OFF – FEQ: Champion, l’homme le plus heureux du monde

Toute la Ville de Québec était sur les Plaines d’Abraham, hier soir, pour le spectacle d’Elton John. Toute? Non! Quelques petits irréductibles Québécois résistaient à l’envahisseur et avaient décidé de groover aux sons diablement rythmés du Parc de la Francophonie ou de se laisser charmer par les guitares folk des Jardins St-Roch.

C’était un soir de choix déchirants, hier soir, aux Festival d’Été de Québec et Festival OFF de Québec. Et dans mon cas, Elton John n’était même pas dans les choix, faisant partie de ces Gaulois musicaux. On avait au OFF le beau trio de Tire le coyote/Delatourette/Keith Kouna alors qu’au Parc de la Francophonie, on proposait Gatineau/Random Recipe/Champion. Comme si ce n’était pas assez, il y avait Emilie Clepper à l’Impérial au milieu de tout ça.

Tire le coyote

Tire le coyote

La soirée a commencé au Festival OFF de Québec avec Tire le coyote, aux Jardins St-Roch, situés à un trottoir du boulevard Charest et à quelques pas de la rue De la Couronne. Mon horaire était serré et j’étais bien content que la prestation commence pile-poil à l’heure. La formation de Québec a présenté son folk-rock-country aux nombreux curieux, mais aussi à des amateurs bien au fait de leur musique.

Benoit Pinette, l’homme derrière le Coyote, était solidement entouré, entre autres par Shampoing, l’un des plus solides guitaristes de la région de Québec, permettant de bien recréer l’atmosphère et les nuances de son excellent album Le fleuve en huile. Toutefois, la voix était un peu trop mise à l’avant-plan. La voix particulière de Pinette charme lorsque marié à l’instrumentation. Parti après 25 minutes de chansons, les quelques dizaines de spectateurs semblaient apprécier la prestation. Je ne sais pas si le groupe de Québec a pu profiter des 1000 personnes qui se sont présentées plus tard pour Keith Kouna.

Tire le coyoteTire le coyote

Random Recipe

Random Recipe

Je suis arrivé pile aux premières notes de leur prestation, après une course contre la montre et le trafic pour se rendre en Haute-Ville. On m’a souvent parlé de l’incroyable énergie du groupe sur scène. Diable! C’est vrai que ça bouge! Va-t-elle, Fab, courir, sauter et danser de même tout le long, se demande-t-on un moment donné. La réponse est oui. Bien que parfois plus ou moins immobile derrière une guitare, Frannie n’est pas en reste lorsqu’elle délaisse ses instruments.

Mais Random Recipe, c’est plus que de l’énergie contagieuse sur scène, c’est aussi un hip hop hybride aux nombreuses influences, de trop au goût de certains. Si sur album parfois on se demande s’il y a une ligne directrice, sur scène, ces bémols semblent s’évaporer. Les quelques égarements font place à une musique plus explosive et plus linéaire – et avec moins de nuances, aussi, disons-le.

Random RecipeRandom Recipe

Le Pigeonnier était plein, probablement pour Champion. Au début, la foule était timide et semblait décoder tranquillement le quatuor et sa drôle de musique. Les applaudissements ont été de plus en plus chaleureux et francs, pour finir par une forte réponse aux deux dernières pièces beaucoup plus électro, voir presque club. «Notre plus belle crowd en 2011! Merci!» s’est exclamée Frannie.

Random Recipe

Champion

Champion

Je suis très content que Maxime Morin soit guéri. Je pense qu’on ne peut en être autrement. Ce qui est spécial, selon moi, n’est pas tant de le revoir sur scène après cette épreuve, mais bien de voir comment lui le vit maintenant. Je n’ai pas eu de frissons particuliers à Alive Again, mais j’ai été ému de le voir, lui, Champion, être si heureux, être si vivant, être si content d’être sur une scène, de vivre ces moments, bref, de mordre plus que jamais dans la vie. C’était là, le spécial, le beau, le touchant. Par ses interventions, par ses regards et ses accolades avec ses musiciens, par son sourire omniprésent, par sa présence sur la scène, je crois que Champion était, hier soir, l’homme le plus heureux du monde.

ChampionChampion

La prestation a commencé tout en douceur, avec une longue introduction atmosphérique, dans la pénombre (ce qui est bien tannant pour les photographes, je dis ça de même). Le seul moment tranquille de tout le spectacle, qui n’a été qu’un feu roulant jusqu’à la fin. C’était encore plus explosif lorsque Pilou débarquait, alors qu’il balançait les paroles avec énergie, se promenant d’un bout à l’autre de la scène, sautant et interpellant le public. Liesse dans la foule lorsqu’il est arrivé avec un chandail des Nordiques.

On peut reprocher à Champion d’utiliser la même recette, mais on doit reconnaître qu’elle est très efficace. La foule sautait et tapait dans les mains allègrement. Je pensais ne rester qu’une trentaine de minutes pour ensuite me diriger vers un autre spectacle, j’ai collé là presque jusqu’à la fin. Malgré la recette connue, il en demeure que la formule des quatre guitares, de la basse, du DJ et du chanteur est unique en ce moment et que, bordel, c’est bon. Mais je crois que c’est surtout la bonne humeur de Maxime Morin qui m’hypnotisait. Plus encore que les riffs accrocheurs.

Champion

Champion

Pax Kingz

Pax Kingz

Pendant que le Festival d’Été de Québec se terminait pour la soirée, le Festival OFF de Québec, lui, présentait pour une dernière fois une fin de soirée tardive. Au menu, Boogat, Dibia$e, Koriass, Dj Lexis et Pax Kingz. Ces derniers (Maxime Robin et Pascal Asselin, alias Millimetrik) présentaient pour l’occasion leur deuxième album, Medieval Bass. Geeks dans leurs coeurs, projections vidéos pigeant dans les nombreux films de chevaliers et épées dignes des plus beaux Grandeurs nature (GN), qu’on achetait pour 5$ et qui donnent ensuite le droit de télécharger l’album sur les Internets.

Les grooves étaient sales et fichtrement accrocheurs. Maxime Robin m’avait parlé d’un album un peu plus accessible et je comprends pourquoi. Les basses règnent, les rythmes sont plus près du hip hop et parfois il y a même des collaborations. Je n’ai pas encore téléchargé ma version de Medieval Bass, mais si c’est à l’image d’hier soir, ça promet délicieux en calvince.

Pax KingzPax Kingz

Ce soir

Pas très compliqué, ce soir. C’est The Black Keys sur les Plaines. On ira donc aussi pour les deux performances qui les précèdent, Cage The Elephant et Girl Talk, que je ne déteste pas du tout non plus. Ça pourrait se terminer toujours en rock avec Bloodshot Bill et Buddy McNeil & The Magic Mirrors au Cercle. Peut-être que je me laisserai tenter pour Wenda Jackson à Place D’Youville, à 18h30.

FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC

@ Plaines d’Abraham (Scène Bell)
Cage The Elephant / 19h
Girl Talk / 20h15
The Black Keys / 22h

@ Parc de la Francophonie (Scène Molson Dry)
Habana Café / 20h30
Florence K / 21h45

@ Place D’Youville (Scène Loto-Québec
I. No / 12h30
The Campbell Brothers / 16h30
Wenda Jackson / 18h30
Tim Robbins & The Rogues Gallery Band / 21h30

@ Impérial
Sword, Annihilator / 20h

@ La Casbah
Guy Bélanger Trio / 21h et 22h20

@ Largo
Nautica, Laurent, Lagacé & Jolicoeur / 20h30 et 22h30

@ Cercle
Bloodshhot Bill, Buddy McNeil and The Magic Mirrors / 23h

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