Chronique bédé: assumer ce que nous sommes

Ça fait un moment que je n’ai pas fait de chroniques bédé. Je ne rattraperai pas tout ce que j’ai lu depuis, j’y vais avec mes quatre plus récentes lectures.

Je me suis demandé si un élément réunissait ces quatre livres, que tout oppose ou presque, au premier regard. Du super héros, de la chronique, de l’humour, de la poésie… À ma grande surprise, oui, il y a un lien: chacun, à sa manière, nous incite à assumer ce que nous sommes.

Assumer ses relations et ses choix, avec Les deuxièmes (de Zviane), assumer notre humanité avec La bible selon le Chat (de Geluck), assumer ses convictions et ses troubles avec The Dark Night Returns (de Frank Miller) et assumer notre style de vie, avec La liste des choses qui existent (de Cathon et d’Iris).

couverture_deuxiemesLes deuxièmes
Zviane
Éditions Pow Pow

Un huis clos, dans une maison prêtée, quelque part en Europe. Une fille, un gars. Ils couchent ensemble. On se rend vite compte qu’ils ne font pas beaucoup plus. Elle est sa maîtresse, il est son amant. Ils sont les deuxièmes.

Zviane scrute l’ironie de ces relations. On prétend assumer que ce n’est qu’aventures, que sexuel. Puis il y a les malaises, lorsque l’autre évoque le «vrai» chum, ou lorsque la blonde téléphone… Et malgré cette relation normalement «honnête», il y a cette question, qui revient, malgré tout: «je ne suis que du sexe, pour toi?»

On connait déjà le talent de la bédéiste pour la narration. Elle nous plonge avec facilité dans les moments de joie et de confusion des personnages, nous donne l’essentiel pour en connaitre assez sur eux, en fait, on a l’impression de les connaitre assez rapidement, alors que dans le fond, on en sait peu.

Et son trait. Elle joue avec les distances, les mises en scène. On plonge tantôt dans l’action d’une baise, on se retire ensuite dans la froideur d’une grande pièce vide.

Une bédé de Zviance serait incomplète sans une allusion à la musique. Ici, il y en a plusieurs. Les deux amants nous présentent leur interprétation au piano de Scaramouche. Et cette folie: inventer une partition de baise. Elle nous donne même les clés pour décoder la partition, voire la «jouer» et peut-être même en créer d’autres.

Un autre petit bijou de Zviane, avec toujours autant de douceur, d’humour, d’intelligence, de folie et d’humanité. Vous savez, je suis vraiment un fan.

BIBLE-GELUCKLa bible selon le Chat
Philippe Geluck
Casterman

Je ne suis un amateur en particulier du Chat, ce personnage inventé par Philippe Geluck qui y va de réflexions et d’ironie sur la société en générale. Je trouve que trop souvent, il manque de mordant et ne me surprend pas assez par ses réflexions. Au mieux, ça me fait sourire.

J’étais quand même intrigué par ce spécial «Bible» du Chat. Et les quelques papiers lus à ce propos semblaient laisser croire qu’il s’en était permis. Finalement, les catholiques offusqués par cette bande dessinée sont franchement sensibles.

Geluck déconstruit les mythes de la Bible, de la création du monde à celui d’Adam et d’Ève, en passant par Noé et la connerie humaine. Il y note les paradoxes, les éléments qui ne se tiennent pas, etc.

Pour être honnête, je m’attendais à plus. J’aurais sûrement plus apprécié adolescent. Avant que je me fasse les mêmes jokes moi-même.

listedeschosesquiexistentLa liste des choses qui existent
Cathon, Iris
La Pastèque

Provenant d’un blogue, La liste des choses qui existent est de belles petites chroniques sur des trucs de notre quotidien. Cathon et Iris nous décortiquent avec humour la poubelle, les pyjamas, les lunettes, le bain, etc.

Se promenant entre certains faits que l’on pourrait trouver sur Wikipédia et leur vision tantôt gamine, tantôt absurde, on rigole de nos manies tout en ayant l’impression d’en apprendre. Moins pointu que Tu mourras moins bête qui décortique la science, mais plus attachant.

C’est léger, mais c’est bien fait et efficace. Et je me suis exclamé d’un rire à plusieurs reprises.

the-dark-knight-returns-coverThe Dark Night Returns
Frank Miller
DC Comics

Je suis un Bédéphile avec un B majuscule. Mais j’ai un peu de misère avec les comics. En fait, j’aime les univers de super-héros aussi, mais je n’aime pas cette très grande manie d’en faire des équivalents de téléromans sur papier.

Ce qu’il fait que je lis habituellement des numéros spéciaux, des versions bien précises, plutôt que de lire les 32 univers de Spider-man et les 22 déclinaisons des X-Men.

J’avais déjà lu, il y a une dizaine d’années, cette bande dessinée. Lorsque je l’ai vue à la librairie, je n’ai pu résister à l’acheter. C’est, pour moi, un classique et une des meilleures du genre. D’ailleurs, les trois derniers films de Batman ont été inspirés en partie par cet univers de Frank Miller.

On y retrouve un Batman vieux. À l’âge de la retraite et c’est là, justement, qu’il est rendu. Il a remisé le costume et sirote des whiskys tranquilles. Sauf que… ça lui démange. Il a envie d’action. Le terrain lui manque. Il a besoin de se battre. De combattre le crime. De se combattre, d’une certaine manière. Alors, il reprend le costume, 10 ans après s’être retiré, en pleine soixantaine.

Frank Miller, sans surprise, fait du même coup de la critique sociale. Robin est sous les traits d’une jeune adolescente. La police, le gouvernement, les experts, presque tous sont contre son retour. Batman finira par se battre avec Superman — et le battra!

Un classique, je vous dis!

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