Chronique bédé: Petites amours hypoallergènes

Publié originalement le 30 novembre 2010 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

J’ai plusieurs allergies. Certaines assez étranges, comme celui aux sapins et aux buissons. Mais la majorité sont reliés à l’air, comme la poussière, le pollen… et les poils d’animaux. Je me réjouis de ne pas avoir d’allergies alimentaires, ça doit vraiment être la poisse. Ce qui ne m’empêche pas de maudire mon allergie aux chats. Tout le monde a un &%$!*$ de chat. Je ne peux jamais dormir chez un ami, ils ont tous un ou des chats. Les deux options sont énervantes: la crise d’allergie/asthme ou diminuer le temps passé entre amis. C’est crissement irritant.

Aujourd’hui à la chronique BD, retour sur un récit d’Yves (P) Pelletier sur un couple mis au défi par les allergies, sur une Angleterre futuriste et chaotique, sur une France de la Deuxième Guerre et sur une ennuyante partie de baseball.

Valentin
Yves Pelletier, Pascal Girard
La Pastèque

Quel beau petit bijou de bande dessinée! Cent-vingt-cinq pages de bonheur. Valentin est un chat qui croisera la vie de Fanny, une adorable petite rousse. Le destin fera en sorte que Fanny adoptera le chat, au grand désespoir de son amoureux, sévèrement allergique aux chats. On reconnait bien ici l’écriture d’Yves Pelletier, qui aime bien mettre ces petites embuches dans les histoires d’amour, quand ce n’est pas les post-its sur un frigo, c’est une barbe ou un chat. À l’image du personnage d’Isabelle Blais dans Les aimants, l’humoriste-cinéaste-auteur a créé un personnage féminin terriblement mignon. Fanny est adorable. J’en veux une comme ça dans ma vie. J’aime l’humanité des personnages de cet @ancienmaigre. Malgré l’absurdité de certaines situations et même de certains comportements, tout demeure probable, alors qu’il jongle avec la petite connerie humaine, pas celle qui nourrit les guerres, mais bien celle qui nous rend attachant.

L’histoire est portée par les magnifiques dessins de Pascal Girard, que certains auront peut-être connu avec Jeunauteur ou Dans un cruchon. Son dessin minimaliste et légèrement nerveux est léger, rempli de lumière, mignon et néanmoins rempli de précision. Les illustrations sont rehaussées par l’absence de cadrage. La couleur est soignée, en douceur, également minimaliste, mais justement bien dosée. Comme dans l’écriture, on y retrouve plusieurs détails très drôles, parfois tout aussi absurde, mais délicieux.

N’ayant que des compliments pour cette bande dessinée, je continuerai malgré tout pour saluer la finition du livre, avec sa reliure, sa couverture et ses pages cartonnées. Bravo… et merci!

La Zone, tome 1 – Sentinelles
Eric Stalner
Glénat

Quelle étrange sensation durant la lecture de cette bédé. Tout au long, j’ai été déstabilisé par le dessin de Stalner. C’est incroyable qu’un illustrateur puisse faire d’aussi beaux paysages, créer des univers avec une telle précision, avec un tel naturel, avec tant de réalisme et avoir autant de difficulté à tracer des visages crédibles. Étrangement, j’avais eu ce même malaise avec Léo, le gars derrière la série Aldebaran. Les rares moments où je n’ai pas trouvé ses personnages grossiers ou maladroits, c’est lors de certains gros plans, mais sinon…

Pour ajouter à ça, l’histoire est franchement clichée. Pour une énième fois, l’Angleterre est plongée dans un monde apocalyptique alors que le reste du globe semble bien aller. Je ne sais pas quoi a fait la Reine Elisabeth pour que son île soit si souvent victime de zombies, de catastrophes et de maladies mutantes… Évidemment, un homme parmi les ignorants sait tout. Lui, il a vu, lui, il sait lire, lui, il a combattu les méchants, etc.

Je pense que j’ai terminé ma lecture par principe.

Il était une fois en France, tome 2 – Le vol noir des corbeaux, et tome 3 – Honneur et Police
Fabien Nury, Sylvain Vallée
Glénat

Alors que j’avais salué les nombreux sauts dans le temps du premier tome, la linéarité des deux suivants m’a un peu ennuyé. Nous suivons toujours Joseph Joanovici, un Roumain exilé en France dans sa jeunesse qui est rapidement devenu le roi de la ferraille tout juste avant la Deuxième Guerre.

Dans le premier tome, on découvrait cet immigré que certains considèrent comme un héros, d’autre comme un criminel, sur son lit de mort, mais également pris au milieu d’enquêtes policières après la Guerre, puis comment il a bâti son empire durant les hostilités, etc. Ici, les deux tomes se concentrent exclusivement sur l’époque nazie, Il était une fois en France 3alors que le France est occupée et qu’il tente de ne pas se faire amener dans un camp, puisqu’il est juif, en jouant la carte économique puis comment il tente de nourrir la résistance afin de racheter son âme d’avoir collaborer avec les Allemands.

Je suis mitigé. L’histoire est encore intéressante, mais j’ai l’impression que certaines intrigues du premier tome ont été mises de côté, je me pose plein de questions par rapport au premier. Avoir un scénario linéaire change le rythme et j’étais moins allumé. Ça demeure tout de même une belle bande dessinée semi-historique (les auteurs avouent romancer ou imaginer certains passages) présenté avec une qualité graphique impeccable, autant dans le coup de crayon (la variété physique des personnages est impressionnante) que la coloration.

Le pitcheur pense à sa blonde
Collectif
Mécanique générale

Un peu idiot de ma part. J’avais oublié que déjà lu cette bande dessinée québécoise. J’ai quand même eu du plaisir à la relire, ce qui est habituellement un bon signe. Il faut dire qu’il y a quelques personnes de ce collectif dont j’aime habituellement le travail: Jimmy Beaulieu, Leif Tande et Philippe Girard (Phlppgrrd). La maison d’édition a eu l’idée d’amener quelques-uns de ses bédéistes à une partie des Expos afin de créer, finalement, ce recueil.

On y retrouve des traits faits sur le vif durant la partie, des réflexions sur le sport, parfois sur la société, et même des discussions philosophiques. Mécanique générale a volontairement brisé le rythme habituel de ce genre de recueil, un dessin de Jimmy Beaulieu peut se retrouver entre celui d’un Benoit Joly, d’un Sébastien Trahan ou d’un Luc Girard, et vice versa.

L’ensemble est du bonbon, mais j’ai quand même deux préférés dans tout ce lot: Leif Tande, premièrement pour son travail graphique qui est encore et toujours remarquable, mais également pour son humour et sa vision caustique de cette partie; puis pour Phlppgrrd et ses discussions éclatées avec Jesus et Charlie Brown.

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