La prévisibilité de Simon

Il parait que c’est un buzz sur Internet. Je dis il parait, parce qu’avant que je ne lise sur La Clique du Plateau, je ne savais même pas que ça existait. J’ai bien vu, depuis, plusieurs commentaires sur En audition avec Simon, mais de là à parler de buzz… il y a plus qu’un pas à faire, il me semble.

J’ai écouté les épisodes. Vu mon retard, presque tous en même temps. J’ai, honnêtement, trouvé le tout moyen. Avec Simon-Olivier Fecteau derrière, je m’attendais à quelque chose de plus éclaté, plus surprenant. Là, j’ai l’impression que ça pourrait être fait Mathieu Gratton.

Rappel du concept pour ceux ne connaissant pas: Simon fait passer des auditions à des artistes quand même bien établis au Québec… mais, tsé, ça cloche toujours. Pas assez « magique », pas assez « naturel », texte mauvais, etc. Tout ça avec du zèle: le réalisateur est chiant… ou con, c’est selon. Bref, des trucs que des habitués d’audition ont dû vivre au moins une fois dans leur carrière. Dès le premier épisode, on comprend rapidement la forme du moule.

Toutefois, je suis un homme généreux qui donne sa chance et je suis retourné lorsqu’un nouvel épisode a été mis en ligne. Car ces capsules ne sont visibles que sur le de tou.tv.

Cet épisode, avec Julie LeBreton, il est mauvais. Pis je suis triste de dire ça, car j’aime, en général, le travail de Fecteau.

Après 45 secondes, soit après la réplique de Fecteau, je pense que n’importe qui peut prévoir les 3m 15s qui restent. Le gros punch final compris. C’est écrit gros comme un graffiti sous l’autoroute Dufferin à Québec.

Si quelqu’un ne voyait rien venir, je veux aller prendre un café avec. Je suis sûr que la conversation me fascinera. Je lui demanderais s’il doutait que le personnage vedette de 2012 allait survivre, s’il trouve que Rire & Délire se renouvelle d’émission en émission, s’il trouve que Dany Turcotte est mordant à TLMEP, s’il croit que Stephen Harper est un bon jack ou des grandes chances que le Canadiens remporte la coupe cette année.

Si vous avez répondu oui à ces questions, garochez-vous sur les sketchs de En audition avec Simon… et contactez-moi, qu’on discute.

Francky Vincent, « c’est bon bon bon »

J’ai une amie qui, en ce moment, termine sa maîtrise à Bordeaux. Elle m’a raconté une conversation qu’elle a eue avec une française.

Pour résumer, la fille ne connait ni Jimi Hendrix, ni Jim Morrison, ni Janis Joplin, mais elle devient maboule à l’idée que mon amie susmentionnée ne connaisse un fameux Francky Vincent.

Après quelques recherches, je crois qu’il est en effet important que le Québec découvre enfin ce coquin chanteur de la Guadeloupe. Il s’est déjà donné le pseudonyme « Docteur Porno ». Rien de moins. C’est aussi un sacré danseur. Des clips toujours impeccables, à la réalisation époustouflante.

Voici son plus récent hit: Tu veux ton zizi (oui! oui!). (sic)
Le embed est désactivé par Universal (ils ont honte ou quoi?), il faut donc cliquer ici (www.youtube.com/watch?v=vjTQqTGa3dQ) pour voir ce chef d’oeuvre.
En plus du refrain qui est ni plus ni moins que le titre répété ad nauseam, voici un des couplets:
Viens ce soir dans ma casbah / Tu en resteras baba
Viens ce soir dans mon bungalow / Me faire voir tes gros lolos
Viens ce soir dans mon tipi / Tu verras mon ptit kiki
Viens ce soir dans ma ptite case /Tu verras si je suis naze

Un autre de ses hits, des années 90′: Alice, ça glisse. Il y parle entre autre de sa poitrine sans poils. Agrrr.

Et parce que « y’a pas que la fête dans la vie, il y a le sexe aussi », voici Fruit de la passion. À voir aussi pour sa moustache, sa camisole ou le voir torse nu avec des jeans serré.

Merci, petite française, pour cette découverte. Peut-être que chez nous aussi, Dr Porno deviendra un tube dans les discothèques.

Et la brutalité des manifestants, elle?

Vu sur le blogue de Lagacé, ce petit vidéo où l’on voit des gens remarquant des policiers voulant s’infiltrer incognito lors d’une manifestation contre la brutalité policière.

Pointer du doigts ces « agents doubles », les baver même, c’est parfait. C’est bon joueur. On pourrait même y mettre un Nelson lâchant un de ses fameux « han hannn ».

Toutefois, leur lancer des trucs, les frapper avec des bâtons et leur donner un coup de pied dans le dos, c’est tout simplement imbécile.

Bravo les gars. Vous faites exactement ce que vous leur reprochez. Super intelligent. Super crédible.

Gang d’épais.

Je préfère l’anglais puisque je ne comprends rien

Je ne sais pas, car je ne suis point devin, si vous avez lu le dossier sur les jeunes dans La Presse. Oui, un de ces fameux dossiers de La Presse. On y cause de leurs activités, de ce qu’ils consomment, de ce qu’ils ne font pas, de ce qu’ils pensent et de leurs goûts. C’est là que j’accroche.

Je ne m’insurge pas de leurs goûts, mais de ce qu’ils en disent. Ils sortent des trucs que j’ai entendus trop souvent depuis que je m’intéresse à la scène locale (déjà une décennie?!). Allons-y avec un premier extrait.

La vague anglaise est forte et avale même les boulimiques de culture. «Pour moi, la musique québécoise, c’est un rendez-vous manqué», lance sans détour Jean-Simon Dondaz, étudiant au cégep du Vieux-Montréal inscrit en l’histoire de l’art à l’université.

Ce maniaque de musique écoute autant Animal Collective que les Beatles. Mais pratiquement rien en français. «Les seuls, je pense, c’est Malajube, dit-il. J’aime d’autres groupes québécois comme Arcade Fire et Plants and Animals, mais ils chantent tous en anglais.»

Dommage? «Non, pas vraiment, répond-il. Je ne vais pas me forcer à écouter quelque chose que je n’aime pas.»

Je généralise, mais plusieurs se targuent bien d’être très ouverts, de prôner la musique indépendante, mais n’écoutent que des groupes se ressemblant, finalement.

Je ne fais pas le procès du jeune homme interrogé, ça serait hors contexte, et je ne veux faire le procès de personne: je me questionne. Ces gens aimant Beatles, Animal Collective, Arcade Fire, Final Fantasy, Wolf Parade, Ohbijou, Architecture in Helsinki, etc., pourquoi n’écoutent-ils que des groupes qui ont un son qui se ressemble?

Quand écoutent-ils du métal? Du worldbeat? Du country traditionnel à la Hank Williams? Du Led Zeppelin? The Specials? Jethro Tull? Du gros Boys Noize dans le tapis? De la pop, ce fameux style tabou?

Cette fermeture existe moins chez les artisans, mais chez les auditeurs, c’est plus fréquent. Combien de fois ai-je entendu « trop d’indie », « trop de hip hop », etc., quand j’étais à CHYZ? Alors que tout ce qui jouait (et joue encore) était indépendant, dans le sens propre du terme.

Le principe du fast food
Je compare souvent la musique à la bouffe. Je l’appelle le principe du fast food. C’est-à-dire que les Céline Dion, Boom Desjardins, Backstreet Boys, Nickelback et autres 50 Cents sont à la musique ce que les McDo et Harvey’s sont à la restauration. Ainsi, la majorité du monde consomme ces « écoutes faciles » comme la majorité du monde mange un BigMac plutôt qu’aller dans un restaurant 8 services. Et c’est normal! Tout le monde ne peut pas être un passionné de la bouffe ou de la musique!

En gardant mon analogie, ces gens n’écoutant que du indie me font penser à des gens qui vanteraient la bouffe méditerranéenne, ne jureraient que par celle-ci, ne consommeraient rien d’autre, mais qui ne s’aventureraient pas dans la cuisine scandinave, japonaise, chinoise, indienne, etc. C’est un non-sens! Tu peux avoir les goûts que tu veux, mais ne te vante pas d’ouverture quand tu te cloisonnes dans un style, aussi raffiné et « de qualité supérieure » puisse-t-il être!

Beurk! Du franco!
Donc, pas de musique franco pour eux, non plus. « Trop de francophone », ça aussi, je l’entendais des auditeurs, surtout que j’ai animé durant six ans une émission consacrée à la scène locale…

Là encore, je me questionne. Pourquoi ces adorateurs de TV on the Radio, M. Ward, MGMT et compagnie sont souvent incapables d’apprécier Fred Fortin? Karkwa? Numéro? Dany Placard?

On m’a souvent sorti que ces artistes québécois ne réinventaient rien et que l’on pouvait déjà entendre des sons similaires en anglais. Pourquoi ce même argument ne fonctionne-t-il pas dans l’autre sens? Et depuis quand est-ce que les groupes anglos réinventent-ils toujours la roue?

À moins que, comme ce jeune homme, ce ne soit que la langue…

J’aime mieux la musique en anglais parce que je ne comprends pas les paroles. En français, les textes n’ont pas toujours beaucoup d’allure.

Évidemment, les Anglais ont tellement des textes profonds. Pas besoin d’être bilingue pour voir que Lady Gaga ne fait pas dans la grande poésie. Se faire dire durant une minute, en boucle, « Please, kiss me baby » ou autre « I just want to have fun », c’est évident, ce qu’ils disent!

Les francophones ont vraiment un problème de perception avec les langues. Pas juste dans la musique. Juste de voir à quel point, aux yeux de tout le monde, Burger King sonne mieux que Le Roi du Hamburger pour le constater. On pourrait continuer longtemps avec d’autres noms de magasins, de groupes, de certains surnoms et de certaines expressions.

On dirait qu’on est capable de faire abstraction des plus grandes absurdités, juste parce que ce n’est pas en français. Ainsi, on écoute des « Yeah, fuck me bitch », mais jamais on ne tolèrerait un « Pute, aweille, suce-moi ». Paradoxe.

Le pire, ce sont les paroliers (la situation, pas eux). Plusieurs n’osent pas le faire en français car ils trouvent ça dur. Ils se mettent la pression de faire de la prose comme s’ils devaient tous être des Nelligan, des Gaston Miron, des Baudelaire. Comme si les Beatles étaient toujours profonds…

Finalement, là…
Un long texte pour cette simple question: pourquoi? Pourquoi ce dogme autour de la musique dite « indie »?

Qu’il soit dit en passant…
ps: ceci me fait penser à une question soulevée par La Pimbêche (maintenant masquée?), à propos des hipsters n’aimant plus les groupes une fois rendus populaires

ps 2: je parle d’indie, mais le même constat se fait dans le milieu hip hop. Il y a un fossé entre ce qu’on appelle les hip hop de gauche à la Gatineau et celui plus traditionnel à la Taktika, pour prendre des références québécoises. Quoique ce champ gauche est justement près du milieu indie, en général…

ps 3: si le chapeau ne vous fait pas, sert à rien de vous défendre! Je l’ai dit que je généralisais, voire caricaturais. Mais si vous penses que j’exagère concernent ce public vendu à pitchfork, dites-le!

Le fédéral encore en 1850

Depuis que je suis à Fermont, je suis davantage en contact avec les Premières nations. Ce qui est ironique. Parce qu’à Fermont, il n’y en pas. Dans le sens qu’il n’y a pas de communauté autochtone. Alors que Québec, où j’ai vécu 23 ans, encercle Wendake (le Village huron).

Cependant, les territoires ancestraux de plusieurs communautés, innues (Matimekush-Lac-John, Uashat mak Mani Utenam) et naskapi (Kawawachikamach), ratissent assez large pour que Fermont soit touché par certains conflits/traités.

Donc, je lis et je m’informe. Puis souvent, je dois aller voir ce qui s’en dit du côté fédéral. Chaque fois, je suis surpris, étonné, ébranlé, perplexe devant le nom du ministère fédéral responsable des relations avec les Premières nations.

Au fédéral, on a donc un ministre des Affaires indiennes. Oui oui, indiennes. Comme à l’époque de John Smith découvrant la Virginie!

Mieux encore, le ministère se nomme « Affaires indiennes et Nord Canada« , on dirait une traduction sur google. La preuve: http://www.ainc-inac.gc.ca/index-fra.asp.

Déprimant!