Les anachroniques ciné-parcs

Publié originalement le 13 juillet 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

J’ai longtemps été un amoureux et un défenseur des ciné-parcs. Depuis que je suis gamin que je les fréquente. Au début, c’était sur la banquette arrière, avec mes parents, m’endormant toujours durant le deuxième film. Ce périple se terminait souvent par un cornet. Du haut de mes 5 ans, je me souviens très bien avoir vu au défunt Ciné-Parc Beauport (devenu un stationnement rempli d’un cinéma, d’un Réno-Dépôt, Burger King et autres hauts lieux de consommation) les Beetlejuice, Top Gun et autres classiques du genre.

Je n’ai jamais fait de rendez-vous romantique au ciné-parc, mais dès que j’ai eu un permis de conduire, j’ai commencé à y aller avec des amis. Au moins une fois par année. Depuis six ans, j’y vais moins cependant. Parce que je n’ai pas eu de voiture durant trois ans et parce que j’ai ensuite déménagé sur la Côte-Nord. Mais j’avais toujours ce souvenir romantique du ciné-parc. Comme Catherine Pelletier qui a partagé son amour sur Québec t’aime (d’où j’ai pris l’image qui accompagne ce billet).

Mon romantisme a pris une première débarque, l’été dernier, lorsque j’y suis allé pour voir Inception avec ma soeur. J’avais été bien déçu de la piètre qualité de l’image, mais j’avais mis ça sur le film. Dans le sens que le film avait une telle richesse visuelle, un univers si particulier, qu’il devait être vu dans des conditions optimales, et non sur un écran de tôle peinturé en blanc. Une théorie qui avait été confortée par une visite à la dernière soirée à vie du Ciné-parc de Sept-Îles, à la fin de l’été dernier.

Puisque je suis en vacances et que je ne fais pas que couvrir le Festival d’Été de Québec pour BangBang. Bon, je fais presque juste ça, mais il me reste quelques trous. J’en ai profité pour renouer avec cette pratique anachronique du ciné-parc. Puis… je pense que mon romantisme est maintenant mort.

Pourtant le choix a été stratégique: des comédies. Bon, Le sens de l’humour n’est pas super bon, ça n’aide pas, mais ce n’est pas ça qui a tué mon amour du ciné-parc, quand même.

Jamais sans mon char
Ça m’a frappé hier soir: le ciné-parc est le paroxysme de l’américanisme. Les Américains aiment tellement leurs bagnoles qu’ils se sont inventé un cinéma assez gros pour y aller avec — dès les années 30! C’est quand même un peu débile, comme idée. Il faut crissement aimer son char, pareil. Ce qui explique surement tous ces jeunes qui y vont pour montrer leur bolide pimpé.

Tout ça m’a paru soudainement vraiment stupide, comme concept. Particulièrement en 2011 où il faudrait diminuer l’utilisation de l’automobile…

D’un autre côté, peut-être que mon romantisme est mort parce que je ne fume plus de joints durant les films (en fait, je ne fume plus du tout depuis maintenant quatre ans). Et contrairement aux autres autocinéphiles, je n’ai jamais amené de boisson là — on ne conduit pas avec de la boisson, t’sais!

Je crois que le grand plaisir du ciné-parc réside dans cette légèreté. On y va avec des amis, on parle, on jase, on boit, on fume, on se joue au frisbee avant. Le film est secondaire. Il vaut même mieux choisir un film léger ou le plus gros blockbuster. On y portera peu attention, de toute façon.

Peut-être que mon amour de l’expérience cinématographique, celui que permet le cinéma, a finalement pris le dessus.

Mais peut-être que si j’ai un jour une famille, ça reviendra… qui sait.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s