Trois petits nouveaux pour la Chanson de Tadoussac

Le Festival de la Chanson de Tadoussac a ajouté trois noms à sa programmation. On fait allusion à Josianne Paradis, à Guy Philippe-Wells et au groupe Bon Débarras.

Ils s’ajoutent aux Pierre Lapointe, Luc de Larochellière, Anne Sylvestre, Bia (avec Yves Desrosiers), Bernard Adamus (le nouveau roi des Francouvertes), Salomé Leclerc, Benoit Paradis, Madame Moustache, Guillo, Patrice Michaud, Jamait, Yves Desrosiers, Annie Mots, Manu Gallure, Alain Leprest, Elisapie Isaac, Mathieu Lippé, Taktika, Keith Kouna, 5×5, Avec pas d’casque, Les Tireux d’Roches, Mad’Moizèle Giraf, Random Recipe, Xavier Caféïne, Marcie, Didier Dumontier, Alex Nevsky, Marie-Philippe Bergeron, Sylvain Sanglier et Antoine Corriveau.

J’en parlais ici et il y a aussi le site du festival, consultable à volonté. Le festival est présenté du 10 au 13 juin prochain.

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Il y a peu de fleurs sur l’Île-aux-fleurs, mais il y a beaucoup d’ordures

Une amie m’a doublement envoyé ce vidéo. La première fois j’étais trop concentré sur un travail pour y porter attention. La seconde a été le bon moment. Elle a bien fait d’insister et de me gronder.

Derrière le ton semblant, par moment, avoir inspiré le numéro du restaurant de Jean-Thomas Jobin (je me demande encore si c’est volontaire ou non) se cache des informations désarmantes et d’une affreuse tristesse. Voyez ce que ça fait d’avoir le « télencéphale hautement développé et le pouce préhenseur ».

Ça date un peu, vous le remarquerez vite, mais malheureusement, le message est encore d’actualité.

La patate chaude de la musique

Avez-vous vu la sortie de Bruno Pelletier? Au nom de l’Union des Artistes (UDA), il lance des appels: « Vite! Modifions la Loi sur le droit d’auteur et incluons les lecteurs numériques! »

Je paraphrase, vous devinerez, mais c’est quand même une bonne synthèse. Dans cet article de Rue Frontenac, c’est plus détaillé.

Celui qui chante qu’il « est venu le temps des cathédrales » mentionne, dans l’article, ceci: « Depuis 1997, le gouvernement verse des redevances aux ayants droit en regard de la copie privée quand celle-ci est faite sur des supports comme les cassettes vierges et les disques compacts vierges, poursuit Pelletier. Mais le gouvernement fait la sourde oreille pour des redevances touchant les nouveaux supports audionumériques comme les MP3 et les iPod. La loi existe. Ce qu’on veut, c’est l’amender et l’actualiser. Si on ne bouge pas, j’ai bien peur qu’il n’y en aura plus, de redevances, sur la copie privée. »

Sur le fond, je ne trouve pas qu’ils ont tort, lui et ses acolytes de l’UDA. Si la Loi couvre déjà les cassettes vierges, les CD-R/CD-RW, alors la logique veut que la Loi fasse une petite mise à jour afin d’inclure les nouveaux supports numériques. Même si je trouve que l’informatique complique beaucoup la délimitation de ce qui peut être inclus dans la loi.

Le iPod et autres Zune sont créés principalement pour la lecture de MP3. Que fait-on des clés USB qui peuvent stocker des MP3? Des cellulaires? Du iPhone? J’accepte de régler le cas facilement pour les lecteurs de type iPod même s’ils peuvent faire autre chose que lire du MP3 car le CD vierge pouvait lui aussi contenir autre chose que de la musique. Pour les autres, il faudrait me convaincre.

Toutefois, si je comprends la logique derrière la réclamation, ce n’est pas ça qui va régler la chicane entre les créateurs, les droits d’auteur, le téléchargement et les fichiers numériques. Oh que non!

De toute façon, les grandes compagnies ne semblent pas savoir quoi faire avec ça tout court.

Avez-vous vu la sortie de Golden Bombay de Misteur Valaire? Allons, si vous suivez le moindrement les Internets et la musique, c’est sûr que vous l’avez vu passer. L’offensive a été forte, lancée par eux et relayée avec de l’agrément par leurs fans.

Un bon disque, soit dit en passant. Toute leur folie, leur couleur, leur saveur, mais en plus pop, en plus accessible.

La plupart d’entre vous savent que le groupe a présenté gratuitement (et le vend encore tout aussi cher) son premier album, Friterday Night, sur leur site Internet.

Ils l’ont aussi sorti en magasin et sur iTunes. Bien des mois après avoir commencé à le donner sur leur site. Ils en ont vendu! Des centaines en plus. Et ce, même s’il a été téléchargé 40 000 fois sur leur page.

Pour mettre en perspective, quand un artiste, au Québec, vend 10 000 albums, c’est un succès. Il peut espérer avec raison – et s’il le veut – faire la une du 7jours.

Bien des artistes aimeraient savoir que 40 000 et quelques centaines possèdent leur musique. D’autant plus que ça été fait sans publicité majeure. Le bouche à oreilles a été probablement le plus fort moteur, avec leur présence dans des festivals, la qualité de leur prestation, leurs entrevues dans les radios étudiantes et communautaires ou à Bande à part. En gros, la machine de Production J n’était pas là pour eux.

Le résultat est que même s’ils sont moins connus dans la population en général qu’un candidat X de Star Académie, leur musique est plus écoutée, au bout du compte.

Plus encore, grâce à la vente de billets de spectacles, à de la marchandise et autres entrées d’argent, ils gagnent peut-être mieux leur vie grâce à leur musique que certains de ces artistes soutenus par une grosse machine.

Voici le comment du pourquoi, expliqué par leur gérant et grand promoteur de la musique gratuite, Guillaume Déziel, dans un billet nommé MP3 contre courriel (dont je recommande le billet complet et même le blogue en général malheureusement pas mis souvent à jour):

Renonçant à la majeure partie des revenus traditionnels liés à la vente de la musique, le groupe auto-produit concentre ses activités à vendre ce qui ne se copie pas, c’est à dire les produits et services sur lesquels il a du contrôle.
[…]
Lorsque MV donne 100 albums en ligne, il vend 8,1 copies à la table des produits dérivés et 1,9 copie en magasin. MV a vendu 756 copies de son album Friterday Night physique en magasin entre le 10 mars et le 31 décembre 2009, ce malgré le fait que l’album n’ait été mis en magasin que 18 mois après son lancement en septembre 2007. Depuis mars 2009, Friterday Night génère en moyenne 17,2 ventes en magasin par semaine, soit plus de 2 ans après le lancement. Cela représente une moyenne hebdomadaire impressionnante tenant compte du fait que l’album est donné en ligne; Friterday Night vend plus en magasin que beaucoup d’autres titres (exclusivement vendus et non donnés), selon les dires de plusieurs professionnels de la distribution physique issus de toutes allégeances.
[…]
Entre temps, le don de sa musique a stimulé une telle demande pour MV qu’il réussi à remplir le Club Soda à 23 $ le billet, en offrant une expérience ultime ornée d’éclairages et de projections délirantes. En outre, plus de 300 personnes attendaient impatiemment l’arrivée de MV à Paris; leur première de spectacle au Batofar s’est faite à guichet fermé. Vraisemblablement, on ne peut copier le spectacle de MV, parce que seul MV peut faire un spectacle de MV.

Même Michelle Blanc vante leur tactique sur son blogue, entrevue avec Guillaume Déziel en prime.

Pour leur nouvel album, Misteur Valaire le présente en magasin et propose le téléchargement sur leur site contre un montant discrétionnaire. On peut donner 0$, 5$, 10$, 25$, c’est vous qui décidez.

Ce que fait Misteur Valaire n’est pas unique. On n’a qu’à penser à Radiohead qui a fait la même chose et qui aurait fait au minimum un million, selon des estimations (téléchargé 1,2 million de fois à un prix moyen de 1 £ peut-on lire sur Wikipédia).

Plusieurs artistes émergents offrent gratuitement ce qu’ils produisent, sachant très bien que sinon, ils ne se feront pas connaitre. C’est une carte de visite très efficace.

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Est-ce la méthode du futur? Il faudrait le voir à plus grande échelle pour mieux l’analyser et faire des projections.

Toutefois, cette méthode me semble beaucoup mieux épouser la réalité des nouvelles technologies que les campagnes anti-téléchargement, les messages de culpabilisation et les calculs farfelus voulant qu’un téléchargement signifie automatiquement une vente de moins!

Une chose est sure: j’applaudis ce genre d’initiative. J’ai donc payé le même prix que j’aurais payé en magasin ma copie de Golden Bombay.

En bonus, je vous invite vers ce blogue, dont le nom dit tout: donnetamusique.com

Mise à jour
Guillaume Déziel a publié un nouveau billet avec des chiffres sur la vente du nouvel album de Misteur Valaire. En moyenne, les gens paient 3$, en enlevant ceux qui n’ont rien donné, la moyenne grimpe à 7$.

Autre point marquant, les montants 5$ et 10$ sont des chiffres magiques gagnants; il représentent à eux deux 30% des montants choisis, alors que 0$ a été privilégié par 50,2% des fans. Seulement 5% des gens croient que la musique de Misteur Valaire vaut plus de 10 $, alors que 1% ont préféré offrir un montant allant de 20$ à 30$ (ce dernier étant le montant plafond à ce jour).

* Photo de Misteur Valaire provient du Voir

Montréal, penses-tu vraiment ça?!

Nathalie Petrowski

Vous savez, ce débat sur la lourde présence anglophone au Festival d’Été de Québec, avec la lettre envoyée à Madame la ministre de la Culture signée par plusieurs artistes et autres genses de la société? Bien ce n’est pas directement de ça que je vais vous causer. Je n’ai pas le goût de me lancer dans ce débat qui manque trop souvent de relativité, des deux côtés.

Toutefois, Nathalie Petrowski, elle, en a parlé dans sa chronique publiée hier, le 8 mai, intitulée « Les AngloFolies de Québec ». Là où j’accroche, où je me croque en jambe le cerveau, c’est lorsqu’elle sort une phrase résumant, apparemment, la pensée montréalaise sur le Festival d’Été de Québec. Citons.

Trois ans plus tard pourtant, nos réserves de patience à l’égard de l’anglomanie grandissante du Festival d’été de Québec sont épuisées. Et quand je dis nous, je ne parle pas seulement d’une poignée de Montréalais fatigués de payer le plein prix pour aller voir Santana, Black Eyed Peas et Iron Maiden au Centre Bell alors que les habitants de Québec bénéficieront de rabais substantiels pour les mêmes concerts, grâce aux fonds publics québécois.

Quoi?! Est-ce qu’il y a vraiment des Montréalais qui pensent ça?! Que Québec se tape des rabais sur le dos des contribuables comparativement à Montréal?! C’est tordu rare! Ça sent presque la jalousie, en plus!

Premièrement, le Festival d’Été de Québec n’est pas l’exception à la règle. À ce que je sache, le Festival International de Jazz, Juste pour rire, les Francofolies, Montréal en lumière et tous les autres festivals de Montréal ne sont pas moins subventionnés que celui de Québec. Et la majorité de ces festivals ont leur lot de têtes d’affiches accessibles grâce à « des rabais substantiels grâce aux fonds publics québécois », le prix étant même zéro dollar dans certains cas.

Même en ayant vécu plus de vingt ans à Québec, je n’ai jamais entendu un citoyen accuser Montréal de profiter des fonds publics québécois pour faire venir tel artiste. Parce que c’est ridicule: le propre d’un festival est d’attirer un public (ciblé ou populaire, mais de l’attirer quand même) grâce à des têtes d’affiches qui plairont à ce public recherché. Même le festival le plus obscur cherchera à attirer le public amoureux de son obscurité.

De plus, ce genre de boutade sous-entend que le public de Québec ne paie jamais ou ne reçoit jamais ce type de visite sans avoir de fonds publics québécois. Pourtant, il y a plusieurs de ces groupes qui passent à Québec sans être invités par le Festival d’Été de Québec. Et les Québécois de la Vieille Capitale remplissent les salles tout en payant le « plein prix » durant l’année lorsque les Guns N’ Roses viennent, lorsque les Green Day font leur tour, lorsque 50 Cents débarque.

Se questionner sur la direction que peut prendre le FEQ avec ses têtes d’affiche versus son rôle ou sa mission, c’est plus que légitime, qu’importe l’opinion qui en découle. Accuser le FEQ d’offrir des spectacles moins chers que ce que les Montréalais vont payer, c’est n’importe quoi, Madame Petrowski.

Mais rassurez-moi, lecteurs, que ce qu’elle avance est le fruit de son imagination.

La programmation officielle de Tadoussac

Avec pas d'casque

Soyons conséquent et venons parler de la programmation du Festival de la Chanson de Tadoussac avec tous ses détails. Hier j’avais présenté qu’une liste de nom, et j’étais déjà titillé. Regardons maintenant le tout avec l’horaire entre les mains.

Avant tout, félicitations aux organisateurs pour le site Internet beaucoup plus convivial qu’avant. Simple, cute et pratique: c’est ce qu’on aime d’un site. Pour ceux que ça intéressent, le festival est aussi sur facebook et twitter.

Une belle brochette d’artistes pour ce festival que je considère depuis plusieurs années comme l’un des plus plaisants du Québec avec celui de Rouyn-Noranda. Pour sa proximité, simplicité, qualité de programmation, l’ambiance, la beauté du site, la gentillesse de l’organisation, etc. Je le dis sans honte: je suis un fan du Festival de la Chanson de Tadoussac – dans tes dents Francofolies. J’y suis allé souvent et je compte bien refaire l’expérience encore et encore!

Les artistes en résidences s’y installent dès le mercredi 9 juin, mais pour les festivaliers, ça débute réellement le lendemain, le 10 juin. En partant, les gens pourront voir Pierre Lapointe à la scène Desjardins. Il y sera également les vendredi et samedi. Benoit Paradis siègera deux jours à Tadoussac, à la scène Hydro-Québec, les 10 et 11 juin. Les Tireux d’roches feront parti des fêtards de la scène de l’Auberge de jeunesse, avec Mad’Moizèle Giraf. Du trad et du ragga, ça peut veiller tard!

Un beau duo du côté du Café du Fjord (voisin de l’Auberge de jeunesse à l’entrée de la ville): Random Recipe et Xavier Caféine. Ils sont là trois soirs: 10, 11 et 12 juin.

Quel spectacle alléchant avons-nous le vendredi: Avec pas d’casque à l’Anse à la barque, en plein air! Bernard Adamus, le roi des Francouvertes 2010, arrivent la même journée et s’installe deux soirs à la scène Desjardins. Notons qu’il y a aussi un autre finaliste des Francouvertes en résidence à Tadoussac: Alex Nevsky. Keith Kouna, l’ex-Goules, est parmi les invités à la scène Télé-Québec, tout comme Madame Moustache (Café Bar Le Girard) et Bia accompagné par Yves Desrosiers (scène Desjardins). N’oublions pas Elisapie Isaac le 12 juin à la salle Marie Clarisse (Hôtel Tadoussac).

On y trouve aussi plein de découvertes à faire et des artistes en résidence. Allez voir les détails sur le site. Un beau programme.

On peut avoir accès à absolument tout avec une passe à 157$, sinon, des passes plus restrictives et moins chères s’offrent aussi selon vos goûts et ambitions. Conseil d’ami: si vous êtes tentés et que c’est votre première fois, songez déjà à réserver votre chambre d’hôtel, de gîte ou d’auberge de jeunesse, ça part vite! Des places de campings sont aussi disponibles.

Petit scoop sur le Festival de la Chanson de Tadoussac

J’ai hésité avant de venir écrire ici. C’est que je connais et respecte les gens qui sont à la fois derrière le Festival de la Chanson de Tadoussac et ses communications et que je ne veux pas venir leur couper l’herbe sous le pied. Mais voilà, en même temps, l’info que je vais donner ici est déjà accessible à tous sur les Internets, donc mon petit Gemini n’est pas trop gueulard.

La programmation du prochain Festival de la Chanson de Tadoussac sera dévoilée demain en conférence de presse. Donc à partir de demain 11h30, tout ceci sera non seulement public et repris partout, mais ce sera également plus détaillé.

Je n’ai qu’une liste de noms à vous partager, mais je la trouve déjà foutrement alléchante.

Pierre Lapointe, Luc de Larochellière, Anne Sylvestre, Bia (avec Yves Desrosiers), Bernard Adamus (le nouveau roi des Francouvertes), Salomé Leclerc, Benoit Paradis, Madame Moustache, Guillo, Patrice Michaud, Jamait, Yves Desrosiers, Annie Mots, Manu Gallure, Alain Leprest, Elisapie Isaac, Mathieu Lippé, Taktika, Keith Kouna, 5×5, Avec pas d’casque, Les Tireux d’Roches, Mad’Moizèle Giraf, Random Recipe, Xavier Caféïne, Marcie, Didier Dumontier, Alex Nevsky, Marie-Philippe Bergeron, Sylvain Sanglier et Antoine Corriveau.

Ma source est fiable et je vais même vous dire c’est qui. C’est même bête un peu. La liste est sur une publicité du journal Le Nord-Côtier qui est publié que demain, donc qui respecte les dates. Le hic, c’est que la version électronique sort une journée avant, d’où la publicité un peu précoce.

Même sans les détails, moi, cette programmation, elle me tente beaucoup. Je crois bien que je ferai les dix heures de route qui séparent Tadoussac et Fermont pour y faire un tour.

À partir du 5 mai (demain), les détails seront sûrement tous afficher sur chansontadoussac.com.

Pour lire mes anciens retours sur le festival.