Ils font quoi, les dieux, à la retraite? (chronique BD)

Zeus

Pourquoi sont-ils, les dieux grecs et romains, comme le grand patron de l’Olympe ici, toujours représentés avec d’énormes muscles coupés au scalpel, comme s’ils voulaient remporter un concours de musculature?! Déjà, c’est des dieux. Muscles ou pas, ils te bottent le cul en claquant des doigts. Quand les voit-on forcer? Jamais. A-t-on déjà vu un gym dans sur leurs nuages? Jamais. Les voit-on s’entrainer? Jamais. Ils ne font que mater les humains, boire du vin et baiser entre eux… ou avec des humaines. Je suis sûr qu’ils ne le sont pas, musclé de même.

M’enfin, comme le dit régulièrement Gaston, aujourd’hui, à la chronique bédé, on rit beaucoup, mais principalement d’Isaac Newton et de la mafia sicilienne (ai-je de faire une pléonasme?). On se questionne également sur ce que deviennent les dieux, une fois que les humains les jettent à la poubelle pour un nouveau dieu.

Rubrique-à-brac

Rubrique-à-brac, tome 1 et 2
Gotlib
Dargaud

Je l’ai déjà dit dans une autre chronique, mais Gotlib fait partie de mes grandes influences. Autant pour le dessin que pour l’humour. Si j’omets la série Gai-Luron, je pense avoir tout lu de ce Français à mon adolescence. Je n’ai jamais demandé d’autographe dans ma vie, mais à lui, je pense que je le ferais. Les Dingodossiers, qu’il a fait avec Goscinny, sont des classiques. Et il a participé à la fondation du magazine Fluide glacial – si quelqu’un veut m’y abonner, d’ailleurs, ça serait un magnifique cadeau… je dis ça de même, hein, j’ai plus de difficultés à les trouver sur la Côte-Nord…

Ceci dit, sauf pour ce qu’il produira pour le magazine «d’Umour et de Bandessinées», je n’avais pas relu ses BD depuis mes 15 ans. J’ai donc eu le goût d’y replonger le temps de deux Rubrique-à-brac, des chroniques absurdes – mais pas encore irrévérencieuses puisque c’est l’époque Pilote, sur différents sujets, qui vont du monde zoologique aux contes pour enfants en passant par l’invention du trombone, l’art d’insérer un deuxième degré dans une blague ou l’affrontement entre Moogli et Tarzan.

Gotlib glisse régulièrement sa tête de turc préféré, Isaac Newton, en ridiculisant la célèbre scène de la pomme reçue sur la tête. L’anecdote devient alors une branche, une personne, un pélican… ou n’importe quoi qui puisse tomber (donc tout).

Son dessin n’est pas encore à son zénith, mais il a déjà un sacré maniement du crayon. Rarement voit-on un dessin aussi précis et détaillé pour de la bande dessinée humoristique. Même si depuis, le tout a quand même été fait en 1968, les perspectives et les cadrages ont exploré des avenues plus innovatrices, il s’amuse régulièrement avec les codes de la bédé (et de l’art en général).

Pas encore convaincu? Sur wikipédia, on peut lire que cette série est une «petite révolution dans le monde de la BD comique». Et quand Wiki le dit, c’est que c’est fichtrement vrai.

Cosa Nostra - Mano Nera

Cosa Nostra – La Mano Nera
Clarke
Le Lombard

On demeure dans l’humour. Très léger ici. Des petites scénettes de trois ou quatre pages qui rigole avec le monde de la mafia. On est en Sicile, un endroit où les policiers donnent des pizzos (paiement pour la protection de la familia). Il n’y a rien de révolutionnaire ici, rien d’incroyable, on nage dans un humour convenu, un dessin efficace, une présentation des plus classiques, bref, une bande dessinée comme il s’en fait plein. Mais c’est très sympathique et Clarke a bien réussi à me décrocher quelques rires.

J’aurai sûrement oublié son existence dans un mois, et ce n’est pas dit méchamment, mais le moment que j’aurai passé à le lire aura été des plus agréable.

La voix du tonnerre

La voix du tonnerre
Martin Villeneuve, Daniel Svatek
Les 400 Coups

Très belle bande dessinée québécoise de Martin Villeneuve qui n’a pas lâché le morceau. Imaginé en 1994, son ami et dessinateur Alexandre accepte de l’accompagner dans l’aventure. Après avoir fait plusieurs croquis et les cinq premières planches, celui-ci décède en 1999 d’un cancer. Je le mentionne parce que l’auteur et l’éditeur ont eu l’excellente idée de se servir des cinq planches, qui composent le premier chapitre de la bédé. C’est sincèrement émouvant. Tout le reste est ensuite créé à partir des crayons de Daniel Svatek.

Son style n’est pas du tout similaire à celui du dessinateur original, mais puisque l’on change de chapitre, le tout demeure excessivement fluide. Son crayonné m’a d’ailleurs rappelé le travail de Sfar, ce qui est sacré compliment. Les dessins viennent amplifier avec merveille l’aura mystérieuse et fantastique de ce conte.

À ma question qui coiffe cet article, l’auteur s’est dit que les dieux grecs n’ont pas disparu ou pris leur retraite, ils ont évolué, adoptant même la bureaucratie «moderne» du 19e siècle. Afin de survivre, ceux-ci ont inventé la science, un subterfuge qui permet à l’humain de penser qu’il découvre la vérité alors que tous les phénomènes sont encore le fruit d’une volonté divine.

Sauf qu’un scientifique est sur le point de prouver que le tonnerre n’est ni plus ni moins que la voix de Zeus. Le directeur général adjoint, Apollon, convoque le conseil d’administration: il ne faut pas que cela se produise.

Histoire philosophique sur la foi et la science, sur la vérité et les perspectives, sur le sens de la vie. Après avoir tourné la dernière page, j’avais ce petit planage que donne le charme.

* publié simultanément sur labarbe.ca.

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