Festival d’Été de Québec 2011: Black Keys, M Ward, Death From Above et plus

Festival d'Été de Québec

Quelques noms avaient déjà été annoncés, comme Elton John (le 9), Black Keys (le 10) et Metallica (le 16), mais c’est hier que le Festival d’Été de Québec a levé le voile sur l’ensemble de sa programmation. Elle n’est pas encore complète et ce sont principalement les morceaux qui intéressent le lecteur cible du BangBang qui ne sont pas encore en place, mais il y a déjà assez de jus pour se lécher les babines.

Ben Harper

Est-ce que Dominique Goulet (directrice de la programmation) réussira à me faire visiter le site des Plaines d’Abraham (scène Bell) plus d’une fois? Peut-être. J’étais déjà très intéressé par la soirée avec The Black Keys, qui s’entame avec Cage The Elephant… et Girl Talk, qui détonne un peu entre les deux formations. Mais voilà que l’attraction de Ben Harper, présent sur l’ancien champ de bataille le 8 juillet pourrait faire effet. Sinon, mentionnons quand même la présence de Dropkick Murphys et Simple Plan le 11, Marie-Mai le 12, Jonas, Pagliaro et Eric Lapointe le 13, les Charbonniers de l’Enfer et Jean-Pierre Ferland le 15 (en veux-tu du français sur les Plaines, en v’là), Dance Laury Dance et Joe Satriani (avec Metallica) le 16, et finalement John Fogerty le 17 juillet.

Random Recipe

Probablement la scène où je suis le plus souvent (si j’exclus les salles), le Parc de la Francophonie (surnommé Molson Dry durant le festival) propose encore une fois une belle brochette pour tous les goûts, c’est-à-dire les miens et les autres – c’est dit grossièrement, mais c’est la scène la plus éclectique du festival. Personnellement, je salue la présence de Jimmy Hunt et des Douze hommes rapaillés (11 juillet), de Gatineau, de Random Recipe et de Champion (12 juillet), d’Alaclair Ensemble et de Manu Militari (15 juillet et avec Booba), de Lisa Leblanc (16 juillet, avant Patrick Norman), et de la grosse soirée: Galaxie, Malajube et Death From Above 1979 le 17 juillet pour la dernière soirée.

Afrodizz

La scène où je connais chaque année le moins de noms mais que je finis néanmoins par y découvrir des artistes: Place D’Youville (scène Métro). Alors c’est sûr que je vais omettre plein de noms, les connaisseurs, c’est le temps de partager votre savoir dans les commentaires. Je note tout de même la visite de Wanda Jackson, Tim Robbins (oui l’acteur) et son groupe folk-rock, Afrodizz (youhou!), le fameux Gaetan Roussel, Marco Calliari, Karim Ouellet et Thomas Fersen.

Notons que ces trois scènes ne sont pas encore complètes. Des petits trous sont encore à boucher ici et là, parfois une petite heure, parfois une soirée complète. Mais les programmations les plus incomplètes sont celles des salles, même si on a déjà une très bonne partie de l’Impérial, il nous manque encore Le Cercle et le Pub St-Alexandre. Probablement là où le hipster trouve le plus son compte.

Karkwa

Tout de même, à l’Impérial, déjà plusieurs éléments bien alléchants, avec un départ canon, même, avec Duchess Says le 7 juillet. Ça se poursuit le lendemain avec An Horse, Who Are You et Cut Copy. Du folk ensoleillé et aérien le 9 juillet avec Emilie Clepper et The Low Anthem. Après une soirée métal, on revient le 11 avec Dawes et M. Ward. Pour ceux qui ne pourront aller le voir à la Place D’Youville, Gaetan Roussel sera dans la salle de la rue St-Joseph le 12 juillet. Karkwa s’empare des lieux le 14 juillet, sera-t-il le seul de la soirée où un autre groupe est à annoncer? À suivre. Même chose le 15 avec Buck 65 (avec l’étiquette rock sous son nom? Espérons une erreur de webmestre).

Bref, ça s’annonce bien. De mon côté, j’ai déjà prévu mon séjour au Festival d’Été de Québec, alors que je descendrai de Sept-Îles. Surtout qu’il y aura le Festival OFF de Québec qui va annoncer sa programmation dans quelques jours. Sincèrement, avec les deux festivals en même temps, c’est l’endroit à être au Québec durant la saison des festivals, un moment à ne pas manquer pour un mélomane. Tu es sûr d’y trouver ton compte parce que les deux se complètent.

Les laissez-passer (macarons) sont en prévente à partir aujourd’hui à 55$. Ensuite, à partir du 30 avril, en vente en ligne (infofestival.com). Puis le 5 mai, les macarons sont tous relâchés dans les Métro de la région de Québec au coût de 65$. L’an dernier c’était parti vite, très vite… très très vite, alors… faites vite!

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Le sous-estimé Guillaume Arsenault

On était peut-être une trentaine dans l’Auditorium du Cégep de Sept-Îles, vendredi dernier, pour le passage de Guillaume Arsenault. Vous vous dites que ce n’est pas beaucoup? Les rumeurs veulent que ce soit la plus grosse foule qu’il ait eue de sa petite tournée nord-côtière. Pourtant, il en mérite plus. Au moins cinq fois plus, c’est-à-dire que l’Auditorium aurait dû être plein.

Mais je n’ai pas à faire la morale à personne, je le sous-estimais moi aussi. Ça m’a vite frappé: je ne le connaissais pas vraiment, finalement, ce chanteur de Bonaventure. Oui, je savais il était qui, oui, j’avais déjà entendu ce qu’il avait fait, j’ai même un de ses albums, mais je dois admettre que je ne l’avais pas assez écouté. J’avais l’impression de découvrir un artiste. Pourquoi n’avais-je pas accroché plus que ça, sur disque? La réponse est à élucider.

Toujours est-il que la performance est solide, parce qu’il est talentueux, parce qu’il nous transporte avec aisance dans sa bulle et dans ses explorations sonores (enregistrements multiples de boucles sonores sur scène, utilisation de dactylo, casserole et autres trucs inhabituels, mélange des genres (blues, folk, chanson, pop, rock, hip hop), textes bien ficelés), mais aussi parce qu’il est vraiment bien accompagné (guitariste-banjoïste, bassiste-contrebassiste et batteur). Comme quoi certains talents résident encore en région éloignée.

Durant sa prestation. à plusieurs reprises, je me trouvais chanceux d’avoir droit à une musique riche comme ça. Je ne cacherai pas que j’en vois moins souvent à Sept-Îles comparativement à lorsque j’habitais Québec. Ironiquement, je n’aurais peut-être pas été le voir, si j’avais encore été à Québec.

Certes, parfois, il y a une naïveté, mais rien pour nuire, au contraire, ça ajoute au charme. Le genre de trucs qu’on se doit d’apprécier lorsqu’un artiste s’amuse avec authenticité et je préfère encore une mise en scène improvisée à une autre trop bien exécutée et sans âme.

C’est même là, sûrement, la grande force de Guillaume Arsenault. De la première à la dernière note de son folk (ou pop épique, comme il dit parfois), il y a une âme, un fort charisme, un charme naturel. On le laisse nous guider avec facilité.

Une chose est sûre, je porterai maintenant plus attention à l’album que j’ai.

À quoi ça sert, les retrouvailles?! (chronique bédé)

Classe d'école

Il y a deux ans, des anciens confrères de mon école secondaire ont organisé des retrouvailles – ça faisait dix ans qu’on était diplômés (ouuh!). En fait, je pense qu’ils en ont fait. Je n’ai jamais reçu d’invitation officielle, parce que je n’étais pas retraçable – je ne vois plus personne de cette époque et mes parents ne demeurent plus au même endroit, mais il me semble avoir déjà croisé un ancien confrère, par hasard, m’ayant dit qu’ils en préparaient…

Toujours est-il que je n’y serais pas allé, de toute façon. Certes, il y a peut-être cinq ou six personnes avec qui je m’entendais bien que je serais curieux de voir s’ils sont allés aussi loin que je le pense avec leur potentiel, mais bien honnêtement, je me suis tellement tenu avec presque personne (une ou deux?) de ma banlieue, préférant aller flâner dans le centre-ville de Québec. À l’époque je ne comprenais pas pourquoi je ne fittais pas avec eux, aujourd’hui je comprends amplement.

Toute façon, on connait tous le cliché. Souvent, les gens «cool» et «hot» deviennent quétaines, mononcles et matantes et ce sont les rejets et les nerds qui deviennent ingénieurs, avocats, artistes, mais surtout allumés, ouverts d’esprits, épanouis – et ça, on peut être concierge et être tout ça, je tiens à préciser que ce n’est pas le métier qui fait qu’on est allumé et «hot», des avocats connards, il y en a!

Toute façon, ça sert à quoi, tout ça, maintenant, avec Facebook?!

Dans la chronique bédé d’aujourd’hui, un bédéiste raconte justement ses retrouvailles. Une autre nous transporte dans le département de musique d’une université. Mais pour commencer, transportons-nous dans l’univers de Voltaire!

Candide tome 1

Candide ou l’optimisme
Delpâture, Dufranne, Radovanovic, Voltaire
Ex-Libris (Delcourt)

Pour ceux qui ne sont pas des réguliers de mes chroniques bande dessinée, sachez que cette série de Delcourt, Ex-Libris, s’amuse à mettre en bandes dessinées des classiques de la littérature, comme Jules Vernes, Kafka ou Balzac. Ici, c’est un texte que Voltaire, au moment de la publication, a nié en être l’auteur, au point de bien s’amuser avec le public. Candide ou l’optimisme est une critique non pas sans humour de la providence divine.

Par chance, je connaissais déjà Voltaire et une petite partie de ce qu’il a écrit avant de lire cette bédé, parce qu’elle m’aurait enlevé le goût d’explorer son univers. Déjà, le dessin m’a agacé tout au long des deux tomes. Le pire, c’est que la faute ne revient peut-être pas au dessinateur, puisque ce sont principalement l’encrage et la coloration qui me donnaient ces hauts de coeur. J’ai détesté, aussi, le rythme narratif et la transposition visuelle de l’histoire. Ça ne rend pas justice au texte et à sa critique sociale. Peut-être était-ce un défi trop difficile de donner vie à ce Candide et à cet univers qui semble si absurde… et pourtant pas si loin de la réalité. Bref, je ne prendrai même pas le temps de lire le troisième tome, assez donné.

Le Point B

Le point B
Zviane
Monet

Quelle belle bande dessinée! Quel coup de coeur! Comment ai-je pu passer à côté ces cinq dernières années? Je l’admets, Zviane est au sommet de mes bédéistes québécois préférés et elle me gâte drôlement dans cette histoire, où la musique est au coeur de l’intrigue. Rarement la théorie musicale et la bédé sont aussi bien mariées.

Sans aucun doute inspirée de ses propres études, Zviane nous transporte dans l’univers d’Émile, un étudiant en composition à l’université, qui doute de son talent, de l’importance de ses études, de son importance dans le monde, mais qui tente malgré tout de se dépasser, de se trouver… et de séduire la belle Blanche. Rapidement, elle nous dresse des personnages complets, nuancés, humains. On s’attache le temps d’un claquement de doigts.

Il y a le rythme, aussi. Les 120 pages ont leurs mouvements et à l’intérieur de ceux-ci, on y retrouve des envolées, des silences, des accélérations, de l’intensité, de la poésie. Zviane réussit même ce tour de force de nous donner quelques cours de musique, en parlant de petites théories musicales, en nous offrant des partitions complètes – que j’aurais essayé si j’avais un piano.

Je tiens aussi à souligner le dessin. Il est riche et soigné, précis et léger. J’ai même eu l’impression de découvrir une autre Zviane, un trait qu’on reconnait, mais qui est en même différent, plus appliqué.

J’ai savouré la bande dessinée. Un réel coup de coeur. Quoi? Je me répète? Ouin, pis?

Conventum

Conventum
Pascal Girard
Shampooing

Je n’ai peut-être pas trouvé le dernier Jimmy Beaulieu à la librairie – quoique la librairie vient de me téléphoner pour me dire qu’ils l’ont reçu, mais j’ai eu son frère jumeau, paru en même temps, chez le même éditeur, mais d’un père différent. J’aime bien Pascal Girard aussi, après tout. Et j’ai bien fait de l’acheter.

Êtes-vous allés à vos retrouvailles, vous? Moi, non. Et après cette lecture, je pense que j’ai bien fait! Pascal Girard nous raconte son aventure. Bon, j’imagine, ou j’espère, du moins, que tout ce qu’il raconte dans cette histoire ne lui soit pas réellement arrivé. L’autobiographique a souvent, voire toujours, une bonne part de fiction. Peut-être qu’il n’y est jamais allé, ce grand coquin!

Du stress de bien paraître et de rencontrer d’anciens camarades, de toujours faire partie des « gagnants », Pascal les traverse toutes, ces étapes. On angoisse avec lui, on a pitié de lui, aussi. Pascal Girard réussit avec facilité à nous transmettre toute son anxiété, toute sa détresse, mais sans pour autant nous rendre anxieux. Bien au contraire, l’autodérision fonctionne. Et ce, en bonne partie grâce à son dessin qui, bien que dépouillé et minimaliste, regorge de détails afin de transmettre l’émotion.

Les 156 pages se lisent très bien et vite! Du moins, le moment passe vite, ce qui est normalement positif – ce qui l’est dans le cas qui nous préoccupe. Cela dit, ça demeure léger. J’hésite toujours à dire ça, parce que c’est souvent utilisé de manière péjorative, mais le léger peut être de qualité, et c’est ça qu’on a ici.

* publié simultanément sur labarbe.ca

Mini-album d’aKido remixé gratuit

Akido

L’artiste électronique québécois (dans le sens de Québec) aKido (alias Kim Gaboury) qui nous a offert il n’y pas si longtemps l’album Gamechanger, a laissé quelques artistes revisiter ses pièces.

On retrouve sur ce mini-ablum, baptisé Remodels vol. 1, des remix (ou remélanges) de: Millimetrik, Synthamesk, The Banjo Consorsium, Archibald Singleton, Kitchen Kid (Serge Nakauchi Pelletier de Pawa Up First) feat. Memo, Fab (de Random Recipe) et Boogat.

Le fruit de cette collaboration est disponible gratuitement, via bandcamp: akido.bandcamp.com/album/remodels-vol-1

Notons, du même coup, qu’aKido sera au Lion d’Or le jeudi 14 avril, où il continuera les collaborations (on annonce Alexandre Désilets et autres surprises) et avec une première partie assumée par The Gulf Stream. Pour les Facebookeux, vous pouvez regarder ça: http://on.fb.me/h96Kh3

Misteur Valaire chez les chicks de Sept-Îles

Misteur Valaire à Sept-Îles 8 avril 2011

Recevoir deux fois en 6 mois la visite du groupe Misteur Valaire, pour une petite ville éloignée comme Sept-Îles, c’est être gâté. Il faut dire que les astres s’enlignaient, comme on aime dire. D’un côté, un gala pour l’implication sociale chez les jeunes les avait engagés pour faire un spectacle à Baie-Comeau, le 9 avril. L’équipe du Cégep de Sept-Îles s’est dit qu’elle pourrait donc en profiter pour les faire rouler un petit 230km (sur la Côte-Nord, c’est petit, ça) pour clore leur Festival de la Jarnigoine. Quelle excellente idée!

C’est donc dans ce contexte que le quintette sherbrookois de Montréal est venu donner une prestation au Thompson Club de Sept-Îles, un lieu que plusieurs pensaient fermer (pour vrai!), qui est en fait une discothèque comme on en trouve partout, avec cette « particularité » qu’elle fait l’historique de certains bandits et de la prohibition de l’alcool dans son entrée. Pourquoi pas. Ça m’a rappelé les rares fois où j’ai été veillé dans ce genre de place à la fin de mon adolescence. Et je dois dire qu’on se sentait vieux, nous, les 28 ans et plus, dans ce party de cégépiens ouvert au public.

Misteur Valaire à Sept-Îles 8 avril 2011

Question de mettre de l’ambiance, il y a un 2 pour 1 sur l’alcool (des « excellents » produits Labatt et Bud) ainsi que du bon boumboum qui font déhancher les gamines et les gamins. Je ne sais pas si c’est propre à la jeunesse, au party du Cégep ou au Club, mais les anneaux fluorescents (glow stick) étaient bien populaires. J’ai pu, aussi, remarquer tous les dégâts de l’influence de Ke$ha sur la mode des jeunes filles. Mais ce qui a fait ma soirée a été d’entendre que même Johnny Cash est rendu remixé sur du gros boumboum: «I walk the line POUM POUM POUM TCHIK A POUM I Walk the line POUM THICK THICK A POUM POUM POUM POUM» ainsi de suite. C’est à la fois dégueulasse et très très drôle.

Par chance, un moment donné, toute cette mauvaise musique a cédé sa place à Misteur Valaire qui ne semblait pas démoralisé par les lieux. Que dire? Les lecteurs du BangBang connaissent bien Misteur Valaire – contrairement à la majorité des Septiliens. Ils nous ont balancé leur électro-pop-hip hop avec toute l’énergie habituelle. Bon, le son ne rendait pas justice aux subtilités de leur musique, mais pas au point de nuire au plaisir. Le pied a tapé, la tête a hoché. Et je salue encore la charismatique présence de France qui continue de m’hypnotiser avec sa basse.

Je dois aussi noter la belle surprise: Fanny Bloom, de La Patère Rose, était avec eux! On a donc eu droit à une très belle version de November Number 3. Joie.

Misteur Valaire à Sept-Îles 8 avril 2011

Le public a répondu beaucoup plus rapidement et mieux que la dernière fois – une chance. Bon, certains n’ont apparemment rien compris à cette musique, mais en général, le public n’était pas là par hasard et dansait allègrement – avec attitude même dans le cas de certaines chicks et certains douchebags.

Je dirais même que le spectacle allait bien, très bien. Même si on était encore loin de la festivité qu’on retrouve habituellement dans les spectacles du groupe à Québec ou Montréal, je n’avais pas le même malaise qu’à leur première visite et j’ai eu ben du plaisir… jusqu’à la fin. Habituellement, un groupe annonce sa dernière pièce, quitte une minute, se fait applaudir et revient. Misteur Valaire a annoncé sa dernière pièce, s’est retiré, les spectateurs ont applaudi… et le DJ a parti sa musique dans le tapis.

Je ne trouve même pas que c’est le DJ qui a été crissement trop pressé le pire là-dedans, non, ce qui est triste, c’est qu’à part les « vieux », personne n’a semblé trouver ça anormal. Les jeunes se sont mis à danser sur la mauvaise musique du DJ comme ils dansaient sur MV. $*%#!* Que c’est poche.

J’ai été présenter mes excuses en personnes à Jules à la fin, mais je réitère: Misteur Valaire, au nom de Sept-Îles, je vous demande pardon pour cette attitude décevante.

Misteur Valaire à Sept-Îles 8 avril 2011

Photos pas très bonnes et extrait live de moi.

Quand un resto te fait sentir perdant (chronique BD)

Déroule le rebord

Jamais été chanceux dans les concours. Pas que je n’ai jamais gagné, mais je ne gagne pas particulièrement souvent. Peut-être qu’un mathématicien me démontrerait que c’est normal étant donné le merveilleux monde des statistiques, qu’importe, je me sens loser.

Tenez, là, ces temps-ci, c’est le Dérrrrroule le rebord de Tim Hortons. J’en achète régulièrement, des chocolats chauds, là-bas. Sûrement 4-5 fois par semaine – il m’en faut un, le matin, en allant au bureau. En 4 semaines, j’ai acheté au minimum 20 chocolats chauds, surement un peu plus. Combien de fois ai-je gagné de quoi en déroulant ces foutus rebords pas déroulables? 2 fois. 2 petits cafés ou chocolats chauds gratuits. Ça dit 1 chance sur 6 de gagner. Je suis à 1 sur 12, si ce n’est pas pire que ça! Bref, je ne me fais pas d’illusions et je ne m’achète pas de loterie. Gagner un concours, ce n’est pas pour moi. Peut-être parce que je ne remercie pas l’univers ou que je n’y crois pas assez

Je serais peut-être plus partant pour un concours où il faut montrer son talent. Pas une téléréalité, là, j’ai parlé de montrer son talent, pas son manque d’attention. Comme un concours de dessin, de scénario, de film, etc. Un concours sérieux. Au moins, là, ce n’est pas dû au maudit hasard.

Aujourd’hui, dans la chronique BD, je parle justement d’un collectif créé grâce à un concours – oh que oui, je suis le roi des liens. Mais je termine aussi la lecture d’une trilogie et je cause aussi de bébé à l’américaine – oui oui, je fais référence à un comic book

Hercule - Les guerres Thraces

Hercule – Les guerres Thraces
Steve Moore, Admira Wijaya
Milady

Je l’ai déjà dit, je ne suis pas un grand amateur du style américain, même si certaines de mes meilleures bédés appartiennent à ce genre. Mais en général, je reste sur mon appétit… et ce fut encore le cas ici. Cette bande dessinée m’a rappelé un peu les blockbusters que Hollywood nous pond chaque été, mais les mauvais blockbusters, là. En ce sens qu’il y a un gros effort sur le visuel, le cadrage est hyper dynamique – un peu trop même – et on veut en mettre plein la vue. Sauf qu’on dirait que toute cette explosion visuelle ne cherche qu’à cacher la minceur du scénario.

Grosso modo, Hercule, oui, ce fils de Zeus et d’une pauvre reine violée par le dieu des dieux, est un guerrier mercenaire qui vend ses services aux Thraces. Il se fait trahir, il se rend compte que l’employeur, le roi, finalement, est un vrai trou du cul. Il aide donc, un peu malgré lui, le peuple qu’il massacrait au début de l’histoire. Comment? Vous dites que c’est cliché? À peine. J’ai trouvé ma lecture pénible, bien honnêtement. L’auteur a bien tenté de donner de la personnalité à son Hercule, mais il faut plus que des sauts d’humeur pour rendre un demi-dieu humain et profond. Toutefois, je dois dire que le personnage de Tydée m’a bien fait rire, lui qui cherche à tuer et à manger le plus d’ennemis possible.

Le tour du monde en 80 jours tome 3

Le tour du monde en 80 jours
Dauvillier, Soleilhac, Jules Verne
Ex-Libris (Delcourt)

J’avais déjà fait part de mon appréciation des deux premiers tomes de cette trilogie dans une précédente chronique. Je réitère, «je trouve l’adaptation réussie, autant dans son rythme, dans sa scénarisation que dans ses dessins. On y retrouve la folie, l’intelligence, la poésie et l’humour de Jules Verne.» Dans ce troisième tome, Passe-partout et son maître Phileas Fogg terminent le tour du monde, alors qu’ils traversent l’Amérique. Les imprévus continuent de croiser leur route, comme l’attaque d’Indiens, un pont qui s’écroule, le départ d’un bateau avant leur arrivée. Mais ils s’en sortent toujours.

On connait tous cette histoire de Jules Verne et pourtant, j’étais embarqué dans l’histoire comme si je n’en connaissais pas les rebondissements. Je me suis même demandé, un moment donné: «Mais comment va-t-il faire!?» Je savais pourtant qu’il le réussissait son voyage! Un signe évident d’un scénario et d’une adaptation faits avec soin, mais aussi de la force du texte original. Le dessin est encore impeccable, se mariant parfaitement au ton de cette histoire mi-absurde, mi-aventurière, mi-historique.

Partie de pêche

Partie de pêche
André-Philippe Côté, Jonathan Côté & Orbie, Philippe Girard, Myriam Roy, Zviane, Marsi
Glénat

Il est rare qu’on apprécie toutes les histoires dans un collectif. C’est pourtant le tour de force qu’a réussi Partie de pêche, fruit d’un concours de Hachette Canada. Tous les auteurs nous transportent dans des univers complètement différents malgré le thème central de la pêche.

Le caricaturiste du Soleil – le meilleur au Québec en ce moment selon moi, André-Philippe Côté, nous propose une partie de pêche entre Kafka et Freud dans Charlevoix. Le résultat est un hommage, toute en poésie, aux artistes et à l’oeuvre de Kafka. Une histoire de pêche sans poisson pour Jonathan Côté et Orbie, possible souvenir de vacances dans le Maghreb. Philippe Girard nous transporte dans les préparatifs très masculins d’un voyage de pêche. La coquine Myriam Roy a plutôt utilisé la métaphore alors qu’une jeune blogueuse part à la recherche de l’homme de sa vie dans le bar du coin. Souvenir d’enfance et de la pêche blanche avec tout l’humour, l’intelligence et l’humanité habituels de Zviane. Finalement, Marsi nous démontre que les légendes existent encore et toujours, même en 2011.

Chacune des histoires a sa finesse, dans ses dessins, dans ses personnages, dans sa narration, parfois partout à la fois. Le genre de bande dessinée certes légère, mais qui fait diablement sourire, qui fait du bien. Bravo au collectif et vive les concours!

*publié simultanément sur labarbe.ca