Pas facile présenter l’émergence en région éloignée

Les Oreilles dégourdies

Je ne suis vraiment pas du genre à ploguer ce que je fais ailleurs ici, mais là, ça adonne que ça colle bien à l’univers BangBang.

Pour mon ex-employeur (j’y travaillais jusqu’à la fin mars), un hebdomadaire de la Côte-Nord, j’ai monté un dossier sur la difficulté de produire ou de présenter des artistes émergents/indépendants en région éloignée.

À Sept-Îles, il y a une série qui se nomme Les Oreilles dégourdies, un partenariat qui permet de présenter aux Septiliens des artistes comme Gilles Bélanger, Karkwa, Leif Vollbekk, les Vulgaires Machins, Misteur Valaire, Random Recipe, Jordan Officer, etc. Bref, des trucs qui sont ben bons mais qui, habituellement, ne sont pas des grands numéros un dans les radios.

Et on parle généralement de trucs bien établis dans le milieu indépendant – ou en marge – québécois. On est loin de trucs plus obscurs (pour le grand public) comme Les Frères Goyette (malheureusement). Malgré tout, ce n’est pas toujours facile d’attirer le public.

Pourquoi? C’est ça que j’ai tenté de creuser dans mon dossier sur les Oreilles dégourdies. Cinq articles, cinq pistes.

D’une part, chez la ville voisine (Port-Cartier), ça marche relativement bien, mieux qu’à Sept-Îles, même si elle est trois fois plus petite. Ensuite, on se demande où sont les jeunes. Un des partenaires est le Cégep de Sept-Îles et le public est loin d’être majoritairement cégépien.

Je me suis aussi demandé si Sept-Îles était pire ou dans la moyenne, j’ai donc comparé avec Gaspé et Rouyn-Noranda, deux autres régions éloignées. Finalement, est-ce que les festivals comme le FME ou le FMBM (Musique du Bout du Monde à Gaspé) aident les diffuseurs locaux? Bref, un festival aide-t-il à « éduquer » le public?

Certains aspects ont été mis de côté durant la rédaction. À plusieurs reprises, le caractère industriel de Sept-Îles a refait surface. Il y a peu d’art en général. Le Cégep n’a qu’un programme artistique et très peu d’élèves s’y inscrivent. La population a un horaire souvent atypique, parce que les plus gros employeurs (aluminerie, minière, port) ont des horaires de douze heures, de nuit, etc. L’absence d’université également a été mis de côté. Pourtant, l’impact est là. Les jeunes, souvent, quittent la région une fois aux études. Et ceux qui sont amateurs d’une musique plus en marge ne reviennent pas, parce dans leurs souvenirs, ils ne le retrouvent pas à Sept-Îles.

Certains diffuseurs régionaux se demandent aussi si les tourneurs et les artistes comprennent vraiment bien la réalité de la région éloignée. Je ne parle pas de St-Jérôme ou de Victoriaville, mais bien de la Côte-Nord, de la Gaspésie, de l’Abitibi, du Bas-Saint-Laurent… Peuvent-ils demander le même cachet qu’en régions urbaines à ces diffuseurs éloignés? Utilisent-ils leur aide à la tournée aux bons endroits? Souvent, les diffuseurs en région éloignée doivent payer le transport, ou aider le coût du transport. Parfois, ça monte plus cher que le cachet! Alors quand ils apprennent que certains artistes utilisent des bourses d’aide à la tournée pour faire des spectacles dans les Laurentides, ça peut être frustrant. Avec tout ça, parfois, un artiste pour lequel on paierait 15$ en ville, on va payer 25$ en région, étant donné les nombreux frais.

Bref, il y a plusieurs facteurs aux influences difficiles à calculer. Voici quand même quelques pistes.

Dossier Oreilles dégourdies: Dur dur de présenter des artistes émergents en région éloignée.

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