Tout le monde me le chante 2012

J’étais trop dans le jus pour participer au palmarès de BangBang.

C’est maintenant Noël et je suis aujourd’hui en congé. Pas hier, pas demain, mais aujourd’hui, oui. Et puisque je ne fête pas ça — à l’inverse de tout le monde, j’ai vraiment du temps, là.

Je pourrais faire un beau top10 des albums de l’année, mais ça ne me tente pas. J’en ai fait plusieurs depuis 10 ans et là, ça m’excite moins. D’autant plus que je n’arrive pas à écouter autant d’albums qu’avant, je me sens un peu imposteur, moins crédible.

Néanmoins, j’ai eu des coups de coeur pareil. Et c’est un peu ça que j’ai envie de partager.

Tout le monde chante l’amour
L’amour, l’amour. Ça donne ben de l’élan à la création. Ça enivre et ça fait mal. Le mix parfait pour écrire. La plus belle chanson d’amour de 2012, catégorie «déclaration», selon moi, nous vient de Louis-Jean Cormier, de son album Le treizième étage — un putain de bon album, d’ailleurs, avec Bull’s Eye.

«J’ai beau préparer des lignes qui font rire, des mots tombeurs qui visent le bull’s eye de ton coeur, chaque fois qu’on se croise, je peux mourir, chaque fois qu’on se croise, je sais pas comment te le dire.»

Bull’s Eye de Louis-Jean Cormier

Ex-æquo, mais dans la catégorie «romantisme». C’est plus qu’une chanson d’amour, selon moi. C’est aussi une façon de voir les choses, la vie. C’est aussi ma vision des choses. J’ai toujours aimé les choses simples, le flafla et le superficiel m’énervent, m’agressent. Le romantisme se trouve en nous et non dans les chandelles, dans les poèmes et dans les roses. Pis Kraft Dinner de Lisa Leblanc l’exprime vraiment bien.

Kraft Dinner by Lisa LeBlanc

Tout le monde a le pied pesant
C’est ben beau avoir de beaux sentiments, il faut aussi savoir se défouler et là-dessus, on a pu compter sur Gros Mené cette année — avec leur retour surprise! Plusieurs chansons de leur album auraient pu être ma charge rock de 2012, mais celle qui me vient le plus dans les trippes est Ovechkin. Elle décrasse. Pis moi aussi, j’aurais dû le prendre dans mon pool.

Ovechkin by Gros Mené

Tout le monde se pose des questions
L’année 2012 aura été pour moi une année de remise en question et ça adonne qu’un des albums que j’ai le plus écoutés est Manger du bois de Canailles. Chaque fois que Parle-moi jouait, j’avais l’impression qu’elle me parlait directement. Heureusement qu’elle est foutrement joyeuse et bonne, ça m’empêchait de pogner le cafard. «Oh! Parle-moi encore, parle-moi si t’es d’accord. J’veux entendre ta voix jusqu’à ce qu’y soit trop tard.»

Tout le monde danse
Bon, j’avoue que je ne danse pas. J’avoue aussi que ce disque n’est pas nécessairement dans ce qui fait danser les gens. Et pourtant! Kid Koala nous fait groover les neurones solide avec 12 Bit Blues, où le magicien des platines nous remâche des vieux vinyles de blues afin de créer un savoureux hip hop instrumental. Et chaque fois que je tombe sur 8 Bit Blues, j’ai envie d’écouter l’album au complet. Elle rend accro. Vraiment.

Tout le monde fait de la pop
Ça ne fait qu’un mois environ qu’on peut écouter son album – un peu plus pour les privilégiés des médias —, mais déjà, il envahit le marché. Entrevues à Tout le monde en parle, sur les radios commerciales, etc. Ça roule pour le sympathique Karim Ouellet qui présente tout un disque avec Fox. Une partie de mon boulot est de sélectionner les pièces qui vont jouer dans une émission de radio, et souvent, il y a des chansons d’un album qu’on ne fait pas jouer. L’album est bon, mais certaines pièces sont plus faibles. Ici, je pense que je pourrais toutes les faire jouer sans hésitation. Après une écoute de L’amour, on veut juste en entendre plus. Voilà de la belle pop.

L’amour by Karim Ouellet

Pour rester dans la pop, je dois mentionner Si tu savais de Marie-Pierre Arthur, un bijou de pop-rock-folk-beatles-etc qui s’accroche à notre cerveau et nous fait tomber en amour avec elle à chaque fois. (Encore plus avec le clip!)

Et je dois le mentionner une deuxième fois, mais Tout le monde en même temps de Louis-Jean Cormier est un autre excellent produit pop. La mélodie, les arrangements, le texte, tout est là. On a ici un velcro de qualité triple A.

Tout le monde devrait écouter ça
Mais la chanson de l’année, dans mon coeur, est vraiment spéciale. Habituellement, je déteste les gens qui écoutent en boucle la même chanson. Ça m’énerve. Cette chanson-là fait que je m’énerve moi-même, parce que je voudrais qu’elle ne se termine jamais. Pis je peux l’écouter deux ou trois fois de suite. Que me fais-tu faire, Avec pas d’casque? Pendant qu’on écoute La journée qui s’en vient est flambant neuve, le temps s’arrête. Littéralement.

Voilà ce que mes oreilles ont pas mal écouté, en 2012 (surtout si on y ajoute Plaster, Coyote Bill, Les Soeurs Boulay, Bernard Adamus, Dany Placard, …).

Comme une fontaine de bonheur – Placard et Louis-Jean au Zaricot

J’ai continué ma petite virée musicale hier soir en me rendant à St-Hyacinthe, nom prouvant l’amour propre de son fondateur, Jacques-Hyacinthe-Simon Delorme (un nom comme ça, ça se voit pu), qui a renommé la ville ainsi, balayant le nom Maska du revers de la main (mais le gentilé, lui, résistera, avec Maskoutain. Pfft!).

Après m’être arrêté chez Fréquences — tout en me disant «non, tu ne dépenseras pas plus que 50$» — je me suis pointé au Zaricot pour attendre ce merveilleux spectacle que promettait l’alignement: Placard et Louis-Jean Cormier.

C’était plein. Genre, archi plein. J’ai failli ne pas pouvoir rentrer, si ça n’avait été de l’intervention d’un des musiciens, j’aurais peut-être frappé un mur et aurait été dans cette technopole agroalimentaire pour rien – ce qui aurait été un tantinet chiant étant donné que je demeure quand même à Sept-Îles… (bon, j’ai pas fait Côte-Nord-Montégérie spécifiquement pour ça, mais je n’avais rien à faire là pareil, c’était un détour avant mon retour dans le nord!).

Non seulement c’était plein, mais le public en était un admirateur. Il fallait voir les jeunes filles fondre devant la poésie de Louis-Jean. Les gars se gaver de ses côtés plus rock. La foule chantait déjà les paroles de son nouvel album, spontanément. Impressionnant.

Louis-Jean Cormier et sa bande (Adèle Trottier-Rivard, voix et percussions, Guillaume Chartrain, basse et banjo, Simon Pedneault, une armée de guitares (lui-même ne sait plus combien il en joue) et Marc-André Larocque, batterie) ont offert une prestation à la fois solide et généreuse. Une des plus belles facettes du groupe est leur complicité et leur plaisir, comme s’ils jouaient ensemble depuis un an déjà. C’est beau à voir et c’est contagieux.

Dans l’ensemble, on a droit à des versions un peu plus rock, ça rentre un peu plus dedans sur scène. La basse groove, la batterie est précise, les guitares de Simon et de Louis-Jean rockent et planent, se marient et créent un univers hypnotisant. Les harmonies vocales avec Adèle sont splendides.

Petit mot pour dire combien je suis content de voir Simon Pedneault avec Louis-Jean sur scène. C’est un guitariste que je suis depuis plusieurs années à Québec (Uberko, Who Are You, Pascale Picard, entre autres). Il est rempli de talent et j’espère que ce n’est qu’un début pour lui de collaborations aussi riches.

Je pourrais lâcher plein de qualificatifs dithyrambiques, ils colleraient pas mal tous. J’ai déjà hâte de le revoir. Et faites vite si ça vous dit aussi, parce que plusieurs dates affichent déjà complet!

En première partie, le très respecté Dany Placard nous a offert cinq chansons (environ). Il était seul, à la guitare. Toujours aussi authentique, toujours aussi drôle et intelligent, toujours aussi talentueux avec les mots et la musique. J’ai bien hâte d’entendre son nouvel album avec son groupe. Bientôt, espérons!

Ce soir, je termine ma petite tournée musicale dans Charlevoix pour Avec pas d’casque. Ensuite, retour sur la Côte-Nord et au boulot (et le cadran qui sonne à 4h du matin!).

Panache, Gros Mené et gros rock à Waterloo

Il y a des gens pour qui prendre des vacances, c’est d’aller niaiser sur une plage dans le sud. Moi, durant mes vacances, je me promène dans le Québec pis je vais voir des spectacles (pis j’ai plein de plages où je reste, sur la Côte-Nord, de toute façon).

Ce premier d’une série de trois en autant de jours n’était rien de moins que Gros Mené, cette bête rock de Fred Fortin, avec en première partie les très sympathiques Panache.

Le gros poisson, propulsé par Fred Fortin, Olivier Langevin, Pierre Fortin et Nicotine, a livré la marchandise: balancer du bonheur musical sous forme de gros rock à la fois gras et finement ficelé.

Principalement eu du stock de Angus Dei, si ce n’est Grandes jambes du répertoire de Fred et Ski-doo du premier album sorti il y a pas mal d’années. Certaines personnes ont tenté de faire des demandes spéciales, mais à part la motoneige noire, jaune et orange moutarde, pas de vieux stock au menu.

Tout ça mis ensemble a quand même donné un savoureux et explosif 50 minutes – qui a passé trop vite, évidemment.

En première partie, Panache a très bien réchauffé la foule. Je ne crois pas que plusieurs connaissaient la formation, mais la réponse était bonne, tout de même, si ce n’est que la tentative de faire chanter n’a pas fonctionné. Mais la foule ne se fichait pas d’eux pour autant. Elle prêtait l’oreille. Certains ont hoché la tête. Signe incontestable d’appréciation.

Faisait un bout que j’avais vu Panache et ça été une belle surprise de les voir en première partie. Leur pop-rock me fait ben sourire pis j’ai toujours eu un faible pour Carl-Éric Hudon.

C’était ma première visite à Waterloo et à sa Maison de la culture et celle-ci est fort chouette. Une ancienne église reconvertie en salle de spectacle. Elle n’a pas autant de cachet que l’Anglicane de Lévis, mais la conversion a été bien faite. Charmé.

Demain, Placard et Louis-Jean Cormier à St-Hyacinthe. Miam!

Coup de grâce, jour 1: le diable était dans grange!

Il pleuvait sur la route. Il a plu tout le long — huit heures de route séparent Sept-Îles et St-Prime. Mais comme ça l’air qu’on n’est pas faite en chocolat, ceci n’arrête pas l’aventurier musical que je suis. Pis les paysages étaient beaux pareil — pour vrai, la 138 sur la Côte-Nord est magnifique, comme la 172, qui relie Tadoussac et Chicoutimi, parmi les plus belles routes du Québec.

Première impression: la fameuse Grange, c’est vrai qu’elle est vraiment cool. C’est pas un vieux bar qui se la joue cool en adoptant une couleur cowboy. Nanon, c’est une vraie grange. Vieille. Avec du gros et vieux bois. Et juste du bois. Rien d’autre. Fak, va-t’en pas fumer en dedans. Prends-le dehors, ton joint, l’ami! Pis c’est en plein coeur du village. Juste pour ça, St-Prime se démarque de plusieurs autres festivals.

La soirée d’hier soir a commencé avec Cargo Culte, un tout nouveau groupe, qui sortirait un premier album en février, et qui regroupe Alex McMahon à la batterie (oui oui, le claviériste, là), JF Lemieux à la basse et Séba à la voix. Notons que c’était leur baptême de scène.

Toute une charge. On pourrait faire plein de jeux de mots sur un cargo qui fait des grosses vagues. Les grooves sont franchement électro, avec une énergie bien rock. Et le flow unique à Séba par-dessus. Résultat? Une particulière bibitte hip hop. JF Lemieux nous sort des lignes à la fois sèches et précises (mais qui groove), assez dans ta face. Et ça a l’air à l’amuser en diâble.

Séba nous a pondu des textes toujours aussi cinglants, pointant du doigt notre société moderne, à coup de phrases et d’images ironiques et cyniques. Il était en grande forme, parfois théâtral, parfois rocker, parfois comme un vrai mc, souvent tout ça en même temps.

Une foule bien présente. Certains ont semblé apprécier pour vrai. D’autres semblaient attendre le prochain groupe… Pour ma part, j’ai bien hâte d’entendre ça sur disque.

Bernard Adamus a eu droit à un public déjà conquis. À moins que la foule ne connaissait les chansons par un pur hasard. Le public te chantait ça avec bonheur et avec alcool — donc pas toujours comme il faut, mais l’amour était là, ça oui!

Première fois que je voyais le Bernard depuis la sortie de No.2. Nouvelle formule, où il est accompagné d’une batterie et de trois cuivres (trompette, trombone et sousaphone). Parfois l’un lâchait son instrument pour aller faire des notes sur un clavier. Pis c’était vachement intéressant! Les nouveaux arrangements de certaines vieilles pièces étonnent mais charment!

Le seul bémol était le son. Ça ne semblait pas facile faire sonner tout ça dans les circonstances. Tous les instruments étaient un peu effacés. Le mix était mou, flou.

Il restait encore quelques prestations, dont les Dales Hawerchuk, Julien Sagot, Lisa Leblanc et Plants & Animals… Malheureusement, j’étais claqué. J’étais debout depuis presque 24h, la route et la semaine dans le corps… Je pensais pouvoir me reposer un 15 minutes et revenir à l’attaque, mais finalement, ça été la fin. Dommage, mais c’est la vie!

Ce soir, au menu, à St-Prime.Jimmy Target & The Triggers, Plaster, Mr Magnetix, Pierre Fortin, Mara Tremblay et Isabeau et les chercheurs d’or!

Pouvez me suivre sur Twitter… quand le réseau marche (pas fort et pas toujours), je tweete (chu tellement 2.0!). @GrosseBarbe.

St-Crême! Tout un 4e Coup de grâce musical!

Festival de musique qui me fait de l’oeil depuis l’an dernier — mais que j’avais dû manquer pour des raisons mécaniques, le Coup de grâce musical est de retour pour une quatrième année afin de faire de St-Prime la plus belle place à être durant la longue sainte fin de semaine de congé d’octobre.

Je salive devant la présence des Cargo Culte, Adamus, Plants & Animals, Plaster. Je m’imagine des moments bien agréables avec Marie-Pierre Arthur, Mara Tremblay et Lisa Leblanc. Mon estomac, ma langue et mes oreilles ont le goût de l’Oktorberfest sous l’ambiance de la Fanfar Pourpour. Je pourrais même regoûter à la LNI!

Bref, je laisse le communiqué vous résumer la programmation. Parce que c’est bien présenté. Parce que l’horaire n’est pas encore sorti, donc je n’aurais pas tant de trucs à ajouter.

Par souci d’élargir ses horizons à d’autres arts de la scène que la musique, le Coup de grâce a choisi de souligner les 35 ans de LA LIGUE NATIONALE D’IMPROVISATION en présentant un match opposant l’équipe des Bleus, grands vainqueurs de la Coupe Charade 2012, à une équipe de joueurs étoiles. L’humour et le sens de la répartie seront au rendez-vous lors de cet événement qui partira le bal de la quatrième édition.

Cette première soirée se poursuivra à l’Espace Desjardins-La Grange avec la présentation de CARGO CULTE, un tout nouveau trio hip hop musclé sortant des sentiers battus, formé de Seba à la voix, de Jean-François Lemieux à la basse et d’Alex Mc Mahon à la batterie. BERNARD ADAMUS présentera ensuite son second album intitulé N° 2, fraîchement sorti en magasins avant de céder la place aux rockers du Lac, LES DALES HAWERCHUK.

JULIEN SAGOT, percussionniste de Karkwa ayant sorti un premier effort solo des plus intéressants, inaugurera cette première soirée Au Vieux Couvent qui se poursuivra avec PLANTS AND ANIMALS, groupe montréalais de réputation internationale s’inscrivant dans le mouvement indie rock. Ceux qui opteront pour finir leur soirée à l’Hôtel Saint-Prime le feront en compagnie de LISA LEBLANC, la désormais plus célèbre fille de Rosaireville, village de 40 habitants au Nouveau-Brunswick.

Le lendemain, JIMMY TARGET AND THE TRIGGER, prendra d’assaut l’Espace Desjardins-La Grange en offrant une prestation rock n’ roll des plus déchaînées. Ayant fait du bruit l’an dernier avec une prestation remarquée à l’Hôtel, Le groupe electro-rock PLASTER revient à la charge et présentera son spectacle Let it All Out. Suivra MR MAGNETIX, un DJ français accompagné d’un vidéaste. Au Vieux-Couvent, MARA TREMBLAY donnera un spectacle intime en solo tandis que PIERRE FORTIN présentera un spectacle issu de son premier effort solo.

Le dimanche après-midi, petits et grands sont conviés à l’Espace Desjardins-La Grange pour danser au son de la FANFARE POURPOUR qui nous offrira un spectacle haut en couleurs lors de l’OKTOBERFEST. Espérons qu’il vous restera un peu d’énergie à la fin de ce marathon musical pour le spectacle de clôture! Le dimanche soir, les organisateurs laissent la place à la gent féminine. ON THE PORCH, groupe country du Lac Saint-Jean comprenant Stef Gagnon, la cuisinière du festival dont la réputation n’est plus à faire, ouvrira le bal alors que MARIE-PIERRE ARTHUR, revenue d’un séjours en France quelques jours plus tôt nous offrira le concert issu de son album Aux Alentours. ARIANE MOFFATT, artiste accomplie qui se passe de présentation, a accepté de clore la quatrième édition du Coup de grâce de Saint-Prime.

Moi, je prépare déjà mes bagages pour St-Prime, pour les 5-6-7 octobre prochain.

coupdegrace.mu (probablement bientôt mis à jour)

Toucher le bonheur au Festi Jazz de Rimouski

Il faisait fichtrement beau à Rimouski en fin de semaine. Un gros soleil, une belle chaleur. Il y avait un peu de paradis dans ce coin du Bas-Saint-Laurent.

Après avoir passé l’après-midi au Bien et Malt, j’ai été lire sur la grève de la Pointe aux Anglais au Bic, assis sur un énorme tronc d’arbre. Ça a l’air bien anecdotique de raconter ça, mais ça explique peut-être l’état d’esprit dans lequel je me suis présenté au Festi Jazz de Rimouski, en tout début de soirée.

J’étais zen, calme, serein. Et sans le savoir, c’était exactement le «mood» dans lequel il fallait être pour Robert Glasper Trio.

Robert Glasper est un pianiste texan et son trio, c’est lui avec une batterie et une contrebasse. La formule classique, en gros.

Il a de l’attitude, ce Rob G. En fait, il pige beaucoup dans le hip hop pour son attitude et dans sa vision musicale. Il souligne imaginer qu’un MC puisse balancer son flow sur ses pièces, lorsqu’il compose. Ce qui arrive de temps à autre, aussi.

Il y a donc du hip hop dans son jazz, mais aussi du soul, un brin de rock. Ça se déplace parfois dans plusieurs directions dans la même pièce.

Le trio a passé la soirée à nous surprendre et à nous épater. Que ce soit par leur technique irréprochable ou leur capacité à laisser un des membres à faire un solo planant ou endiablé durant plusieurs minutes pour soudainement puncher tous ensemble le temps d’une note (et laisser le soliste repartir dans sa lancée), ou revenir sur la mélodie de base sans avertissement. Sans parler du bonheur de les entendre aller dans la même direction, mais dans des chemins tellement différents.

J’ai été à la fois élevé, vitaminé et vidé par cette prestation magique. S’il m’a fallu la moitié de la première pièce pour rentrer dans cette bulle musicale, ça m’a pris du temps en sortir, même après la prestation.

Dehors, à la fin, il y avait Élage Diouf sous le chapiteau. Sa musique m’a paru terriblement fade. Ce n’est pas contre sa musique, mais je devais prendre le temps de digérer ces près de deux heures.

Je suis donc retourné au Bien et Malt pour rester dans une ambiance jazzé. Et là seulement j’ai pu redescendre sur terre, retrouver les vaches du plancher.

Malheureusement, les deux tiers du public du bar semblait se foutre qu’il y ait un trio en train de jouer un jazz standard, jasant sans aucune gêne. Dommage.

J’aurais aimé faire un trou au Cégep voir le Sylvain Provost Trio et le Jam Session (où tous les artistes du festival sont invités à venir jammer), mais j’étais vidé, étrangement. Est-ce Glasper ou les deux pintes de bière? À moins que ce ne soit mon horaire de semaine (où le cadran sonne à 4h du mat’)?

Toujours est-il que j’ai terminé ça dans ma très poche chambre de motel en écoutant quelques épisodes de la bien drôle série La Job, la version québécoise de The Office qui n’a duré qu’une saison.

Deux soirées, quatre spectacles. J’aurais cru en voir plus, j’aurais bien aimé pouvoir rester le dimanche, et ainsi en profiter davantage (particulièrement Yannick Rieu), mais le travail m’obligeait à être de retour sur la Côte-Nord pour le lundi matin. Tout de même, j’ai vu les trois principaux que je voulais voir. Je me reprendrai l’année prochaine, Festi Jazz, et je jure que là, j’en verrai davantage! De toute façon, avec Plaster, Galaxie et Robert Glasper Trio, je suis déjà conquis.

Ça jazz dans l’Est du pays

Pendant que les amateurs de musique émergente se dirigeront vers le nord-ouest de la province, dans ce pays où les gens ont des jambes grosses comme des troncs d’arbres, les amateurs de jazz, eux, rouleront vers l’Est, au pays de la mer et de l’eau salée.

La «capitale» du Bas-Saint-Laurent accueille pour la 27e fois le Festi Jazz de Rimouski, du 30 août au 2 septembre. Au menu, plus de 120 artistes (souvent sous la forme de «Nom du Musicien Trio») qui proposent 75 spectacles dans différents lieux de la ville qui forme les experts maritimes du Québec.

Personnellement, bien qu’amoureux du jazz (un genre qui est trop peu présent à Sept-Îles, ma ville d’adoption depuis deux ans), c’est la venue des très jazz Plaster et Galaxie, le vendredi soir, qui m’a tout d’abord attiré. Mais quand on s’y attarde, plusieurs éléments fort intéressants se retrouvent dans la programmation. Dans le gratuit comme dans le payant.

Jeudi 30 août
Dans le mode «pas besoin de briser sa tirelire», nous retrouvons, en plus de la cérémonie d’ouverture, Vibra-Fun (quatuor comprenant évidemment un vibraphone), à la Brûlerie d’ici. À la Réserve Bistro, le Manouche Swing Trio proposera, comme son nom l’évoque, du jazz manouche.

Ceux qui seront décorés d’un bracelet pourront assister aux prestations de Bryan Lee et de Pat The White, au Chapiteau Québécor. Quand même un beau programme pour les amateurs de blues.

Finalement, pour quelques dollars, les festivaliers pourront choisir entre La Ligue d’Improvisation musicale de Rimouski (que je vais malheureusement manquer), à la Coudée du Cégep de Rimouski, et le trio Tony Jet’N’Desj, qui regroupe trois anciens membres de Polémil Bazar et qui revisite le jazz hard bop, le tout dans l’intimiste Le Bien et le Malt.

Vendredi 31 août
Toujours pour les économes, les mélomanes pourront voir, sans sortir un sou, des prestations du Manouche Swing Trio (au Bonté Divine, 12h30 et 21h à l’Auberge du Mange Grenouille), de Tony Jet’N’Desj (à La Brûlerie d’ici), du Trio Rémi Y Morissette (Petit Chapiteau 17h et à la Réserve Bistro 19h), qui revisite des standards jazz, et du Fred Pauzé Quintet (Petit Chapiteau), qui joue ses compositions (Petit Chapiteau). Un jam session est proposée en fin de soirée à la Coudée du Cégep et un Bal moderne est offert à 20h au Petit Chapiteau.

Avec le bracelet, les spectateurs pourront se mettre dans les oreilles Plaster (21h, Chapiteau Québécor) et Galaxie (22h, Chapiteau Québécor) ou encore le Alexandre Côté Quintet (aussi disponible pour 10$, à la Coudée du Cégep, dès 22h30).

Et pour quelques billets bleus, mauves ou verts, il y a Nils Petter Molvaer à la Salle Desjardins TELUS, à 19h30. Steve Hill est aussi de la partie, à 22h, au Caéf Bistro St-Louis.

Samedi 1er septembre
Parce que le bonheur peut être gratuit, le Festi Jazz offre à tous la possibilité d’aller voir, à nouveau, Vibra-Fun (11h, Marché public), le Combo Jazz/Pop du Cegep de Rimouski (12h30, Petit Chapiteau), le Emie R Roussel Trio et Héléna Allan (14h, Petit Chapiteau), Osmündjazz, groupe de Rimouski «qui cuisine le jazz, le blues, le swing, le reggae, le funk, l’afrobeat, le latin» (Petit Chapiteau, 15h30). En 5@7, on peut se mettre sous la dent Holos, duo blues-jazz (Brûlerie d’ici), François Jalbert Quartet (Petit Chapiteau à 17h et Réserve Bistro à 19h) et Nicolas Bédard Quintet (Petit Chapiteau). Projet particulier, le Trio Helico revisite le jazz rock des années 70… mais sans percussion, «tout se fait à l’archet et au pizzicato». Au Café Bistro de l’Anse, à 19h. Finalement, dans le gratos, le Manouche Swing Trio revient à l’Auberge du Mange Grenouille et un Jam Session est encore proposé en fin de soirée.

Ceux ayant un bracelet pourront aller danser sous les rythmes d’Élage Diouf (Chapiteau Québécor, 21h) et de Papagroove (Chapiteau Québécor, 22h30). Ils pourront aussi aller voir le Sylvain Provost Trio (aussi disponible pour 10$ à la porte de la Coudée du Cégep de Rimouski).

Et finalement, pour les plus riches (c’est pour la forme, c’est pas cher), il y a le Robert Glasper Trio, qui fait souvent du nu-jazz avec des mc, mais qui sera ici en trio (comme le nom le dit) à la Salle Desjardins TELUS, à 19h30. Combo Z envahira Le Bien et le Malt, tandis Steve Hill sera encore au Café Bistro St-Louis.

Dimanche 2 septembre
Le Jour du Seigneur commence comme Jésus l’aime: gratuitement, à l’heure de la messe. À 10h, le Emie R Roussel Trio et Héléna Allan se donnera aux Jardins de Métis. Et une autre fois, au même endroit, à midi. En rafale au Petit Chapiteau, de midi à 17h, Jazz’n Blue, Tony Jet’N Desj, Combo Z et le Combo Professeurs Jazz/Pop du Cegep de Rimouski. Le Trio Hélico sera aussi présent au Café Bistro l’Anse aux Coques (y’a juste en région qu’on a des noms aussi savoureux).

Le bracelet permettra de voir DJ Champion et ses G-Strings au Chapiteau Québécor (21h), ainsi que le Yannick Rieu/Spectrum3 (aussi accessible pour 10$ à la porte de la Coudée), tandis que l’argent sonnant vous ouvrira les portes pour Élisabeth Kontomanou et Geri Allen à la Salle Desjardins TELUS (19h30).

Pis on termine tout ça avec un Jam session gratuit, évidemment!

Ok, mais encore?
Rimouski, c’est à 3h30 de route et à une heure de bateau de Sept-Îles (si l’on passe par Forestville), mais c’est aussi qu’à 3h30 de Québec et 5h30 de Montréal. Pis ce n’est pas compliqué, c’est la 20 (ou la 132 beaucoup plus sympathique et belle) vers l’Est.

Pis on pogne tous les détails sur festijazzrimouski.com.

Sinon, surveillez ce blogue pour des retours quotidiens sur ce festival que je vais découvrir pour vous. Pour vous!!! (et je tweeterai sûrement aussi: @GrosseBarbe)