Retour sur Karkwa à Sept-Îles

Karkwa à Sept-Îles. Je me disais que la visite de la formation devait être spéciale. Après tout, Louis-Jean Cormier vient de la ville et à peu près tout le monde ici sait qui il est. Mais finalement… pas tant que ça. Je veux dire, le monde sait qui il est, du moins, sait qu’il joue de la musique et qu’il gagne sa vie avec ça, qu’il gagne des Félix, mais de là à dire que les Septiliens écoutent sa musique, c’est autre chose, on dirait.

Je me disais que Karkwa devait attirer au moins 400 personnes à Sept-Îles. Ce genre de groupe n’en attire pas tant habituellement dans une ville de 30 000 habitants, mais encore une fois, je me disais qu’avec un des leurs à la tête, ça devait aider à l’engouement. Le retour d’un enfant prodige, en quelque sorte. Mais non, pas tant que ça. Pourtant, la grande Salle Jean-Marc-Dion, qui peut contenir environ 840 personnes, a été remplie une semaine auparavant pour une artiste locale qui n’a même pas un démo encore en poche.

Au total, peut-être 300 personnes sont venues voir Karkwa à l’Auditorium du Cégep de Sept-Îles. Ce qui n’est pas un échec. Cette salle de 170 places, environ, n’a peut-être pas été remplie le premier soir, mais l’a été au second. Si je fais fi du fait que le chanteur et guitariste vient du coin, c’est une bonne performance pour ce genre de groupe.

Ouin, mais le show lui?
Je ne sais pas combien de fois j’ai vu le groupe en prestation. J’étais déjà là au lancement du premier album, en 2003. Ma vision est différente de la plupart des gens qui les découvrent parfois encore. Et je remarque peut-être plus les trucs négatifs, lorsqu’il y en a.

Karkwa, c’est toujours bon en prestation. Les cinq musiciens sont solides, de merveilleux techniciens et après tant d’années ensemble, ils ont une forte chimie que peu de groupes peuvent se vanter d’avoir. Même un spectacle normal d’eux demeure une coche au-dessus de tout ce qu’il se fait normalement au Québec et au Canada, en matière de rock.

Mais c’était une performance normale, vendredi soir dernier. La foule a été un peu timide, a pris du temps à en redonner au groupe. Elle a bien chanté à la fin lors du rappel avec Le vrai bonheur, mais elle a pris du temps quand même. Il a fallu que Louis-Jean leur demande de se lever. Un truc fréquent dans les salles avec des sièges. Je n’ai pas senti cette énergie qu’il se crée parfois entre eux et le public.

Par contre, j’ai aimé pouvoir tous les observer et bien les écouter. Les instruments étaient bien divisés. La basse se démarquait davantage du clavier et de la guitare et j’ai pu entièrement apprécier le jeu subtil, mais précis, de Martin Lamontagne. Autant j’aime leur mur de son où tout s’entremêle sur disque, autant cette fois-ci j’ai aimé cette légère séparation, savourant le clavier psychédélique de Frank Lafontaine, les mélodies de Louis-Jean, l’énergie tribale de Julien Sagot et la précision de Stéphane Bergeron derrière sa batterie.

Je salue aussi la version rock de Marie tu pleures. Je n’avais même pas reconnu le riff de guitare avant que Louis-Jean ne prononce les deux premiers mots! La nouvelle version de Red Light était également étonnante et intéressante.

Tout n’était pas parfait, mais c’était quand même une très belle soirée. Comme je disais en introduction, ça fait tant de fois que je les vois qu’il est maintenant dur de déclasser certaines prestations épiques. De toute façon, Karkwa, ça fait toujours du bien. C’est un bonbon musical, un incontournable pour ma santé mentale.

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