Quand les musées embarquent dans la musique

J’aime les musées. En fait, j’essaie de visiter au moins un musée par ville où je séjourne. Si musée il y a, évidemment. J’ai même fait le Musée de la Gaspésie à Gaspé, tsé! Vous savez le mammouth sur la pochette du premier disque des Trois Accords? Je l’ai vu en vrai au Museum of Manitoba à Winnipeg. Je me souviens aussi de la fascinante exposition sur les peuples autochtones de l’Ouest au Royal British Colombia Museum de Victoria, en Colombie-Britannique.

Par un étrange alignement des planètes, deux musées dans deux villes différentes présentent actuellement des expositions sur la musique. Le premier, à Québec, parle de la musique en générale, et la seconde, à Montréal, parle d’un icône de la musique.

Le hasard a voulu que je les visite, les deux, dans la même semaine. J’ai commencé ça à Québec, au Musée de la Civilisation, qui présente Riff. Cette exposition raconte toute la noirceur que contient la musique américaine. Noirceur dans le sens du peuple noir, de ses racines africaines.

Quand un djembé angolais, un cor camerounais, un xylophone gabonais côtoient la trompette de Louis Armstrong, l’orgue de Gerry Boulet ou la guitare de Jimi Hendrix, on comprend vite l’influence des rythmes africains (depuis l’arrivée des premiers esclaves au 17e siècle) sur les musiques populaires de notre époque dans les Amériques…

Riff - Musée de la Civilisation de Québec

L’exposition est sincèrement très très bien faite. Elle démarre sur la rythmique traditionnelle de la musique africaine et on se fait ensuite transporter vers les premières musiques des esclaves. Puis on voit que ces racines profondes, selon l’endroit géographique, a fini par donner naissance au merengue, au tango, au vaudou, au jazz, au blues, etc. Et ces mêmes styles ont eux mêmes donné naissance au ska, au rock, au punk, au dub, au hip hop, etc.

Des objets sont présentés (instruments célèbres, une veste avec encore la sueur de James Brown), des documentaires sont diffusés, des extraits sonores à la tonne, des interfaces interactives avec une multitude d’informations et même un atelier, surtout pour les jeunes mais qui n’est pas sans déplaire aux plus vieux, qui explique en deux clins d’œil comment ça marche, la musique.

Mention à l’orgue de Gerry Boulet dont, en arrière plan, nous pouvons admirer son coffre sur lequel il est marqué « DO NOT FLIP TABERNAC ». D’accord, on peut se dire qu’Offenbach a un impact bien petit à côté des Chuck Berry et Jimi Hendrix, mais il fallait bien y mettre un peu de québécois…

Honnêtement, je n’y ai pas appris réellement grand chose. J’ai non seulement déjà lu sur le sujet par moi-même, mais j’ai aussi déjà eu des cours d’histoire musicale. Toutefois, je recommande cette exposition à tout le monde quand même, parce que la vulgarisation y est géniale, la présentation est soignée et 90% des gens vont vraiment y apprendre de quoi. Vous avez jusqu’au 13 mars 2011 pour aller la visiter.

We Want Miles au Musée des Beaux-Arts de Montréal

L’exposition à Montréal, au Musée des beaux-arts de Montréal, elle a déjà été amplement médiatisée. Il faut dire que l’exposition parle d’un monument du jazz et qu’elle est diablement belle.

We Want Miles fait écho à un de ses albums et à l’amour que porte le public envers le trompettiste américain. S’inspirant d’une citation de Miles Davis lui-même, « La musique est une peinture qu’on peut entendre, la peinture est une musique qu’on peut voir », l’exposition nous bombardent de photographies, de partitions, de trompettes qu’il a possédées, de films, de musique et d’information sur ce grand musicien.

Le parcours se divise en plusieurs pièces qui font directement écho à une période de sa vie: ses débuts avec Charlie « The Bird » Parker, sa période be-bop, lorsqu’il a épousé le rock, lorsqu’il est revenu au funk, lorsqu’il a voulu explorer les limites de l’improvisation, etc. Dans ces mêmes pièces, on retrouve parfois d’autres pièces afin de mettre l’accent sur un de ses partenaires de jeu, sur un album marquant ou sur une démarche propre à Davis.

L’exposition nous montre à la fois l’humain derrière l’instrument et l’impact du musicien sur l’univers musical. Un vibrant hommage. À la fin de cette promenade qui m’a littéralement happé, je vous assure que tous, « you want Miles too ». En tout cas, moi j’avais juste le goût d’aller le faire jouer sur mon iPod…

Elle se termine bientôt: le 30 août.

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