Ces choses simples que l’on ne fait pas pour l’environnement

Publié originalement le 13 février 2012 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Je me souviens très bien de la première fois qu’on m’a parlé des 3R – recyclage, réutilisation, réduire. J’étais au primaire, en première ou en deuxième année. Ma classe et moi étions assis dans la cafétéria et une madame a présenté ce qu’était ce concept, pourquoi il était important de l’introduire dans son quotidien, l’impact de la surconsommation sur la planète, etc. C’était présenté grossièrement, probablement, pour que des gamins le comprennent, mais le message était clair. Ça ne m’a jamais quitté, c’est inscrit dans ma tête depuis.

C’était en quoi… 1988? Mon école était-elle avant-gardiste? Je ne le crois pas, après tout, Greenpeace est né en 1971 à Vancouver. Je pense simplement – et malheureusement – que la société est juste lente, très lente, abominablement lente.

S’il y a des combats dont je comprends qu’ils soient plus longs, comme le dossier des voitures propres, il y en a d’autres qui sont tellement cons que je ne pige pas.

L’exemple de Cascades
Un exemple banal est le papier de toilette, ou les essuies-tout, ça revient au même. Je ne veux pas leur faire de la publicité gratuite, mais je suis vendu à Cascades et leurs rouleaux faits entièrement de papiers recyclés. C’est tellement simple et logique: tu t’en sers pour torcher (ton cul ou ton comptoir), c’est l’élément parfait pour le papier recyclé! Aucun besoin d’avoir un papier neuf et top qualité, c’est pour le couvrir de merde!

Pourquoi, alors, les autres compagnies n’offrent-elles pas toutes du papier cul fait de matières recyclées? Pourquoi, surtout, est-ce que le gouvernement n’oblige pas de produire ce type de papier qu’à partir de papiers recyclés, ou à un seuil minimal d’utilisation, à 50% par exemple? Cascades fait l’exemple éloquent que c’est possible, rentable et facile!

Dans un même ordre d’idée, pourquoi le gouvernement n’empêche-t-il pas les entreprises de produire des sacs en plastique qui ne soient pas biodégradables? Certes, certains ayant l’étiquette biodégradable ne le sont pas réellement, mais ça ne veut pas dire que ça n’existe pas. Des sacs qui « s’évaporent » en quelques mois plutôt qu’en plusieurs années, il y en a.

Pourquoi laisse-t-on les entreprises produire des savons toxiques pour la nature alors que c’est démontré qu’il est possible d’en faire des biodégradables, encore une fois?

On pourrait aussi parler du papier dans les cahiers scolaires, les sacs en papier, les objets en caoutchouc ou en plastique.

Le manque d’initiative
Globalement, ces petits exemples ne me servent qu’à expliquer que je ne comprends pas pourquoi les entreprises elles-mêmes continuent de produire des produits de merdes, pour l’environnement, alors qu’elles offrent un choix vert. Pourquoi personne n’a le réflexe de se dire « Tiens, on est capable d’offrir l’équivalent en rendement mais en moins dangereux pour la nature, cessons de produire la version dangereuse. »

Mais ne nous leurrons pas, si on ne l’impose pas, les grandes compagnies ne font pas souvent grand-chose d’elles-mêmes. L’an dernier, l’éditorialiste et journaliste spécialisée en environnement de La Presse François Cardinal parlait justement d’une entente entre l’industrie automobile et Ottawa «qui visait une réduction des émissions de gaz à effet de serre des véhicules, et ce, chaque année jusqu’en 2010».

Impossible de dire si l’entente a été respectée. Selon le journaliste, aucun des rapports d’étape promis dans l’échéancier de l’entente n’a été réalisé. Le protocole d’entente stipulait pourtant que de tels rapports allaient être réalisés sur une base annuelle afin d’obliger l’industrie à mettre les bouchées doubles si jamais elle s’éloignait des objectifs en cours de route. C’était même la base de l’entente.

Évidemment, les constructeurs automobiles ont évoqué des raisons économiques pour expliquer toutes ces bonnes intentions inachevées.

Les actions volontaires ne fonctionnement jamais. Le directeur de la chaire en éco-conseil de l’UQAC, Claude Villeneuve, soutient que sauf exceptions, les accords volontaires donnent rarement des résultats. Dans un rapport réalisé il y a quatre ans, il avait non seulement prévu le résultat de l’entente, il avait aussi prévu la justification des fabricants.

Les dangers de l’ignorance
On dit souvent que le consommateur a plus de pouvoir qu’il ne le croit. C’est vrai. Le hic, c’est que le citoyen ne sait même pas l’impact de ses propres consommations. Il pense qu’avoir son sac réutilisable, c’est être écolo. Et même cette pointe de l’iceberg – et encore, je suis généreux, il a presque fallu l’imposer.

J’ai toujours cru que les lois étaient faites pour les cons. Si je ne brûle pas de feux rouges, ce n’est pas parce que c’est interdit, c’est parce que c’est stupide. Mais vu qu’il y a des cons qui le font, alors on doit l’interdire, parce qu’ils ne sont pas capables de le concevoir eux-mêmes. C’est la même ici pour ces compagnies. Elles sont trop connes pour avoir une initiative responsable, on devrait donc les obliger. Partir du principe que dès que l’industrie invente un équivalent considéré comme vert, alors la version non respectueuse de l’environnement devrait être jetée aux oubliettes. Il me semble que c’est la logique et la simplicité même!

Ce principe n’est que bénéfique. Pour la planète, bien entendu, mais aussi pour l’économie. Ça ne peut lui nuire. Je ne peux croire qu’un groupe de consommateurs descendraient dans la rue en hurlant « Nous voulons le produit toxique! Nous voulons détruire la planète! » Nah.

En plus de ne pas connaître de baisse de ventes, cela aiderait l’industrie du recyclage, puisqu’il se créerait une demande pour les matières recyclées.

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