Quand un resto te fait sentir perdant (chronique BD)

Déroule le rebord

Jamais été chanceux dans les concours. Pas que je n’ai jamais gagné, mais je ne gagne pas particulièrement souvent. Peut-être qu’un mathématicien me démontrerait que c’est normal étant donné le merveilleux monde des statistiques, qu’importe, je me sens loser.

Tenez, là, ces temps-ci, c’est le Dérrrrroule le rebord de Tim Hortons. J’en achète régulièrement, des chocolats chauds, là-bas. Sûrement 4-5 fois par semaine – il m’en faut un, le matin, en allant au bureau. En 4 semaines, j’ai acheté au minimum 20 chocolats chauds, surement un peu plus. Combien de fois ai-je gagné de quoi en déroulant ces foutus rebords pas déroulables? 2 fois. 2 petits cafés ou chocolats chauds gratuits. Ça dit 1 chance sur 6 de gagner. Je suis à 1 sur 12, si ce n’est pas pire que ça! Bref, je ne me fais pas d’illusions et je ne m’achète pas de loterie. Gagner un concours, ce n’est pas pour moi. Peut-être parce que je ne remercie pas l’univers ou que je n’y crois pas assez

Je serais peut-être plus partant pour un concours où il faut montrer son talent. Pas une téléréalité, là, j’ai parlé de montrer son talent, pas son manque d’attention. Comme un concours de dessin, de scénario, de film, etc. Un concours sérieux. Au moins, là, ce n’est pas dû au maudit hasard.

Aujourd’hui, dans la chronique BD, je parle justement d’un collectif créé grâce à un concours – oh que oui, je suis le roi des liens. Mais je termine aussi la lecture d’une trilogie et je cause aussi de bébé à l’américaine – oui oui, je fais référence à un comic book

Hercule - Les guerres Thraces

Hercule – Les guerres Thraces
Steve Moore, Admira Wijaya
Milady

Je l’ai déjà dit, je ne suis pas un grand amateur du style américain, même si certaines de mes meilleures bédés appartiennent à ce genre. Mais en général, je reste sur mon appétit… et ce fut encore le cas ici. Cette bande dessinée m’a rappelé un peu les blockbusters que Hollywood nous pond chaque été, mais les mauvais blockbusters, là. En ce sens qu’il y a un gros effort sur le visuel, le cadrage est hyper dynamique – un peu trop même – et on veut en mettre plein la vue. Sauf qu’on dirait que toute cette explosion visuelle ne cherche qu’à cacher la minceur du scénario.

Grosso modo, Hercule, oui, ce fils de Zeus et d’une pauvre reine violée par le dieu des dieux, est un guerrier mercenaire qui vend ses services aux Thraces. Il se fait trahir, il se rend compte que l’employeur, le roi, finalement, est un vrai trou du cul. Il aide donc, un peu malgré lui, le peuple qu’il massacrait au début de l’histoire. Comment? Vous dites que c’est cliché? À peine. J’ai trouvé ma lecture pénible, bien honnêtement. L’auteur a bien tenté de donner de la personnalité à son Hercule, mais il faut plus que des sauts d’humeur pour rendre un demi-dieu humain et profond. Toutefois, je dois dire que le personnage de Tydée m’a bien fait rire, lui qui cherche à tuer et à manger le plus d’ennemis possible.

Le tour du monde en 80 jours tome 3

Le tour du monde en 80 jours
Dauvillier, Soleilhac, Jules Verne
Ex-Libris (Delcourt)

J’avais déjà fait part de mon appréciation des deux premiers tomes de cette trilogie dans une précédente chronique. Je réitère, «je trouve l’adaptation réussie, autant dans son rythme, dans sa scénarisation que dans ses dessins. On y retrouve la folie, l’intelligence, la poésie et l’humour de Jules Verne.» Dans ce troisième tome, Passe-partout et son maître Phileas Fogg terminent le tour du monde, alors qu’ils traversent l’Amérique. Les imprévus continuent de croiser leur route, comme l’attaque d’Indiens, un pont qui s’écroule, le départ d’un bateau avant leur arrivée. Mais ils s’en sortent toujours.

On connait tous cette histoire de Jules Verne et pourtant, j’étais embarqué dans l’histoire comme si je n’en connaissais pas les rebondissements. Je me suis même demandé, un moment donné: «Mais comment va-t-il faire!?» Je savais pourtant qu’il le réussissait son voyage! Un signe évident d’un scénario et d’une adaptation faits avec soin, mais aussi de la force du texte original. Le dessin est encore impeccable, se mariant parfaitement au ton de cette histoire mi-absurde, mi-aventurière, mi-historique.

Partie de pêche

Partie de pêche
André-Philippe Côté, Jonathan Côté & Orbie, Philippe Girard, Myriam Roy, Zviane, Marsi
Glénat

Il est rare qu’on apprécie toutes les histoires dans un collectif. C’est pourtant le tour de force qu’a réussi Partie de pêche, fruit d’un concours de Hachette Canada. Tous les auteurs nous transportent dans des univers complètement différents malgré le thème central de la pêche.

Le caricaturiste du Soleil – le meilleur au Québec en ce moment selon moi, André-Philippe Côté, nous propose une partie de pêche entre Kafka et Freud dans Charlevoix. Le résultat est un hommage, toute en poésie, aux artistes et à l’oeuvre de Kafka. Une histoire de pêche sans poisson pour Jonathan Côté et Orbie, possible souvenir de vacances dans le Maghreb. Philippe Girard nous transporte dans les préparatifs très masculins d’un voyage de pêche. La coquine Myriam Roy a plutôt utilisé la métaphore alors qu’une jeune blogueuse part à la recherche de l’homme de sa vie dans le bar du coin. Souvenir d’enfance et de la pêche blanche avec tout l’humour, l’intelligence et l’humanité habituels de Zviane. Finalement, Marsi nous démontre que les légendes existent encore et toujours, même en 2011.

Chacune des histoires a sa finesse, dans ses dessins, dans ses personnages, dans sa narration, parfois partout à la fois. Le genre de bande dessinée certes légère, mais qui fait diablement sourire, qui fait du bien. Bravo au collectif et vive les concours!

*publié simultanément sur labarbe.ca

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