Comme si ça allait intéresser le monde

Publié originalement le 2 janvier 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

2011. Déjà. Non, ce n’est pas un déjà nostalgique. Pas mon genre. Même si hier – le 31, j’étais dans mon bar préféré (Café-Bar Edgar, que vais-je faire durant tes quatre mois fermés?!?) pour défoncer l’année – toujours trouver étrange d’utiliser ce verbe pour cette occasion, je ne fête même pas ça pour vrai, le Jour de l’An.

Si hier soir je n’avais pas eu envie de boire une bonne Colborne (rousse de la microbrasserie Le Naufrageur) en bonne compagnie, je ne me serais pas forcé une miette pour y aller et il n’y avait aucun X sur mon calendrier – surtout que je n’en ai aucun.

Bref, déjà, parce même si 2011 semblait loin il y a deux ans, ben ça a passé vite malgré les semaines qui, parfois, semblent interminables. Au premier coup d’oeil, je me dis que je suis toujours sans enfant, toujours célibataire, toujours gros, toujours barbu, toujours journaliste, bref, que pas grand-chose n’a changé. Et pourtant…

JANVIER
Un livre qui aura eu plus d’impact que je ne l’aurais cru à la fin de ma lecture. Le bouquin 1001 albums qu’il faut avoir écouté dans sa vie. Ce livre a poussé plus rapidement ma quête des incontournables de la musique. Un an plus tard, cette quête aura plus que doubler ma bibliothèque auditive. Et ce n’est qu’un début.

FÉVRIER
Le mois de l’amour fut pour moi, cette année, la fin du boudage. C’est la préparation du numéro d’Urbania sur les médias sociaux qui m’a poussé à essayer twitter. Je voulais proposer un sujet et je ne voyais pas comment le faire sans connaitre ces fameux médias. Je fais partie des gens qui détestent Facebook et qui n’ont pas de compte sur cet empire maléfique. Si j’avais déjà touché à Facebook pour le compte de mes employeurs – me confirmant que je hais ça, twitter, je n’avais jamais essayé. Dans ma tête, ça se résumait à dire « Je suis dans un café en train de boire un café. » Le genre de trucs dont on se câlisse.

Il y a un peu de ça, mais quand on choisit bien les comptes que l’on veut suivre, twitter devient vraiment un outil formidable, presque indispensable. C’est un fil de presse hallucinant, c’est un puits de liens intéressants, c’est prendre un pouls de l’actualité, c’est une source d’information et c’est pratique. En février, je suis donc devenu un adepte du petit oiseau bleu.

Ma seule frustration, c’est que les noms de comptes que je voulais sont pris par des gens qui ont posté qu’un seul tweet il y a 2 ans… Grrr.

MARS
Je me transforme en philosophe à cinq sous avec mes Conseil du jour pour une vie épanouie. Ironie est ma maitresse. Des exemples?

«Lorsqu’une personne vous aime, méfiez-vous.»
«L’adaptation est impossible; résistez aux changements, bannissez la nouveauté.»
«Cessez de rendre service, vous aurez plus de temps pour vous.»
«Sautez rapidement aux conclusions, vous avancerez plus vite dans la vie.»
«Cessez de prendre vos responsabilités, le gouvernement le fera pour vous.»
«Évitez d’aimer, c’est un paquet de troubles et ça finit toujours mal.»
«Méfiez-vous de l’inconnu, il pourrait changer votre vie.»

AVRIL
En 2009, la première fois, j’étais ben sceptique; je ne pensais pas qu’un spectacle d’hypnotisme pouvait vraiment divertir durant plus d’une heure. Pourtant, Messmer m’avait bien eu (comme spectateur, on s’entend). À son retour dans la région en avril dernier, je doutais cette fois-ci de pouvoir m’amuser une autre fois avec les mêmes numéros: le bâtard m’a encore eu (toujours comme spectateur)!

J’ai plus ri à ses prestations que dans la plupart des shows d’humour que j’ai vus. Si je n’avais connu personne sur la scène, peut-être que j’aurais été plus sceptique sur l’authenticité… mais là, je ne pouvais que remarquer que les personnes sur scène étaient vraiment sous son contrôle. Assez impressionnant.

Je m’achète une voiture (digne d’un pépère) et repasse l’examen de conduite de la SAAQ pour ravoir mon permis de conduire (que je n’avais pas renouvelé pendant plus de trois ans). Une méchante aventure qui amènera deux Montréalais à faire un aller-retour à Fermont et un aller-retour Fermont-Québec de mon côté. Le tout en 3 jours seulement. En prime, la saga se termine par ma nouvelle voiture coincée dans un fossé dû à une route de terre devenue une route de slush.

MAI
Je me fais une autre entorse lombaire. Ironie: au moment d’écrire ces lignes, je me remets d’une autre entorse lombaire.

JUIN
La seule fois où j’ai eu honte de Fermont. J’en ai été frustré une bonne semaine. Je me retenais pour ne pas jeter mon fiel sur les Internets, sur les ondes de CFMF ou dans mon journal.

Lors de la première semaine de juin, deux amis sont venus passer une partie de leurs vacances dans la région. Parmi eux se trouve Maxime Robin, le talentueux beatmaker. En profite-t-on pour offrir un spectacle aux Fermontois? J’en parle à mon Comité de spectacles. Moi je songeais avant tout à un petit lieu, mais le contexte faisait qu’au même moment, tout l’équipement serait monté pour l’aréna. Bon, d’accord pour l’aréna, me disant qu’après sa prestation, je mettrai du gros beat pour que les gens dansent toute la nuit et je me dis candidement que ça pourrait peut-être marcher.

J’étais naïf. L’accueil a été froid, même une canette de Coors Light n’y aurait pas survécu. Ce qu’offrait Max était vraiment hot: il mixait live des vidéos. Mais après trois ou quatre chansons, des gens se sont plaints que ce n’était pas assez dansant… Très très bon joueur, il accepte de couper son set et de mettre alors une playlist qu’il avait préparé avec des pièces dansantes… Re-plaintes, ce ne l’était pas assez.

Je n’en reviens pas, mais je me dis que peut-être ma liste, qui comprenait du Champion, du MSTRKRFT, du Chemical Brothers et du LCD Soundsystem, par exemple, allait être assez easy listening pour eux.

Pantoute. Eux, ils voulaient du Black Eyed Peas et du David Guetta. Ironie suprême, lorsqu’une demoiselle est venue me demander du Guetta, j’étais en train de faire jouer un remix d’une de ses pièces… C’était surement encore trop osé pour eux.

Avec le recul, j’avoue un mea culpa, je n’ai pas su bien vendre le show. Le terme DJ peut porter à confusion et je sais que Maxime Robin ne l’utilise plus, pour ces raisons. Néanmoins, la réaction du public ne s’excuse pas.

Heureusement, deux-trois semaines plus tard, ce fut les vacances et une virée en Gaspésie.

Mais avant ces vacances, je me tape un aller-retour, dans la même journée là là, Fermont-Baie-Comeau. Quatorze heures de route. Pourquoi? Parce qu’une amie a manqué le train qui devait l’amener à Fermont et qu’elle est coincée à Sept-Îles (elle se sera déplacée à Baie-Comeau durant la journée).

JUILLET
Ce mois qui débute par mon anniversaire a surtout commencé par une balade en Gaspésie. Conclusions rapides: Matane, c’est un peu trop similaire au Bas-Saint-Laurent. Cap-Chat, c’est beau les éoliennes. Les Chic-Chocs, c’est magnifique, surtout lorsqu’ils se jettent dans la mer. Percé, c’est ben trop touristique. Murdochville fait pitié. Des photos comme celles qui suivent dans la section Photographies (Route 132 et Gaspésie).

Le mois de Jules César se résume surtout en quatre mots: Festival d’Été de Québec. C’est un rendez-vous que je ne manque pas depuis six ans comme journaliste, mais qui remonte à mon adolescence comme spectateur. Je laisse les photos parler de mes moments forts (The Slew, Holy Fuck, Think About Life, Woodhands, Arcade Fire, Caribou, Fred Fortin, Bernard Adamus, Karkwa et Le Golden).

Il y avait aussi le OFF de Québec, avec le saxophoniste Collin Stetson et Alex Nevsky.

AOÛT
Je tente de me faire à mes verres de contact, trucs que je n’avais encore jamais portés de ma vie. Sauf que ma kératocône m’oblige à délaisser les lunettes pour ces patentes qui sont, comme l’a dit le doc’, «comme se mettre une graine de poussière dans l’oeil.» Ça me prend des mois avant de pouvoir dire que je les tolère vraiment.

Mes vacances se sont terminées avec une prestation de Braids, Shapes & Sizes et de Basstronaut au Cercle. Si j’ai pas eu de coup de foudre pour Shapes & Sizes, j’ai ben aimé ce que j’ai vu des deux autres groupes. Achat d’albums à la fin de la soirée en guise de preuve.

SEPTEMBRE
Je quitte Fermont le 2 septembre. Chaque espace de ma minivan est utilisé par mes affaires. On m’a prévenu que la route que l’on appelle SM3, en référence au barrage SM-3, n’est pas le plus beau chemin. Qu’il vaut peut-être mieux l’éviter, même, si l’on n’a pas de 4×4. Sauf que ce chemin de terre, qui est une route forestière utilisée par Arbec pour aller couper du bois et par Hydro-Québec pour avoir accès à ses barrages, permet de couper 3h de route entre Fermont et Sept-Îles, ce qui est bien tentant.

Route SM3J’ai osé la tenter et ce fut toute une expérience. La route 389 était très belle, ce qui me donna confiance en la route SM3. La première heure, ça allait bien et je suis devenu bien confiant. Puis un Y. À droite, c’est vers Port-Cartier, via la Réserve faunique, ce qui signifie une route praticable. À gauche, c’est la route de bois, mais directement vers Sept-Îles. J’opte pour la gauche.

Les vingt ou vingt-cinq premières minutes, ça roule bien… Puis ça se gâche solide. Courbes méga dangereuses, passages étroits longeant un ravin, le sol qui semble avoir subi un dynamitage… Le calvaire dure trop longtemps (30 minutes? 45? 60?), je pense que ma fourgonnette va briser en deux d’ici la fin du parcours. Et il n’y a aucune indication sur la distance qu’il reste à parcourir, ni même si tu es sur le bon chemin… Dix secondes avant la panique, le chemin débouche sur une route asphaltée. ENFIN! SEPT-ÎLES! Je suis épuisé.

J’ai appris depuis que cette partie de la route n’est plus entretenue depuis quelques mois… ce qui explique bien des choses.

OCTOBRE
La programmation de la Salle Jean-Marc-Dion de Sept-Îles contient du théâtre et j’en suis vraiment content. Surtout que ce sont des bonnes pièces. La pièce Abraham Lincoln va au théâtre figure sans aucun doute parmi mes spectacles de l’année, tout genre confondu.

L’humoriste Patrick Groulx est venu « roder » son spectacle à Sept-Îles. Honnêtement, j’y suis allé parce que j’avais une paire de billet gratuitement… mais j’ai été surpris. Je m’y suis amusé et j’ai vraiment ri. Ça été une agréable surprise. Du stand up classique, mais qui fait mouche. Anecdote: un gars un peu fucké est monté sur scène au début du spectacle… Avant le spectacle, je l’avais remarqué, disons que… il est sur plusieurs drogues ou il a une maladie… il était très perdu. L’équipe de Groulx l’a filmé et ça se voit icitte. Mais c’est moins drôle lorsqu’on ne l’a pas vécu, sûrement.

NOVEMBRE
Le groupe de Drummundville Les Trois Accords donnent une prestation honnête, mais l’ambiance est nulle. Pour plusieurs Septiliens présents à la prestation de Misteur Valaire, ce sont leur meilleur spectacle de l’année, mais encore une fois, je trouve le public timide. Néanmoins, une prestation de ces gars-là fait toujours du bien.

Il faudra finalement Vincent Vallières pour créer, enfin, la bonne magie. Pour ma part, bien sympathique et bien agréable, mais ça ne sera jamais en lice pour un top10.

Peut-être pas dans mon top10, mais assurément dans un top20, le spectacle de danse Cibler de Danse K par K. On n’était pas beaucoup de monde, mais on a tous aimé ces essoufflantes chorégraphies inspirées de la vie et de la mort (après la prestation, la chorégraphe Karine Ledoyen avouera avoir créé la prestation après le suicide d’un de ses amis proches).

Quand je dis que la Salle JMD propose de bonnes pièces de théâtre, en voici justement un bon exemple avec À présent, une pièce de Catherine-Anne Toupin (également actrice pour la pièce) avec David Savard, Eric Bernier, Monique Mercure et François Tassé. Une histoire qui m’a beaucoup fait penser à Polanski, spécialement à Rosemary’s Baby.

DÉCEMBRE
J’attendais cette visite et j’avais bien raison. Peu de spectateurs pour la prestation de l’Orkestre des Pas Perdus, mais une superbe écoute pour une exécution exemplaire. Sincèrement, lorsque Claude St-Jean a annoncé la dernière chanson, j’étais sûr que ça ne faisait qu’une demi-heure… alors que ça en faisait trois. Quand le temps devient aussi imperceptible, c’est que la musique nous transporte vraiment ailleurs.

À l’auditorium du Cégep de Sept-Îles, on a eu la visite de Pépé qui Goes Français. De loin la plus belle ambiance à Sept-Îles jusqu’à maintenant. Le public était diablement festif, la joie était dans place. Ce qui relève ces prestations de Pépé. C’est sympathique ses reprises françaises, mais j’avoue avoir bien hâte qu’il retourne à ses compositions.

La saison officielle s’est terminée en humour avec Guy Nantel. J’aurais vraiment cru rire davantage. Ça m’a laissé plutôt froid, finalement. Quand je pense que j’ai plus ri à Patrick Groulx en septembre, je ne le crois presque pas, et pourtant, c’est le cas. Ben coudonc!

Quelques jours avant Noël, la vie me fait le cadeau d’une entorse lombaire. Je vais bientôt partir une collection je pense.

Mon chien meurt à l’âge de 13 ans et six mois, le 29 décembre.

31 décembre
Je me fais croire que j’ai eu une grosse année en commençant l’écriture de cet article.
Oh! Que! Oui!

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