J’ai tué Ethan Cohen

Je lis tous les jours. En dehors de ce que je dois lire pour le travail ou sur les Internets pour le simple plaisir. You know what I mean, comme le disent trop souvent les américains.

Bref, je lis tous les soirs avant de dormir. Une revue, un livre, une bande dessinée. Parfois pendant une vingtaine de minutes, parfois trop longtemps plus d’une heure. Ces derniers jours, mes yeux parcouraient un recueil de nouvelles d’Ethan Coen: J’ai tué Phil Shapiro.

On parle bien du cinéaste derrière Raising Arizona, Fargo ou Burn After Reading, tellement toujours jumelé à son frère Joel qu’aucun des deux n’a son propre wikipédia, les deux semblent éternellement inséparables. Et pourtant! Ces nouvelles sont bel et bien le fruit d’Ethan seulement.

Le ton n’est pas surprenant. Les amateurs des films des frères Coen reconnaitront les situations, l’humour, les personnages et même les villes que les histoires racontent. On se promène dans une Amérique du Midwest ou du Nord, entre le paysan et la classe moyenne. Parfois on semble être à côté de No Country For Old Man, tantôt on frôle A Serious Man ou The Big Lebowski ou Fargo.

On reconnait les univers, mais je n’ai jamais eu l’impression d’y lire une répétition, un remâchage. Certaines histoires sont évidemment moins fortes que d’autres, comme dans tout recueil de nouvelles, mais certaines sont de vrais petits bijoux.

On y retrouve un boxeur incapable de se battre, un détective privé qui se fait arracher les oreilles, un père exaspéré par ses enfants, un wannabe bandit et un autre mal entouré. Certaines histoires semblent davantage autobiographiques. On y retrouve des histoires aussi typiquement juive, comme on retrouve dans les oeuvres de Woody Allen, de Philip Roth (que j’adore) et même d’Eric-Emmanuel Schmitt (pour les 2-3 recueils que j’ai lus de lui).

Le style y est varié. Il est parfois très cinématographique, parfois nous retrouvons qu’un échange de dialogues brefs alors que l’histoire suivante semble être qu’un long paragraphe de quinze pages. Autant les tripes du personnage principal peuvent être étalés et être au coeur de l’histoire, autant parfois le narrateur semble être à l’opposé d’Anderson Cooper: tout en objectivité même s’il est au coeur de l’histoire.

Cela ne parait peut-être pas, étant, semble-t-il, dans une humeur plutôt descriptive plutôt que dans une lancée de phrases dithyrambiques, mais j’ai vraiment beaucoup aimé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s