La candeur du monde

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Quand j’étais jeune, je pouvais m’asseoir sur un banc de parc, ou dans un centre d’achats, et rester là, à rien faire. Ou presque. En fait, j’observais les gens.

Je décryptais leur façon d’agir, leurs relations avec les autres, leurs manigances, leurs façons de marcher, de manger, d’acheter, de magasiner. Ma grande conclusion est que le monde est absurde. Le Monde, dans le sens de l’Univers, mais aussi le monde, le peuple, les gens.

Je retrouve en partie ce plaisir avec les réseaux sociaux. Tant de comportements impromptus et incohérents.

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Le poids du Nord

C’est maintenant une tradition, la firme Influence Communication a présenté en décembre son État de la nouvelle, version 2012, une analyse des «tendances dans l’actualité ainsi que l’ensemble des nouvelles qui ont été publiées ou diffusées au Québec entre le 1er janvier et le 17 décembre 2012».

Pour ceux qui ne le savent pas, je travaille à la quotidienne du matin pour la Première chaîne de Radio-Canada Côte-Nord. On a reçu Carolyne Roy d’Influence afin de discuter avec elle de l’année 2012. Puisque nous faisons une émission pour les Nord-Côtiers, nous l’avons questionnée sur des aspects qui nous touchent, comme les ressources naturelles, l’industrie minière et le Plan Nord.

Toute l’équipe a été stupéfaite d’apprendre que le Plan Nord ne se trouvait même pas dans les 50 sujets les plus couverts par les médias en 2012. Malgré les élections. Malgré les tournées du premier ministre sur le sujet. Malgré les sommets. Malgré les pressions autochtones et des régions touchées par le Plan Nord. Malgré le projet de loi sur les mines qui a été débattu.

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Rien n’excuse la violence

L’histoire est terrible.

Et contrairement à Ban Ki-moon, ce n’est pas parce que c’est une violence inouïe envers une femme, mais parce que c’est d’une grave violence point. Ça serait aussi grave envers un homme.

Il a déclaré, peut-on lire dans Le Devoir, « Les violences faites aux femmes ne doivent être jamais acceptées, jamais excusées, jamais tolérées. Chaque fille et femme a le droit d’être respectée, valorisée et protégée. » Oui, mais je remplacerais femme par humain et même être vivant. Mais je dois être trop hippie. Je sais bien que les femmes sont davantage victime de ce genre de violence, mais ça ne devrait jamais être accepté point. Ce n’est pas pire ou moins pire, c’est toujours inacceptable.

Je ne comprends tellement pas ce genre de violence. J’imagine que la réponse est qu’il n’y a rien à comprendre. C’est d’une absurdité. Pas celle qui nous fait rire, celle qui nous donne le vertige et nous fait perdre les repères, celle qui déroute les cartésiens comme les émotifs.

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Pire que Gangnam Style

Publié originalement sur grossebarbe.wordpress.com le 31 décembre 2012

«Quoi tu fais ce soir?»

Rien.

«Rien?»

Rien.

Ne me faites pas de gros yeux. Ne soyez pas gêné.

Je m’en fiche du Nouvel An. C’est une soirée comme une autre, si ce n’est qu’on aura un bon Infoman.

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Sommes-nous condamner à la croissance?

Publié originalement le 15 août 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

En économie, il y a des trucs que je ne comprends pas. Comme les motivations et les ambitions. Parce qu’il faut toujours aller plus loin, devenir plus gros et plus fort.

La société moderne, du moins, celle qui se prétend ainsi, a soif de progrès. En médecine, en science, en technologies, mais particulièrement en économie. Il ne faut jamais ralentir la croissance, freiner le développement. C’est un sacrilège. Pourtant, nous vivons dans un monde limité. Nos ressources naturelles ne sont pas infinies comme l’ambition de l’homme.

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Les sondages vus de l’intérieur

Publié originalement le 7 juin 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

«Que vaut un sondage portant sur des questions auxquelles une majorité de gens n’ont pas mûrement réfléchi? Et peut-on saisir efficacement les nuances de l’opinion publique à travers un choix de quatre réponses?» se demandait Steve Proulx dans une chronique publiée dans le Voir qui a beaucoup circulé ces derniers jours. Les questions du journaliste-chroniqueur sont plus que pertinentes.

J’aimerais toutefois y ajouter mon expérience d’ancien sondeur. Et non, je ne veux pas défendre cette industrie, bien au contraire. J’ai oeuvré trois ans dans cet univers, parfois à temps partiel, parfois à temps plein, selon les contrats ou le manque de contrat dans les médias, il y a quelques années. Deux ans dans une firme privée à faire surtout des études de marché déguisées et un an au gouvernement pour des enquêtes publiques. Avant d’entrer dans ce milieu, j’accordais déjà peu d’importance aux sondages, aujourd’hui, leur crédibilité est… très mince.

Citant une professeure en sociologie à l’Université de Montréal, le journaliste souligne qu’elle «est sceptique en ce qui concerne les méthodes employées par les sondeurs pour «photographier» l’opinion publique». En effet, c’est là toute la faille des sondages.

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La monopolisation du crédit

Publié originalement le 22 avril 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

En préparant un savoureux – du moins, il le sera sûrement – pâté chinois, question d’avoir des lunchs cette semaine, je suis tombé sur une partie de l’émission Le Verdict, cette fameuse émission où on fait vivre plein de sondeurs afin de poser des questions sur des vedettes. Je salue d’ailleurs ces gladiateurs du téléphone, j’ai déjà fait cet emploi un peu merdique dans ma jeunesse. Je connais votre réalité, sondeurs.

Ceci dit, après Guy Jodoin, c’était le tour de cette invitée que l’on ne nommait pas dans la publicité. Finalement, ce n’était pas parce qu’elle était coupée au montage ou parce qu’elle était plate qu’ils la nommaient pas, mais parce qu’elle n’est pas connue et qu’elle était là pour commenter les résultats d’un sondage sur l’endettement de la population.

Rien de nouveau dans le portrait: les gens sont trop endettés. Je ne suis pas mieux. À elle seule, ma dette d’études (merci collège privé!) défonce le 33% de mon revenu brut annuel, ce qui n’est normalement pas sain. Heureusement, mes deux seules dettes proviennent de mes études. Bon, je dois aussi de l’argent à quelqu’un qui m’a aidé à me payer un traitement médical et un portable, mais cette dette n’apparait pas à mon dossier de crédit…

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