Vampires poches, burka et fausses promesses

Je ne veux pas faire de promesse en l’air. En fait, c’est toujours le danger quand on veut se lancer dans un projet/concept/résolution et qu’on l’annonce devant tout le monde. Alors pourquoi l’annoncer, faire comme si on avait vraiment une volonté de fer, alors que dans le fond, on ne le sait pas trop. Peut-être pour essayer de se motiver à le faire, à s’obliger soi-même, à se dire « eille, tu vas tellement perdre la face devant tes 3 lecteurs ».

Je suis un pas pire bédéphile. Je n’en possède pas tant que ça, mais, gamin, j’avais littéralement lu tout ce que la bibliothèque de mon quartier possédait, ce qui m’avait poussé à aller m’inscrire à celle du centre-ville (Gabrielle-Roy, qui a une pas pire collection). Et précisons que je suis plus du type européen qu’américain. Je n’ai lu que quelques aventures de héros en collant, dans le cas d’auteurs bien précis, parce que sinon j’ai trop l’impression de lire une version surtestostéronéïsé des Feux de l’amour.

Tout ça pour dire que je vais tenter de présenter régulièrement (je vais éviter le piège de dire « tous les mardis ») des chroniques BD.

Paul à Québec
Michel Rabagliati
La Pastèque
Paul à Québec
Bon, à peu près tout le monde connait déjà le personnage de Paul. La popularité relative de la bande dessinée au Québec repose en bonne partie grâce au succès de cette série de Michel Rabagliati. Ce n’était évidemment pas mon premier Paul, mais encore une fois, il a su être touchant, drôle, intelligent et tellement humain. Mais cette fois-ci, ce l’est encore plus. Probablement dû à l’histoire, où l’on suit, finalement, la lente mort de son beau-père, atteint d’un cancer. Pourtant, je ne deviens pas ému chaque fois qu’on voit quelqu’un mourir, au contraire. Mais lui, c’est fait avec une telle beauté. Il n’y a aucun suspense et on ne veut pas, malgré tout, arrêter la lecture. Pourtant, avec ses quelque 200 pages, il se peut qu’on ne le lise pas d’un seul trait… mais il est sûr que même si les heures avancent et qu’on travaille le lendemain, on va se dire « ah, encore quelques pages! » En passant, c’est cette histoire de Paul qui sera portée au grand écran et c’est un bon choix.

Burquette, tome 2
Francis Desharnais
Les 400 coups
Burquette tome 2
Un autre achat du mois de septembre, que j’ai fait importer directement de Québec (rien de trop beau pour la BD). Le premier tome a mis Francis Desharnais sur la carte des bédéistes. En fait, sur la carte médiatique, car on ne peut dire qu’il était un inconnu dans le milieu. Donc, le gars de Québec revient avec le personnage de Burquette, cette pauvre petite adolescente dont le père a décidé qu’elle allait apprendre les grandes valeurs du monde en portant une burka. Dans ce deuxième tome, elle ne la porte plus physiquement, mais elle en découvrira d’autres plus sournoises, alors qu’elle se rend dans un pays asiatique, entre une mère qui veut sauver des putes et un père qui rêve de vraie révolution. De cette façon, Desharnais parle de mondialisation, de prostitution, de vedettariat (mais qui donc se cache sous le personnage de London Sherraton?!), de l’exploitation des enfants, de la gauche, etc. Je n’ai pas nécessairement ri aux éclats en lisant (à quelques endroits, oui, d’accord), mais un sourire a certainement été présent tout au long. C’est léger, mais c’est intelligent. Je conseille, du même coup, de jeter régulièrement un oeil sur le blogue de ce jeune homme qui publie souvent des dessins (fdesharnais.com).

Magasin général, tome 5 – Montréal
Loisel & Tripp
Casterman
Magasin général - Montréal
Une autre série qui a reçu une bonne couverture médiatique au Québec. Et avec raison, car même si d’autres oeuvres en méritent autant, au moins, celle-là ne la vole pas. Cette fois-ci, Marie, le personnage principal de l’histoire, subit les contre-coups de sa coquine aventure de la fin du tome précédent. Le village la boude au complet et elle se sauve donc à Montréal. Comme pour les Paul, il n’y a aucun suspense dans cette série, et pourtant, on avale ça avec gourmandise, on veut suivre l’histoire de ces villageois d’il y a cent ans. On s’est attaché à ces personnages bien construits, à ce beau regard sur notre passé, à ces verbes bien québécois (et ce, même si la série n’est pas exclusive au Québec – bravo à Jimmy Beaulieu pour son travail là-dessus, d’ailleurs). Même si je préfère le dessin de Loisel à Tripp, le mariage de leurs talents est beau, regorge de lumière et de sensibilité. Je suis vendu à cette série que j’ai commencée tardivement.

Il était une fois en France, tome 1 – L’Empire de Monsieur Joseph
Fabien Nury, Sylvain Vallée
Glénat
Il était une fois en France - tome 1
Voilà une série que j’ai décidé d’essayer en me promenant dans les rayons de la bibliothèque de Sept-Îles. Nury et Vallée tentent de raconter l’histoire de Joseph Joanovici, un orphelin, un immigrant, un ferrailleur, mais aussi un milliardaire, vu par certains comme un résistant de la 2e Grande Guerre, comme un traite par d’autres. Le coup de crayon a un réalisme typiquement européen que j’aime bien, rien de trop gros, avec une bonne finition et une coloration efficace. Le scénario est bien ficelé. Il a réussi à m’intriguer, à me tenir en haleine et surtout à créer des questions dans ma tête sur cette histoire qui nous entraine dans la France d’entre les deux Guerres, dans celle occupée et dans celle d’après. On se promène dans les milieux policiers, politiques et mafieux. Les clés de l’histoire se montrent au fil de retour dans le temps qui sont placés aux bons endroits. Bref, je me retiens de faire une recherche Google sur cet homme qui a réellement existé afin de tout découvrir avec les autres tomes de la série.

D, tome 1 – Lord Faureston
Ayroles, Maïorana, Leprévost
Delcourt
D -Lord Fauresten
Je suis sûr qu’en ce moment, vous vous dites que j’aime tout et que je suis un lecteur facile. Faux! Je n’ai pas aimé grand chose de la prochaine bande dessinée. J’avais déjà un doute lors de l’emprunt à la bibliothèque, mais parfois, il faut faire des essais. Premièrement, j’ai détesté le dessin. Une tentative de réalisme qui m’a rappelé celui de Vance pour XIII, mais avec beaucoup moins de talent. Je pense que l’inégalité m’a agacé encore plus que les cases douteuses. Tantôt, on a ce style hyper réaliste et dur, tantôt on a un truc plutôt européen, mais surtout, dans une case on se dit qu’il a un potentiel et dans l’autre on se demande si on a le croquis ou le dessin final. Si au moins l’histoire tenait en haleine, mais ce n’est diablement pas le cas: dans une Europe de l’époque des grandes colonies, un explorateur de l’Afrique va soudainement se transformer en chasseur de vampire quand la femme qu’il cruise se fait mordre par un mort-vivant. Tsé, quand on parle d’originalité…

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