Les marins sont tous un peu débiles (chronique BD)

Brise-glace Amundsen

La première fois que j’ai vu une réplique d’un drakkar, je suis resté vraiment bête. C’est pas gros, ça là. Pis les Vikings ont traversé l’Atlantique là-dedans? Ils ont conquis la Scandinavie, le Groenland, Terre-Neuve et le Labrador avec de si petites barques? Comme le dirait Obélix, ils sont fous ces Vikings!

Même chose pour les Européens dans leurs caravelles. Même si c’est plus gros qu’un drakkar, ce n’est pas immense, là, une caravelle. Ça l’air bien sur dessin et à la télévision, mais visitez-en une, on s’en reparlera si vous êtes partant pour affronter des océans et des tempêtes là-dedans.

Ceux qui exploré l’Antarctique et l’Arctique l’ont fait dans des bateaux pas du tout adaptés à ces conditions-là, les plus dures de la planète. D’autres fous!

Ils me fascinent, ces loups de mer. Et je pense que je serais partant, quand même, pour une telle aventure. Je rêve encore et toujours de partir six mois sur un brise-glace canadien, comme l’Amundsen, dans l’Arctique. Y faire un reportage, voir le quotidien de ces marins, vivre ce qu’ils vivent. Combattre les glaces et le froid, être perdu au milieu d’un désert blanc, sentir le choc des icebergs, survivre dans un milieu pas fait pour l’homme. J’en salive.

Dans la chronique bédé d’aujourd’hui, on parle doublement de marins un peu fous, eux aussi. Mais aussi d’ogres, d’elfes, de nains, de magiciens et autres êtres fantastiques.

L'Hermione

L’Hermione
Jean-Yves Delitte
Chasse-marée (Glénat)

L’Hermione est un navire de guerre français reconnu pour avoir conduit le marquis de La Fayette aux États-Unis en 1780, afin d’aider les Américains dans leur combat pour l’indépendance. La bande dessinée nous transporte dans la construction du navire, jusqu’à son arrivée aux États-Unis avec le célèbre officier français. Mais plus encore, elle nous montre les jeux politiques, l’espionnage des Britanniques, les tactiques françaises pour cacher cette mission secrète… et la réussite de cette entreprise reposerait presque sur le hasard, à s’en fier à cette histoire.

Le scénario est un peu didactique, un tantinet froid, on ne s’attache à aucun personnage. J’avais plutôt l’impression de lire un livre d’histoire illustré qu’une bande dessinée. Et le tout semble assez crédible pour croire qu’une bonne partie des informations et détails soient véridiques (dans la mesure du possible, évidemment, l’auteur n’a aucune idée de ce que les personnages ont réellement pensé ou même dit entre eux).

Jean-Yves Delitte est peintre officiel de la Marine et a un sacré coup de crayon. Très précis, très détaillé, très riche. Mais le tout demeure aussi froid que le scénario, encore une fois plus près de l’encyclopédie que de la bande dessinée. Mais ce n’est pas nécessairement un défaut, c’est un style, tout simplement, qu’on aime ou non. Ici, ça colle bien au ton. Et ajoute à la richesse et à la recherche historique, disons-le.

Le résultat est intéressant, pas enivrant, ni même passionnant, mais d’intérêt pour tout amateur d’histoire. Par chance, j’en suis un.

Black Crow, la colline de sang

Black Crow – La colline de sang
Jean-Yves Delitte
Glénat

Jean-Yves Delitte nous amène encore une fois dans la Marine du 18e siècle alors qu’un officiel métis, surnommé Black Crow, effectue une mission secrète. En effet, il doit attaquer un navire britannique sans que l’Empire ne doute que ce soit le fait des Français. Mais plus encore, on y suit aussi la vengeance de Black Crow… parce qu’un officier n’aura pas respecté l’entente originale. Tss, tss.

Mêmes forces et mêmes défauts que pour L’Hermione. Très encyclopédique, riche en détail et en information, autant le scénario et que les illustrations, mais froid et sans âme. Je ne sais si c’est parce que je l’ai lu en deuxième, mais la lecture m’a paru bien longue. Déjà qu’on n’arrive pas à s’attacher au personnage, en plus on le suit pendant qu’il se venge… moi qui ne crois pas à ça, ça ne m’a pas du tout allumé. Je crois même avoir tourné la dernière page en me disant un bon « bof! » Dommage, parce que les illustrations sont vraiment belles – sans âme, mais belles.

Les Terres de Sienn

Les Terres de Sienn
Istin, Pona, Gomes, Stambecco
Soleil

Pourquoi est-ce que j’ai emprunté ça à la bibliothèque? Maudite bonne question. Peut-être que j’aime les petits nains barbus féroces et malins. J’aime aussi les ogres, même quand ils ne sont pas méchants et même déprimés. On y ajoute une tête de sorcier et une elfe qui pourrait avoir sa place dans un Playboy, et on a fait le tour des principaux personnages.

Il existe dans cet univers un pouvoir incommensurable, qui remonte à l’origine des temps et qui a été caché à la suite d’une rébellion des sept sorciers originaux. Tout le monde veut ce pouvoir. Y compris le nain frustré mais malin et la sexy elfe, dompteuse d’ogre déprimé, soit dit en passant. Évidemment, ce n’est que le premier tome et on ne sait pas encore ce que permet ce pouvoir…

Vais-je finir par le savoir? Je ne sais pas. La lecture m’a diverti, mais je ne suis pas le plus grand fan de ces univers – qui finissent par trop se ressembler à la longue. Mais je le redis, j’ai bien aimé les personnages. Puis les dessins sont soignés, dynamiques et de qualité supérieure. Très américain dans son style et son cadrage. On verra si la tentation pointera le bout de son nez.

Publié également sur labarbe.ca

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