FEQ – The Black Keys donnent une leçon de rock

En février dernier, lors de la présentation des premiers gros noms du Festival d’Été de Québec, je m’étais ainsi exprimé: «Bon, oui, moi aussi je me demande ce qui relie Girl Talk et Black Keys, musicalement.» Hier soir, la réponse était évidente: pas grand chose. C’était tellement prévisible, finalement.

Girl Talk

Girl Talk

Même si Girl Talk met toutes ses tripes sur la scène, encore faut-il qu’il soit sur la bonne scène pour que ça marche. Coincé entre deux groupes très rock, Cage The Elephant et The Black Keys, le DJ américain avait carrément été mis à la mauvaise place au mauvais moment. Un tweet de mon collègue Nicolas Houle, du Soleil, résume bien la prestation de Girl Talk sur les Plaines d’Abraham: «Girl Talk sort les ballounes, les confettis, les bons mix, les éclairages, mais le party reste sur la scène.»

Même si hier soir j’ai trouvé que son travail ressemblait à une version 2010 de Ce soir on danse, étant donné l’avalanche de succès qu’il enchaîne dans ses mashups, je ne suis pas de mauvaise foi envers Gregg Michael Gillis, j’ai ses albums et je trouve qu’il fait un travail hallucinant d’échantillonnages. Et il tente clairement d’en mettre plein la vue, souvent le maillon faible d’un DJ pris derrière ses ordinateurs ou ses tables tournantes. Sauf que le Festival d’Été de Québec a vraiment fait une erreur de le mettre entre les deux formations rock. Au Pigeonnier ou encore en fin de soirée, ça aurait sûrement eu un tout autre effet. Ça ne levait pas, sauf peut-être dans un petit cercle près de la scène. C’en était gênant lorsque les écrans géants montraient la foule, qui semblait figée. En fait, elle s’est réveillée quelques minutes avant The Black Keys.

The Black Keys

The Black Keys

Les Plaines d’Abraham étaient pleines pour le groupe de l’Ohio, qui venait à Québec pour une première fois. Plus qu’à Ben Harper, selon mes confrères journalistes. Et il pleuvait. On parle bien d’une formation qui, même s’il a remporté des Grammys, n’est pas si connue du grand public. Elle ne joue pratiquement pas dans les radios. Et on parle aussi d’une foule qui connaissait en bonne partie le répertoire, applaudissant parfois les premières notes.

Le duo s’est présenté sur scène sans flafla, dans le silence, sans présentation (si ce n’est celle dix minutes plus tôt annonçant que ça s’en venait). Après s’être timidement présenté, la musique a rugi, rapidement, et en force. Le ton était donné: les 75 minutes suivantes allaient être très rock, puissant et nuancé, blues et folk. Les riffs de Dan Auerbach sont assassins. Je ne crois pas qu’il existe un plus beau son de guitare. Il faudra une trentaine de minutes avant qu’une accalmie arrive. Quelques minutes plus tard débarquaient un claviériste et un bassiste, afin de présenter une première pièce de Brothers. Mais même là, la guitare était encore à l’avant-plan, arrachant tout sur son passage.

Avant les deux pièces en rappel – et c’était un vrai rappel, le groupe a livré une I Got Mine puissante et endiablée. C’était jouissif. Rien de moins. Le seul petit bémol du spectacle, et c’est un bien petit détail: certains temps morts entre certains blocs de chansons. Plusieurs secondes dans le noir et dans le silence… Mais ça redémarrait vite, toujours dans ce ton mordant et incisif.

Vous remarquerez que je n’ai pas de photos du groupe, sauf celles prises de loin, de ma place dans la foule. Je n’ai su que deux heures avant les festivités qu’il fallait demander une autorisation supplémentaire pour Black Keys, donc trop tard… J’en suis bien triste.

The Black Keys

Cage The Elephant

Parce que je pensais que c’était une demi-heure plus tard, parce que l’organisation m’a fait promener d’une entrée à l’autre (elle ne semblait plus savoir où était l’entrée médias), je n’ai vu que les trois ou quatre dernières pièces de Cage The Elephant. Les rumeurs veulent que le groupe ait été énergique de la même façon du début à la fin. Le chanteur, Matt Schultz, s’est payé des bains de foule, dont l’un debout sur celle-ci, à la fin, quémandant un drapeau du Québec: foule en délire.

Ce soir

On va à la Place d’Youville ce soir pour de l’excellent afrobeat, du bon jazz et autres trucs bien funky. Au menu: Afrodizz et Hypnotic Brass Orchestra. Autres trucs intéressants: Jimmy Hunt et Douze hommes rapaillés au Parc de la Francophonie, M. Ward à l’Impérial ainsi que Designer Drugs au Cercle.

FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC

@ Plaines d’Abraham (Scène Bell)
Dropkick Murphys / 19h
Yellowcard / 20h30
Simple Plan / 22h

@ Parc de la Francophonie (Scène Molson Dry)
Jimmy Hunt / 20h
Douze hommes rapaillés / 21h15

@ Place D’Youville (Scène Loto-Québec
Blue King Brown / 12h
Kim Churchill / 17h30
Afrodizz / 19h30
Hypnotic Brass Ensemble / 21h30

@ Impérial
Mark Bérubé and THe Patriotic Few / 20h
Dawes / 21h
M. Ward / 22h15

@ La Casbah
Shawn Kellerman / 21h et 22h20

@ Largo
Paulo Ramos / 20h30 et 22h30

@ Cercle
Designer Drugs / 23h

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4 réflexions sur “FEQ – The Black Keys donnent une leçon de rock

  1. «Howlin’ for you» joue en boucle à CKOI depuis le début de l’été, et les Black Keys sont le seul groupe véritablement rock qui joue sur leurs ondes ces temps-ci. Y’a rien d’autre !

    Comment j’ai fait pour savoir ça ? C’est le seul poste de radio que je pogne «ben» sur mon radio-réveil 😛

    Bon résumé et bon papier, cela dit !

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