées, je n’ai pris qu’une seule soirée à ne rien faire. Le reste du temps, ça été un mélange de congrès et de tourisme de 9h à 22h ou 23h, tous les jours. Et ça, à un moment, ça tire du jus.

Mon corps, à 16h, tantôt, m’a dit qu’il en avait assez. Ça suffit. Prends ça cool avant ton vol demain. Tu n’arrives plus vraiment à marcher. Fait quand même depuis le 17 mars que je marche tous les jours, dans des villes, dans des villages, dans des châteaux, dans des cathédrales, dans des musées. Je ne suis peut-être pas en forme, mais marcher huit, neuf ou dix heures de temps, tous les jours, six jours d’affilé, mon corps, en particulier mes cuisses et mes jambes, n’est pas habitué. C’est pas demain que je vais pouvoir faire Compostelle – ce que j’aimerais vraiment faire, un jour.

Mine de rien, quand même, j’ai visité Tours, la ville et la région. J’ai visité Bordeaux. J’ai visité le château de Chenonceau. J’ai visité Paris, plus particulièrement marché dans Montparnasse, Belleville, Le Marais, les 6e, 7e, 8e, 1er, 2e, 13e, 11e arrondissements (de ce que je me souviens), l’Île-de-la-Cité et sur le bord de la Seine. J’ai visité les musées des Beaux-arts de Bordeaux, des Beaux-arts de Paris, du Quai d’Orsay, du Quai Branly. J’ai assisté aux 11e Assises internationales du journalisme. Et j’en oublie sûrement.

J’ai essayé plein de tramways, plein de lignes de métro! J’a-do-re ça!

Il y a plein de lieux que j’aurais aimé avoir le temps de visiter, de voir. Il y a des lieux que j’ai vus plus souvent que je l’aurais voulu (certains trucs sont toujours sur le chemin…). Si j’avais eu plus de temps ou plus d’argent.

C’est toujours comme ça, quand on voyage. On vient une première fois dans une ville ou une région. On arrive avec ce qu’on connaît, mais surtout avec tout ce qu’on ne connaît pas. Il y a toujours une période pour comprendre le coin, sa dynamique, son urbanisme, sa personnalité. Habituellement, ça me prend une journée complète pour saisir la ville. Et c’est là que le vrai fun commence.

Ayant passé sept jours à Tours, j’ai fini par moi-même y prendre des débuts d’habitudes. Avec deux soirs et deux jours à Paris seulement, pas tous consécutifs, j’ai à peine eu le temps de prendre son beat.

Alors on commence à se faire une liste, à se préparer à un éventuel retour, sans savoir si ça va arriver ou non. J’en ai une pour Vancouver, New York, Bordeaux et une pour Paris.

J’ai connu quelques difficultés pendant mon voyage (Visa et Desjardins, je vous dis vraiment un gros fuck you), mais ça demeure un privilège quand même, d’avoir pu venir deux semaines en France, même si ça m’a ruiné, malgré la bourse de LOJIQ. Chaque fois que j’ai la chance de voyager, j’en sors grandi, avec une meilleure compréhension du monde, avec une plus grande vision des choses et avec de nouvelles idées.

Bref, là, à mon dernier soir, mon corps avait besoin de rester tranquille et ma tête de s’assurer que j’étais prêt pour le retour à Québec. J’ai donc été me prendre un fromage et une baguette que j’ai mangés dans ma chambre en écoutant un excellent documentaire sur Nina Simone et là, j’écris ce texte en grignotant des chips.

En France, ils n’ont pas les mêmes saveurs que nous. Bon, j’ai vu dans mes rares visites en épicerie qu’ils ont aussi BBQ, nature et parfois ketchup, mais ils ont aussi Poulet rôti et Sauce bolognaise. C’est ça que j’ai essayé, pour là, et ce n’est pas très bon. J’aurais pu prendre une valeur sûre, mais je me disais que je devais vivre l’expérience française en essayant une saveur française. Poulet rôti aurait sûrement été un meilleur choix.

chips

Merci d’avoir suivi mes aventures françaises. Les plus perspicaces d’entre vous auront remarqué qu’il manque les épisodes 8 et 9, puisque sur Facebook, c’est passé de 7 à 10 d’un coup. L’absence de wifi à Paris explique ceci. Ces épisodes seront mis sur mon blogue personnel, comme les autres épisodes.

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Lire l’épisode un – Derrière le décor
Épisode deux – On se couche tôt à Tours!
Épisode trois – Les surprises de Tours!
Épisode quatre – Tours, la belle!
Épisode cinq – Un train peut en cacher un autre
Épisode six – Le calme dominical
Épisode sept – Un crochet par Bordeaux
Épisode huit – À la recherche du wifi
Épisode neuf – Le temps des musées
Épisode dix – Drôles de chips!

Aventures françaises épisode neuf – Le temps des musées

À Paris, j’ai joué les touristes, évidemment. Je me suis un peu perdu aussi, n’ayant pendant une journée aucune note ou référence sur comment me rendre à tel endroit.

A New York, c’est facile se déplacer quand même. Les rues sont en quadrilatères et, souvent, sont nommées avec un numéro. À Paris, des rues droites, c’est rare. En plus, en France, les rues changent régulièrement de noms. Pendant trois ou quatre coins de rues, c’est tel nom, puis tout d’un coup, ça change, et encore quatre coins de rues plus loin. C’est dur, dans ce temps-là, se faire des repères. Tu pensais recroiser telle rue, ce que tu fais, mais tu le sais pas, elle a changé de nom!

Je me suis promené dans plusieurs arrondissements de Paris, dont Belleville, où était mon hôtel (de marde). Un quartier très familial, plein d’enfants partout, c’était sympathique. Très multiethniques aussi. Plus pauvre, aussi. Un quartier fait sur une bute. Même la rue Plat n’est pas plate. Il y a un belvédère avec une belle vue sur Paris. J’ai vu plusieurs références aux Triplettes, mais aucune à la famille Malaussène – si ce n’est que j’ai vu Le Zèbre (est-ce le même) et que j’ai reconnu un peu cette ambiance décrite dans les romans.

Belleville
Belleville
Belvédère de Belleville

Lorsque je suis arrivé près de la cathédrale Notre-Dame, évidemment, la chanson de la comédie musicale est aussi arrivée dans ma tête, avec la maudite voix de Bruno Pelletier. J’ai rien contre lui, tant qu’il n’est pas dans ma tête. B

Ceci dit, je n’ai jamais vu la comédie musicale de Plamondon, ni aimé les chansons, je n’ai pas vu le film Le bossu de Notre-Dame de Disney, je n’ai jamais lu non plus Notre-Dame-de-Paris de Victor Hugo, mais je connais quand même l’histoire de Quasimodo, m’étant toujours vu dans ce personnage, fak, malgré tout, il y a quand même un symbole autour de Notre-Dame.

Notre-Dame-de-Paris

Mais le plaisir n’a pas duré longtemps, parce que ça regorge de touristes, et ça, ça gâche souvent le fun, aussi. Puis j’ai trouvé les autres cathédrales visitées avant plus belles.

La jeune fille sourit. Fort. Clic. Elle ne sourit plus. Elle regarde la photo, sa moue sous-entend un bof. Elle s’ajuste. Elle sourit. Elle sourit plus, ou mieux. Elle est devant Notre-Dame-de-Paris, elle doit être heureuse sur son selfie. Pour montrer à quel point elle vit pleinement son voyage. Ou pour ses petits-enfants. À quel point elle a vécu pleinement sa jeunesse et qu’on se dise qu’elle mordait dans la vie à pleines dents!

Le monsieur à côté, lui, garde son air bête pendant son selfie. Comme si c’était un devoir et non une envie.

La jeune fille se déplace. L’autre selfie ne devait pas être encore assez bon, pas le bon angle, pas assez heureuse. Là, elle sourit encore plus, pour montrer à quel point elle est heureuse. On lui souhaite bien des «j’aime», voire des «coeurs».

Je suis content d’avoir vu Paris, vraiment. Il y a des trucs magnifiques et ça regorge d’histoire. En même temps, c’est un peu comme le Vieux-Québec maintenant, c’est pas très populaire, je trouve – du moins, le centre-ville. C’est très touristique, très affaires, très «lieux de pouvoir», mais pas vraiment pour le peuple, le «monde ordinaire».

Il faut des sous pour l’apprécier et y chiller. Je doute que m’y tiendrais si j’étais Parisien, comme je ne me tiens pas dans le Vieux-Québec. Ça ne m’a pas donné envie de rester à Paris. Je ne m’y sentais pas à ma place. Ceci dit, faut lui donner que contrairement au Vieux-Québec, ce centre de Paris semble plus actif.

Paris au bord de la Seine

J’ai visité quelques musées à Paris. D’Orsay, Branly et des Beaux-arts. J’aurais aimé aussi visiter la crypte sous Notre-Dame, mais c’était fermé dû à une grève nationale.

Le Musée d’Orsay est magnifique. Cette vieille gare du début du 20e siècle a vraiment bien été rénovée, revalorisée. On y retrouve aussi de belles œuvres, peintures et sculptures.

Musée d’Orsay
Musée d’Orsay

Il y a quand même des trucs étranges. Par exemple, pendant un moment, c’était la mode de revisiter la mythologie gréco-romaine. Alors tu vois dans la même peinture des anges, venant clairement de la mythologie catholique, avec des référents de l’Antiquité. C’est beau, mais dans ma tête, une voix se dit aussi WTF, pourquoi des chérubins accueilleraient Vénus à sa naissance?

Vénus avec des chérubins

D’ailleurs, on voit beaucoup de femmes nues. Parfois des hommes, mais beaucoup de femmes. Je dis femmes, mais ce sont surtout de jeunes filles. Non seulement elles sont l’air jeune, mais ça manque de poil. Sauf pour L’Origine du monde de Courbet (qui a d’ailleurs fait rire un groupe de jeunes hommes lors de mon passage), je n’ai pas vu beaucoup de poils, que ce soit aux pubis, aux aisselles, sur les jambes…

Autres temps autres mœurs dira-t-on, mais à un moment donné, ça devient malaisant quand même de voir autant de nues de filles qui ne sont sûrement pas majeures. Pourquoi le féminisme? Voici une des raisons.

L’aspect très «Européens blancs» des Beaux-arts m’a donné envie de voir autre chose aussi, ce qui m’a amené à Branly, qui propose justement de plonger dans l’art du reste du monde, l’Océanie, l’Asie, l’Afrique et les Amériques.

Bon, parfois il y a un ton un peu colonisateur, mais ça demeure une belle incursion dans de magnifiques œuvres aussi intéressantes que les Beaux-arts, mais avec une touche de prétention de moins.

Oeuvres au Musée Branly

Il y avait aussi une exposition de la photographe Bettina Rheims, une exposition célébrant la diversité de la femme, «héroïnes qui ne cherchent pas à séduire, mais à s’affirmer pour celles qu’elles sont, chacune selon sa vie, son âge, son histoire. Ce sont des êtres de chairs et de sang, avec leurs regards et leurs signes distinctifs, et non des effigies ou égéries parfaites. » De belles photographies, mais un peu court. Je suis resté sur mon appétit.

Oeuvre de Bettany Rheims

Intéressant, aussi, de voir les types de visiteur.euse.s de musée. Il y a les groupes scolaires, évidemment. Des groupes assez internationaux, à Paris, disons-le. Il y a la personne qui prend tout en note et qui photographie toutes les œuvres. La personne qui semble collectionner les œuvres et qui vient en voir une ou deux en particulier. Il y a l’artiste qui vient chercher de l’inspiration ou qui vient dessiner. Il y a l’étudiant.e en art qui explique à son ami.e l’histoire derrière l’oeuvre. Et il y a le faux amateur comme moi, qui aime ça, mais qui ne connaît pas vraiment ça non plus.

À un des musiciens que j’ai vu venir jouer dans le métro directement, je me suis demandé si c’était sympathique ou dérangeant. Clairement, ça dérange ceux ou celles qui sont sur leur téléphone ou écoutent quelque chose. Aussi, le métro étant assez tassé, il entre clairement dans la bulle de ceux assis juste à côté des portes, où il s’installe. D’un autre côté, ça met de la vie pour ceux et celles qui ne sont pas sur leur téléphone. Lui, il peut faire un peu de sous (même si je n’ai vu personne donner quelque chose). En tout cas, il jouait vraiment bien du mélodica.

J’aime l’esthétique du métro de Paris, en général. Les stations sont presque toujours en briques blanches, avec les noms de stations écrits en blanc sur fonds bleus. Cette blancheur donne beaucoup de lumière. C’est sobre et classique. Super efficace. Même les publicités très nombreuses s’intègrent bien. Parfois, le réseau essaie de donner une personnalité différente, ce qui ne marche pas toujours, comme à la station de l’Assemblée-nationale ou de Franklin Roosevelt. Je comprends qu’on essaie de faire quelques stations différentes du traditionnel tout blanc, mais c’est pas toujours réussi.

Métro de Paris

On dit souvent que les Parisien.ne.s sont chiant.e.s. Je ne les ai pas trouvé.e.s bêtes à ce point, mais je comprends quand même. Je dirais plus qu’il y a une absence de courtoisie. Je peux imaginer pourquoi. Il y a tellement de gens dans cette ville, mêlés à tellement de touristes en même temps. À un moment, à force de croiser des inconnu.e.s, tu t’en fous. Tu fais tes affaires pis tu t’en crisses des autres.

En terminant, je pense qu’au Québec on devrait s’inspirer des toilettes françaises. En général, les cabines sont plus intimes. Ce ne sont pas juste des petits panneaux cheaps, avec des immenses fentes. Ce sont souvent des cabines fermées complètement, plus confortables, plus intimes. Faire caca est plus agréable dans ces cabines que dans les nôtres.

Sauf dans la toilette de mon hôtel de Paris que j’ai évitée. Une toilette avec un couvercle qui ne tient qu’à une vis, si bien que tu ne dois pas toucher au banc. Une toilette si petite que chacune de mes épaules touchait les murs. Nos toilettes chimiques sont plus spacieuses, c’est dire. Ça, ça ne doit plus exister.

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Lire l’épisode un – Derrière le décor
Épisode deux – On se couche tôt à Tours!
Épisode trois – Les surprises de Tours!
Épisode quatre – Tours, la belle!
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Épisode six – Le calme dominical
Épisode sept – Un crochet par Bordeaux
Épisode huit – À la recherche du wifi
Épisode neuf – Le temps des musées
Épisode dix – Drôles de chips!

Aventures françaises épisode huit – À la recherche du wifi

Après sept jours au même endroit, on commence à se faire des petites habitudes, déjà. Une forme de routine s’installe, surtout quand tu es dans un endroit agréable.

J’ai connu un clash assez fort en passant de Tours à Paris, c’est-à-dire d’une des plus cool chambres que j’ai eue dans ma vie, malgré son prix de 60$ par nuit, et l’une des pires que je me suis louée, à peine moins cher que l’autre. Bon, c’est à Paris, tout est plus petit, plus cher, etc., mais quand même. J’ai rarement été dans un endroit où j’évitais la toilette et la douche, et j’en ai loué des trous, j’en ai des faits des auberges de jeunesse. Le clash a fessé, mais aussi pour d’autres raisons.

En plus, le wifi n’était pas fourni. On devait payer, soit 3 euros pour 24h, 5 pour 48h, etc. J’ai refusé au début, parce que je trouvais que c’était une arnaque, me disant que j’en trouverais bien dans un café quelque part. Mais non.

J’ai marché jusqu’à m’en perdre dans Belleville pour trouver un endroit avec du wifi, mais non. J’ai vu une place proposant thé, café et grignotines à volonté et du wifi selon un prix horaire, mais il fermait…

Station Belleville du métro de Paris

J’ai vu que ce n’était pas que dans ce quartier, le wifi est assez rare à Paris en général. À un moment, j’ai même fait exprès de manger dans un Mcdo pour profiter de leur wifi… qui ne marchait pas. Condamné à ne pas avoir de wifi à Paris. C’est quoi ton problème avec le wifi, Paris?!

Ce n’est pas pour surveiller mes alertes Facebook que je veux du wifi, je me sers d’Internet pour me noter des indications sur les chemins à prendre, sur les lignes de métro ou d’autobus à prendre, sur les lieux que je veux visiter, pour décider quels endroits j’ai envie de visiter, bref, pour planifier mes déplacements ou me faire des repères si j’improvise.

D’ailleurs, demander des indications aux gens est risqué. Une fois sur deux, ce n’est pas la bonne information. Une fois sur quatre c’est incomplet, ou les gens oublient que tu ne connais pas le coin et que leur référence pour t’aider ne fait aucun sens pour toi. L’autre fois sur quatre, c’est bon, ça t’aide vraiment, en y ajoutant un peu de ton instinct – souvent, quand même. Les gens ne font pas exprès, ils veulent bien faire, mais les intentions, ça ne suffit pas toujours.

Après une journée à tourner souvent en rond à Paris pour me rendre à certains endroits, j’ai fini par me prendre un forfait 24h de wifi dans la chambre d’hôtel. À quel point ça sent l’arnaque? En plus de payer, il faut se taper une publicité chaque fois qu’on se branche, le code est bon que pour un seul appareil, la connexion est lente et, surtout, ton ordinateur te dit de te méfier du portail et de ne pas aller sur ce site. De la grosse marde.

Avant d’aller à Paris, j’ai pris le train, pour une dernière fois, à partir de Tours. Les voyages à Tours se terminent ou commencent toujours avec la correspondance de St-Pierre-des-corps. C’est tellement proche de Tours que c’est à peine cinq minutes de train. En fait, c’est tellement proche que les trains ne se donnent même pas d’élan, comme si le train restait en première tout le long, comme s’il se laissait glisser vers Tours ou St-Pierre-des-corps. Cet arrêt n’est pas là parce que St-Pierre-des-corps est une ville importante, pentoute. Mais plusieurs TGV et autres trains partent de là et ne se rendent pas à Tours directement. Une simple question de logistique ferroviaire.

Prendre le train aussi souvent en France, plus le métro et les tramways, m’a fait réfléchir sur notre propre système ferroviaire au Québec. Notre triste réseau ferroviaire, dis-je. On s’obstine là sur un TGV, un TGF ou un monorail pour relier Québec et Montréal. C’est dire à quel point on n’a pas de réseau.

En France, tu as des TGV, des trains régionaux et des trains interrégionaux. Il y a assez de rails pour avoir différents services et types de liaisons. Les gares sont assez grosses pour avoir plusieurs quais. Et il y a quand même du transport de marchandises par trains.

Nous, on n’a tellement pas de chemins de fer que VIA Rail doit se tasser pour laisser passer le train de marchandises. On n’a tellement pas de chemins de fer qu’on ne peut pas faire une formule régionale et une formule express.

On en a déjà eu, des chemins de fer, mais on les a détruits ou abandonnés. Avez-vous déjà vu une vielle photo de la Gare du Palais, dans le centre-ville de Québec? C’était plein de chemins de fer.

Il faut réduire nos émissions de gaz à effets de serre qui sont en bonne partie émis par le transport, surtout par nos automobiles. Le train m’apparait comme une option. Ça peut être plus vert. Plus confortable aussi. Plus rapide. Ça serait une avenue à étudier pour réduire nos dépendances à la voiture.

Sur les huit trains pris en France, j’ai vu quatre configurations différentes. Des banquettes avec des tables, des bancs en paire avec un couloir au centre, des sièges en solo à côté de sièges en cabines et une forme plus classique de quatre sièges collés, en face à face, donc huit places dans des cabines.

Une cabine de train

Qu’importe la configuration, tout le monde semble se chercher une place seul, même dans les cabines de huit. Il faut dire que ces cabines, pleines, ne doivent pas être confortables. Il doit clairement manquer de places pour les jambes lorsque deux personnes sont assises face à face.

J’ai eu une seule voisine de sièges lorsque j’étais dans cette cabine pour huit personnes. Une belle jeune noire musulmane. Un brin nerveuse si je me fis à son souffle, ses mains et sa jambe droite. Le genre de beauté qui attire le regard, mais que tu ne veux pas fixer non plus pour ne pas avoir l’air freak, mais surtout pour ne pas être lourd ou agressant. Alors tu essaies de ne pas la regarder, de regarder partout sauf elle. Tu aurais envie de juste lui dire qu’elle est magnifique, mais c’est dur dire ça sans avoir l’air de draguer ou sans avoir l’air intense. Fak tu laisses faire et tu continues d’essayer de regarder ailleurs.

En terminant, pendant ce voyage Tours-Paris, j’ai remarqué certains arbres qu’on n’a pas au Québec. Plus encore, je me suis dit que j’avais déjà vu ces arbres dessinés, dans des bandes dessinées, me disant que leurs formes particulières étaient une manière figurative de représenter des arbres… mais non, ils sont vraiment comme ça. Ça m’a ému.

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Épisode trois – Les surprises de Tours!
Épisode quatre – Tours, la belle!
Épisode cinq – Un train peut en cacher un autre
Épisode six – Le calme dominical
Épisode sept – Un crochet par Bordeaux
Épisode huit – À la recherche du wifi
Épisode neuf – Le temps des musées
Épisode dix – Drôles de chips!

Aventures françaises épisode sept – Un petit crochet par Bordeaux

Vous devez être tanné.e.s de lire mes aventures en France, non?

J’étais vraiment excité de me rendre à Bordeaux ce matin. Je ne sais vraiment pas pourquoi.

Bordeaux
Rue du Quai des bourgeois à Bordeaux

L’idée de visiter une région de plus pendant mon périple français, sûrement. Ou parce que c’est une ville dont on en entend beaucoup parler. C’est une ville historique, aussi, ou parce que quelqu’un près de moi y a vécu quelques mois. Je sais pas exactement pourquoi, donc, mais j’étais ben excité. Du moins, aussi excité que je puisse l’être. Aux yeux des gens ne me connaissant pas, j’avais sûrement l’air « normal », comme d’habitude, voire blasé.  

Mais je m’imaginais une autre ambiance. Je veux dire, juste un peu plus chaud et ensoleillé. Bordeaux rime avec chaleur et soleil, dans ma tête. Mais non, c’était gris, bon un peu de soleil entre 13h et 15h qui a créé de faux espoirs, mais surtout froid et venteux. Rare que je dis ça, mais à 17h, j’avais frette.

Disons que la France et l’Europe sont frappées par une vague de froid. Il y avait une petite neige sur les toits ce matin à Tours. Une dame dans le même train que moi racontait à ses amis que ce matin, elle en avait comme ça, de la neige, mimant avec ses mains un pied ou une trentaine de centimètres… Mais ce n’était pas l’épaisseur comme nous, mais la surface de son pare-brise recouvert par la neige!

Et dire que j’ai laissé mon foulard et ma tuque dans ma chambre d’hôtel. À à un moment, le froid a eu le dessus sur mes marches dans Bordeaux. Pas grave, c’était le temps de manger et prendre le train pour revenir à Tours.

Dans cette marche, j’ai visité une cathédrale, St-André. Un édifice avec quelques siècles dans le corps – commencée au XIIe, terminée au XVIe – , comme celle à Tours, d’ailleurs. C’est magnifique, disons- le. Toutes ces teintes de gris des pierres et des briques. La lumière qui donne un jeu d’éclats et de sombre. Les énormes arches. Les gargouilles. Tout ça était calculé, imaginé. Impressionnant.

Cathédrale St-André à Bordeaux
Cathédrale St-André à Bordeaux
Cathédrale St-André à Bordeaux
Cathédrale St-André à Bordeaux
Cathédrale St-André à Bordeaux
Cathédrale St-André à Bordeaux

Toujours dans les vieilles affaires, ce restant d’un édifice romain, des ruines du palais Gallien. Des vestiges de la cité gallo-romaine qui est devenue Bordeaux. On raconte que ces vestiges ont résisté pendant des siècles au temps et aux humains, jusqu’en 1793, alors que la Ville décide de les détruire pour faire de la place. Reste quelques morceaux ici et là, qui sont cachés, visibles via les cours arrière de certains immeubles ou dans un cul-de-sac, comme ici, au bout de la rue du Colisée. Bon, le truc s’appelle « palais », mais c’était plus une arène, semble-t-il.

Vestiges romaines à Bordeaux
Vestiges romaines à Bordeaux
Vestiges romaines à Bordeaux

Restons dans les visites. J’ai fait le tour du Musée des Beaux-arts de Bordeaux, entre autres. Des trucs intéressants, mais assez petit, en fait, le musée.

Musée des Beaux-arts de Bordeaux

« L’homme qui lisait un livre », « L’homme à la main sur le coeur », « Portrait de famille », « Lisière de forêt avec un berger menant boire son troupeau »… Les noms des toiles manquent parfois de poésie. 

Sur l’une, on voit un lion tué par des lièvres. Ils ont l’air gentils, les lièvres, pourtant. Un portrait d’un sénateur qui pose devant une porte avec son nom et son titre, pour être sûr qu’on ne se demande jamais qui c’est, j’imagine. Pourquoi une fille joue-t-elle nue dans l’herbe avec une chèvre? Pourquoi Neptune chevauche nu avec son trident? Pourquoi pas, j’imagine?

J’ai compris quelque chose aujourd’hui de la France, qui explique pourquoi les affiches ne m’aidaient pas toujours. Les pancartes n’affichent pas les attraits touristiques…. Mais les hôtels. Bon, certaines affichent les attraits, oui, mais ça semble plus sur les grandes artères.

Pancartes à Bordeaux
Pancartes à Bordeaux

À la télévision, pendant que je mange mon entrecôte, cette question et ce débat: « chômeurs = fraudeurs? ». Comme quoi ce débat est partout. Aucun problème en France, comme chez nous, à généraliser et à diaboliser les plus pauvres. Imaginez si le débat était: « millionnaires = fraudeurs? » ou encore « entrepreneurs = fraudeurs? », ça ne passerait pas (et avec raison). 

Finissons en parlant transport. Ça m’émeut de voir autant de rues dans une même ville, dans un centre-ville, avec autant de rues réservées aux piétons, cyclistes et tramway et autobus. Même les ponts adoptent ce style, parfois. C’est un urbanisme magnifique et intelligent. Et scoop: ça ne tue pas l’économie!!! Il y a même une énorme artère commerciale sans auto à Tours. 

Un pont de Bordeaux que pour les piétons, les cyclistes et le transport en commun

Relay, cette multinationale subtile. Ce dépanneur est présent dans tous les aéroports et gares (ou presque, je les vus, en tout cas, en France, aux États-Unis et au Canada). C’est fou! Alain Bouchard de Couche-Tard doit tellement les convoiter.

Goûter à la première classe ne donne pas envie de rester en deuxième. Surtout atterrir dans la deuxième après avoir fait la première… Merde, ces bancs étaient d’un inconfort. Dire que la première classe de l’aller m’a coûté moins cher que mon retour en seconde (d’où la première – je ne suis toujours pas riche). L’absurdité des prix qui bougent tout le temps avec les trains.

Une question existentielle en terminant. Pourquoi, en 2018, a-t-on encore des intercoms qui sonnent aussi mal dans les transports (trains et avions)? Il y a parfois tellement de fritures qu’on ne distingue pas les mots. On peut faire une vidéoconférence de la lune à la Terre, mais on n’arrive pas à se parler dans un train. Moi, ça me fait poser ben des questions.

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Lire l’épisode un – Derrière le décor
Épisode deux – On se couche tôt à Tours!
Épisode trois – Les surprises de Tours!
Épisode quatre – Tours, la belle!
Épisode cinq – Un train peut en cacher un autre
Épisode six – Le calme dominical
Épisode sept – Un crochet par Bordeaux
Épisode huit – À la recherche du wifi
Épisode neuf – Le temps des musées
Épisode dix – Drôles de chips!

Aventures françaises épisode six – Le calme dominical

J’en avais déjà entendu parlé. Je me doutais que ça allait être comme ça, mais quand même. Les dimanches sont vraiment tranquilles, en France. Ou sinon encore plus à Tours, je ne sais pas.

L’épicerie qui ferme à midi. Les restaurants et bars qui ne sont pas ouverts – du moins la grande majorité. Les autobus qui passent aux heures.

C’est correct, j’en ai profité pour faire quelque chose que je n’avais pas fait depuis mon arrivée lundi dernier à Paris : me reposer. Ça ne paraît pas, mais jouer les touristes et jouer les congressistes, en même temps, ça tire du jus et ça ne laisse pas beaucoup de place au sommeil. Je ne pense pas que j’avais eu une nuit de plus de cinq, peut-être six heures de sommeil depuis une semaine.

Coucher de soleil sur le Loire à Tours
Pont Wilson à Tours
Une rue à Tours
Une promenade piétonne à Tours

Alors j’ai pris ce dimanche sur le beat français : chill et relax. Promenades en tramway (parce que j’aime faire du transport en commun pour découvrir les villes) et à pied. Je me suis fait un autre plaisir que je ne fais pas si souvent quand je voyage : je suis allé au cinéma.

Je le dis souvent, j’aime voir le quotidien des gens. Plus que les lieux touristiques. Je ne me souviens pas, par exemple, quel film j’ai vu à Vancouver, mais je me souviens de l’ambiance et de la salle de cinéma. Une expérience complètement différente de toutes celles vécues au Québec. Il y avait une énergie dans le public, le cinéma était une sortie, comme un bar.

Se mêler au quotidien est une belle manière de voir comment sont les gens. Quoi de plus quotidien qu’un cinéma. Et puis bon… tout était fermé (et j’ai vu que c’était La semaine du cinéma, donc seulement 4 euros pour entrer).

Je ne peux pas, évidemment, dire si c’est propre à ce cinéma ou en général, mais c’est un peu brouillon comme façon de faire. Un énorme tapon de gens qui attendent pour entrer dans les salles, comme un entonnoir, tout ça mélangé aux files du popcorn et des billetteries. Surtout, les Français.e.s essaient pas mal tous et toutes de dépasser les files. À peu près tout le monde autour de moi tentait de trouver une manière de passer devant tout le monde.

Cette dame, par exemple, qui se place devant moi, en disant avoir du mal à se tenir debout longtemps. Elle avait une canne et était âgée, et même sans ça, je veux bien, ça se peut. Mais t’sais, rendu là, tant qu’à dépasser au milieu de la file, va au début directement! J’ai dû aussi, à un moment, bloquer des gens pour laisser passer deux cinéphiles en fauteuil roulant. Personne ne les laissait passer et les contournait pour passer devant.

Ça m’a un peu rappelé que la veille, pendant qu’on faisait la fête dans le magnifique Hôtel de Ville de Tours, au bar ouvert (et gratuit), j’avais vu ben des gens dépasser ben d’autres gens pour avoir leurs verres. Vous pouvez bien nous trouver poli.e.s, nous, les « Canadien.ne.s! »

Hôtel de Ville de Tours
Hôtel de Ville de Tours
Hôtel de Ville de Tours

Autre particularité du cinéma, il y a vraiment beaucoup de publicités. Chez nous aussi, mais là, vraiment beaucoup, de plein d’entreprises, peu de bandes-annonces. Netflix aussi y place de la pub pour ses séries. Ironique, non, que Netflix fasse de la pub au cinéma?

Parlant de publicités, dans le hall du cinéma, des affiches de Harry Potter… sorti en 2011?! Devant celle du plus récent Star Wars?! Pourquoi!?

Publicités dans le cinéma

Autre quotidienneté tourangelle, le Mcdo. Les restaurants étant pour la plupart fermés, j’ai opté pour ça dans ma promenade. Sachez qu’ici, on fait des commandes pour les piétons, pas pour les voitures (du moins dans le centre-ville de Tours). Les menus sont un peu différents (Royal cheese au lieu de Quart de livre – rappelez-vous le dialogue dans Pulp Fiction). On offre de la sauce pour les frites, une sorte de mayonnaise douce, herbacée. C’est sympa, ça. Les commandes sont pas mal toutes automatisées, via des bornes. Je trouve que ça met de la pression sur les employé.e.s qui doivent trouver à qui est la commande. Ça crée un peu de confusion, aussi.

Sauce de Mcdo en France

Ceci dit, on y retrouve l’essence de Mcdo, le même sentiment que j’ai chaque fois que j’en mange : une bouffe fade et déprimante, avec un minimum de goût, mais qui remplit l’estomac pour pas cher.

C’était un peu froid, ceci dit, pour la promenade aujourd’hui. Avec trois petits degrés seulement, un vent frais, on était loin des 8 à 15 degrés qu’on a eu depuis mon arrivée. Fak j’ai sorti mon foulard et j’ai eu une pensée pour l’hiver québécois. Vous avez eu une tempête, ça a l’air? Je ne m’ennuie pas de mon manteau d’hiver, je dois avouer.

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Épisode deux – On se couche tôt à Tours!
Épisode trois – Les surprises de Tours!
Épisode quatre – Tours, la belle!
Épisode cinq – Un train peut en cacher un autre
Épisode six – Le calme dominical
Épisode sept – Un crochet par Bordeaux
Épisode huit – À la recherche du wifi
Épisode neuf – Le temps des musées
Épisode dix – Drôles de chips!