Chronique bédé: Hommage à Asterix

Publié originalement le 11 octobre 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Eh oui, c’est le retour des chroniques bandes dessinées. Après une pause pas nécessairement méritée durant l’été, on recommence à lire avec l’arrivée de l’automne.

Ma prémisse n’aura aucun lien avec les bédés dont je vous causerai, mais je suis tombé en fin de semaine sur Contact, cette série d’émissions aux longues entrevues de Stéphan Bureau. C’était avec Albert Uderzo et franchement intéressant. Il a beau avoir petit à petit tué l’esprit de la bande dessinée, il mérite un immense respect pour ce qu’il a fait avec Goscinny et pour la bande dessinée en général.

Asterix a eu un grand impact dans ma vie. Ça a bercé ma jeunesse, ça a nourri mon imaginaire, c’est peut-être même ça qui a déclenché mon amour pour l’histoire. Je ne vois pas quoi d’autre m’aurait poussé à, déjà 9 ou 10 ans, lire des livres sur la mythologie romaine, égyptienne, grecque, sur Jules César et ainsi de suite.

Physiquement, je pouvais m’identifier à Obélix. Tout comme lui, je suis aussi toujours celui un peu dans l’ombre. Je suis le fidèle ami toujours là pour aider. Contrairement à Astérix, je ne suis pas particulièrement leader, mais je suis malin comme lui, donc je m’identifiais aussi à ce petit héros et moi aussi je trouvais Obélix un peu beaucoup niaiseux.

Mais plus encore, si Goscinny m’a nourri intellectuellement avec tous ses projets, Uderzo a probablement été le premier dessinateur à m’inspirer. Quand j’y pense, même si je ne dessine plus régulièrement et ma carrière de bédéiste n’aura été qu’un fantasme, je retrouve encore des traces de son influence dans mes traits.

Surtout, l’émission m’a donné le goût de les relire. Même si je les ai sûrement déjà lus plus d’une dizaine de fois.

Le legs de l’alchimiste
Hubert, Tanquerelle, Bachelier
Glénat

J’ai pu mettre la main sur l’intégrale de cette série qui a été publiée en cinq tomes. Une série où chaque tome suit un personnage en particulier, mais où toutes ces histoires se relient de très près ou de loin, même si plusieurs décennies peuvent les séparer. Le lien: une bague hantée par un esprit, moqueur, mais bon… et qui cache un savoir inimaginable pour celui qui saura l’interpréter… Ce qui tentera des personnes plutôt sombres et avides de pouvoir.

Sur ce fond peu original se cachent néanmoins des histoires riches et humaines et aux scénarios bien ficelés. Malgré les sauts dans le temps — les histoires se suivent, mais pas les époques, les morceaux du casse-tête se placent petit à petit, nous faisant découvrir le grand dessein derrière chacune des petites histoires. Mais là où le tout se noue bien, c’est que l’auteur a réussi à éviter le piège de nous laisser sur notre appétit. On n’a pas l’impression de s’en faire cacher, de nous faire mener en bateau, chaque histoire a assez de richesse et de profondeur pour être elle-même intéressante et captivante.

Le crayon, mené pour les trois premiers tomes par Tanquerelle m’a beaucoup rappelé celui de Sfar, ajoutant au côté décalé et sombrement fantastique de la bande dessinée. Ce trait nerveux ajoute même à l’incompréhension des personnages devant cette bague qui se retrouve souvent malgré eux à leur doigt. La relève de Bachelier pour les deux derniers tomes a pu se tenir dans les mêmes eaux, respectant l’esprit visuel mis sur pied par le premier dessinateur.

Une bien sympathique bande dessinée.

Sept psychopathes
Fabien Vehlmann, Sean Philips
Delcourt

La série Sept de Delcourt nous propose sept récits dans sept univers différents avec toujours sept nouveaux personnages et sept équipes de bédéistes. Sept psychopathes nous transporte en 1941, alors qu’un général de l’armée anglaise décide de mettre de l’avant une idée proposée dans une lettre d’un fou enfermé dans un asile: créer une équipe de sept psychopathes ayant la mission de tuer Hitler. Pourquoi sept psychopathes? Parce que leur folie permettra de déjouer la sécurité, puisqu’ils n’agiront avec aucune logique.

La mission a-t-elle réussi? Répondre serait révéler un punch, mais disons que le scénario ne renie pas ce que les livres d’histoires nous racontent. Malgré quelques raccourcis, de rapides sauts et quelques invraisemblances, j’ai apprécié Sept psychopathes, ne serait-ce que pour la proposition et l’idée générale que l’on comprend à fin. Mais on s’entend qu’elle ne passera pas à l’histoire. Agréable, intéressant, mais sans plus.

La folle du sacré coeur
Jodorowsky, Moebius
Les Humanoïdes associés

Délire de l’icône Jodorowsky sur la religion, sur la théologie et la philosophie en général et même sur la folie humaine. Un professeur de la Sorbonne voit son monde et ses convictions s’écrouler le jour où sa femme demande le divorce, après 25 ans de mariage. Puis une aventure avec une jeune étudiante le mènera à côtoyer de jeunes néo-chrétiens, dont l’une qui serait la réincarnation de Jésus.

Beaucoup d’humour, parfois très premier degré, comme les incontinences régulières du personnage principal, mais tout de même plusieurs belles réflexions métaphysiques, bien qu’elles ne vont pas vraiment plus loin que ce que l’on doit voir au Cégep en philosophie, Jodorowsky les retourne et les pousse tellement à l’absurde que c’est délectable. On ne se demande pas tant ce qui arrivera des personnages que jusqu’où Jodo ira dans ce délire contrôlé.

De mon côté, j’ai lu une version intégrale, comprenant les trois tomes, en noir et blanc. J’ai lu plusieurs critiques qui ont pointé du doigt les abus de couleurs de Moebius, et je sais qu’il en est capable. La version que j’ai donc eue entre les mains était plutôt agréable et nous offre, encore une fois dans la version que j’ai eue, un Moebius plutôt minimaliste (en comparaison avec son imagination fertile), semblant même prendre un plaisir à dessiner avec un réalisme les scènes les plus folles… et les scènes de cul.

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