Aventures new yorkaises

J’ai visité cette semaine, en solo, New York. Comme j’aime observer le monde et que je me prends beaucoup de notes dans ma petite tête, j’ai décidé de les partager.

Voici donc les quatre textes écrits à partir de ma visite de la Grosse pomme, tels que publié sur Facebook.

1 – BREF, JE SUIS À NEW YORK

La Ligne M en panne, mais sur un autre ligne.

Être accueilli dans le métro à la fois par un chanteur et une foule en liesse autour de lui… Un classique du métro new-yorkais. Et une panne.

La journée allait être longue et parfois serrée. Parti à 6h30 de Québec pour attraper le train de 10h20 à Montréal, il ne fallait pas que la route bloque ou que la ligne orange tombe en panne.

Mais tout va bien, jusqu’à ce que je me rende compte que je suis arrivé relativement juste, juste assez pour être dans les 5 derniers à embarquer dans le train vers New York et me retrouver dans les rares sièges sans fenêtre. Après St-Lambert, je me dis que ça se peut pas que je vais faire 11h de train en voyant qu’un mur gris et un tapis bleu. Nenni!

Je remarque alors que ma voisine est séparée de ses enfants et que sa fille, elle, peut voir, même si elle n’est pas sur le bord d’une fenêtre. « Parlez-vous français? Speak english? Ok. Voulez-vous être avec votre fille? Oui oui je peux échanger ma place, ça va être mieux pour elle et je vais préférer aussi? Oui oui. Super! »

Plan réussi! Mais je me rends compte que je suis encore plus gagnant en prenant place dans la cafétéria, collé sur une fenêtre. J’y passerai la très grande partie de la journée, jusqu’à 21h, arrivée à Penn Station, New York.

Sur le chemin, je trippe, on ne cesse de voir plein d’immeubles abandonnés ou maganés et j’aime vraiment ça, les vieilles bâtisses toutes ridées, je trouve que ça déborde de poésie, de vécu, de beauté.

Sinon, de beaux paysages avec le lac Champlain et le fleuve Hudson. Le monde est gentil.

Pis le train, vraiment, quelle belle façon de voyager. On sent le terrain, le paysage, on voit des trucs que les autoroutes nous cachent, et même les petites routes. C’est doux.

Sauf la bouffe du train. Dégueulasse. Genre burger, panini ou hot dogs précuits et réchauffés dans un micro-ondes. J’ai boudé le souper.

Arrive dans Penn Station à 21h10, affamé, ça me prend un 10 minutes savoir où aller. Marche sur la 34e rue, ça flashe partout, prends le bon métro vers Brooklyn… Puis le train tombe en panne juste à 2 stations de mon arrêt… Et nous dépose sur une autre ligne. C’est ce que j’appelle un bon baptême au métro new-yorkais. Le parcours de 30 minutes a pris 1h15!

Arrive finalement dans mon auberge, 23h15, affamé et fatigué. Je savais que ça allait être minimaliste, alors je ne dirai rien sur les lieux sans plafonds. Mais le wifi est merdique et le métro est pas juste proche, je pourrais sauter de ma fenêtre pour le prendre. Va-t-il me réveiller sans cesse? Suspense!

Bref, je suis à New York pour la première fois.

Publication originale et photos ici.

2 – LE RÊVE AMÉRICAIN

Jersey City, New York et Brooklyn vus du traversier de Staten Island

Même si je suis rendu molo sur la bière, je considère incomplet, voire un vide, ne pas essayer au moins un pub local, de quartier, quand je voyage. C’est en savourant avec plaisir une stout dont j’ai oublié le nom au West Brooklyn… dans Brooklyn que je vous écrit mes pensées de la journée.

Ben oui, je voyage seul et je me note plein de trucs. Tout ce travail intellectuel ne peut rester dans ma tête!

J’ai marché, surtout, ce qui laisse encore plus le temps penser. Mais j’ai aussi pris le bateau, le Staten Island Ferry. Un traversier gratuit (on aime ça, pis j’aime vraiment ça les traversiers, j’en prends pas mal toujours un quand il y en a un du genre).

Bref, la vue du ferry sur la ville est belle, splendide. Du même coup d’oeil, on voit le New Jersey, Manhattan, Brooklyn… Ça fait une méchante zone urbaine. Tout la population du Québec à même place. Voire plus même?

Sur le traversier, j’ai vu du monde utiliser de vieilles cartes. Amour envers eux. Ça me rappelle mes premiers roadtrips. Il y a quelque chose de beau dans les cartes. Comme les livres, les journaux ou les albums photos.

Tuons un mythe svp. Tout n’est pas mieux entretenu ou plus beau aux États-Unis d’Amérique. Suffit! Non les routes sont pas plus belles. Ni les édifices. Ni les infrastructures. J’en vois à la tonne chaque fois que j’y vais, des trous ou bris. En particulier dans le métro.

Vous qui ne voyez que du beau et parfait, sortez vous des attrapes-touristes coudonc?

Moi j’aime me mêler au monde, comprendre leur vie. Fak je vois le pas beau.

Parlant d’attrapes-touristes, je suis passé par Times Square. Je n’allais pas faire un détour pour Times Square mais je marchais pas loin… Aussi bien aller voir.

Mais on est censé faire quoi là? À part s’offrir à des publicistes? Ça émeut le monde voir plein de promos partout? Moi je me demande: combien ça te coûte Jay Z pour afficher sur un immeuble complet? Tu pouvais pas mieux l’investir? C’est fou comment c’est vide. Fasciné par votre plaisir, mesdames et messieurs.

D’ailleurs, les gens qui se mettent en troupeau ou font la file pour se prendre en photo avec le taureau ou le cube rouge… C’est vraiment si important de le dire au monde : « I was there… Like everyone!!! »

Suis-je le seul? Pendant que je marchais dans le quartier financier, pis Soho, pis la High line et autres, j’arrêtais pas de me demander: « Et ici, est-ce que Spiderman pourrait s’y rendre? Où pourrait il lancer une toile? » Il y a une partie de moi qui continue à se dire que sa méthode de déplacement ne peut être aussi fluide, facile et avoir si peu de contraintes.

J’ai essayé une classique pointe de pizza new yorkaise. Tabouret. 3 places. Le gars d’en face tombe sur une connaissance ou amie, Michelle de son nom (il l’a dit fort et enthousiaste), mais clairement, il aimerait faire de quoi avec, il la reluque, essaie vraiment d’être intéressant, mais ne parle que de sa job et elle, est polie… Mais voudrait bien commander sa pointe à la place. Oups! Elle a un téléphone! Oh zut. « Nice to see you! » dit-il. « Yeah. Later! » répond-elle. « Call me anytime eh! » ajoute-t-il, plein d’espoir. « Yeah yeah » répond-elle évasive.

Je croise un homme avec un chandail: « the future is female ». J’aime ça, c’est un beau finger, même si je ne suis pas d’accord. T’sais. L’avenir est féminin, masculin, queer, fluide, toute. Pas juste féminin.

J’ai fait aussi beaucoup de métro. Tellement rendu assimilé qu’on me demande des conseils et je peux aider. Tout ça en 24h.

Le couple qui ne dit rien dans le métro bondé mais dont le gars alterne entre le regard fâché et plein de regrets et le visage de la fille qui demeure frustré. Le corps fermé. Elle finit par dire « I can’t wait to say something about this conversation. I can’t wait ». J’ai cessé d’écouter, je suis pas voyeur. Mais le gars n’a rien répondu. Même tension retenue. Elle, son regard semble dire: « Sérieux?! »

Il y a plein d’affiches du Museum of sex dans le métro. C’est vraiment intrigant.

Des fois le bruit des freins du métro, ou le frottement des rails, ressemblent à des cris d’outre tombe, cauchemardesque, cadavériques. Ou sont justes vraiment agressants. Bravo au métro de Montréal pour les trains sur pneus.

« Leave me alone! » crie la petite fille à son frère… Dans le métro bondé où son frère ne peut pas bouger. Elle réplique en chantant des « na na neuh na neuh » alors que sa mère lui demande de se calmer. Cette scène familiale m’a touché.

J’ai marché sur la magnifique High line en fin de journée. Le coucher de soleil n’aidant pas Jersey, puisque la ville tombe dans l’ombre alors que New York s’illumine encore, mais voilà, l’autre bord du Hudson semble terne. Plate pour le New Jersey déjà snobé en général.

Je termine avec une pensée sur le rêve américain. Il y a des trucs qui m’ont rappelé ma conférence sur l’égalité de vendredi passé.

Comme voir une personne fouiller dans les poubelles pendant que d’autres sortent des grandes tours, sortent des grosses boutiques. Voir des gens faire la file d’un refuge ou n’ayant vraiment rien alors d’autres cherchent du wifi ou que d’autres attendent leur patron dans leur Cadillac tout brillante. L’extrême pauvreté qui croise l’extrême richesse… Qui rêve le plus dans tout ça? Probablement le gars de la pizza qui rêve à l’amour de Michelle.

Publication originale et photos ici.

3 – LE BONHEUR DU LARGE

Coney Island et Brighton Beach

Quelqu’un me trouvait bien familier en tutoyant une série l’autre jour. Ben, le métro est rendu mon ami. Quand il arrive, je lui dit: « Hey! B! What’s up dude? ». Je suis de même, familier. (Mais je dis pas réellement « dude » – sauf là, je me parlais en anglais dans ma tête)

Un homme dans un train: « Hi everybody! Ladies ans gentlemen thank you to listening… » Le gars raconte que ça fait trois mois qu’il erre, « homeless ». Imaginez-vous où sa souffrance ou son « pu rien à perdre » est rendue pour hurler ça au monde? Alors qu’on a de la misère à avouer qu’on a raté une tâche au bureau ou on call malade au lieu de dire « j’ai trop bu hier », où on se met à son meilleur, même pour un niaiseux selfie qui sera oublié en 2h. Lui, il le sait que chaque fois qu’il fait son discours, des gens vont le trouver comme un raté, merdique, etc. Je pense pas que moi j’aurais ce guts. Respect, dude. … Et bonne chance…

Questionnement. Avec les métros qui surplombent les toits, pourquoi si peu de gens transforment leur toit en terrasse? J’ai pourtant vu un toit-stationnement.

Un homme se met à chanter dans le wagon. Il annonce qu’il sera le prochain American next talent ou un truc du genre. Il fait ça pour se faire connaitre, avoir des sous, pas trop compris. Mais il ressent un besoin de devenir quelqu’un, « réussir », t’sais. Ça m’a rappelé un épisode de Black Mirror où le monde ne travaille que pour pouvoir passer dans une télé-réalité et devenir une star. Ceci dit, du monde embarque, quand même cool. Il a fait pleurer une fille avec sa chanson. Moi elle me disait rien, mais elle, elle la connaisait par coeur.

Mes 4 années de plage de Sept-Iles me manquent depuis 3 ans… Depuis mon retour à Québec. Quel plaisir de m’effoirer sur celle de Brighton, la petite russie de Brooklyn. Il y a du russe partout. Même un vieux monsieur lisait un journal russe sur un banc.

Cette plage est accessible en métro. Elle fait partie de la ville. Pourquoi n’est-elle pas plus dans les films, romans, séries et autres qui se passent à New York? C’est comme si j’apprenais son existence!

Quoique c’est vrai que ça serait moins spectaculaire, Spiderman devrait y aller à pied… Pas de hauteur pour tisser une toile. Un superhéros, qui marche, sans courir, sans utiliser un gadget, sans sauver une vie, sans voler, ça fait juste un weird déguisé qui marche.

L’air salin (oh oui!), le vent du large (que je t’aime), la douceur du sable (tu es bon), le bruit des vagues (tu me berces). Bref, le bonheur.

Si j’avais un vent de même et ce grand air tous les soirs, je ferais clairement moins d’insomnie. Ce qui fait que je finis toujours par devenir un peu vedge à force d’apprécier tout ça. Et ce dilemme: j’aime ça, je veux pas partir, mais si je reste trop, je vais devenir un zombie. Argh.

J’ai pensé à Stéphane Robitaille et sa magnifique chanson « Vas-tu m’aimer » en voyant un couple âgé, l’un tenant par le bras sa mie qui avance péniblement avec une canne, et ce pour qu’elle puisse se tremper les pieds au moins un peu. Il était super patient et attentionné. C’est beau l’amour, hein?

À force de marcher sur cette plage, tu tombes sur Coney Island. Moi, chaque fois que je vois ce mot ou ce site, je pense à un épisode des Simpsons (évidemment). Celui où la famille tente de refaire vivre un parc d’attraction autrefois glorieux et maintenant délaissé, sur le bord de l’océan. C’est aussi une des rares fois où Lisa devient « cool » (c’est-à-dire pas rejet, parce qu’elle est cool en fait).

Sur le quai, le Pat Auletta Steeplechase Pier, des gens se font un mini Cuba, drapeau, musique, danse. J’aime ce côté: « je prends ce bout de trottoir, de parc ou de quai pis j’en fais mien, m’en fou, j’en fais mien, avec ma culture. » Fait quelques fois que je vois ça, dans le Bronx entre autres. C’est beau.

Histoire de pêche au bout du quai. Un des pêcheurs raconte à des touristes avoir déjà pêché un poisson de 7 livres. Le temps que j’ai été là, deux poissons très raisonnables et deux trop petits, retour à l’eau. Ils ont quand même impressionné une famille française qui n’avait jamais vu quelqu’un pêcher ou un poisson sortir de l’eau live devant eux.

En tout cas, les pêcheurs se plaisent clairement à être une sorte d’attraction touristique. Il y a une sorte de fierté et plaisir dans leur sourire qui le sous-entend.

Il y a un truc zen-charmant dans tout ça.

J’ai toujours dit que le jour que les médias ne voudraient pu de moi, je deviendrais chauffeur, parce que j’aime faire de la route. Je devrais peut-être corriger pour devenir marin. Un truc sur un brise-glace qui va dans le grand nord. L’air du large, ça m’appelle profondément. Toujours une envie de rejoindre les bateaux qui partent, même le cargo pas beau qui était au large. « Attends moi!!! »

Je suis quelqu’un de plate. Pas inintéressant ou désagréable, mais plate. J’ai plus envie de chiller sur la plage que faire le Thunderbolt. Une montagne russe aux sensations fortes. Et aux odeurs fortes aussi – le rail frôle deux gros conteneurs à vidanges.

Bref, je suis plate, mais je compense en étant doux et sensible, j’imagine, et en aimant essayer des affaires. J’aime partir à l’aventure. Mais il y a plusieurs manières de se lancer dans le vide. Comme partir quelques jours seuls dans une mégapole qu’on ne connait pas. Juste pour le fun, se dépayser un brin.

Publication originale et photos ici.

4- DONC, REVENIR, DONC

Stillwell avenue

En revenant hier, dans la nuit, dans mon Limoilou, je l’ai trouvée bien tranquille. Mais belle, mais bien tranquille à côté du Brooklyn où j’avais passé la semaine. Puis c’est correct comme ça. Je l’ai dit, je suis plate et j’aime bien la tranquillité, même si j’ai bien aimé aussi New York et son mouvement perpétuel. Je comprends pourquoi tant de gens aiment la Grosse Pomme.

Il me restait quelques notes, dans ma tête et dans mon cell, surtout en photo. Suite et fin de mon périple newyorkais.

L’art de rue, ou le street art, il en manque à Québec. Il y en a à quelques endroits, pis on sent une volonté ou un réveil à ça, mais vivement plus d’arts dans nos rues, sur nos immeubles. Je me souviens m’être fait la réflexion à Boston et là, encore, à New York. Les passages insolites, a Québec, sont un bon exemple. Plus de sculptures. Plus de graffitis. Plus!

Je suis toujours fasciné par les immeubles des coins de rues en «V». Je comprends l’idée de maximiser l’espace, mais vraiment, quel genre de pièce peut-on faire dans un coin exigu comme ça? Parce que certains le sont vraiment, exigus. Assez large pour mettre une porte, mais pas une porte assez large pour ne pas faire sacrer lors d’un déménagement. Pas surprenant que certains semblent à l’abandon.

Je regardais le trafic de New York à partir de Broadway dans Brooklyn et je me suis demandé: pourquoi ils n’ajoutent pas une autre voie ou un autre lien, ça serait plus fluide, non?

En sortant de Coney Island, je suis tombé sur ce nom de rue qui m’a sûrement plus amusé qu’il en faut: Stillwell. Still well. C’est comme insister sur un truc qui n’a pas tant besoin d’appui. « Tout est encore vraiment okay » « Donc, vraiment donc » ou « Bien bien bien, et encore bien ». Si vous saviez comment je me fais du fun avec la toponymie.

J’a un peu parlé de la High Line il y a quelques jours. Je me souviens quand j’ai entendu parlé de ce projet de revitalisation, c’était justement pour remettre un peu de valeur à ce bout là. Ça a tellement marché que là, la gentrification et la spéculation s’invitent. À côté d’immeubles, disons, plus âgés et modestes, se construisent des grandes tours avec cette promesse d’être collée à a High Line. Ce projet est devenu un argument de vente. Still well, j’imagine.

J’ai été me promener autour du Yankee Stadium. J’aurais même aimé voir un match, mais les horaires fitaient pas. J’en ai pas l’air aujourd’hui, parce que je ne pourrais pas nommer un seul joueur de la MLB, mais gamin, j’aimais beaucoup le baseball. J’ai joué et j’ai arbitré. Pis comme j’étais un enfant dodu qui cognait des coups de circuit, on me comparait à Babe Ruth. Alors aussi con que c’est, surtout que c’est pu le même stade, j’avais une envie de voir ce lieu mythique de ma jeunesse. Il y a de l’histoire populaire dans ce coin-là.

Zaro’s, j’ai trouvé ton croissant saucisse-oeuf-fromage cher à 6,52$ (américain en plus!!!). Et ton goût est royal à côté des timatins déprimants de l’autre. Mais tu restes cher. Vraiment. J’aurais vigoureusement refusé si je n’avais pas été à la course pour attraper le train, mais ça, tu le sais et tu en profites, hein?.

Le fleuve Hudson est vraiment magnifique. Il a cette tranquillité des fleuves intérieurs, sans marée. Les Appalaches en fond. Bon, on devine des usines cachées derrières les rives et ces collines et là, la vue serait moins buccolique (la fumée de leurs cheminées les trahissent parfois), mais on a cette fameuse beauté du paysage nord-américain.

J’ai vu le visage d’un homme assis dans un siège sans fenêtre, à mi-chemin, donc après 5 heures environ. Son visage était cerné, vide, épuisé de subir un supplice ou de n’avoir aucun sens à sa vie. Je me suis demandé quelques fois: je lui dis-tu qu’il peut aller s’asseoir dans la cafétéria et profiter de la vue, retrouver un sens à sa vie? Je l’ai pas fait.

Il y a deux types de passagers dans un train. Ceux et celles qui ont du réseau, qui pitonnent et surfent, et ceux et celles qui utilisent le wifi du train, qui patientent. Ces catégories ont tendance à s’inverser en traversant la frontière.

Avant de partir, j’avais demandé au gars de la compagnie de chemin de fer comment ça fonctionnait, les douanes. En gros, c’était simple, m’avait-il dit, on remplissait un formulaire et hop, on passait tous et toutes la frontière. C’est vrai que c’est simple, mais c’est long. Ça, il ne me l’avait pas dit. Les douaniers interrogent tout le monde. Et fouillent ta bouffe. Ça prend une heure, quand tout va bien. Heureusement, j’avais des mots croisés à faire.

Se retenir pour ne pas rire trop fort lorsque le mode aléatoire de iTunes te sort du Pérusse. Se rendre compte que j’avais peu écouter l’album 9. J’ai même écouté l’album au complet. Mais je ne me suis pas toujours retenu et j’ai rit. Ça m’a rappelé que rire me fait toujours mal aux côtes. Encore, après 10 jours de l’accident de vélo. Ça, c’est pas still well.

Pendant le trajet en train, à un moment, pendant que j’écoutais un album, je me suis dit: je voudrais que ma vie soit comme une chanson de Avec pas d’casque. Belle, douce, réconfortante, sensible, mélodique, simple, intelligente, lumineuse, sans flafla, vraie.

Faire 11 heures de train, ça nous fait penser à des affaires de même.

Publication originale et photos ici.

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