Sommes-nous condamner à la croissance?

Publié originalement le 15 août 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

En économie, il y a des trucs que je ne comprends pas. Comme les motivations et les ambitions. Parce qu’il faut toujours aller plus loin, devenir plus gros et plus fort.

La société moderne, du moins, celle qui se prétend ainsi, a soif de progrès. En médecine, en science, en technologies, mais particulièrement en économie. Il ne faut jamais ralentir la croissance, freiner le développement. C’est un sacrilège. Pourtant, nous vivons dans un monde limité. Nos ressources naturelles ne sont pas infinies comme l’ambition de l’homme.

The sky is the limit? En effet, la qualité de l’air est assez essentielle, tout comme une eau de qualité, une biodiversité et une planète en santé. Comme le dit Hubert Reeves, sans environnement, sans écosystèmes, sans ressources naturelles, il n’y en a plus d’économie. Elle se tire dans le pied, et même dans les jambes, en ne prenant pas soin de ce qui la nourrit. Parlons donc d’une utilisation responsable plutôt que de développement durable.

C’est bien beau en théorie la croissance, mais ça ne peut marcher continuellement. L’homme aura beau toujours vouloir en faire plus, produire plus, les ressources, elles, sont limitées. Et c’est là que je décroche, en fait. Pourquoi toujours plus?

Une journée on s’achète une compacte, le lendemain on rêve d’un tout terrain. Lorsqu’on gagne 15 000$, on rêve d’en faire 30 000$, puis une fois qu’on atteint ce plateau, on vise le 60 000$, puis le 100 000$. Notre téléphone intelligent fonctionne très bien, mais on veut absolument le nouveau modèle qui a deux options de plus. Notre télé HD à écran plat est encore magnifique… mais elle n’est pas 3D.

On a le monopole d’un produit au Québec… il faut maintenant et absolument envahir le marché voisin, en Ontario, et pourquoi pas l’Amérique du Nord au complet d’ici 10 ans?

On a été ministre à des ministères très importants, on n’a pas réussi à devenir le chef, alors on quitte le groupe et on se part son propre parti en disant qu’on peut faire tellement mieux que les autres, y compris l’équipe dans laquelle on était bien important il n’y a pas si longtemps. On avait un pouvoir, mais il n’était pas assez gros.

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L’autre jour, un artiste me disait en entrevue qu’il ne visait pas la France. On l’a invité, il y est allé pour le plaisir de voyager, mais il ne veut pas s’y essayer sérieusement. Pourquoi? Parce qu’il vit déjà bien sa vie grâce à son art au Québec. Puis même si ça allait bien, ça ne signifiait pas qu’il ne lui restait pas encore des défis, même au Québec. Après tout, se hisser c’est une chose, garder le rythme en est une autre.

Une entreprise qui réussit à demeurer #1 de son domaine, avec un confortable revenu stable durant plusieurs années réussit pourtant déjà un exploit. Pas besoin de toujours briser des records pour être performant. Maintenir un chiffre d’affaires est déjà toute une charge!

Une économie a-t-elle nécessairement besoin de toujours grossir pour être forte? L’économie peut-elle vraiment se développer à l’infini? Avoir créer une économie sur des concepts impalpables et irréels (bourses, spéculations, etc.) n’est pas déjà un premier signe de dérapage?

J’aimerais qu’un économiste me dise pourquoi l’économie doit toujours croître. Est-elle condamnée à toujours se développer?

À moins que ça ne soit l’homme qui a de la difficulté à être satisfait… On pense que le bonheur est plus tard.

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