Caler quand même

Coup d’oeil sur l’horizon. Rien ne semble bouger. L’environnement habituel est là. Il semble même calme par rapport à nous.

Pourtant, cette impression de s’enfoncer est bien là. Une peur.

Selon Hollywood, les sables mouvants peuvent nous avaler. Une noyade sèche. C’est une légende. La physique fait en sorte que seule une moitié de notre corps peut s’enfoncer. Poussée d’Archimède.

Reste qu’on cale dans un sable mouvant et qu’on peut y rester pris. Le mélange d’argile, de sable et d’eau salée agit comme un ciment.

Au début, on ne s’en rend pas compte qu’on cale. Nos pieds sont souvent déjà coincés quand ça arrive. Si jamais ça vous arrive, le truc est de vous allonger. Faites l’étoile, comme sur l’eau.

C’est plus dur quand le sable mouvant est dans sa tête. Ce n’est pas instinctif, faire l’étoile. Ça ne l’est pas plus quand ça arrive physiquement, mais faire l’étoile mentalement, c’est dur.

On a plutôt tendance à tenter de s’accrocher aux racines qui traînent, à pelleter le sable, à tirer sur ses jambes.

KEEP CALM AND respire par le nez. Une grosse inspiration. Étire ton diaphragme. Donne-lui la vitesse de l’escargot et la force de Louis Cyr.

Se chicaner. C’est bête caler dans un sable mouvant. L’impression frustrante, mais erronée, de se piéger soi-même. La peur d’un piège éternel.

Avoir soif, toujours soif. Un œsophage asséché par le sable, un estomac toujours vide, une gorge qui se resserre.

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