Tadoussac: on s’en va avec Karim, Leblanc, Minière, Panache, Placard, McNeil et un Tracteur

Tadoussac

Avec la fatigue d’hier soir et avec un dos et des jambes raquées ce matin, je suis quand même surpris de ne pas être plus magané ce soir. Je suis même mieux que ce matin. Un peu.

Une grosse journée hier, tout de même, un bon et gros samedi. Il faisait un gros soleil à Tadoussac, illuminant le village, ses plages, ses scènes, ses artistes et ses festivaliers. Donnant plusieurs coups de soleil, aussi. Tout était en place pour que la bonne humeur soit imprégnée jusque dans les moindres recoins.

La journée de samedi s’est entamée à 14h avec Karim Ouellet. En fait, pas tout à fait. Je me suis trompé deux fois de sites (ça ne m’était encore jamais arrivé ça… la vieillesse?) et ce premier spectacle aura été la première fois. Je me suis donc rendu à la Marina pour rien, pour finalement revenir sur mes pas et arriver au moins à temps pour voir les trois dernières pièces de Karim Ouellet. Sans surprise, il y a plusieurs couleurs que l’on retrouve sur son album qui n’étaient pas présentes sur scène, alors qu’il était armé que d’une guitare – qu’il manie très bien. J’ai apprécié, mais pas autant que sur disque. Ceci dit, je n’ai entendu que deux chansons et demie.

Guillaume Duchesneau prenait la relève dans ce plateau de trois des artistes en résidence, qui ont passé toute la semaine à Tadoussac à écrire et à composer des ritournelles. Jeune homme fort sympathique, qui tantôt me charmait, tantôt me perdait. Je n’ai visiblement pas eu le coup de foudre de ma collègue Anne Lagûe pour ce folk parfois songé, parfois drôle.

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Je dois dire que j’attendais particulièrement Lisa Leblanc, dont j’entends parler depuis déjà un certain moment et dont les chansons que l’on peut entendre sur les Internets me plaisent pas mal. Pis cette affection s’est continuée alors que je la découvrais sur scène. Certaines amies n’ont pas aimé et je dois convenir qu’elle a encore quelques croûtes à manger, mais le potentiel et la qualité de ce qu’elle présente sont déjà dignes de mention et attrapent mon amour du country et du blues. Elle est crue, comme j’aime, elle a une voix puissante, remplie de centaines d’âmes et elle aimerait être une cowboy. En plus, elle joue du banjo. Comment résister? Moi, je ne sais pas.

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On n’est pas allé très loin par la suite pour voir les Franco-Manitobains Les Surveillantes. Je me souviens un moment donné avoir pensé à Harmonium, puis de me trouver un peu dans le champ… Et étrangement, une amie m’a fait la même référence, alors… J’ai craqué pour leur humour, mais surtout pour la qualité vocale. Quelles voix et quel beau mariage. La couleur acoustique, au coeur de leur folk, ajoute au charme. Toute la fin de semaine, on m’a demandé quelle était ma découverte du Festival, ça doit être eux. C’est le seul groupe dont je ne connaissais que le nom que j’ai vu… et j’ai acheté l’album!

En me rendant vers le souper, je suis tombé sur un tournage dans le cimetière de Tadoussac. La principale intéressée, Chantal Archambault, n’était pas sure c’était pour qui quand je lui en ai parlé, mais c’est dans le principe de la Blogothèque. Ça serait des gens de Québec, ou de Chicoutimi, pour un projet en train de naître…

AJOUT (13 juin 2011): Jérôme Kearney m’a écrit pour préciser le pourquoi du tournage. Il fait partie de A4 Collectif et il prépare, avec son équipe, une nouvelle émission, Stéréo-Séquence, qui devrait être disponible à l’automne. «D’ici septembre, nous lancerons la plate forme de diffusion qui contiendra toutes les performances captées sur le vis que nous tournons depuis 1 mois.» En plus de Chantal Archambault, ils ont profité de Tadoussac pour faire des tournages avec Dany Placard, Sunny Duval, Buddy Mcneil and The Magic Mirrors, Imbert Imbert, Tire le Coyote et Malajube. D’autres ont été enregistrés ailleurs et se feront encore durant l’été. C’est donc à surveiller!

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On se prend une pause bouffe… et on va même se coucher un petit 15 minutes, puis on repart pour Jérôme Minière – et on se trompe pour la deuxième fois de scène, allant encore plus loin qu’il ne le fallait dans le village. Je n’ai cependant pas manqué grand-chose, une chanson ou deux, maximum. Je suis un très grand fan du Franco-Québécois et sa visite à Tadoussac trônait au sommet de mes priorités, puisque cela faisait quelques années que je ne l’avais pas vu sur scène. Je n’ai pas été déçu. Minière est toujours bien entouré sur scène, cette fois-ci avec le roi MacMahon aux claviers et le magique José Major à la batterie – il m’hypnotise, lui, il me charme, il m’envoûte, il est à la fois tellement subtil, précis et solide. Jérôme nous a servi quelques versions étonnantes, dont La jeunesse est vieille comme le monde très rock, débutée par une guitare saturée de distorsion. Miam! C’était peut-être le « faux » Jérôme Minière, mais il était tout aussi intelligent et cynique et charmant que le « vrai ». Même après une heure et demie, j’en aurais pris encore une autre heure.

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Panache faisait déjà danser le public quand je suis arrivé au Café du Fjord. Si c’était la première fois que je les voyais sur scène, je connaissais déjà très bien leur album. C’est sans prétention, ça rock, ça groove, c’est drôle, c’est bon. Puis je ne suis pas le seul à avoir apprécié le rock du groupe de Montréal, revenant souvent dans les conversations, dans les prestations qui ont charmé les festivaliers. Le mot se passait: aller voir Panache!

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On profite d’une pause pour s’asseoir. Puis après plusieurs dizaines de minutes… et quelques bières, Placard embarque enfin sur scène. Pour être sûr d’y être, j’ai sacrifié Sunny Duval (de toute façon, le Gibard était méga plein, ai-je su après coup) et Malajube. Et quelle prestation du bleuet! Dans ta face, et solidement à part de ça. Pas une surprise que la couleur soit aussi rock, vu le dernier disque, mais le remâchage de certaines pièces, oui. Réguine est devenue punk-rock, Ver de terre est devenue encore plus lourde, à la limite stone. Avec deux guitares qui rugissent, une basse qui groove, une batterie explosive, mais surtout avec la slide guitar de Toots (donnant du stone country?), ça torchait en sacramant. Bordel que c’était bon! C’est de loin mon meilleur spectacle de tout le festival.

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À peine une demi-heure plus tard, Buddy McNeil and The Magic Mirrors envahissaient pour une troisième et dernière fois la scène du Café du Fjord. On va être honnête, il n’y a rien de nouveau dans leur musique, mais c’est fichtrement bien livré. Leur rock’n’roll tout droit sorti des premiers enregistrements – un brin plus rythmé – est un délice. C’était un défaut de sonorisation, mais la basse ressortait royalement, à mon grand plaisir. Ce rock digne des meilleurs partys ne pouvait pas mieux convenir pour terminer le Festival de la chanson de Tadoussac. Le plaisir était d’ailleurs roi et maître, se promenant allègrement entre le groupe et la foule, dans une kermesse digne de ce nom.

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Un petit clin d’oeil pour Tracteur Jack, dont je suis allé voir quelques pièces – ils jouaient en même temps que Buddy McNeil & The Magic Mirrors. Gros party là aussi, à l’Auberge de jeunesse. Les gars étaient déchaînés. Certains amis m’ont raconté qu’ils ont, entre autres, fait un mashup de Jump et Hey Jude – précisons qu’ils sont habituellement plus près du country que du rap. J’aurais bien aimé entendre ça! Eux aussi sont ressortis dans plusieurs coups de coeur des festivaliers. En sortant du Café du Fjord, le groupe revisitait, de manière explosive, Ring of Fire du grand Johnny Cash. Et la foule semblait en délire.

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La direction du festival soutient qu’il y a une hausse du nombre de billets/forfaits vendus, mais ça ne s’est pas ressenti sur le site. Il faut dire qu’il y avait une nouvelle scène, avec quelques centaines de places, ce qui explique sûrement que ça n’a pas paru. Mais, surtout, chapeau au festival, qui nous offre encore un évènement dédié aux mélomanes, un rendez-vous convivial, humain et chaleureux.

À venir au courant de la semaine: les photos prisent durant le festival.

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