Acheter un char, une épreuve digne d’Hercule

Publié originalement le 4 avril 2011 sur labarbe.ca (qui n’existe plus).

Depuis trois semaines, en fait j’entame ma quatrième, j’ai un deuxième emploi. Je suis collaborateur à l’émission du midi à CKCN 94,1 FM, à Sept-Îles. C’est l’émission d’affaires publiques et ça demande un peu de temps quand même. Ça explique en partie pourquoi je néglige mes deux blogues. Bien désolé à mes deux-trois lecteurs. Je vais finir par reprendre un rythme dans tout ça!

Alors question de vous divertir, je ressors un texte que j’ai publié il y a un an. Pour trois raisons: il est divertissant, c’était il y a presque pile un an et il avait disparu avec mon changement de nom de domaine.

Il était une fois
La dernière fois que j’ai eu une voiture, on remonte à juin 2006. Je l’abandonnais ce mois-là pour diverses raisons. La principale étant qu’en déménageant dans le centre-ville de Québec, je ne voyais pas l’utilité d’y avoir une voiture, avec la panoplie d’autobus autour et presque tout à proximité.

Quand je suis arrivé à Fermont, je n’avais pas d’automobile. Pas trop grave, tout se fait à pied là-bas. Mais quelques mois après être arrivé à Fermont, j’ai revu la nécessité d’avoir une automobile. Pour éviter le coût exorbitant des billets d’avion pour aller à Québec, pour couvrir les évènements au Labrador ou en périphérie de Fermont. Pour faire l’épicerie. Début de l’aventure!

Chapitre I : reprendre son permis de conduire
Pour plusieurs raisons bonnes et mauvaises, je n’avais pas renouvelé mon permis de conduire depuis. Quelle erreur! Après trois ans, on doit repasser les examens théorique et pratique. Je ne reviendrai pas sur la petitesse du délai, mais c’est chiant.

Surtout à Fermont. Car là-bas, les examens pratiques sont rares. Très rares. Environ une fois par année. Ce qui est très irritant quand, dans mon cas, tu peux passer les deux examens dans la même journée. Pas besoin d’avoir l’apprenti durant des mois. L’attente est donc longue et lassante. J’ai passé l’examen théorique en octobre 2009 et 5 mois plus tard, ils n’étaient toujours pas passés dans la région.

Je me suis donc tanné et j’ai pris un rendez-vous à Baie-Comeau, la ville québécoise la plus proche de Fermont… à 560 kilomètres. Un sept heures de route pour aller passer un examen de conduite. Rien de moins.

Se rendre à Baie-Comeau, pas aisé sans voiture. On paie 600$ d’avion (et même plus dans la période regardée) ou encore un tente de trouver un lift qui tombe à point avec la journée de l’examen. Puis il faut trouver une voiture pour faire cet examen.

Chapitre II : Trouver une voiture
Étant convaincu que j’allais passer ce maudit examen, je me suis dit que je pouvais donc m’acheter une voiture. Une idée un peu folle: acheter la voiture à Québec, la faire monter à Baie-Comeau, passer mon examen avec.

Puis les pièces du casse-tête semblaient se placer d’elles-mêmes: j’ai trouvé facilement un modèle à Québec, mon père qui habite là était prêt à aller l’inspecter et l’acheter pour moi, une amie était prête à me monter la voiture à Baie-Comeau. Tout se plaçait trop facilement, j’aurais dû me méfier et ne pas oublier les lois de Murphy.

Je vous évite les petits trucs de paperasse nécessaire quand on achète une voiture à distance de même. Ça a été pas si mal, finalement… du moins à ce stade-ci de l’histoire.

Pendant que mon amie venait sur la Côte-Nord avec la voiture – finalement, elle est montée à Fermont me chercher pour que le lendemain on revienne à Baie-Comeau à temps pour l’examen, j’ai appris que ma voiture ne serait pas éligible à l’examen pratique du permis. Grrr.

Chapitre III : passer l’examen pratique de la SAAQ
La solution était donc de louer une voiture. Le temps presse, même si on est parti à 6h du matin de Fermont, on est arrivé à Baie-Comeau vers 13h15. Mon rendez-vous était à 14h. À 13h30, on trouve un bureau de location qui a une voiture pour moi. Chouette, même si c’est une Corolla.

J’arrive au bureau de la SAAQ, pile à temps. Mais tout ne va pas bien pour autant. Ils veulent me refuser: la voiture n’est pas accompagnée par les papiers d’assurance originaux (seulement d’un duplicata). « Mais… c’est sûr que la compagnie de location ne donne pas l’original? Ils doivent garder ça pour eux! » La SAAQ n’est pas d’accord, c’est l’original ou rien du tout.

Toutefois, les préposées sont très gentilles et tente de m’aider, sincèrement. Ils me prêtent un téléphone pour joindre le locateur pour vérifier s’il ne peut me refiler un original. Il est catégorique: non, il ne donne pas ça. Pis encore, lui-même ne les a pas. Tout ça est à la maison mère à Québec! Je désespère, je lui demande d’expliquer la situation à la préposée.

Ils se parlent quelques minutes, s’obstinent un peu. Elle téléphone à son supérieur, ils discutent encore quelques minutes. Ils acceptent de faire une exception pour moi, vu que j’arrive de Fermont, c’est-à-dire fuckin’ loin. Le rendez-vous est reporté d’une heure. Ouf! Merci beaucoup! J’ai passé l’examen avec la mention “réussi”.

Chapitre IV : revenir à Fermont
La route 389, c’est-à-dire la Trans-Québec-Labrador, part de Baie-Comeau jusqu’à la frontière du Labrador, à quelques kilomètres de Fermont. Sur le chemin, on croise que quatre choses sur ces près de 600 kilomètres: des barrages d’Hydro-Québec (dont Manic-5), le relais Gabriel, la mine du Mont-Wright et Fermont. La route est environ moitié-moitié asphaltée et en terre. Sachez qu’en pleine période de dégel, cette route est quelque chose. Laide, affreuse. À éviter.

Avant de revenir à Fermont, j’ai dû faire Baie-Comeau-Québec-Baie-Comeau, pour aller porter mes amis à Québec pour qu’ils puissent revenir à Montréal, lieu de leur habitat naturel. Et durant ce petit douze heures à Québec, j’en ai profité pour réparer, avec la grande aide de mon père (pas mal lui qui a tout fait, en fait, je suis nul avec des outils et il connait beaucoup plus ça que moi), deux trois trucs mineurs sur la voiture, que la route de terre avait mise à l’épreuve.

Durant ce temps, il tombe six pouces de neige sur la route 389 et à Fermont. La route est même fermée le samedi. Le dimanche, les alertes sont tombées, alors je l’entame avec confiance. Jusqu’à Manic-5, la route est bien belle: direct sur l’asphalte, beau soleil. Après, ça se gâte solide.

Un heureux mélange de slush et de bouette, que je surnomme blush. De la maudite grosse blush sale. Je me bas sur des centaines de kilomètres dans cette blush qui ne veut que me propulser dans le fossé. Les deux mains agrippées sur le volant comme je n’ai jamais agrippé un volant. La pire route vue de ma vie, et j’en ai fait de la route! À l’époque, je parcourais en moyenne 50 000 kilomètres par année. Ça me rappelait un retour Montréal-Québec fait dans une tempête de verglas en cinq heures… mais en pire encore!

Pas de farces! Avant ce jour, j’avais fait une seule sortie de route en 6 ou 7 ans de conduite. J’ai triplé ce nombre en un seul après-midi. Je remercie d’ailleurs les gens qui m’ont aidé à me déprendre du banc de neige la deuxième fois. Sans eux, je ne pense pas que j’aurais pu pelleter tout ça avec mes mains. Mais c’était probablement inévitable: la voiture a glissé dans le fossé au troisième dérapage.

La voiture n’avait rien et la glissade s’est vraiment faite en douceur. Sauf que là, je ne pouvais vraiment rien faire. Si j’avais eu un câble, j’aurais attendu qu’un gros 350 ou une gratte passe et je lui aurais dit de me tirer, mais je n’en avais pas. J’ai donc embarqué avec un gentil monsieur qui s’en allait à Fermont pis j’ai fait remorquer la voiture dans les jours qui ont suivi. Durant ce temps, la voiture a été vidée de son stock: bye bye le iPod, le djembé et deux ou trois autres trucs que je n’avais pas trainés avec moi!

Le monsieur qui m’a embarqué, lui, avait un gros 4×4. Lui, il conduisait aussi détendu que s’il était sur la 20. Pis il me pointe, après un petit bout et que je lui ai raconté mes aventures (avec ma Venture): « j’ai un antipatinage sur le truck, toutes les voitures devraient avoir ça. » Dis, tu peux bien être “chill” derrière ton volant! Au moins, il m’a réconforté, cet homme qui a fait la route deux fois par mois durant un an, en me disant qu’il ne l’avait jamais vu aussi dégueulasse.

Chapitre V : Plaquer sa voiture
Mon transit se terminant, j’ai été au bureau de la SAAQ de Fermont pour immatriculer la voiture. Je n’avais pas encore assez vécu de complications… il en fallait un autre. Le papier de transaction du vendeur comporte une erreur dans le calcul des taxes. Ça semble anodin, mais ça ne l’est pas. On ne peut modifier cette feuille. Elle doit être refaite. Sauf que le vendeur est à Québec, moi à Fermont, à plus de 900 kilomètres de distance…

Donc, mon père, qui, je le rappelle, demeure à Québec (une chance!), s’est arrangé pour revoir le vendeur, refaire le papier comme il faut, m’envoyer le tout par XPress poste, sans que la feuille ne soit abîmée ou pliée. Résultat: la voiture dort dans la cour pendant plus d’une semaine, le temps de recevoir les papiers. C’est pas si mal, mais c’est agaçant de ne pas profiter d’un nouvel achat de quelques milliers.

Morale de l’histoire
Acheter un char à distance quand tu dois reprendre ton permis de conduire: c’est compliqué (et un peu la merde).

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