Chronique bédé: Dans son corps de zombie, il y a des changements

Publié originalement le 23 novembre 2010 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Je déplace mes chroniques BD que je faisais sur BangBang ici, sur mon blogue personnel. Pourquoi?! Certains parleraient de restructurations, d’autres de repositionnement ou de réorientations, moi je dirai juste: boah. C’est de même. Vous pouvez lire les deux premières que j’ai faites ici (où je m’emporte sur Paul à Québec, Burquette tome 2, Magasin général tome 5, Il était une fois en France tome 1 et de D tome 1) et ici (où je disserte sur Black Op tome 1, Croisade tome 1, Lune de guerre et Zhong Guo).

Au menu aujourd’hui: de la musique en bande dessinée, de l’espionnage en pleine guerre froide et la future chute de l’Empire romaine.

Black Op / Tomes 2 et 3
Desberg, Labiano
Dargaud

Je faisais part, suite à la lecture du premier tome, que je n’étais pas certain d’avoir apprécié la bande dessinée, tant le premier tome servait à placer les pions. Je peux dire qu’après ma lecture des deux tomes suivants: je suis maintenant accroché. Pour remettre en contexte, un ex-agent de la CIA apprend, par hasard, ou presque, que la mafia russe s’est arrangée pour que les Républicains remportent les présidentielles en manipulant les votes de la Floride (oui, le clin d’oeil est gros). Ceci nous emporte dans son passé, car il a, dans sa jeunesse et en tant qu’agent de la CIA, financé cette même mafia russe afin que celle-ci devienne assez puissante pour déstabiliser le régime communiste en place.

On se promène donc en Inde, en Ukraine, en Russie, aux États-Unis et autres points stratégiques. On est tantôt dans les années 2000, tantôt dans les années 60 ou 70. Le passé rattrape de vieux amis, les liens se font et se défont. On nage dans une politique corrompue, dans une CIA qui joue un jeu peu éthique et dans une mafia toujours de plus en plus gourmande.

Le scénario est solide. En se promenant dans le temps et en mélangeant autant d’histoires parallèles, on aurait pu s’y perdre, mais tout est fluide. Le suspense demeure, lorsque des morceaux sont donnés afin de dénouer une intrigue, une porte s’ouvre vers une nouvelle énigme.

J’ai aussi accroché au dessin de Labiano, qui propose un trait tout de même classique, mais avec un petit quelque chose de dynamique, quelque part entre un trait léger et réaliste. Mais, surtout, je me suis rendu compte que le produit final est très cinématographique, autant par le découpage et les angles suggérés que le rythme de l’histoire.

Ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais c’est une bande dessinée très agréable à lire qui a su m’accrocher et dont il est certain que je vais lire la série au complet. À suivre!

Les aigles de Rome / Livre 1
Marini
Dargaud

Ce qu’il y a de plaisant avec les bibliothèques, c’est qu’on peut essayer sans aucun souci un truc dont on n’est pas certain. Ici, c’est le coup de crayon et le côté historique de la BD qui m’a attiré.

Les dessins sont magnifiques. La couleur est soignée, les traits sont précis, vivants et fluides. Il y a une recherche évidente dans tous les détails des costumes et des lieux. On y sent un côté à la fois très léché mais tout de même naturel. Visuellement, c’est une très belle bande dessinée.

Toutefois, je suis encore en train de me demander où l’auteur voulait s’en aller avec ça. Bon, c’est le premier tome, alors je comprends qu’il souhaite placer les personnages, qu’on s’attache et qu’on comprenne d’où ils viennent et pourquoi ils seront surement des frères pour la vie, etc. Sauf que c’est long inutilement pour tout ça. J’attendais qu’il se passe de quoi, me disant que ça ne serait pas 58 pages d’introduction… Mais si, c’est ça. Il ne se passe de quoi qu’à la toute dernière page, un revirement déjà vu 1000 fois, en plus.

Je vais peut-être quand même essayer de lire la suite, mais je ne suis pas pressé, si vous voyez ce que je veux dire.

Zik & BD / La chanson québécoise en bande dessinée
Artistes variés
Les Éditions de l’Homme

J’attendais cette bande dessinée depuis un bon moment. Depuis que nous savons qu’elle se prépare, en fait. C’est Olivier Benoit, l’ancien presque chanteur et actuel gérant des Trois Accords, qui est derrière le projet. Une BD qui, sur papier, a tout pour me faire saliver: demander à des bédéistes de mettre en bande dessinée des chansons d’artistes québécois. Je n’avais toutefois pas songé à l’ampleur du défi. D’accord, je me disais que ce n’était pas si évident à faire, mais je n’avais pas réalisé à quel point ça pouvait être aussi casse-gueule!

Dans sa préface, Olivier Benoit raconte qu’il voulait des chansons que le monde connait, afin que nous puissions fredonner la mélodie durant la lecture. Pour ma part, c’est justement un truc qui m’a un peu agacé. Parfois, la résonance de la pièce dans ma tête m’empêchait d’embarquer dans la bande dessinée. Comme si je n’arrivais pas à me détacher de mes émotions et de mes impressions personnelles de la pièce, m’empêchant du coup de rejoindre celle du ou de la bédéiste.

Peut-être que je m’attendais trop à autre chose aussi. J’avais encore en mémoire une bande dessinée dont j’ai oublié le nom et dont j’ai perdu ma critique. Celle-ci proposait plusieurs bédés inspirées par des pièces de jazz. L’inspiration était parfois très lointaine et seulement le titre permettait de faire un lien concret. J’avais a-do-ré.

J’ai remarqué que j’ai surtout apprécié les histoires où l’auteur a tenté de faire plus que simplement mettre des mots en dessin. De s’approprier l’histoire ou l’ambiance de la toune afin de l’amener ailleurs. Parfois il suffit de peu pour faire sienne une autre oeuvre. Puis d’un autre côté, cette « compilation » nous présente des styles très éclectiques et c’est probablement impossible que tous plaisent à tout le monde.

J’ai adoré les « reprises » de Vincent Giard (Loco Locass, M’accrocher) qui a reconstruit le rythme et de Zviane (Les Trois Accords, Dans mon corps) qui a mis en scène des zombies adolescents. J’ai aussi aimé les bédés de Pierre Bouchard (Tricot Machine, Radar), de Pascal Blanchet (Pierre Lapointe, Deux par deux rassemblés), de Daniel Shelton (Mes Aïeux, Antonio) et de Jimmy Beaulieu (Malajube, La monogamie).

Les autres nous proposent également quelque chose d’intéressant, ne serait-ce que pour les illustrations qui démontrent tout le talent qui habite ici. Je salue donc bien haut Paul Laberge (Ariane Moffatt, Réverbère), Denis Rodier (Coeur de pirate, C’était salement romantique), Valérie Dupras (Les Cowboys Fringants, Les étoiles filantes) et Catherine Lepage (Mara Tremblay, Tu m’intimides).

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