Coup de grâce, jour 3: Dieu est une femme

Bien voilà. Déjà la fin du 4e Coup de grâce de St-Prime.

Cette divine journée commençait par un brunch style Oktoberfest et par une prestation de la merveilleuse Fanfare Pourpour. Quelle belle formation, éclatée et folle. Une armée de cuivres, deux accordéons, guitare, banjo, percussions, violon..! Je ne les vois vraiment pas assez souvent en spectacle. Notons la belle version du Cinéma des vieux garçons, revisitée avec son auteur, Fred Fortin — également accompagné par Olivier Langevin.

On a laissé le soleil aller se coucher puis, en soirée, nous avions droit en plein milieu de la sandwich musicale la très charmante Marie-Pierre Arthur. Déjà, je suis conquis par les filles qui jouent de la basse en général, mais je crois qu’on peut dire qu’elle est probablement la plus belle des joueuses de basse québécoises. Et que dire lorsqu’elle empoigne une contrebasse (ce qui n’a pas été le cas ce soir)!

Mais ce n’est pas que son joli minois qui la rend si agréable, c’est aussi sa musique, sa poésie. Même sa complicité avec ses musiciens ajoute à son charme.

Le public de St-Prime a eu droit à des versions un peu plus rock que sur l’album. En fait, c’est peut-être toujours ainsi, c’était la première fois que je voyais Aux alentours live. J’ai bien aimé le petit bloc Beatles. Elle est sacrément bien entourée sur scène. Il faut dire que je suis tout aussi fan de José Major, qui joue de la batterie comme Miron jouait avec les mots: de toutes les beautés.

Marie-Pierre Arthur était très contente d’être là. Ça faisait trois ans qu’elle voulait participer à St-Prime et là, ça y’est, c’est fait! Un peu le même message qu’Ariane Moffatt a lancé après une première chanson. «On en entend de plus en plus parler de St-Prime. Pour la qualité de ses partys et de ses shows.»

Vous devinerez que c’est Ariane qui a eu l’honneur de terminer ce Coup de grâce. Au grand plaisir d’une foule qui l’attendait impatiemment. On parle d’une Grange pleine ici.

Pour diverses raisons je ne suis pas resté jusqu’à la fin de sa prestation. Mais ce n’est pas parce que je n’appréciais pas, bien que je ne suis pas particulièrement un fan. Mais elle fait de la bonne pop-électro sur scène. Elle sait mettre la fête. C’est une passionnée qui sait transmettre son plaisir. C’était donc un excellent choix du Coup de grâce.

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Pour ma première visite à St-Prime, pour le Coup de grâce, ça m’a confirmé que c’est un beau petit festival. Une programmation de qualité, comme on pouvait voir sur papier. De beaux sites.

Il est intéressant de voir que c’est encore un festival pour et par les Bleuets. Habituellement, quand je vais dans un festival au Québec, je tombe sur des collègues de Montréal ou de Québec, ou des amis hipsters. Mais pas là. C’en était même un peu déstabilisant à quel point je ne connaissais personne — il faut dire que je ne suis vraiment plus dans le coup après 4 ans sur la Côte-Nord. Mais c’est bien comme ça.

J’invite le reste du Québec à essayer le Coup de grâce, il en vaut la peine. Et je lui souhaite de grandir et de rallier encore plus le Lac-Saint-Jean. Mais tant mieux s’il garde une bonne part de bleuet dans tout ça! J’aime ça, moi, quand c’est pas cool, in, branché et hype. Juste bon.

À bientôt, Lac-Saint-Jean!

Coup de grâce, jour 2: retomber en amour

Comme il n’y avait rien de prévu en journée au Coup de grâce, j’ai profité de cette journée de liberté pour me promener dans cette belle région qu’est le Lac-Saint-Jean.

Ai visité St-Félicien. Ai presque été tenté par son zoo. Presque. J’ai été me promener sur la fameuse rue principale qui s’appelait (et qui s’appelle toujours) St-Cyrille, à Normandin. J’ai vu le non moins célèbre centre d’achat maudit. D’ailleurs, notons que s’il y a une affiche qui indique que nous sommes sur la légendaire rue principale de Dédé Fortin, il n’y a rien pour le centre d’achat.

Après être passé sans m’arrêter à Albanel, j’ai visité Dolbeau-Mistassini. La rivière Mistassini est ben belle. Mais pauvre Dolbeau qui doit vivre avec une rue couverte. Une espèce de Mail St-Roch version bleuet. Vous avez fait la même erreur que Québec. Imitez la Capitale encore et enlevez ça!

Ceci dit, quand même spéciale cette région-là. On est en plein Bouclier canadien… mais ça ressemble plus aux Prairies ou aux Basses-terres. Tout ça pour dire que ça a ben du charme. Comme dans mes souvenirs.

Revenons à St-Prime.

La deuxième soirée du Coup de grâce commençait avec Jimmy Target & The Triggers, groupe de Terrebonne qui sortira une première palette en novembre. Quelque part entre un rock garage et rockabilly, avec un petit quelque chose de western, style spaghetti, style serpents à sonnettes dans un désert aride. Voix caverneuse, de gros riffs assassins, deux batteurs, une touche d’irrévérence, le tout est assez efficace.

Le trio Plaster prenait ensuite place dans la Grange de St-Prime. Je vais le mentionner en partant, c’était du bonbon. Comme toujours. Je le dis sans gêne: je suis vendu à Plaster, et ce, depuis le démo de trois petites tounes. Les trois musiciens nous ont encore livré cet électro-jazz-rock avec brio. Sauf que…

Ça dansait en avant et autour de moi. Mais je sentais qu’une bonne partie du public découvrait. Il manquait cette énergie une coche plus élevée pour que le spectacle devienne une bombe. Ces moments où l’énergie du public pousse le groupe à aller plus loin, à en donner plus. Et vice versa. Je sais que ça peut être plus, simplement. Meilleur, plus fort. Je le redis tout de même, c’était du bonbon quand même.

Alors que Mr Magnetix s’installait à la Grange, je suis allé vers le Vieux-Couvent pour Mara Tremblay. À sa première chanson, j’ai réalisé que ça faisait vraiment longtemps que je l’avais vu sur une scène. Quatre ans, peut-être, voire cinq. Trop longtemps.

Mara était seule avec elle-même, s’accompagnant au piano, à la guitare, au violon ou à la mandoline. Je dis seule, mais Olivier Langevin l’a rejoint pour la dernière chanson. Puis il y avait le public. Il était silencieux, mais tellement présent par cette écoute. À en déstabiliser parfois l’artiste.

Mara était heureuse et resplendissante, hier soir. Belle et charmante, comme toujours. Elle était contente d’être là. Sincèrement. Elle a été touchée par l’écoute, sincèrement. Elle a raconté, oui, parfois, les mêmes histoires qu’elle traîne depuis quelques années, pour introduire telle ou telle chanson, mais ça semble quand même toujours venir du coeur pareil. Puis il y a eu ces petites nouvelles confidences, puis ces petites spontanéités.

Seule au piano ou derrière sa guitare, Mara est touchante. J’ai toujours aimé sa fragilité, sa poésie, ses mots et ses mélodies. Et dans ce silence, la beauté de sa musique régnait au Vieux-Couvent. Et encore une fois, je suis retombé en amour avec elle. Merci pour ce beau moment, Coup de grâce!

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Aujourd’hui, il y a un Oktober Fest qui nous attend dans moins de deux heures, le tout sous la musique de la savoureuse Fanfare Pourpour. Plus tard, en soirée: On the Porch, Marie-Pierre Arthur, Ariane Moffatt… et ce sera la fin!

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Coup de grâce, jour 1: le diable était dans grange!

Il pleuvait sur la route. Il a plu tout le long — huit heures de route séparent Sept-Îles et St-Prime. Mais comme ça l’air qu’on n’est pas faite en chocolat, ceci n’arrête pas l’aventurier musical que je suis. Pis les paysages étaient beaux pareil — pour vrai, la 138 sur la Côte-Nord est magnifique, comme la 172, qui relie Tadoussac et Chicoutimi, parmi les plus belles routes du Québec.

Première impression: la fameuse Grange, c’est vrai qu’elle est vraiment cool. C’est pas un vieux bar qui se la joue cool en adoptant une couleur cowboy. Nanon, c’est une vraie grange. Vieille. Avec du gros et vieux bois. Et juste du bois. Rien d’autre. Fak, va-t’en pas fumer en dedans. Prends-le dehors, ton joint, l’ami! Pis c’est en plein coeur du village. Juste pour ça, St-Prime se démarque de plusieurs autres festivals.

La soirée d’hier soir a commencé avec Cargo Culte, un tout nouveau groupe, qui sortirait un premier album en février, et qui regroupe Alex McMahon à la batterie (oui oui, le claviériste, là), JF Lemieux à la basse et Séba à la voix. Notons que c’était leur baptême de scène.

Toute une charge. On pourrait faire plein de jeux de mots sur un cargo qui fait des grosses vagues. Les grooves sont franchement électro, avec une énergie bien rock. Et le flow unique à Séba par-dessus. Résultat? Une particulière bibitte hip hop. JF Lemieux nous sort des lignes à la fois sèches et précises (mais qui groove), assez dans ta face. Et ça a l’air à l’amuser en diâble.

Séba nous a pondu des textes toujours aussi cinglants, pointant du doigt notre société moderne, à coup de phrases et d’images ironiques et cyniques. Il était en grande forme, parfois théâtral, parfois rocker, parfois comme un vrai mc, souvent tout ça en même temps.

Une foule bien présente. Certains ont semblé apprécier pour vrai. D’autres semblaient attendre le prochain groupe… Pour ma part, j’ai bien hâte d’entendre ça sur disque.

Bernard Adamus a eu droit à un public déjà conquis. À moins que la foule ne connaissait les chansons par un pur hasard. Le public te chantait ça avec bonheur et avec alcool — donc pas toujours comme il faut, mais l’amour était là, ça oui!

Première fois que je voyais le Bernard depuis la sortie de No.2. Nouvelle formule, où il est accompagné d’une batterie et de trois cuivres (trompette, trombone et sousaphone). Parfois l’un lâchait son instrument pour aller faire des notes sur un clavier. Pis c’était vachement intéressant! Les nouveaux arrangements de certaines vieilles pièces étonnent mais charment!

Le seul bémol était le son. Ça ne semblait pas facile faire sonner tout ça dans les circonstances. Tous les instruments étaient un peu effacés. Le mix était mou, flou.

Il restait encore quelques prestations, dont les Dales Hawerchuk, Julien Sagot, Lisa Leblanc et Plants & Animals… Malheureusement, j’étais claqué. J’étais debout depuis presque 24h, la route et la semaine dans le corps… Je pensais pouvoir me reposer un 15 minutes et revenir à l’attaque, mais finalement, ça été la fin. Dommage, mais c’est la vie!

Ce soir, au menu, à St-Prime.Jimmy Target & The Triggers, Plaster, Mr Magnetix, Pierre Fortin, Mara Tremblay et Isabeau et les chercheurs d’or!

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