«Si vous payez un compte d’électricité, vous devez voir ce film»

La Romaine - Chantier octobre 2010

Depuis le 13 mai 2009, Hydro-Québec harnache une des dernières grandes rivières encore naturelles du Québec, la Romaine. Depuis bientôt deux ans, cette rivière devient de moins en moins une rivière, alors que d’ici 2020, quatre barrages transformeront complètement, et pour toujours, le paysage et la nature de ce cours d’eau nord-côtier. Une équipe de quatre personnes ont décidé de la parcourir en canot quelques mois avant le début des travaux, afin de témoigner de ce que la société d’État a décidé de détruire.

Le documentaire Chercher le courant, de Nicolas Boisclair et d’Alexis de Gheldere, a été présenté une première fois lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, en novembre dernier. Il y a remporté le Prix du public ainsi qu’une mention spéciale ÉcoCaméra. Jeudi dernier, le film a été présenté en avant-première à Sept-Îles, dans le cadre du Festival du film de la ville, Ciné 7.

Je ne cache pas mes opinions, la centrale hydroélectrique, selon moi, n’aurait pas du être mise de l’avant. C’est une erreur d’Hydro-Québec, du gouvernement et finalement de société. Je ne veux pas débattre ici du développement hydroélectrique, mais probablement que mes idées influencent mon appréciation du film.

Bref, l’équipe est montée jusqu’au Labrador, en passant par la route 389, pour se rendre jusqu’à Churchill Falls, autre lieu hydroélectrique majeur de l’Est du Canada, ainsi que source de conflit interminable entre Terre-Neuve et Québec, afin de commencer leur périple à la source de la Romaine.

Quarante-huit jours de canotage et de portage afin de parcourir les 500 kilomètres que parcourt la rivière avant de se jeter dans le golfe Saint-Laurent, dans l’Archipel Mingan.

Les images sont saisissantes. Je mets au défi n’importe qui de rester froid devant de tels paysages, devant une nature aussi pure et aussi forte. À la fin, les participants sont mélangés par la colère et la tristesse de voir la Grande chute, à la fin du parcours, car ils savent qu’ils sont parmi les dernières personnes à pouvoir l’admirer. Ce qu’ils regardent n’existera bientôt plus.

Au travers du périple, les réalisateurs, avec Roy Dupuis, qui narre l’expédition, ils enquêtent sur les propres données d’Hydro-Québec et avec différents producteurs ou organismes qui se consacrent aux autres énergies vertes, comme la biomasse, l’éolien, le solaire, l’efficacité énergétique ou la géothermie.

Le documentaire est poignant, mais surtout révélateur. Ce qui frappe surtout, ce n’est pas ce que disent les autres, ce sont les propres chiffres de la société d’État qui démontrent clairement que l’hydroélectricité n’est plus la meilleure façon de créer de l’énergie au Québec.

Leur but n’est pas d’arrêter le chantier de La Romaine, mais de lancer le débat. Durant le film, Roy Dupuis le dit: ce n’est pas un combat, mais une démarche, afin que de faire de meilleurs choix, d’agir plus intelligemment.

Le film sera projeté à différents endroits avant de prendre l’affiche au courant du printemps. Le site chercherlecourant.org est la meilleure place pour se tenir au courant.

Publicités

Une réflexion sur “«Si vous payez un compte d’électricité, vous devez voir ce film»

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s