Pire que Gangnam Style

«Quoi tu fais ce soir?»

Rien.

«Rien?»

Rien.

Ne me faites pas de gros yeux. Ne soyez pas gêné.

Je m’en fiche du Nouvel An. C’est une soirée comme une autre, si ce n’est qu’on aura un bon Infoman.

Oh! Tu me dis que c’est une bonne raison pour faire la fête? Tant mieux. De mon côté, ça fait quelques années que faire le party n’est plus un leitmotiv. Je te souhaite une pas trop grosse gueule de bois.

Pour toi, c’est le moment de voir ta famille que tu ne vois pas souvent. Je suis vraiment content pour toi. Probablement que si j’avais une famille plus unie, que si un esprit de famille y avait déjà existé, j’aurais la même joie.

Changer d’année ne signifie pas grand-chose pour moi. C’est un chiffre, sans plus. Ça m’excite autant que de faire un changement d’huile.

Je ne fête pas plus Noël, cela dit. Depuis une quinzaine d’années, déjà. Je ne suis pas contre, même si plusieurs comportements provoquent des malaises chez moi (tu as vraiment besoin d’étaler tes cadeaux sur Facebook?). Mais je m’en fiche, ça me fait bâiller pis je me tiens loin. Je vous le laisse.

La plupart des trucs populaires qui me gossent, je peux m’en tenir loin assez facilement. Parce que même si c’est populaire, ça englobe rarement la majorité.

Mais la période des Fêtes, ce n’est même plus une avalanche, c’est pire que Gangnam Style. Tout le monde est là-dedans, même les plus anticonformistes s’y frottent.

C’est un mouvement plus fort que soi. On est pris dedans quand même. Comme un crayon tombé dans le bol de toilette. Il n’a pas à faire là, mais si on flushe, il va se faire prendre par le jet d’eau pareil.

Vouloir éviter ce mouvement demande un effort exagéré. Il faudrait que je puisse éviter l’épicerie durant deux semaines. Les magasins durant un mois. Que je ne travaille pas durant un mois – parce que je dois faire jouer de la musique de Noël, faire des trucs de Noël pour les auditeurs, etc. Il faudrait que je ne parle à personne durant des semaines!

C’est impensable. C’est partout.

Cela dit, c’est quand même amusant de constater que ça énerve plus certaines personnes qui fêtent ça que moi. Ça ne m’affecte plus moi, ça gosse, mais ça coule sur moi comme l’eau sur le dos d’un canard. J’ai développé un imperméable exprès pour ça.

C’est comme un saumon qui tente de remonter la rivière avec un barrage. C’est infranchissable.

Aucune ombre sous les lumières de Noël.

Je ne me plains pas. Pas du tout.

C’est juste… frappant.

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