Quand les musées embarquent dans la musique

J’aime les musées. En fait, j’essaie de visiter au moins un musée par ville où je séjourne. Si musée il y a, évidemment. J’ai même fait le Musée de la Gaspésie à Gaspé, tsé! Vous savez le mammouth sur la pochette du premier disque des Trois Accords? Je l’ai vu en vrai au Museum of Manitoba à Winnipeg. Je me souviens aussi de la fascinante exposition sur les peuples autochtones de l’Ouest au Royal British Colombia Museum de Victoria, en Colombie-Britannique.

Par un étrange alignement des planètes, deux musées dans deux villes différentes présentent actuellement des expositions sur la musique. Le premier, à Québec, parle de la musique en générale, et la seconde, à Montréal, parle d’un icône de la musique.

Le hasard a voulu que je les visite, les deux, dans la même semaine. J’ai commencé ça à Québec, au Musée de la Civilisation, qui présente Riff. Cette exposition raconte toute la noirceur que contient la musique américaine. Noirceur dans le sens du peuple noir, de ses racines africaines.

Quand un djembé angolais, un cor camerounais, un xylophone gabonais côtoient la trompette de Louis Armstrong, l’orgue de Gerry Boulet ou la guitare de Jimi Hendrix, on comprend vite l’influence des rythmes africains (depuis l’arrivée des premiers esclaves au 17e siècle) sur les musiques populaires de notre époque dans les Amériques…

Riff - Musée de la Civilisation de Québec

L’exposition est sincèrement très très bien faite. Elle démarre sur la rythmique traditionnelle de la musique africaine et on se fait ensuite transporter vers les premières musiques des esclaves. Puis on voit que ces racines profondes, selon l’endroit géographique, a fini par donner naissance au merengue, au tango, au vaudou, au jazz, au blues, etc. Et ces mêmes styles ont eux mêmes donné naissance au ska, au rock, au punk, au dub, au hip hop, etc.

Des objets sont présentés (instruments célèbres, une veste avec encore la sueur de James Brown), des documentaires sont diffusés, des extraits sonores à la tonne, des interfaces interactives avec une multitude d’informations et même un atelier, surtout pour les jeunes mais qui n’est pas sans déplaire aux plus vieux, qui explique en deux clins d’œil comment ça marche, la musique.

Mention à l’orgue de Gerry Boulet dont, en arrière plan, nous pouvons admirer son coffre sur lequel il est marqué « DO NOT FLIP TABERNAC ». D’accord, on peut se dire qu’Offenbach a un impact bien petit à côté des Chuck Berry et Jimi Hendrix, mais il fallait bien y mettre un peu de québécois…

Honnêtement, je n’y ai pas appris réellement grand chose. J’ai non seulement déjà lu sur le sujet par moi-même, mais j’ai aussi déjà eu des cours d’histoire musicale. Toutefois, je recommande cette exposition à tout le monde quand même, parce que la vulgarisation y est géniale, la présentation est soignée et 90% des gens vont vraiment y apprendre de quoi. Vous avez jusqu’au 13 mars 2011 pour aller la visiter.

We Want Miles au Musée des Beaux-Arts de Montréal

L’exposition à Montréal, au Musée des beaux-arts de Montréal, elle a déjà été amplement médiatisée. Il faut dire que l’exposition parle d’un monument du jazz et qu’elle est diablement belle.

We Want Miles fait écho à un de ses albums et à l’amour que porte le public envers le trompettiste américain. S’inspirant d’une citation de Miles Davis lui-même, « La musique est une peinture qu’on peut entendre, la peinture est une musique qu’on peut voir », l’exposition nous bombardent de photographies, de partitions, de trompettes qu’il a possédées, de films, de musique et d’information sur ce grand musicien.

Le parcours se divise en plusieurs pièces qui font directement écho à une période de sa vie: ses débuts avec Charlie « The Bird » Parker, sa période be-bop, lorsqu’il a épousé le rock, lorsqu’il est revenu au funk, lorsqu’il a voulu explorer les limites de l’improvisation, etc. Dans ces mêmes pièces, on retrouve parfois d’autres pièces afin de mettre l’accent sur un de ses partenaires de jeu, sur un album marquant ou sur une démarche propre à Davis.

L’exposition nous montre à la fois l’humain derrière l’instrument et l’impact du musicien sur l’univers musical. Un vibrant hommage. À la fin de cette promenade qui m’a littéralement happé, je vous assure que tous, « you want Miles too ». En tout cas, moi j’avais juste le goût d’aller le faire jouer sur mon iPod…

Elle se termine bientôt: le 30 août.

FEQ et OFF 2010: finalement, c’était bien

Vous le savez déjà, le Festival d’Été de Québec a été un méga succès. Record de ventes de macaron/laissez-passer, record de foules, record de gros nom, record de chaleur, record de records, etc. Pourtant, quand la première programmation est sortie, je m’attendais à un festival bien fade pour moi. Certes, une avalanche de gros noms sur les Plaines, mais les scènes plus alternatives étaient pauvres à ce moment-là.

Finalement, le Cercle et l’Impérial ont présenté ce qu’ils accueilleraient quelques semaines plus tard, des noms se sont ajouté au Parc de la Francophonie et j’ai finalement eu de quoi me mettre sous la dent presque tous les jours. Des bons trucs, mêmes!

Arcade Fire - FEQ 2010

Parmi mes moments dont je me souviens encore tout en souriant: The Slew et leur gros rock bluesé accompagné de tables tournantes à l’Impérial; Holy Fuck qui a été égal à lui-même: savoureux; Dance Laury Dance qui m’a surpris par sa forte présence et son rock cliché mais efficace; Think About Life qui est toujours aussi charmant, même lorsqu’il est mal placé; Woodhands qui m’a accroché par son simpliste mais énergique et sucré électro; Arcade Fire, parce que c’était enfin la première fois; Caribou pour son intensité (et peut-être même MON spectacle du festival); Fred Fortin, parce qu’il est aussi dans mon top 3 de cette année; Bernard Adamus parce que c’est bon tout court ce qu’il fait et que le public a créé un beau moment; Karkwa, parce que je n’ai pas besoin de préciser pourquoi ils sont toujours aussi bons; et finalement Le Golden pour leurs improvisations aux envolées électro, hip hop et jazzé.

Pour un gars qui pensait avoir un FEQ faible, j’en ai finalement eu pour mon argent (façon de parler ici étant donné mon accréditation). J’avoue mon étonnement et je fais mon mea culpa.

Think About Life - FEQ 2010

Je dois surement ici saluer le travail d’Arnaud Cordier qui est devenu assistant à la programmation du festival et qui était souvent dans le coin des spectacles que j’ai vus. Cet homme a été disquaire, booker pour Goego, a déjà écrit pour le BangBang (à l’époque papier) et est actuellement directeur de la programmation au Théâtre du Petit Champlain. Je ne sais pas tout le processus du booking, mais il a dû jouer un rôle pour ces artistes que j’aime. On salue aussi Jean-Claude Anto et son équipe du Cercle qui s’assurent que leur salle reçoit des trucs pouvant satisfaire les oreilles plus exigeantes.

Concernant la vente de tous les macarons, les sites qui étaient parfois « sold out », l’engouement des gros noms, ai-je vraiment besoin de donner mon avis, d’en ajouter sur ce débat un peu stérile? Pour moi le défi du festival n’est pas d’attirer d’autres gros noms, mais bien de garder un équilibre entre les gros noms très populaires et les petites scènes plus spécialisées. Quant aux laissez-passer et ces cons qui chialent de ne pas avoir pu entrer sur les sites malgré leur macaron: réveillez, il y a plus de laissez-passer que de place sur les Plaines! Va falloir arriver plus tôt. Ce n’est pas le premier ni le dernier festival à avoir ce genre de « problème ». La solution n’est certainement pas d’en vendre plus…

Ouais, d’accord, mais le OFF là-dedans?
Pour le OFF, je l’ai ironiquement moins fréquenté cette année. Et ce n’est pas parce que sa programmation n’était pas alléchante. La prestation de Colin Stetson figure parmi mes meilleures prestations des deux festivals et je suis encore triste d’avoir manqué Crabe, Jérémi Mourand, NSD et Suckers. C’est malheureusement uniquement circonstanciel.

Colin Stetson - OFF 2010

Je salue l’intégration de la salle Multi de Méduse, une salle de qualité qui permet les fins de soirées (mais peut-être un peu trop longues). Je ne sais pas si la scène aux Jardins St-Roch a été un succès, mais je félicite la tentative.

Une chose est sure: le goût du public pour un festival plus en marge durant le Festival d’Été ne diminue pas, même après sept ans. Les sites se remplissent encore, la foule en redemande et les artistes apprécient leur visite. Et j’ajouterais même qu’on y voit, parmi le public, des gens qui jouent, qui travaillent ou qui couvrent le FEQ, signe que sa programmation est de qualité.

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Bref, ça été un beau onze jours. Du plaisir, de la fatigue, mais beaucoup de plaisir. Merci de nous donner tout ça! Même si j’ai grandi à Québec, je le dis sans chauvinisme aucun (je ne demeure même plus là): la Capitale n’a crissement rien à envier à personne, l’été venue, avec ces deux festivals, tout le monde peut y trouver son compte. Les programmations sont variées et de qualité et les lieux, en plein centre-ville, sont plaisant. La ville est belle durant ces festivals.

FEQ jour 11: la cerise sur le gâteau

Ceux qui croient que le dernier spectacle du Festival d’Été de Québec était Rammstein sont aussi perdus que Christophe Colomb lorsqu’il a cru que les Antilles étaient l’Inde. Au moment où ce groupe qui fait plus parler de lui pour ses pétards que pour sa musique terminait, le groupe Le Golden embarquait sur la scène du Cercle pour la toute dernière prestation du festival version 2010.

Mais ce n’est pas le groupe allemand que je suis allé voir avant Le Golden. Je n’étais pas très loin, même pas à 1 kilomètre de là. Le Parc de la Francophonie (Pigeonnier) accueillait lors de cette dernière soirée Land of Talk, Elvis Perkins et Karkwa. Je suis arrivé sur les lieux vers 20h15, quand monsieur Perkins a commencé sa prestation.

Malheureusement pour lui, le son était moyen. Les hautes agressaient nos oreilles, sa guitare était un peu trop forte, tout comme sa voix (entendre les lèvres décoller lorsqu’un chanteur ouvre la bouche est un indice d’un gain un peu trop fort). Néanmoins, cet artiste que je connais plus de nom que de son a été bien sympathique, dans le contexte. Je ne suis pas sûr que c’était ce qu’il y avait de mieux juste avant Karkwa, mais j’ai apprécié son folk teinté de cuivres et de claviers bien suaves. Durant une pièce, il m’a rappelé Urbain Desbois

Karkwa a ensuite embarqué sur la scène après le changement d’instruments. Le spectacle a commencé avec l’excellente La piqure du tout récent album, Les chemins de verre. C’est principalement des pièces de ce disque que le public aura eu droit, d’ailleurs. Ce qui signifie le retranchement de plusieurs bonnes pièces (comme Coup d’état, Combien, Oublie pas ou Mélodrames – ok, elle, ça fait déjà longtemps qu’elle n’est plus jouée, je sais)… Toutefois, les nouvelles pièces sont si puissantes qu’on ne s’en formalise pas tant que ça.

Même s’ils se dont dit rouillés sur scène (leur tournée pour le nouvel album devrait s’entamer cet automne, et Louis-Jean a parlé du Grand Théâtre en novembre), les gars ont été, comme toujours, solides. De petits blancs à deux ou trois reprises, mais ils en rient et passent rapidement à autre chose. Le tout demeure fluide et débordant de saveur.

J’ai la chance d’écouter depuis plusieurs mois un bootleg qui sonne crissement bien du passage de Karkwa aux Francofolies 2008 et la prestation de ce soir me ramène cette question: un vrai album live serait écoeurant! Étant donné mon dos, j’ai commencé le spectacle assis dans la zone VIP/Média… cela a pris trois chansons pour que je débarque dans la foule à m’en mettre plein la face.

Le groupe a gardé ses bonnes habitudes et continue de collaborer avec d’autres dès qu’il le peut. Elizabeth Powell de Land of Talk a été invité sur la scène pour deux pièces ainsi qu’au rappel avec toute la troupe d’Elvis Perkins qui y a joué l’une de ses pièces avant que tous délaissent la scène avec Échapper au sort, où la foule a été invité à devenir une immense chorale.

« C’est le meilleur band au Québec », m’a lancé mon voisin, Jean-François Bilodeau, dit le Baron, directeur musical à CHYZ 94,3 FM, durant la prestation. À quoi j’ai répondu un très simple mais honnête « Ouais ».

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Petite marche vers St-Roch, direction Le Cercle sur St-Joseph pour terminer le festival avec ceux qui se faisaient appeler auparavant Jedi Electro: Le Golden. Ce groupe est formé d’Alex McMahon, Martin Lizotte, JF Lemieux et, normalement, Jean-Phi Goncalvès, mais remplacé ce soir par un autre batteur dont je n’ai pu sais comme il faut le nom…

Le spectacle a débuté à minuit et deux minutes pour se terminer une heure et demie plus tard, pièce en rappel incluse. Le groupe doit être spécialement explosif avec Goncalvès derrière la batterie, mais le batteur remplaçant n’a pas du tout à pâlir de sa prestation.

Dirigé par McMahon, il embarquait et débarquait aux bons moments, y allait du groove parfait et propulsait cette folle musique électronique à la fois dansante et intense (et improvisée!). JF Lemieux y allait de lignes de basse très jazz tandis que Lizotte ajoutait une couche de claviers parfois digne d’un film de vampires. Il s’amusait aussi avec différents jouets, tantôt pour le son, tantôt pour animer visuellement la scène. Il aura même fait faire du limbo à la foule avec un drapeau roulé sur lui-même!

C’était du bonbon et une maudite belle façon de terminer le Festival d’Été de Québec. Le seul hic est la petite foule présente. Probablement que tous les festivaliers étaient fatigués. Quelques dizaines de spectateurs ont tout de même dansé sans gêne sur les gros grooves sales de Le Golden. Avec de telles soirées, j’accepte la disparition de Plaster des scènes québécoises.

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Bilan des deux festivals à venir dans les prochains jours. Pour le moment, un peu de repos…

FEQ jour 10: un après-midi très brun

Bernard Adamus chante que le brun est la couleur de l’amour. Si tel est le cas (moi je le pense), alors la Place d’Youville était très brune en ce samedi après-midi. Même si l’auteur-compositeur était, selon moi, bien mal placé dans la grille horaire, il a pu jouer devant un site très plein.

Plus encore, ce public n’était pas là par hasard: il connaissait ses chansons, y compris Rue Ontario qui n’est même pas sur Brun. « En tout cas, nous autres on en reçoit de l’amour sur la scène! » s’est même exclamé le grand gaillard, au milieu de cette prestation qui a débuté vers 15h30 pour se terminer une quinzaine de minutes avant 17h.

Le spectacle a débuté avec une complainte très blues (La brise) pour suivre avec des chansons de plus en plus festives. Dès le départ, nous avons pu voir le talent de sa choriste qui a sans aucun doute le blues dans le sang. En fait, il est très très bien entouré et la camaraderie est belle à voir. Il cueille même des musiciens lors des spectacles de ses confrères: trois musiciens accompagnant Jérémi Mourand au OFF ont, à l’improviste, accompagné le chanteur sur quelques pièces.

Beaucoup de beaux moments: la version a cappella de Le bol de toilette, la version solo de Y fait chaud, la foule chantant Rue Ontario à pleins poumons. « C’est la quatrième fois qu’on vient à Québec et on pogne toujours de quoi icitte. Merci! », a lancé le Montréalais vers la fin du spectacle.

Durant la prestation, je me disais que ce même spectacle au Petit Champlain ou à l’Espace Félix-Leclerc serait démentiel. Une ambiance magique, sans aucun doute!

L’an dernier il était au OFF, cette année sur la plus petite scène extérieure du FEQ, l’an prochain aura-t-il le Pigeonnier? Son success story est à suivre!

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Ce spectacle aura été le seul de ma journée. À la fin du spectacle, mon dos s’est refâché et, malgré tous les bons spectacles qu’il y avait, j’ai décidé de ne prendre aucun risque et qu’il fallait peut-être mieux ça qu’avoir un dos qui barre à nouveau.

Demain je vais quand même me risquer pour Karkwa au Pigeonnier (Parc de la Francophonie) à 21h25. Ils seront précédés par Land Of Talk (19h15) et Elvis Perkins (20h15). Ensuite, selon encore l’état de mon dos, j’irai peut-être bien à Le Golden au Cercle. Verrai-je enfin Jedi Electro? À suivre!

FEQ jour 9 & OFF jour 3: « Black Eyed Peas peut aller se rhabiller! »

C’était vraiment, mais vraiment une grosse soirée hier soir. Il y avait inévitablement des choix difficiles, voire des sacrifices à faire. Même en tenant compte que de la programmation du OFF, il fallait choisir entre le rock et le jazz. Mais le FEQ est bel et bien encore là et ajoute une couche de difficulté. Je n’avais que deux certitudes: j’allais voir Fred Fortin et j’allais terminer ma soirée avec Pom Pom War.

Avant hier, on sentait que beaucoup beaucoup de monde se rendait à Rush, sur les Plaines. Ce soir, ça semblait encore plus débile pour Black Eyed Peas. Du trafic dépassant le centre-ville, des piétons partout, des autobus pleins… la folie! Quelques-uns, comme moi, sont cependant été voir de vrais bons spectacles.

Petite anecdote explicative avant de commenter. Avant de partir, j’ai rapidement fait mon sac, contenant principalement une bouteille d’eau, de la gomme et mon appareil photo. En le prenant, le cordon de l’appareil s’est accroché dans je ne sais pas quel autre fil et l’appareil est tombé sur le plancher. De pas très haut, au maximum de deux pieds. À première vue, aucun dégât… Mais lorsque j’ai voulu l’utiliser, j’ai paniqué: le focus ne marchait pas, autant en automatique qu’en manuel. Je suis un peu en crisse, mais, surtout, ça explique le très peu de photographies pour cet article (et les deux prochains probablement aussi).

Ma soirée a donc commencé au parvis de l’Église St-Jean-Baptiste, où le Festival OFF siège deux jours. Je suis malheureusement arrivé trop tard pour voir Sean Nicholas Savage, mais pile au bon moment pour Waving Hand, un trio devenu récemment duo de Québec et que l’on peut surnommer comme étant « Les Frères Chiasson ».

Waving Hand - OFF 2010

Dans un article, les gars parlaient de « pop impressionniste ». Concrètement, ou presque, on peut parler d’un mélange, à différents niveaux, d’électro-pop et de rock… mais le tout donne une musique plus aérienne que dansante. On retrouve même une guitare assez exploratrice. Guillaume Chiasson, en entrevue à CHYZ, se désolait d’ailleurs de devoir être si statique sur scène puisqu’il doit toujours avoir un pied sur une pédale.

Néanmoins, c’était la première fois que le groupe se produisait depuis le départ du bassiste. À noter que le groupe a décidé de transformer les pièces pour les jouer à deux plutôt que de rechercher un autre musicien. Je ne peux donc pas comparer avec le EP Places que je ne connais pas et encore moins avec la mouture originale. Ce que j’ai entendu était agréable, mais je crois que le duo doit encore murir leur son. Le projet est jeune, il y a un potentiel, mais c’est encore à peaufiner, sur scène, du moins.

La même scène, aussi appelée « Scène Télé-Québec », accueillait ensuite Colin Stetson, saxophoniste que vous avez peut-être déjà entendu avec Tom Waits, Arcade Fire, TV on the Radio, Fiest, Bon Iver, Lou Reed ou LCD Soundsystem. Des petits noms comme vous voyez. Il était seul sur la scène avec son saxophone baryton, alto et une clarinette. Ce qu’il fait avec ses instruments est hallucinant! Wow!

Colin Stetson - OFF 2010

Il nous crée des doubles lignes mélodiques, il joue avec sa respiration (ou ne semble pas avoir à respirer durant plusieurs minutes) ou encore ajoute une ligne de percussion avec le saxophone ou sa bouche. C’était beau. Et tellement bon! Le public au complet était hypnotisé par le musicien et je salue l’écoute attentive. Une telle écoute et un tel silence sur un site extérieur, situé tout près de la rue St-Jean, c’est rare, très rare!

Le titre du billet vient d’un des spectateurs. Entre deux pièces, l’un derrière moi s’est exclamé « Ouin, bien Black Eyed Peas peut aller se rhabiller! »

Durant la prestation, je me suis dit que c’est le genre de spectacle qui me manque le plus à Fermont. Certes, je prendrais n’importe quel groupe que j’aime, ce qui est déjà assez utopiste, mais ce type de jazz est tellement impossible à faire venir dans la région que ça a pris une saveur supplémentaire. J’ai savouré chaque note, chaque impulsion.

Une autre jouissance musicale allait survenir à l’Impérial, tout juste après, alors que le Festival d’Été de Québec a invité Fred Fortin. Je suis terriblement content d’avoir pu voir le bleuet durant cette pause du boulot. Ça aussi, c’est un type de rock qui ne viendra jamais à Fermont.

Nouvelle formule pour le rocker alors qu’il s’est présenté en trio, avec Olivier Langevin (guitare et basse) et Justin Allard (batterie). Le résultat a été, en première partie, des versions assez épurées où les guitares se mariaient pour enfanter un rock à la fois aérien et folk. Par la suite, la charge rock est embarquée à fond la caisse avec Ti-chien aveugle, un jam de rock instrumental qui vaut à lui seul le déplacement. Miam, miam, miam.

Le menu était principalement constitué des pièces de Plastrer la lune, mais des chansons de Planter le décor, son précédent, et même une vieille de son premier disque (T’es grosse pis t’es belle) ont été présenté au public très, mais très vendu d’avance. Un des plus beaux accueils que j’ai vu pour le chanteur qui l’a visiblement beaucoup apprécié. En rappel, il a présenté une version à la fois douce et très rock de Ski-Doo de Gros Mené.

Du bonbon que je n’avais pas savouré depuis trop, beaucoup trop longtemps. J’exagère à peine en disant que j’étais en manque du rock de cette bande-là (qu’ils soient en formule Fortin ou Galaxie).

Après avoir été mangé un petit quelque chose, direction la salle Méduse pour la fin de soirée du OFF, avec Mathématiques, GOBBLEGOBBLE, PyPy et Pom Pom War. Je suis arrivé à la fin de Mathématiques, le jeune duo 8-bit de Québec, mais à temps pour l’étrange formation GOBBLEGOBBLE.

J’ai trouvé leur musique électro un peu répétitive, mais c’est visuellement que le tout se passe essentiellement, même s’ils en font un peu trop pour le résultat, finalement. Ils cognent des pelles ensemble, jouent avec des lightsticks, sont habillés avec des jupettes de ballerine et torses nus et dansent compulsivement. Amusant, mais pas assez pour m’impressionner.

PyPy, ce projet qui est, grossièrement, le croisement de Duchess Says et de Choyce de Red Mass (à la guitare), a ensuite envahi la scène de Méduse. Le résultat offre un rock plus axé sur les guitares, sans l’électro habituel des Duchess Says. Personnellement, je préfère le groupe original, même si PyPy n’est pas dénué de tout intérêt. En fait, il n’y a pas une grande différence, non plus, entre les deux projets…

Finalement, ma batterie était presque à terre et je ne suis pas resté plus de quatre chansons pour Pom Pom War qui terminait la soirée. J’étais encore vierge de leur musique et j’ai vite compris les comparaisons avec Duchess Says. J’ai beaucoup aimé la présence et la voix de Caroline. Pour la musique, je vais devoir écouter sur disque pour mieux juger…

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Une autre grosse soirée pour samedi soir. Une journée qui débute même en après-midi. Non, les programmeurs refusent de nous laisser nous reposer. Ils devraient avoir honte!

Personnellement, c’est encore flou sur mon parcours, d’autant plus que je me suis levé avec un mal de dos. Je vous suggère, quand même…

@ OFF
Il y a les Rendez-vous des publications parallèles à la Place de l’Université (Jardins St-Roch) jusqu’à 18h, royaume des fanzines et autres imprimés plus en marge de tous genres. Sinon, au même endroit, il y avait Mélogramme (13h) qui sera suivis par Colombier (15h), JF King (18h), Alligator Trio (19h30), Charlie Foxtrot (21h). À l’autre scène extérieure, au parvis de l’Église St-Jean-Baptiste, ce sera assez hip hop avec Filon d’art (15h), DSTR (16h), Word Up Battle (17h), Animaniaxxx (18h), K6A (20h), NSD (21h) et Manu Militari (22h). Du côté de Méduse, ça commence avec Maxime Robin (22h), Pop Winds (22h30), Saüs (23h), Suckers (23h30), Unicorns (00h30) et ONRA (1h30). Je trouve l’échéancier à cette salle serrée et utopiste, mais bon. Finalement, il y aussi du rock à l’Agitée avec Whales (23h), Kathleen Kelly (23h30) et D/A A/D (00h30).

Déjà, moi je suis déchiré entre JF King et Alligator Trio et K6A et NSD. Sauf, qu’il y a en plus..

@ FEQ
Bernard Adamus à Place d’Youville à 15h30, Secret Maker (21h), Radio Radio (22h) et Le Matos (00h) à l’Impérial. Comme si c’était déjà assez difficile, on ajoute Random Recipe à 23h au Cercle.

Suckers ou Random Recipe? Je ne sais pas quoi faire…

OFF jour 2: tout comme Rush, Alex Nevsky aussi était «sold out»

C’est la même chose chaque année. On est à la Ninkasi pour coanimer ou pour simplement accompagner l’animatrice et les chroniqueurs de Chéri j’arrive, la quotidienne culturelle de CHYZ 94,3 FM, jusqu’à 17h30 et lorsque vient le temps de se pointer au Fou Bar pour une prestation du OFF, il est déjà plein.

Cela dit, je ne m’en plains pas, puisque je sais justement que c’est ainsi et que je sais donc comment l’éviter. Néanmoins, c’est sans surprise ce scénario qui s’est produit en ce jeudi 15 juillet, au Fou Bar, pour Fanny Fay et Alex Nevsky.

OFF 2010 - Fanny Fay

Fanny Fay est une artiste/groupe (pas sûr) de Québec qui peut nous rappeler la nouvelle chanson française et la musique de l’Europe de l’Est, un peu à la manière de la Tourelle Orchestra ou de la Rue Kétanou. D’où j’étais, je ne pouvais saisir parfaitement les paroles, mais on la dit très drôle. Je dois avouer avoir trouvé le tout un peu lassant… cette musique peut, je crois, avoir plus de subtilité et d’exploration.

OFF 2010 - Alex Nevsky

Mais la grande vedette de la soirée au Fou Bar était Alex Nevsky, celui qui vient de signer sur Audiogram et qui a fait bonne figure aux Francouvertes 2010. J’ai vite compris pourquoi Audiogram l’avait signé: une belle gueule, des lignes mélodiques intéressantes, des arrangements bien ficelés (pour de la pop). Mais je n’ai pas eu le coup de foudre que plusieurs ont eu en le voyant en prestation. Peut-être car j’étais à l’extérieur de la salle à écouter tout près de la fenêtre grande ouverte. Je dois dire que la chanson entendue à l’intérieur le temps de prendre quelques photos m’a plu davantage.

Durant la prestation, un collègue m’a demandé ce que j’en pensais et j’ai répondu « intéressant ». En fait, de ce que j’ai vu, je ne doute pas que le jeune homme saura se bâtir un certain succès. Au minimum d’estime et au mieux du large public. Une preuve que sa pop marche: près de 24 heures après sa prestation, j’ai encore un de ses refrains en tête! Même si je ne pense pas devenir fan, je vais jeter un coup d’oreille lorsque son album sortira le 31 août prochain.

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Par la suite, ma soirée s’est finalement arrêtée là. Je voulais aller voir Crabe et ensuite aller à la soirée Chat Blanc, mais en chemin, divers trucs m’ont fait revirer de bord.

Finalement, une fois au bercail, j’ai appris, via @quebecOff, que Crabe a commencé avec 1h15 de retard et que K.A.N.T.N.A.G.A.N.O. (à Méduse) a commencé avec au moins une heure de retard. Bon, je ne sais pas les raisons des deux retards, mais c’est un sacré retard. Je suis donc bien content de ma décision. On va espérer que ce ne soit pas ainsi tout le long, c’est déjà assez ardu se faire un horaire là-dedans!

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Gros vendredi, oh que oui!
Du côté du OFF, tout est suggéré. Ça commence à 16h30 à la Place de l’Université du Québec (Jardins St-Roch) avec Le Couleur (16h30), Philémon (17h30), Mille Monarques (18h30), Eve Cournoyer (20h30) et Jérémi Mourand version Big Band (21h30). Je pensais qu’il y avait aussi Urbain Desbois, mais coudonc… Du côté du parvis de l’Église St-Jean-Baptiste, on a Sean Nicholas Savage (18h), Waving Hand (19h), Colin Stetson (20h) et Franco Proietti (21h). En face, au Sacrilège, on a CribDeath of the Uncool (Sam Shalabi) à 18h. Du côté de la salle Méduse, nous retrouvons le jeune duo Mathématiques (22h), GOBBLEGOBBLE (23h), PyPy (side project de Duchess Says à 00h), Pom Pom War (1h) et T-Bone (2h). On a la soirée métal à l’Octobre avec Catalyst (23h) et The Agonist (00h). Finalement, pour les plus rockers, Panopticon Eyelids (23h30), Grand Trine et Red Mass à l’Agitée.

Ce n’est pas tout, il y a encore le FEQ, avec une belle soirée de rock à l’Impérial: Buddy McNeil and the Magic Mirrors (20h), Fred Fortin (21h) et Les Breastfeeders (22h50).

De mon coté, il est certain que je vais voir Fred Fortin, avec surement un peu de parvis de l’Église St-Jean-Baptiste avant et ce qui va se passer à Méduse après, où j’arriverai surement pour GOBBLEGOBBLE, PyPy et Pom Pom War. Mais vois-tu, lecteur, ça ne me satisfait pas à 100%, car je sais que je manquerai alors Colin Stetson et Franco Proietti ainsi que Jérémi Mourand, et ça, ça me rend incertain de mon parcours. Pour en ajouter, il parait que les météorologues prévoient de la pluie et même des orages!

Photos Alex Nevsky
Alex Nevsky - OFF 2010 Alex Nevsky - OFF 2010

Alex Nevsky - OFF 2010 Alex Nevsky - OFF 2010

Alex Nevsky - OFF 2010 Alex Nevsky - OFF 2010

FEQ jour 7 & OFF jour 1: les photos

Plus tôt dans la journée, j’étais à la course et j’ai rapidement publié mon retour sur la soirée du 14 juillet au Festival d’Été de Québec et au OFF de Québec. J’y ai glissé rapidement quelques photos, mais c’était bien incomplet. Je viens me reprendre.

Vous pouvez lire ce retour, qui parlait de Yat-Kah, Elisapie Isaac, Sunny Duval, Caribou et de Born Ruffians, ici. Et maintenant, les photos.

Elisapie Isaac @ Place d’Youville (FEQ)
Il y a un manque de proportion dans le rapport nombre de photos/appréciation du spectacle (si je compare à Caribou et Holy Fuck, par exemple), mais elle est plaisante à photographier, disons-le, et le site facilite le tout, en plus.

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010 Elisapie Isaac - FEQ 2010

Elisapie Isaac - FEQ 2010

Sunny Duval @ L’Agitée (OFF)
Sunny Duval - OFF 2010 Sunny Duval - OFF 2010

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Born Ruffians @ Cercle (FEQ)
À la fin de la prestation, le chanteur a demandé d’emboucaner la salle le plus possible. Les deux dernières photos montrent la saturation obtenue. Puis sur une des photos, vous pourrez voir, un peu, Sophie Laforest.

Born Ruffians - FEQ 2010 Born Ruffians - FEQ 2010

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