Au nom du père, du fils et du référencement

Il me semble qu’en une semaine, je n’ai jamais autant lu de propos sur le référencement. Pis ça me crée un malaise.

Un malaise, sûrement car je suis vraiment loin d’être le roi de l’autopromotion. Je dirais même que c’est un handicap chez moi tellement je ne m’autopromeus pas.

Toutefois, je conçois qu’il faut le faire un minimum et je fais des efforts en ce sens. Juste le fait, pour moi, de ploguer de temps en temps un billet que j’ai écrit sur twitter est une avancée vers le chemin de l’autopromotion digne d’une (future) cure contre le sida.

Cela dit, revenons au malaise.

Je ne saurais retrouver tous les endroits parlant de référencement ou d’autopromotion cette semaine, surtout que mon cerveau n’est pas sûr si certains proviennent de blogues ou de twitter.

L’un d’eux est cependant très clair: Michelle Blanc dans sa réponse à Nathalie Petrowski et le pseudo scandale entre le journalisme et le web 2.0…

Dans cette longue missive, madame Blanc lance ceci en entrée de jeu:

[Il] est vraiment efficace de mettre trois fois le nom Nathalie Petrowski dans mon titre parce que lorsqu’on cherchera son nom, ce billet sera sur la première page de Google et que ce sera bon pour mon trafic (c’est ce qu’on appelle de l’écriture optimisée pour le Web et si vous fouillez consciencieusement, vous en trouverez l’explication dans mon blogue) et qu’en plus, ça va donner une leçon de marketing Web à la grande dame de la « bitcherie » traditionnelle.

Tout au long du texte, plusieurs clins d’oeil du genre sont faits vers le saint référencement.

Puis dans la récente chronique de Simon Jodoin, l’homme derrière les codes informatiques de BangBang et pointeur de connerie professionnel, il se fait accuser de mousser son référencement par Christian Aubry (le hasard veut que la chronique de Simon J. traite du pseudo scandale Petrowski-Blanc):

La seule raison logique que je vois à ce billet dont tu avais déjà couché toutes les idées dans les commentaires de celui de Michelle, c’est le référencement:

Monsieur Aubry revient constamment sur cette motivation de référencement.

Où est mon malaise? Ça me semble pas sain du tout.

En pourfendant autant sur le référencement, j’y vois une obsession. Je me dis que ces gens ne font que penser à ça: leur but n’est que de sortir 1er sur google et font tout pour que ça se fasse. Ils passent des soirées à se googler pour vérifier que leurs techniques fonctionnement. Je caricature à peine.

Calmez-vous!

On dirait:
1) Des maudits vendeurs gossant qui ne font que ploguer leur stock et qui refilent sans arrêt leur carte d’affaires dans toutes les réunions familiales et qu’on a le goût de leur fermer la gueule (ou bannir des réunions).
2) Des gens qui ont un énorme manque d’attention.

Dans les deux cas, c’est énervant.

Quand c’est rendu qu’on veut voler le référencement de quelqu’un (le dépasser) ou que tu accuses les autres d’agir que pour ça: il y a un problème. Décrochez (ou dans ces cas-ci: débranchez), prenez une pause d’une semaine, un petit recul.

///

Sérieusement, je peux comprendre que tu veuilles sortir premier dans les recherches quand c’est directement relié à toi. Par exemple, il est dommage qu’en cherchant le nom d’un groupe ou d’une salle que ce ne soit pas le site officiel du groupe ou de la salle qui sorte en premier. Toutefois, vouloir sortir premier pour tous les sujets… franchement!

///

Puis le cynisme revient: quoi de plus normal dans cette société du paraître et du 15 minutes de gloire. Entre un Clotaire Rapaille qui maquille son CV, un journalisme-vedette et la prolifération du commentaire, pourquoi suis-je si étonné de voir ce tirage de couverture, cette recherche de follow spot et ces cacophonies de petites voix criant « hey! je suis là! j’existe moi aussi! regardez-moi! »

///

Finalement, si je ne m’autopromeus pas… alors pourquoi est-ce que je blogue, coudonc?!?

Publicités

7 réflexions sur “Au nom du père, du fils et du référencement

  1. si ça peut t’aider à faire de l’autopromo, dis toi que ce terme recouvre en fait plusieurs réalités, selon que le contenu est éditorial ou commercial par exemple.

    au boulot on explique a bcp de clients qu’ils feraient bien de changer leurs messages parfois ultra brandé pour se concentrer sur quel avantage on tire du produit? qui dois l’utiliser? etc. on se rapproche d’un message « éditorial » alors que l’objectif est commercial, mais dans ton cas tu promeus un article!

  2. Le KEY WORD est une industrie sur Google, c’est de là qu’il tire leur plus grand profit il me semble. Coté commerciale bien entendu. Nos vedettes du web pourraient faire qu’un simple achat.

    Je pense que la prise de bec Pétro-Blanc s’attarde au communautarisme du web, la pub à travers le social. Ca peut bien entendu bénéficier aux commercants d’exploiter cette sphère comme il semble être le cas pour les affaires de Madame Blanc.

    Ça me semble inévitable que les réseaux soit des plateformes à promotion personnelle. Les articles musicaux du BangBang nous envoi presque systématiquement vers Myspace qui est fait sur mesure pour la promotion autant des Diva que des plus mal rasés.

    C’est le coté individualiste d’Internet qui créé cette impression de narcissisme. Le web est fondamentalement indivualiste pluisqu’il n’y a pas deux mains sur une souris comme il peut y avoir sur une manette de télé. Chacun va ou il veut, tout seul et il est maître de son chemin tout en exposant ce qu’il veut en temps réel. On est loin du courrier des lecteurs de Louise Deschatelets (s’il y en a bien une que j’aurais mise en lock-out…)ou tu seras publié la semaine suivante si tu en vaut la vraiment peine.

    C’est rendu que cette valeur individuelle propre au web viendrait paraître comme autoprommotion à travers la dimension communautaire du web. C’est là que ça irrite Pétro et je ne vois pas ou ça devrait choqué puisque c’est l’avantage de la communication du web. Autant business que pour vous montrer mes photos de pêche sur la glace sur Facebook.

    Si ce qui dégoute Pétrowski c’est le  »je, me, moi », je me demande quel contenu il y aurait à consulter sur le web aujourd’hui si personne mettait en ligne toutes ces photos, vidéos et documents.

    Ca s’appel le partage et il y aura toujours certains gens pour en abuser.

    1. Je suis très conscient de l’industrie du key word. Et je n’en ai pas contre l’autopromotion que sont la plupart des blogues, facebook et compagnie. Je me souviens, quand j’ai débuté sur le web il y a plus de dix ans, on en parlait des sites que comme des cartes d’affaires presque uniquement. Aujourd’hui cela va plus loin, mais dans certains cas, pas tant que ça.

      Toutefois, que ce soit sur le web ou dans la vie, je pense qu’il ne faut pas virer fou non plus. Une petite modération. Il y a des moment et des endroits plus approprié pour se vendre et se ploguer. Et d’autres où c’est juste gossant. Il est aussi plaisant de voir qu’une personne ne songe pas qu’à ça!

      L’acharnement de certains sur le référencement m’ont rappelé ce manque de modération.

  3. Bonjour Mickaël. J’espère que vos ciseaux de censeur sont un peu moins aiguisés que ceux de votre collègue Jodoin et que vous me permettrez de répondre le plus intelligemment que mes micro-capacités intellectuelles le permettent.

    Simon Jodoin (…) se fait accuser de mousser son référencement par Christian Aubry (le hasard veut que la chronique de Simon J. traite du pseudo scandale Petrowski-Blanc).

    1) Glissement sémantique: il ne s’agit pas d’une accusation, mais de l’exposition d’un fait, en partie confirmé par Simon lui-même. Mon sentiment est en effet que ce billet dans lequel Jodoin accuse Michelle de vacuité dont le seul intérêt serait de vaincre la bataille de référencement n’apporte rien d’intéressant au sujet et utilise le même stratagème de SEO. Je trouve le parallèle ironique et quelque peu contradictoire.

    2) J’ai surtout (et formellement) accusé Jodoin de mauvais goût et d’atteinte sournoise à la dignité d’une personne socialement fragile, car dans une situation dépassant la normalité sociale. Michelle est en effet sans cesse soumise à des expressions d’incompréhension, voire de mépris affiché et même, parfois, à des menaces directes à cause de son choix identitaire.

    Dans ce contexte, le choix iconographique auquel s’est livré Jodoin, aussi inconscient puisse-t-il être, ne peut avoir le loisir d’être neutre. En abondant dans le sens du cliché transphobe et sexiste, il porte atteinte au droit à la dignité de Michelle et encourager les dérives de petits punks néo-nazis affichant haut et fort leur haine pour sa différence.

    Pour en revenir à la question du référencement, je crois que vous vous méprenez en pensant que Michelle a enfoncé ce clou pour « paraître » et obtenir son « 15 minutes de gloire ». Elle a suffisamment d’audience pour ne pas chercher à en gagner en tapant sur Petrowski. Si elle l’a fait, c’est que c’est bon pour son trafic (comme pour celui de BangBangBlog) et parce qu’elle souhaitait démontrer, par ce biais et par beaucoup d’autres (allusions aux liens sortants, au phénomène intrinsèque aux blogues de l’auto-promotion, à la conversation, à l’instantanéité des opinions, etc …) que Petrowski ne connait visiblement pas grand chose au sujet sur lequel elle porte un jugement péremptoire.

    Dernière raison implicite: contrebalancer, par l’arme du référencement, le pouvoir des médias établis duquel émarge La Presse et (beaucoup plus modestement) BangBangBlog — des médias capables de salir en un instant des réputations bâties au fil de longues années. En faisant monter ce billet dans Google, Michelle s’assurait de contre-argumenter efficacement Mme Petrowski dans la mémoire collective. « Elle m’accuse d’auto-promotion? Elle a raison, c’est une donnée fondamentale d’une présence Web professionnelle et je vous explique pourquoi, de toute évidence, elle n’est pas en mesure de le comprendre ». CQFD.

    1. Bonjour Christian,

      Je souhaite en tout premier lieu mentionner que je tout ceci n’a aucun, mais totalement aucun lien avec la saga Petrowski-Blanc-Jodoin-BangBang-et-compagnie. C’est simplement un hasard qui a fait que ce débat a été le dernier exemple vu sur ce saint référencement et qu’il était donc le plus frais dans ma mémoire.

      Pour le mot accusation, j’admets qu’il est plus pour mettre de la couleur qu’à prendre au premier degré, néanmoins, je crois qu’effectivement vous faites une accusation, directe ou indirecte, sur la volonté de Simon Jodoin de mousser du référencement. Vous dites exposer des faits, mais comme tout fait est toujours interprétable, le mot accusation n’est pas de trop. Quant au jugement, si vous avez raison ou non, je n’en ai rien à foutre, Simon peut se défendre lui-même. J’utilisais ces propos pour montrer que le référencement monte un peu trop à la tête des gens (ce que je ne vous accuse pas nécessairement).

      Je le redis, je refuse d’entrer dans le conflit entre vous et BangBang, ce n’est pas de mes affaires, mais bien de celles des administrateurs du site. Toutefois, je trouvais que votre argumentaire sur ce référencement venait démontrer le zèle qu’il peut y avoir autour de ça. Si ce zèle n’est qu’épisodique, je suis bien content pour vous, mais l’exemple demeure à mes yeux pertinent.

      Quant à Michelle Blanc, encore une fois, je ne l’accuse de rien. Je cite ses propos pour illustrer à quel point, parfois, la quête du référencement dépasse le gros bon sens. Et qu’on ne vienne pas me dire que dans son cas c’est épisodique, ce n’est pas sa première mention sur le sujet et il en va de soi, étant donné ce qu’elle fait dans la vie.

      Mon seul point dans tout ce billet, c’est que je considère la course au référencement parfois exagérée et pas saine. Ce genre de situation me rappelle ces mononcles vendeur ou ces jeunes ados à la recherche de la gloire instantanée.

      Tout ça n’a aucun foutu lien avec son litige entre Petrowski, Blanc et BangBang. Si j’avais cité un autre professionnel du référencement, je crois qu’on pourrait parler du référencement et non du sujet sur lequel il se basait pour en parler (du référencement). Référencer une saga, un blogue, une nouvelle, un sondage, un film, qu’importe, c’est du référencement. Et ce n’est que cet aspect qui m’intéresse.

      Ça me fera plaisir de discuter du référencement en général avec vous, mais si c’est pour revenir sur la situation précise précédemment nommé, alors là, aucun problème à approuver vos commentaires, mais ils frapperont un silence pour hors sujet.

      ps: avoir deviné que ce sujet épineux irait aussi loin, j’aurais cité ailleurs… mais là, il est trop tard.

      ps2: j’espère qu’une heure trente minutes d’attente pour l’approbation du commentaire n’aura pas été trop long pour vous .

  4. Re-bonjour Mickaël.

    Merci pour le déblocage et pour les explications qui m’indiquent que le dialogue avec vous est possible. Je me permettrai donc un second commentaire avant de retourner à mes champs de fraise s’il n’y a plus rien d’intéressant à ajouter.

    J’ai réagi ici entre autres parce que vous écriviez « Monsieur Aubry revient constamment sur cette motivation de référencement« . En réalité, je constate que j’y suis revenu tant et aussi longtemps que Simon Jodoin ne m’a pas répondu à ce sujet, le 16 avril. Ensuite, j’ai interprété sa réponse et je suis passé à autre chose.

    J’ai approfondi ici mon propos sur le référencement dans le contexte du billet de Michelle Blanc. Puisque ce contexte n’est qu’accessoire au propos de votre chronique, je n’y reviendrai pas.

    Quant à l’importance accordée au référencement en général, il est indéniable que c’est un aspect important de la gestion d’une présence Web dans un contexte de média ou d’affaires. De là à en faire une fin en soi, je suis d’accord avec vous que ce serait malsain.

    Par contre, contrairement à ce que vous pensez, je préfère me voir numéro 1 sur Google quand on tape « communication web video » et me frotter à Dominic Arpin dans « journalisme 2.0 montreal » que de sortir de ma niche quand quelqu’un m’appelle par « mon nom« . C’est moins mon identité personnelle, mon petit ego de mortel pitoyable qui m’intéresse que la possibilité d’entrer en contact avec des personnes et des organisations à qui je pourrais me rendre utile au plan professionnel.

    Bien sûr, il y a une notion de profit attachée au référencement en tant qu’outil d’expansion économique et sociale. La perspective réelle est plus large. C’est celle de l’identité numérique, ces petits cailloux que l’on sème sur le Web. Pour qu’un profit en émerge, il faut qu’il y ait un contenu, une expertise, des ressources originales à partager. Le référencement du vide ne génère que du bruit.

    J’espère ainsi nuancer vos propos tout en restant ouvert à un échange de réflexion enrichissante.

  5. En fait, lorsque je parlais de la normalité de sortir #1 lorsqu’on tape son nom, j’y incluais aussi notre spécialité/service.

    Un fabricant de chaises en plastique recyclé voudra avec raison sortir #1 si on tape sur google « chaises en plastique recyclé ». Et ainsi de suite.

    Mais admettons qu’ici je me mette à causer sur le Canadiens… il m’est évident que je ne sortirai jamais premier sur ce sujet et je ne chercherai pas à le faire et ne ferai que le minimum, c’est-à-dire faire un joli tag.

    Parfois, je remarque que certains aimeraient sortir premier sur tout. Certains recherchent la visibilité par dessus tout. *tousse* égo trip *tousse*tousse*

    C’est comme l’autopromotion. Je considère normal qu’un site Internet, quelque soit sa forme, puisse ne servir qu’à se vendre. Je crois quand même qu’il y a une étiquette dans l’art de ploguer ce site d’autopromotion. Pas nécessaire de ne faire que de pointer vers lui sur twitter, sur les forums de discussions, dans les commentaires qu’on laisse sur les blogues, etc.

    //

    J’ouvre une parenthèse dangereuse, mais quand même.

    Je trouve aussi qu’il y a un peu de bullshit dans tout ça. Je suis bien content pour ceux qui gagnent leur vie avec ça, qui se spécialisent dans ce domaine et qui s’en tirent bien. Il y en a qui ont même des bonnes moyennes au baton! Mais je trouve que c’est un peu comme la bourse: c’est basé sur des techniques pas si définies que ça, sur une spéculation qui dépend un peu du hasard et qu’on se fait croire qu’on contrôle ça plus que réellement.

    C’est pas aussi concret que brancher une maison à un réseau électrique, le résultat ne peut être garanti! Si tu fais rien, tu n’auras rien, assurément. Si tu fais tout ce qu’il faut normalement faire en référencement, ça ne veut pas dire que le résultat va suivre pour autant.

    //

    J’en ai contre l’abus, surtout, évidemment.

    Maintenant, où se défini la ligne de l’abus et du zèle, c’est là le grand débat, en fait. J’ai peut-être, aussi, le quota plus bas que d’autres.

    //

    Ce « malaise » me suit depuis j’ai suivi une petite formation en marketing 2.0. J’ai trouvé certains aspects, non pas fous, mais malsains, parfois. Puis tout ça se recoupe selon moi: cette course à l’efficacité et à l’optimisation de toutes les ressources… c’est ronflant et ennuyant pour un adepte de la simplicité volontaire comme moi. Quant à l’égo, c’est là que le parallèle avec le 15 minutes de gloire se pointe le bout du nez…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s