Petit topo par ci, petit topo par là

Depuis le mois dernier, j’ai la chance d’être réalisateur à la pige pour Télé-Québec. Plus précisément pour le site lafabriqueculturelle.tv.

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Ce site propose des capsules sur des événements culturels, sur des artistes. C’est parfois des extraits de spectacle, parfois des prestations uniques, parfois des entrevues, parfois des rencontres inusitées, parfois de mini documentaires. Bref, c’est éclaté comme le sont les arts!

J’ai déjà quatre capsules en ligne et une cinquième devrait être mise en ligne sous peu.

La première est dans le cadre du projet «24h de création». Il se fait de la création partout au Québec, tous les jours, toutes les heures. Même sur la Côte-Nord, en pleine heure de dîner, en semaine. Ce projet voulait le démontrer. Avec mon équipe, on s’est introduit dans un atelier d’impro à l’école secondaire Manikoutai de Sept-Îles. À voir en cliquant ici.

Les trois autres capsules ont été tournées durant le Festival de la chanson de Tadoussac. La pluie est venue changer presque tous les plans, mais au final, quatre beaux moments ont été captés.

Le premier nous plonge dans l’univers éclaté et décalé de l’Israélienne Lior Shoov. Tout entre ses mains peut devenir un instrument. Ses prestations sont captivantes. En voici un exemple, tourné au Gibard de Tadoussac, pendant une de ses prestations (très courues). Le clip subit le même buzz qu’elle à Tadoussac en pulvérisant les records de visionnement du site!

Le deuxième est plus intime, avec la belle et tendre folie de Klô Pelgag. Sa poésie colorée et à fleur de peau se prêtait bien au temps gris qui rapproche les gens. On regarde ça en cliquant ici.

La troisième est une entrevue avec Philippe Brach. Avec sa langue qui est loin d’être de bois, il nous raconte son expérience comme artiste invité à la traditionnelle semaine de résidence du festival. C’est par là.

Finalement, la quatrième capsule sera mise en ligne dans les prochains jours. Une immersion dans la genèse d’un spectacle unique et éphémère: concert commun des Soeurs Boulay et des Hay Babies. À suivre!

De belles surprises pour le 31e Festival de la chanson de Tadoussac

31e Festival de la chanson de Tadoussac

Il y a des programmations de festivals que l’on attend plus que d’autres. Celui du Festival de la chanson de Tadoussac en fait partie. En regardant les différentes programmations déjà parues et les artistes en tournée cet été, on s’attendait à certains noms, mais Charles Breton est son équipe ont réussi à me surprendre, encore, avec quelques propositions.

Comme les Hôtesses d’Hilaire. Tadoussac est souvent un précurseur et il le prouve ici. Certes, le groupe commence à avoir une certaine visibilité, particulièrement avec les Francouvertes, mais ils n’ont pas encore la réputation d’Avec pas d’casque ou de Lisa Leblanc ou de Bernard Adamus. Je suis content de voir que leur rock tantôt nuageux, tantôt lo-fi et aux influences country pourra se faire connaître davantage.

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La présence de Betty Bonifassi aussi est une belle surprise. Cela fait un moment que j’entends parler de son intrigant projet inspiré par les vieux chants de la culture afro-américaine, propulsée par sa voix unique, un brin de funk et d’électro. Miam! Et je ne pensais pas pouvoir le voir un jour, ce projet, sauf si un passage à Montréal, voire Québec, adonnerait. Merci, Tadoussac!

Les questions du Centre Phi // Les réponses de Betty Bonifassi from Centre Phi | Phi Centre on Vimeo.

Si j’avais tenté de deviner quels artistes se retrouveraient à Tadoussac cet été, j’aurais sûrement sorti les Hay Babies. Peut-être moins les Soeurs Boulay, parce que ça fait maintenant un bon moment qu’elles sont en tournée et une pause ne m’aurait pas surpris. La surprise vient de l’idée de les mélanger, de les mettre ensemble. Les cinq voix ensemble. Sur papier, c’est bon.

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Misteur Valaire a pu nourrir sa légende avec Tadoussac. Le fameux plancher qui cède sous la foule trop excitée. C’était au début du buzz. Mais les voir débarquer dans le village cet été sous la forme de Qualité Motel, là, ça surprend et ça met un sourire! D’autant plus que je n’ai pu voir cette formule sur scène encore. Falloir solidifier les planchers.

Sinon, moins surprenant mais tout aussi plaisant, on y retrouvera Pierre Lapointe, un habitué du festival, ainsi que Yves Desrosiers, qui fait de la grande et belle chanson, Les Chercheurs d’Or qui marient si bien le plaisir et la finesse de la musique western, Klô Pelgag et sa créativité, Groenland avec leur pop aussi sucrée que soignée, Dead Obies et leur hip hop complètement champ gauche dont je n’ai pas encore vu le fruit sur scène et David Marin qui a signé un bon deuxième album – passe-t-il le test sur scène?

Mentionnons aussi Robert Charlebois, une chance de le voir pour ceux qui n’en ont pas encore eu la chance. Patrice Michaud qui semble avoir fait mieux avec son deuxième album. Marie-Jo Thério et son univers unique. La pop énergique d’Alex Nevsky. Le reggae efficace de Danakil. De Temps Antan, un bon trio de trad.

Bref, il y en a pour tous les goûts!

Plus de détails sur chansontadoussac.com

Douze nuances de gris

Il y a autant de manières de lire un texte qu’il y a de gens. Et selon la manière dont nous lirons un texte, il gagnera en crédibilité ou en folie ou encore il perdra en poésie ou en sensualité.

Je devais inclure, suite à un blâme, un extrait de 50 shades of grey, dans mon dernier film kino. J’ai donc utilisé ces nuances de lecture pour donner naissance à Douze nuances de gris.

Chronique bédé: assumer ce que nous sommes

Ça fait un moment que je n’ai pas fait de chroniques bédé. Je ne rattraperai pas tout ce que j’ai lu depuis, j’y vais avec mes quatre plus récentes lectures.

Je me suis demandé si un élément réunissait ces quatre livres, que tout oppose ou presque, au premier regard. Du super héros, de la chronique, de l’humour, de la poésie… À ma grande surprise, oui, il y a un lien: chacun, à sa manière, nous incite à assumer ce que nous sommes.

Assumer ses relations et ses choix, avec Les deuxièmes (de Zviane), assumer notre humanité avec La bible selon le Chat (de Geluck), assumer ses convictions et ses troubles avec The Dark Night Returns (de Frank Miller) et assumer notre style de vie, avec La liste des choses qui existent (de Cathon et d’Iris).

couverture_deuxiemesLes deuxièmes
Zviane
Éditions Pow Pow

Un huis clos, dans une maison prêtée, quelque part en Europe. Une fille, un gars. Ils couchent ensemble. On se rend vite compte qu’ils ne font pas beaucoup plus. Elle est sa maîtresse, il est son amant. Ils sont les deuxièmes.

Zviane scrute l’ironie de ces relations. On prétend assumer que ce n’est qu’aventures, que sexuel. Puis il y a les malaises, lorsque l’autre évoque le «vrai» chum, ou lorsque la blonde téléphone… Et malgré cette relation normalement «honnête», il y a cette question, qui revient, malgré tout: «je ne suis que du sexe, pour toi?»

On connait déjà le talent de la bédéiste pour la narration. Elle nous plonge avec facilité dans les moments de joie et de confusion des personnages, nous donne l’essentiel pour en connaitre assez sur eux, en fait, on a l’impression de les connaitre assez rapidement, alors que dans le fond, on en sait peu.

Et son trait. Elle joue avec les distances, les mises en scène. On plonge tantôt dans l’action d’une baise, on se retire ensuite dans la froideur d’une grande pièce vide.

Une bédé de Zviance serait incomplète sans une allusion à la musique. Ici, il y en a plusieurs. Les deux amants nous présentent leur interprétation au piano de Scaramouche. Et cette folie: inventer une partition de baise. Elle nous donne même les clés pour décoder la partition, voire la «jouer» et peut-être même en créer d’autres.

Un autre petit bijou de Zviane, avec toujours autant de douceur, d’humour, d’intelligence, de folie et d’humanité. Vous savez, je suis vraiment un fan.

BIBLE-GELUCKLa bible selon le Chat
Philippe Geluck
Casterman

Je ne suis un amateur en particulier du Chat, ce personnage inventé par Philippe Geluck qui y va de réflexions et d’ironie sur la société en générale. Je trouve que trop souvent, il manque de mordant et ne me surprend pas assez par ses réflexions. Au mieux, ça me fait sourire.

J’étais quand même intrigué par ce spécial «Bible» du Chat. Et les quelques papiers lus à ce propos semblaient laisser croire qu’il s’en était permis. Finalement, les catholiques offusqués par cette bande dessinée sont franchement sensibles.

Geluck déconstruit les mythes de la Bible, de la création du monde à celui d’Adam et d’Ève, en passant par Noé et la connerie humaine. Il y note les paradoxes, les éléments qui ne se tiennent pas, etc.

Pour être honnête, je m’attendais à plus. J’aurais sûrement plus apprécié adolescent. Avant que je me fasse les mêmes jokes moi-même.

listedeschosesquiexistentLa liste des choses qui existent
Cathon, Iris
La Pastèque

Provenant d’un blogue, La liste des choses qui existent est de belles petites chroniques sur des trucs de notre quotidien. Cathon et Iris nous décortiquent avec humour la poubelle, les pyjamas, les lunettes, le bain, etc.

Se promenant entre certains faits que l’on pourrait trouver sur Wikipédia et leur vision tantôt gamine, tantôt absurde, on rigole de nos manies tout en ayant l’impression d’en apprendre. Moins pointu que Tu mourras moins bête qui décortique la science, mais plus attachant.

C’est léger, mais c’est bien fait et efficace. Et je me suis exclamé d’un rire à plusieurs reprises.

the-dark-knight-returns-coverThe Dark Night Returns
Frank Miller
DC Comics

Je suis un Bédéphile avec un B majuscule. Mais j’ai un peu de misère avec les comics. En fait, j’aime les univers de super-héros aussi, mais je n’aime pas cette très grande manie d’en faire des équivalents de téléromans sur papier.

Ce qu’il fait que je lis habituellement des numéros spéciaux, des versions bien précises, plutôt que de lire les 32 univers de Spider-man et les 22 déclinaisons des X-Men.

J’avais déjà lu, il y a une dizaine d’années, cette bande dessinée. Lorsque je l’ai vue à la librairie, je n’ai pu résister à l’acheter. C’est, pour moi, un classique et une des meilleures du genre. D’ailleurs, les trois derniers films de Batman ont été inspirés en partie par cet univers de Frank Miller.

On y retrouve un Batman vieux. À l’âge de la retraite et c’est là, justement, qu’il est rendu. Il a remisé le costume et sirote des whiskys tranquilles. Sauf que… ça lui démange. Il a envie d’action. Le terrain lui manque. Il a besoin de se battre. De combattre le crime. De se combattre, d’une certaine manière. Alors, il reprend le costume, 10 ans après s’être retiré, en pleine soixantaine.

Frank Miller, sans surprise, fait du même coup de la critique sociale. Robin est sous les traits d’une jeune adolescente. La police, le gouvernement, les experts, presque tous sont contre son retour. Batman finira par se battre avec Superman — et le battra!

Un classique, je vous dis!

Gros Mené – Ovechkin (clip non officiel)

Si j’en avais les moyens, je me partirais une boîte de production de vidéoclip. J’adore ça. Ça marie deux trucs que j’aime: le cinéma et la musique.

À défaut de le faire professionnellement, je le fais à temps perdu pour des soirées kino, ici, KINO7ILES.

J’ai fait un clip sur la pièce Ovechkin de Gros Mené. Voici ce que ça donne.

L’amour avec une folle russe, un colosse danois, un esclave noir, une jeune blonde et un prénom douteux

À Sept-Îles, c’est présentement le festival de cinéma Ciné7.

C’est un petit festival, mais qui permet aux gens de la région de voir des films qui, autrement, ne joueraient pas au cinéma de Sept-Îles. Même chose pour le festival Cinoche de Baie-Comeau qui se déroule en même temps. Du cinéma d’auteur et d’un peu partout sur le globe, ça n’arrive qu’une fois par année à Sept-Îles, et c’est durant Ciné7, fak on est bien content.

Voici quelques petits retours sur les films vus.

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