Le prix du recyclage

Publié originalement le 22 février 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

À Fermont, où j’ai vécu près de deux ans, il n’y avait aucun recyclage. Zéro. Bon, d’accord, il y a avait les canettes et les bouteilles, avec les consignes à l’épicerie, mais sinon, rien. J’y ai passé mon premier mois à empiler mes cartons, feuilles et autres trucs recyclables sur mon comptoir… jusqu’à je me rende bien compte que je ne faisais que m’encombrer. J’ai dû apprendre à les jeter. Oh non! ça n’a pas été facile. Sérieusement!

Pourquoi n’y en avait-il pas? Trop cher à faire, vu l’éloignement, l’isolement, zzz. Moi je dis manque d’imagination, mais bon.

Alors que Victoriaville propose trois bacs, l’un pour les déchets, l’un pour le recyclage et l’autre pour le compostage, des maires comme Émile Loranger de l’Ancienne-Lorette font tout pour décourager ses citoyens à faire du compostage. Même ici, à Sept-Îles, je suis dans un immeuble n’ayant aucun conteneur à recyclage. Je dois m’introduire sur le terrain du bloc d’à côté si je veux en faire! Je trouve ça inacceptable.

Il y a un an, les centres de tri vivaient une crise, plusieurs villes avaient de la difficulté à maintenir le service de recyclage car il n’était pas rentable.

La question est moins présente maintenant, alors que la crise financière est passée, mais le fonctionnement n’a pas changé. Alors cette question: qui, un jour, a décidé que le recyclage devait être rentable? Pas que je suis contre les profits, bien au contraire, et je comprends que les centres de tri sont parfois des entreprises privées, mais c’est un service essentiel, au même titre que les aqueducs et la collecte des ordures. Va-t-on cesser de ramasser les vidanges parce que c’est une dépense qui ne rapporte pas? Non! On le fait parce que ça doit se faire, et on paie l’entreprise pour qu’elle le fasse.

Ça devait être la même chose pour le recyclage. On doit le faire, simple de même! Pas besoin d’autres arguments. J’encourage tout le monde à faire en sorte que la dépense soit diminuée avec les consignes et la vente des matières recyclées, mais là on touche la valorisation et la gestion du service, pas sa motivation et sa raison d’être.

Pollueur-payeur
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) avance que la collecte des ordures/recyclage créera un trou de 500 millions de dollars d’ici quelques années à l’ensemble de ses membres. Ce qu’ils proposent? Que les entreprises productrices de biens versent une forme de consigne selon la quantité de déchets que le produit créera.

Bien sûr, il y a une intention de renflouer leurs coffres, mais il y a aussi cet incitatif à diminuer le superflu. On a tous des exemples de produits suremballés. Pour une petite clé USB de 2 pouces de long, on se retrouve avec une boîte de plastique, en double épaisseur, mesurant 8 pouces par 6. C’est censé être intelligent, ça?!

Plus du tiers de nos déchets peuvent être recyclés. En fait, la Semaine québécoise de réduction des déchets soutenait que «93 % de nos matières peuvent être valorisés soit par le recyclage ou le compostage». Oui, 93%. Ouch!

Évidemment, le recyclage et le compostage, ça va de soi. Mais l’ultime but est de produire plus intelligemment.

Oui, je considère que le gouvernement doit en faire plus et je regarde d’un bon oeil la requête de l’UMQ, mais nous aussi, nous avons notre effort à faire. Consommer moins. Acheter plus intelligemment. Ça aussi, ça va pousser les entreprises à changer leurs habitudes… si la majorité du monde le fait, du moins.

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