Goûtez-y, pour voir!

Pour un examen de discours oral, dans le cadre de mes cours en animation radio-télévision, j’avais commencé mon exposé avec cette phrase-choc: «Je suis un junkie.» Mon but était de capter l’attention – et ça avait bien fonctionné. Je ne faisais pas référence aux drogues dures, ni douces. La drogue à laquelle je faisais allusion était la musique. J’ai réellement besoin d’une dose quotidienne. Et je dois constamment essayer de nouvelles sortes.

Je reviens de deux semaines de vacances. Loin de moi l’idée de vous écoeurer avec ça, mais c’est qu’en tant que gourmand musical que je suis, au cœur de mes vacances trônait le Festival d’Été de Québec (FEQ), qui est devenu depuis quelques années l’un des plus gros festivals de musique du Québec et même du Canada.

On va mettre les choses au clair dès maintenant : je ne faisais pas partie des 115 000 personnes qui étaient au spectacle de Metallica. Je ne les aime pas assez pour ça. Mais le journaliste culturel et le musicologue en moi ne sont pas du tout surpris que la formation ait été LE spectacle du Festival d’Été de Québec, reléguant même Elton John au second rang, autre spectacle où je ne suis pas allé.

Pour tout vous dire, ou presque, j’ai particulièrement tripé au spectacle du duo The Black Keys, un rock aux racines blues large comme le fleuve Saint-Laurent. Un des plus beaux sons de guitare entendus en spectacle. J’ai aussi eu ma dose de dopamine à Galaxie, le meilleur groupe rock du Québec. Le hip hop organique et théâtral de Buck 65 m’a tout autant fait sourire. Afrodizz m’a envoûté avec leur funk. Random Recipe, qui visitera Sept-Îles l’automne prochain, m’a charmé avec son hip hop énergique et éclectique. Sans parler de Duchess Says, Kim Churchill, Champion et quelques autres.

Je ne connais pas ça
Je connais plusieurs personnes qui ont acheté le laissez-passer du festival que pour Metallica. Si je comprends que la première motivation soit la troupe de Lars ulrich, je ne comprends pas pourquoi on ne profite pas de ce laissez-passer pour essayer au moins un autre des dizaines de spectacles qui foulent l’une des scènes du Festival d’Été de Québec.

La première raison évoquée est souvent que l’on ne connait pas les autres groupes. Il y a quelques années encore, la seule de manière de savoir à quoi pouvait ressembler un groupe qui nous est inconnu était la description imprimée dans le programme du festival. Aujourd’hui, avec Internet, il suffit de marquer le nom du groupe dans un moteur de recherche et on tombe du coup sur leur compte MySpace, Facebook, YouTube, leur site Internet rempli d’extraits audio, si ce n’est pas leur album au complet en «streaming».

Et encore, le site Internet du FEQ facilite plus les choses. Dans leur programmation en ligne, nous pouvons cliquer sur le nom du groupe, avoir une description, des extraits, un clip et des liens vers leurs sites. Rendu là, ne pas le faire est de la mauvaise foi ou de la paresse. L’excuse de ne pas connaître ça n’est plus valable en 2011. Il faut alors s’assumer et le dire qu’on s’en fiche, dans le fond.

Gagner le gros lot
C’est vrai que ça arrive d’essayer un artiste et de ne pas l’aimer, finalement. J’ai fait trois essais durant le Festival d’Été de Québec. Deux n’ont pas été vraiment fructueux. Le premier, Wavves, a fini par me taper sur les nerfs et le deuxième, Hypnotic Brass Ensemble, avait plus d’attitude que de talents. C’est plate, mais tellement pas grave.

Ce désagrément ne fait pas le poids devant la joie que l’on peut avoir lorsqu’on découvre, sur scène, un artiste génial, qu’il soit inconnu de tout le monde ou que de soi-même. C’est comme une révélation, assister à une naissance. Chaque fois, je me sens choyé, privilégié et béni, même, ce qui est pas mal pour un athée comme moi.

Je vous mets au défi, Nord-Côtiers. Essayez un chanteur, un groupe ou une forme d’art que vous ne connaissez pas, ou peu. Juste un par saison. C’est à peine trois sur une année. Après tout, même votre groupe favori, vous avez dû l’écouter une première fois, peut-être avec les mêmes préjugés. Qui sait, une révélation vous attend peut-être derrière la porte du Graffiti, de la Salle Jean-Marc-Dion, du Cégep de Sept-Îles ou de l’Échouerie, à Natashquan.

Publié dans le Nord-Côtier, 20 juillet 2011

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