Les hauts et les bas du petit oiseau bleu

Publié originalement le 29 janvier 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Il y a près d’un an, j’ai commencé à tâter le pouls d’un des médias sociaux en vogue. Je lui résistais, par préjugés, car je n’avais pas aimé les autres médias sociaux en vogue, soit MySpace et Facebook. En fait, pour moi, la première pandémie du millénaire n’est pas le H1N1, mais bien le média social.

Je n’ai toujours aucun compte sur Facebook, malgré les pressions sociales, professionnelles, amicales et même familiales. Je n’irais pas jusqu’à m’acheter un chandail «Fuck Facebook» de l’ancienne comédienne vedette des Intrépides, mais je n’en pense pas moins.

Ainsi, le 10 février 2010, je me lançais sur Twitter avec ce message éloquent: «Vais-je adopter le tweet? Histoire à suivre!» Plus de 1700 tweets plus tard, je pense que la réponse est définitivement positive.

Il y a plusieurs dérapages possibles sur ce moyen de communication, plusieurs concepts exagérés selon moi (comme sa supposée révolution médiatique), mais c’est un outil vraiment chouette lorsqu’on s’en sert bien.

Pour m’informer, de tout et de rien – s’informer d’un truc inutile demeure tout de même de la culture générale, je ne me passerais plus, maintenant, de twitter (tout comme de mes fils RSS).

Pas que je sois pressé, mais je ne peux que louanger le temps que l’on gagne en choisissant soigneusement les comptes auxquels l’on s’abonne. Avec plusieurs comptes de médias/journalistes/gens à l’affût, je n’ai presque plus besoin d’aller 2-3 fois par jour faire un tour sur Cyberpresse, Radio-Canada et autres sites d’informations, les manchettes viennent à moi d’elles-mêmes, et même plus encore. Et j’adore ça. Et quand on marie à ça les RSS, wow!

Du concentré
J’aime aussi le côté spontané et court de cette diffusion. Je blogue depuis plusieurs années et, souvent, je tombais sur un truc que je voulais bien partager, mais que faire un billet pour ça, j’hésitais. Poster compulsivement des articles d’une ligne juste pour ploguer un lien, un vidéo… ça ne me disait pas – et ça ne me dit toujours pas. Twitter a réglé ça: je peux maintenant joyeusement ploguer des liens, du contenu, partager des infos, des découvertes, des trucs simples, avec les 140 caractères.

Et ça amène un autre plaisir, et c’est là, pour moi, le seul côté réellement social de ce moyen de communication, il se crée une communauté qui s’échange des trucs tantôt cool, tantôt informatifs, tantôt drôles, etc. Le truc, c’est de filtrer les comptes et de s’abonner à des gens qui ont des intérêts ou qui ont le potentiel de nous intéresser. J’ai dit communauté, mais ce n’est pas dans le sens tricoté serré, bien au contraire, c’est encore plus libre qu’un open house, c’est une place publique, à toi de te tenir dans le coin où la «conversation» est intéressante.

On peut bien sûr échanger quelques phrases directement avec quelqu’un, mais, étant donné que 140 caractères, c’est court (à la fin de cette parenthèse, j’aurai défoncé ce chiffre), les conversations sont généralement brèves. Et se doivent de l’être.

Le fameux snobisme
Comme pour tout, il y a deux côtés à la médaille de twitter. Il y a des visions de l’outil que je ne partage pas, il y a des manières de l’utiliser qui ne m’intéressent pas, il y a des habitudes qui peuvent m’énerver.

Depuis que je suis là-dessus, je vois souvent cette étiquette de twitter-snob ou du principe de réciprocité. @patdion en parle deux fois sur son blogue (ici et là) et, coïncidence, @renartleveille, qui épouse cette vision, semble avoir récemment vécu des hauts et des bas avec certains utilisateurs à ce propos.

Si je comprends la théorie: pour moi, il y a snobisme lorsque la personne ne répond jamais à quelqu’un qui lui parle directement, lorsque la personne ne se fait que s’autopromouvoir, lorsque la personne ne crée pas de lien avec la communauté (faire un RT – c’est-à-dire retweeter (ou retransmettre le tweet d’un autre), est, pour moi, une forme de participation).

Mais je n’embarque pas dans le principe de s’abonner à ceux qui s’abonnent à notre compte et de s’abonner même presque exclusivement à des comptes qui sont abonnés au nôtre. Je trouve ça con.

On est tous le plate de quelqu’un
Dans la vie, il m’arrive de trouver intéressant des gens qui, eux, ne me trouveront pas intéressant. Et l’inverse est tout aussi vrai. Le tout devient de plus en plus inévitable plus tu atteints un niveau de notoriété publique. Une vedette/personnalité n’a pas à s’abonner à tous les comptes des fans qui boivent ses paroles ou de tous ceux qui le suivent car il est une référence reconnue dans un domaine en particulier. Il est tout à fait normal qu’il se contrecrisse totalement des messages anodins de probablement une bonne partie de ces comptes-là. Pour moi, ce n’est pas du snobisme, ça. Si le fan l’interpelle directement et qu’à ce moment-là, la vedette ne lui répond jamais, là on pourra parler de snobisme.

Plusieurs personnes tenantes du principe d’abonnement réciproque évoquent les possibilités des listes que l’on peut créer avec différents logiciels, comme Tweetdeck que j’utilise. Oui, on peut créer des listes telles que “journalistes”, “artistes”, “amis”, etc. Je reprends mon exemple plus haut. Imaginons que la personnalité se crée une liste “fans/nobodys/inintéressants” et qu’il ne consulte jamais cette liste… À quoi bon, alors, s’abonner à ces comptes s’il ne les lit jamais? C’est au respect ce que mettre la poussière sous le tapis est au ménage, de la poudre aux yeux.

Alors, il y a l’argument du message privé. Sur twitter, pour envoyer un message de 140 caractères en privé à un autre compte, il faut être mutuellement abonné. Déjà, je doute qu’on risque vraiment d’envoyer ce type de message à n’importe quel compte. Si c’est une personnalité, son courriel est normalement facilement trouvable. Sinon, il est facile de l’interpeler en écrivant le nom de son compte dans notre tweet, puisque ces messages se distinguent des autres chez l’interpelé.

La course aux abonnements
Tout ça pour dire que personnellement, je n’en ai réellement rien à foutre de qui est abonné à mon compte et qui ne l’est pas. Bien entendu, quand une personne s’abonne, c’est plaisant, car pour moi, ça signifie qu’il me trouve peut-être intéressant ou pertinent. Inversement, si une personne ne s’abonne pas à moi lorsque moi je m’abonne à son compte, je ne le prends pas du tout personnel, car je veux garder ma liberté de sélectionner qui je trouve intéressant. Il m’arrive régulièrement de cesser de suivre un compte car je trouve qu’il est devenu inintéressant.

La course aux abonnements est un truc vraiment con. Chaque fois que je vois quelqu’un s’exciter parce qu’il ne lui manque que 13 abonnements pour atteindre un chiffre rond comme 300, 500 ou 1000, je lève les yeux en l’air, parfois je lâche même un petit soupire. Ton égo en a vraiment besoin tant que ça? Je préfère évidemment avoir 380 abonnements que 130, mais je m’en fiche en même temps. Tant mieux et tant pis.

L’autre jour j’ai vu un article expliquant comment augmenter rapidement son nombre d’abonnements, avec plein de conseils à la con. À mes yeux, c’est simple: sois pertinent et le monde s’abonnera. Bon, c’est ma vision et twitter nous montre bien que la popularité, comme dans la vie, l’emporte sur la pertinence, dans plusieurs cas.

Chatter, se vendre ou tweeter?
Tout à l’heure j’ai fait allusion aux possibilités de discussions sur twitter. Oui, c’est possible et parfois bien pratique. Mais ce n’est pas mIRC, ICQ et MSN. Il y en a qui devraient s’échanger leur courriel rendu à 10 minutes d’échanges de 140 caractères. Si ce que tu as à dire dépasse trois tweets consécutifs, demande-toi alors s’il n’y aurait pas un autre moyen de communication plus efficace.

Une autre affaire gossante sur twitter: les comptes sur le pilote automatique (littéralement, un scripte informatique tweete pour eux). Parfois, ce sont des vedettes ou des journalistes qui ne font que ploguer leur nouveau chandail en vente ou leur plus récent article. Jamais rien d’autre. D’un ennui mortel, même s’ils peuvent parfois être malgré tout intéressants (lorsqu’on est méga fan ou que le journaliste demeure une référence, mettons) et même logique dans d’autres cas (comme Cyberpresse ou Radio-Canada).

Ça peut donc se toffer parfois, mais c’est régulièrement d’une totale impertinence. Le Parti Vert est l’exemple d’un compte que je risque de me désabonner bientôt, l’entièreté de ses tweets n’est qu’un qu’un lien de type http://fb.me/GHDF23X2 avec aucune explication. Le pire, ce sont toutefois les blogueurs qui ne font que ploguer leurs articles. Oui, oui, plogue-les tes articles, mais de grâce, ne fait pas que majoritairement cela et, surtout, ne le fait pas plus d’une fois pour le même article. Il y en a que c’est à la limite du spam.

M’enfin
Je pourrais aussi m’étendre sur les #FF (FollowFriday ou, pour les non-initiés, conseiller des comptes à suivre) qui, trop souvent, ne nomment toujours que les mêmes ou des comptes qui ont déjà plus de 5000 abonnés – une proposition osée en esti. Les robots qui te répondent n’importe quoi parce que tu as écrit le mot clé qui les excitent -bon, j’avoue, j’aime celui du BigLebowsky. Ceux qui ne citent pas la source de leur tweet (lorsque c’est un RT).

Heureusement, tous ces désagréments se règlent facilement: le désabonnement, ou lorsqu’on est préventif, le non-abonnement tout court. Juste pour ça, je n’adopterai jamais la réciprocité dans les abonnements. Et pour cette liberté d’utilisation, twitter risque de me plaire encore un bon bout.

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