Pourquoi suis-je journaliste?

Publié originalement le 28 octobre 2010 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Dans le dernier Trente, le magazine sur le journalisme de la Fédération des journalistes professionnels du Québec (FPJQ), on a posé des questions à ceux qui les posent habituellement. Pourquoi le métier de journaliste est-il le plus beau? Étant donné que je n’assume mon titre de journaliste que depuis peu, même si je fais de la pige depuis 2005 (2003 si j’inclus le bénévolat), je me suis aussi posé la question.

Comme le dit souvent Jean-François Baril à la Guerre des clans, «la réponse la plus populaire» est pas mal cette passion d’informer les gens. La chef d’antenne du Téléjournal, Céline Galipeau, dit vouloir «sensibiliser le public et faire bouger les choses», le lockouté Marco Fortier tente de «trouver la vérité, la trouver et la raconter au public», encore plus chevaleresque, la rédactrice en chef et éditrice de L’actualité, Carole Beaulieu, voulait «donner une voix à ceux qui n’en avaient pas.»

Il y a aussi, régulièrement, ce besoin de nourrir une curiosité qui, dans le fond, ne sera jamais rassasiée. Vivre des métiers le temps d’un reportage, vivre des aventures, parcourir le monde, être dans les coulisses du pouvoir, etc. En fait, il le faut, ça, comme le dit la patronne de L’actualité, «la profession a besoin de gens ouverts, curieux, capables de voir le monde autrement.» Ben kin, Carole.

Je vais donc m’amuser à répondre aux mêmes questions que ces grands du métier.

Pourquoi êtes-vous devenu journaliste?
Jeune, gamin, j’étais déjà admiratif des journalistes, de leur travail. J’enviais leur chance d’être en contact avec des trucs que peu de gens côtoient, leur chance de toujours savoir des trucs que les gens ne savent pas et le fait d’être publié. J’étais aussi admiratif des animateurs à la radio. Bref, les médias m’attiraient. Rendu au secondaire, j’ai donné mon nom pour le journal étudiant… qui a fermé au même moment.

La suite n’est pas classique, j’ai étudié en sonorisation, motivé par mon autre grande passion, les arts. Mais les médias ne sont pas restés très loin, puisque j’ai rapidement accepté d’aider une amie à CIBL, pour la mise en ondes. J’ai réussi à avoir une chronique, puis la coanimation, jusqu’au jour où j’ai fini par pouvoir vivre de ma voix et de ma plume. J’ai pogné la piqure à ce moment-là, mais on peut dire que je n’avais jamais ôté le moustique médiatique qui s’était posé sur moi, gamin.

J’aime informer. Dans les cours de choix de carrières, au secondaire, dans les résultats des tests, je finissais souvent avec « journaliste », « professeur » et autres métiers où l’on doit vulgariser et transmettre un savoir. Je suis quelqu’un de très curieux.

Je me souviens avoir déjà entendu un pro du métier dire qu’un journaliste c’était un super-citoyen et je comprends maintenant pourquoi. Pas que les journalistes sont meilleurs, mais par leurs tâches, ils n’ont pas le choix de toujours être en train d’agrandir leur culture générale, d’apprendre quelque chose. Ils ont la chance de toucher à plusieurs domaines, de devenir des experts dans certains sujets, bref, parce que c’est leur travail d’informer les gens, ils se doivent d’être super informés, et ça, j’adore ça.

Avez-vous déjà songé à quitter le métier?
Oui! Souvent et régulièrement encore. C’est dû à mon goût de tout connaitre et tout essayer. Je rêve de partir six mois sur un brise-glace dans l’Arctique. Je sens toujours cet appel de la politique. J’aimerais faire tous les métiers le temps d’une journée. Je vais citer Agnès Gruda, chroniqueuse à La Presse, qui mentionne dans l’article cité plus haut: «Je souffre un peu du syndrome de Stockholm. Si je passe du temps avec des membres de Médecins sans frontières ou avec des travailleurs sociaux, j’ai envie de devenir médecin ou travailleuse sociale.»

Lorsque je me dis que je pourrais aller vers la production culturelle ou devenir camionneur, ce n’est pas parce qu’être journaliste n’est pas le métier le plus payant (surtout lorsqu’on n’est pas dans un gros quotidien) ou parce qu’il est précaire ou pour un autre problème qu’on entend à gauche et à droite, mais bien parce que j’ai la curiosité de voir c’est comment, ailleurs.

Toutefois, comme elle le dit si bien, on finit par se rendre compte que notre métier nous permet justement de vivre un bref instant, le temps d’un reportage, un métier ou les coulisses d’une profession, et qu’on est chanceux de pouvoir le faire.

Recommanderiez-vous à votre enfant de devenir journaliste?
Je n’ai pas d’enfant, alors ce n’est pas un manque de volonté. Cependant, j’ai des amis qui tentent de rentrer dans ce métier actuellement, soit par la bande comme moi ou en terminant des études universitaires et je les encourage. J’essaie de leur donner le plus de trucs possible pour les aider dans leur cheminement. En même temps, je ne fais pas semblant que tout est toujours merveilleux: en effet, il y a des coupures, les tâches se multiplient de plus en plus, on n’a pas toujours le temps de creuser le sujet comme on veut, on attend parfois après un téléphone qui ne nous revient jamais, on rage de ne pas pouvoir y mettre notre opinion, on se trouve meilleur que certains ayant une plus grande tribune, etc.

Sauf, qu’aujourd’hui, existe-t-il vraiment un emploi stable? Il y a moins d’emplois en journalisme, mais ce n’est pas une raison pour ne pas foncer avec passion, sans compter l’énergie et le temps. On aime ou n’aime pas ça, non? Au pire, il y a aura toujours plusieurs médias communautaires en manque de bénévoles de qualité!

Question bonus
Aimeriez-vous participer au congrès de la FPJQ?
Oui! Vraiment! Je ferais des formations continues sur les communications tous les mois si je pouvais. J’aime discuter sur les médias. Je voudrais participer aux ateliers et participer aux débats. Je pense même que je me présenterais aux élections du conseil d’administration (une autre chose que j’aime: m’impliquer), alors que je ne gagnerais probablement pas! Sauf que…

Sauf que j’habite loin de Montréal. Élément malheureusement présent, il y a les frais. Si ce n’était que des frais d’inscriptions… Mais voilà, il y a le transport (Sept-Îles est à 11h de route), l’hébergement, la bouffe, etc. Ceci m’obligerait de prendre des congés. Ça en fait un peu trop et ça me frustre.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s