L’amour avec une folle russe, un colosse danois, un esclave noir, une jeune blonde et un prénom douteux

À Sept-Îles, c’est présentement le festival de cinéma Ciné7.

C’est un petit festival, mais qui permet aux gens de la région de voir des films qui, autrement, ne joueraient pas au cinéma de Sept-Îles. Même chose pour le festival Cinoche de Baie-Comeau qui se déroule en même temps. Du cinéma d’auteur et d’un peu partout sur le globe, ça n’arrive qu’une fois par année à Sept-Îles, et c’est durant Ciné7, fak on est bien content.

Voici quelques petits retours sur les films vus.

J’ai commencé mon festival avec Le prénom, comédie française, une adapte de la pièce de théâtre du même nom qui était d’ailleurs rejouée au Québec l’été dernier. On se retrouve à un souper de famille où tout dégénère, parce que le frère veut prénommer son fils Adolphe. Ou Adolf. Selon le point de vue. Inacceptable aux yeux des autres.

Cette boutade amorcera une lancée des quatre vérités et à un dérapage tout sauf contrôlé. L’un est radin, l’autre égoïste, l’autre jamais remercié, etc.

Dans le ton, nous retrouvons celui du Dîner de cons, sans être aussi bon. Les blagues sont efficaces et font mouches, bien que je ne me suis pas esclaffé une seule fois, je ne peux nier son effet. Mais la grande qualité du film est le rythme. Il n’y a pas de temps mort et ça roule. Les personnages sont rapidement installés, bien confortables dans leur caricature — sans être caricaturaux.

Sympathique comédie qui fait le travail, quoi.

Anna Karenine, de Joe Wright, est un film visuellement impeccable. En fait, je dirais même que d’un pur point de vue esthétique et artistique, il y a une magie et une poésie franchement charmantes. C’est Beau, avec un B majuscule.

Dès le départ, on sent tout le soin de la mise en scène avec ce cinéma planté dans des décors de théâtre. On change de pièce en changeant les décors de la scène. Mais nous ne sommes pas dans une pièce de théâtre, pas au sens propre, du moins.

Les décors sont soignés, les plans sont précis, les costumes splendides, les lumières éblouissantes. Il y un mouvement et une chorégraphie, dans le rythme des scènes, dans le mouvement des acteurs, qui ajoutent à cette féérie visuelle. On plonge rapidement dans cette belle folie. C’était digne des scènes de Wes Anderson.

Toutefois, ce rythme se perd. Omniprésent au début, vers la fin, ce style est un peu oublié. En même temps, peut-être cela aurait-il fini par être lassant. Trop.

Mais la faiblesse, étonnement, de ce film, demeure l’histoire. Le dernier tiers est une longueur. Cette adaptation du roman de Tolstoï, aurait dû être plus concis lorsque le mélodrame arrive, lorsque Anna Karénine, épouse d’un ministre russe qui s’éprend pour un jeune prince et officier, se meurt tellement entre son devoir de femme et son désir ardent d’être avec le beau jeune homme. On n’a pas besoin de 53 exemples de la souffrance pour comprendre cette souffrance. Divorce, divorce pas, se sauve, revient, souffre, reprend goût à la vie, ose, pleure, divorce, divorce pas, se sauve, revient, etc. On a juste le goût de lui dire: «Bon, aweille, branche-toi pis assume, bâtard». On a presque hâte à son suicide.

Mais le film est brillamment mis en scène pour inciter les gens à aller le voir. Et il ramène des lettres de noblesse à la moustache. Beaucoup plus que le fait le movember. Bravo!

J’attends toujours avec bonheur les films de Quentin Tarantino et il a fallu attendre le festival de cinéma pour l’avoir sur nos écrans, à Sept-Îles. Un western version Tarantino, quand même, il y a quoi sourire.

Le plaisir a été au rendez-vous avec Django Déchaîné. J’aime bien comment le réalisateur joue avec les références cinématographiques. J’aime bien ses dialogues. Son rythme. Ses personnages. Ses excès. Ses poésies bien à lui — parce qu’il y a en une, quand même.

Bon, tous les dialogues ne font pas mouche, je n’ai pas eu le même plaisir noir qu’avec Reservoir Dogs, mais bon, je considère que même un Tarantino mauvais est un film plus que sympathique. Même Jackie Brown m’a amusé. Ça demeure un ben bon divertissement.

Je tenais à voir Catimini. Les enfants qui se promènent d’une famille d’accueil à l’autre, ça me touche particulièrement et c’est justement ce que nous propose ce film québécois. On suit Cathy, une petite blonde de 6 ans, Kayla, une petite noire de 12 ans, Mégane, une fugueuse de 16 ans et Manu, qui devient «libre», avec ses 18 ans.

C’est une réalité qui peut être dure. Pour les familles d’accueil, mais surtout pour les enfants. Sentiments d’abandon, de rejet et compagnie sont lourds. On se renferme, on se révolte, on se laisse faire. Chacune adopte une posture.

Le film peut être dur, quoique je l’aurais cru un peu plus. C’est surtout triste. Quelques longueurs, mais dans l’ensemble, la lenteur nous fait bien sentir la solitude et le poids des «héroïnes».

Colosse danois de 38 ans qui vit encore chez sa mère, et sous sa totale emprise, Dennis, le Teddy Bear, tente de trouver l’amour en Thaïlande. Il se rend bien compte que là-bas, l’amour, s’achète plus que se vit… ce qui ne l’allume pas du tout.

Malhabile avec les femmes, il finit quand même par rencontrer Toi, une propriétaire de gym, où le culturiste va s’entrainer durant son séjour en Asie. Sauf que sa mère ne voudra pas de cette relation.

Je m’attendais à être plus touché. Il y a plusieurs scènes attendrissantes, mais dans l’ensemble, la facture très réaliste et très minimaliste crée une distance plus qu’un rapprochement avec notre homme fort. Le scénario aurait mérité d’être resserré. En passant d’un court à un long métrage, peut-être que l’équipe en a un peu trop mis…

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Je n’ai toutefois pas encore eu mon coup de coeur, ma révélation, ma surprise. Peut-être avec Le Maître, ou Inch’Allah, ou De rouille et d’os, ou Le fils de l’autre, ou…

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