Jouer avec le feu

Méchante claque. Le feu des Jardins de Chambord est le genre de drame qui fesse pour une communauté comme Sept-Îles. Je n’ai même pas besoin d’expliquer pouquoi, suffit de penser aux familles qui ont tout perdu. On parle de 54 personnes à la rue. Heureusement, la communauté a réagi rapidement a été généreuse, certains ont même été magasiner pour les sinistrés. Sauf que… on les met où?!

Le feu de mercredi dernier a ravagé 18 logements. Je me demande s’il y a ne serait-ce que 10 logements à louer, en ce moment même, à Sept-Îles. Si je me fis aux petites annonces, il n’y en a même pas un! Des chambres à louer, oui, des maisons à vendre, aussi, mais des logements à louer, aucun!

Je ne sais pas pour vous, mais je trouve que c’est une méchante claque. Pour les sinistrés, avant tout, évidemment. On peut supposer que s’ils restaient dans ces logements, c’est qu’ils ne pouvaient se payer une maison (ou un condo de luxe).

Ils devront maintenant se battre avec les nouveaux travailleurs pour se trouver des logements qui n’existent pas. Et on s’entend que retrouver un toit est la priorité pour eux. Bien avant de ravoir des meubles : où voulez-vous qu’ils les mettent, ces meubles, sans logement?

Et c’est une grosse claque pour la Ville. Assez solide, d’ailleurs. Dire qu’une entreprise n’a pas pu embaucher une personne parce que celle-ci n’a pu trouver un logement est déplorable. Et met en lumière la crise du logement, mais ça ne fait pleurer personne, ça demeure qu’un symptôme, un avertissement. Mais là, ces 17 familles à la rue, c’est direction l’urgence. Ce n’est plus triste et désolant, c’est une catastrophe.

Et qu’on se comprenne bien, je ne blâme pas particulièrement les élus, la direction de la Ville de Sept-Îles, les promoteurs privés ou le gouvernement du Québec. La crise du logement que nous vivons est une situation beaucoup plus complexe que plusieurs citoyens le croient.

Le fardeau et les solutions reposent sur les épaules de tous ces acteurs. Aucun des trois ne peut régler ça en solitaire. Le pire, c’est que l’un comme l’autre a besoin de l’autre. Il faut le soutien de l’un, l’audace de l’autre. D’où la complexité. Croyez-moi, si c’était simple, on n’aurait pas ce problème.

Même le citoyen n’aide en rien lorsqu’il est pris du syndrome « pas dans ma cour ». Je comprends qu’on s’attache aux parcs ou aux espaces verts, et il ne faut pas tous les laisser aller, je serais le premier à le décrier, mais il faudra bien en abandonner deux ou trois pour mettre un terme à cette crise du logement. Et si tout le monde compte sur l’autre quartier, ça ne débouchera jamais.

Bref, ce n’est pas simple. Mais compliqué ne signifie pas impossible. Et ça n’excuse en rien la situation.

Mais soyons optimistes. La communauté, dans sa générosité qu’on lui connait, trouvera sûrement une manière de loger ces familles. Du moins, je le souhaite vraiment. Et n’oublions pas cette leçon. Cette claque ne doit pas servir à rien.
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Publié dans le Nord-Côtier, 22 février 2012.

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