Toucher le bonheur au Festi Jazz de Rimouski

Il faisait fichtrement beau à Rimouski en fin de semaine. Un gros soleil, une belle chaleur. Il y avait un peu de paradis dans ce coin du Bas-Saint-Laurent.

Après avoir passé l’après-midi au Bien et Malt, j’ai été lire sur la grève de la Pointe aux Anglais au Bic, assis sur un énorme tronc d’arbre. Ça a l’air bien anecdotique de raconter ça, mais ça explique peut-être l’état d’esprit dans lequel je me suis présenté au Festi Jazz de Rimouski, en tout début de soirée.

J’étais zen, calme, serein. Et sans le savoir, c’était exactement le «mood» dans lequel il fallait être pour Robert Glasper Trio.

Robert Glasper est un pianiste texan et son trio, c’est lui avec une batterie et une contrebasse. La formule classique, en gros.

Il a de l’attitude, ce Rob G. En fait, il pige beaucoup dans le hip hop pour son attitude et dans sa vision musicale. Il souligne imaginer qu’un MC puisse balancer son flow sur ses pièces, lorsqu’il compose. Ce qui arrive de temps à autre, aussi.

Il y a donc du hip hop dans son jazz, mais aussi du soul, un brin de rock. Ça se déplace parfois dans plusieurs directions dans la même pièce.

Le trio a passé la soirée à nous surprendre et à nous épater. Que ce soit par leur technique irréprochable ou leur capacité à laisser un des membres à faire un solo planant ou endiablé durant plusieurs minutes pour soudainement puncher tous ensemble le temps d’une note (et laisser le soliste repartir dans sa lancée), ou revenir sur la mélodie de base sans avertissement. Sans parler du bonheur de les entendre aller dans la même direction, mais dans des chemins tellement différents.

J’ai été à la fois élevé, vitaminé et vidé par cette prestation magique. S’il m’a fallu la moitié de la première pièce pour rentrer dans cette bulle musicale, ça m’a pris du temps en sortir, même après la prestation.

Dehors, à la fin, il y avait Élage Diouf sous le chapiteau. Sa musique m’a paru terriblement fade. Ce n’est pas contre sa musique, mais je devais prendre le temps de digérer ces près de deux heures.

Je suis donc retourné au Bien et Malt pour rester dans une ambiance jazzé. Et là seulement j’ai pu redescendre sur terre, retrouver les vaches du plancher.

Malheureusement, les deux tiers du public du bar semblait se foutre qu’il y ait un trio en train de jouer un jazz standard, jasant sans aucune gêne. Dommage.

J’aurais aimé faire un trou au Cégep voir le Sylvain Provost Trio et le Jam Session (où tous les artistes du festival sont invités à venir jammer), mais j’étais vidé, étrangement. Est-ce Glasper ou les deux pintes de bière? À moins que ce ne soit mon horaire de semaine (où le cadran sonne à 4h du mat’)?

Toujours est-il que j’ai terminé ça dans ma très poche chambre de motel en écoutant quelques épisodes de la bien drôle série La Job, la version québécoise de The Office qui n’a duré qu’une saison.

Deux soirées, quatre spectacles. J’aurais cru en voir plus, j’aurais bien aimé pouvoir rester le dimanche, et ainsi en profiter davantage (particulièrement Yannick Rieu), mais le travail m’obligeait à être de retour sur la Côte-Nord pour le lundi matin. Tout de même, j’ai vu les trois principaux que je voulais voir. Je me reprendrai l’année prochaine, Festi Jazz, et je jure que là, j’en verrai davantage! De toute façon, avec Plaster, Galaxie et Robert Glasper Trio, je suis déjà conquis.

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