Je pense donc je suis con

On entend souvent ce type de phrases, comme quoi, parce qu’on est rendu en 2012, un comportement ne devrait plus exister. C’est dit comme si l’humain avait tant évolué depuis l’Antiquité. Comme si les réflexions d’Aristote, de Platon ou de Socrate, comme si les morales dans les histoires d’Homère étaient rendues choses du passé, comme si les mêmes tourments ne nous frappaient pas encore, en 2012.

Pourtant, en général, la seule différence entre un Romain de l’époque du grand Jules et un Italien de l’époque du petit Berlusconi, c’est que ce dernier a de meilleurs outils. Il est tout aussi con que son ancêtre, sinon. Oh! certes, dans un jeu de Génies en herbe, il va le planter. On a une meilleure éducation en 2012 qu’en -52. Mais il y a une grande différence entre le savoir et la sagesse. On peut avoir un doctorat et quand même être un imbécile.

On attribue à Einstein cette célèbre phrase: «Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue.»

Il y a vraiment plusieurs comportements que je ne m’explique pas et qui sont encore, aujourd’hui, fréquents. Souvent, ce sont des réflexes primitifs. Je dis bien primitif, car je ne crois pas que ce soit instinctif, les animaux n’ont pas ce genre de comportement, ce n’est pas donc pas notre côté animal, mais bien un réflexe qui n’a aucun sens. Peut-être suis-je trop cartésien…

Tenez l’exemple parfait du triangle amoureux. Monsieur B aime Mademoiselle A, mais celle-ci aime plutôt Monsieur D. Je ne comprendrai jamais pourquoi, parfois, Monsieur B voudra casser la gueule de Monsieur D. Quelle gêne lui manque-t-il dans la tête pour ne pas comprendre que de péter la gueule du gars qu’elle aime fera l’effet contraire qu’il souhaite: c’est-à-dire la dégoûter à jamais.

Dans la même veine, il y a le cocu qui veut trucider l’amant de sa femme (ou la cocue qui souhaite étriper la maitresse de son mari). Quand on y pense, ce n’est pas l’amant, le salaud dans l’histoire, c’est l’épouse. C’est comme vouloir briser le couteau qui a tué son ami plutôt que vouloir frapper l’agresseur (ce que je n’approuve pas plus, mais qui est plus logique quand même).

La vengeance, justement, est aussi un bel exemple d’une invention humaine que je ne comprends pas. Plus encore lorsqu’elle vient de personnes très croyantes… et dont la religion prône le pardon. Une des prières les plus connues dit textuellement «Pardonne-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés». Paradoxalement, ce sont les plus fervents religieux qui tiennent le plus à punir et à la peine de mort!

En fait, je pourrais écrire un livre aussi épais que la Bible sur les incongruités que plusieurs religions contiennent. Et la plupart du temps parce que l’Homme aura détourné le message original de celui qui l’aura inspiré. Si Jésus revenait, il regarderait sûrement d’un drôle d’air le Pape. «Ben! Mais qu’est-ce vous avez foutu pour en arriver là? Je n’ai jamais parlé de tout ça!»

Plus anecdotique, mais qui en dit long selon moi: les stationnements. Il suffit de voir comment les gens se stationnent pour voir que la connerie est très bien répandue, de la vieille Tercel rouillée à la Cadillac flambant neuve.
Quand je vois une personne qui se stationne sur le bord de la porte du magasin, ou en double à côté de l’espace réservé aux handicapés, et donc dans le chemin, plutôt que dans le stationnement qui est à un gros maximum une minute à pied, je me demande toujours pour qui se prend cette personne. Il y en a même qui se «parkent» sur les terre-pleins!

Sérieusement. Il faut vraiment ne pas se prendre pour de la merde pour se dire qu’on est dessus des espaces réservés à l’immobilisation de nos voitures et qu’on peut bloquer le chemin. Et si on me sort l’excuse qu’on ne vient que pour deux petites affaires, je sourcille encore plus. Parce qu’en plus de ne pas se prendre pour de la merde, cette personne croit être la seule à rentrer à l’épicerie que pour deux petits achats! Voilà la connerie dans toute sa splendeur.

C’est vrai que ça a l’air anodin et que bloquer le chemin dans un stationnement est encore loin de mériter la prison. Sauf que ça en dit long sur le comportement humain en général. Faire le con dans un truc aussi anodin et aussi quotidien me fait frémir pour tout le reste.

Imaginez. On est prêt à «voler» le stationnement d’un autre, pour ne pas marcher 28 pas de plus. Faut pas s’étonner que des pays se fassent la guerre après ça…
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Publié dans le Nord-Côtier, 8 février 2012.

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