Mea culpa, p’tit oiseau bleu

Quand j’étais en quatrième année, il y a eu un nouveau dans ma classe. Un petit gars de Sept-Îles qui était hyperactif sur les bords, mais le ritalin n’était pas encore à la mode en 1990. N’ayons pas peur des mots, il était un peu rejet au début.

Normalement, je marchais le kilomètre qui séparait la maison (bien, le logement) et l’école. Mais un jour, ma mère a voulu venir me chercher, mais j’étais déjà parti niaiser avec des amis ailleurs que dans la cour d’école. Le hasard a voulu que ma mère ait questionné ce petit nouveau, s’il m’avait vu. Apprenant mon départ, elle lui a offert un lift, vu qu’on était voisins, apparemment.

Ce jour-là, en débarquant chez moi, une surprise m’attendait: le petit rejet était là, sur le divan, à écouter Kim & Clip! Je lance un regard signifiant « mais qu’est-ce qu’il fait là ce con m’man? Quossé t’as faite bordel? » Le pauvre faisait pitié, selon elle: il n’avait pas d’ami. Elle l’avait su sur le chemin, dans l’auto. Un peu malgré moi, je le traîne dans ma chambre pour qu’on joue à quelque chose…

Grâce à ça, j’ai eu une des plus grandes leçons de la vie: ne pas avoir de préjugés. Ce petit énervé m’a fait rire comme j’avais encore rarement ri et est devenu mon meilleur ami jusqu’en deuxième secondaire. Depuis ce jour-là, j’applique ce principe: jette tes préjugés à la poubelle mon vieux.

Pourtant, là, vingt ans plus tard, je me suis refait avoir. Des préjugés s’étaient installés. Pas contre quelqu’un, mais contre un gadget, une patente informatique, un virus social, ou presque. Twitter, je te dois un mea culpa. Tu n’es pas aussi con et inutile que je pensais. Petit retour en arrière.

Le virus du millénaire
Je considère que la première pandémie du nouveau siècle n’est pas la grippe A(H1N1), mais bien les réseaux sociaux, le premier gros monstre étant réellement MySpace. J’avais résisté longtemps à ça. Si je trouvais ça pratique pour les groupes, je me demandais bien pourquoi monsieur et madame tout le monde devait l’avoir. Surtout pour moi, qui avais déjà un site web perso depuis des années. MySpace n’allait rien m’apporter de plus.

Je l’ai pourtant essayé. Mais ça n’a pas duré. Je me demande si je suis retourné plus de trois fois dans mon compte. Dès lors, mon blasage envers ce qu’on appelle les réseaux sociaux n’a cessé d’augmenter. Où était la révolution? Que n’importe quel moron puisse avoir sa page web pour rien?! Wouaw!

J’ai pensé et je pense encore la même chose de Facebook. On a déjà les courriels, msn, skype, le téléphone, le courrier, et j’en oublie sûrement quelques-uns, pour garder contact avec les gens… Personnellement, je ne vois pas qu’est-ce Facebook pourrait m’apporter de plus, sauf une perte de temps. Mais le boulot a fait que j’ai dû y aller quelques fois et ça m’a confirmé que Facebook me dégoûte. Ark.

L’argument du contact à portée de clic ne fonctionnant pas sur moi, quel avantage pourrait alors avoir Facebook pour moi? L’autopromotion? Je déteste. Être enseveli de promo? Je préfère le bon vieux mailing list. S’il faut m’inscrire sur un réseau social pour qu’une entreprise ou label me joigne, je suis bien désolé pour eux-mêmes d’être si peu proactifs.

J’étais vraiment surpris au début que ce site ait diablement pogné. J’ai depuis longtemps cessé de compter le nombre d’invitations refusées et les discussions où j’ai dû défendre mon refus de m’inscrire là-dessus. Pourtant, c’est simple: j’n’en ai rien à foutre! Il n’y a rien qui m’intéresse là-dedans!

Pis le p’tit oiseau bleu, là-dedans?
Toutefois, je dois faire un mea culpa. Mes préjugés envers Twitter n’étaient pas tous fondés. Je pensais que le terme « microblogging » était surfait. Les quelques personnes que j’avais vu utiliser ce gadget informatique m’avaient montré des exemples aussi insipides que les statuts visibles sur Facebook.

Certaines craintes sont belles et bien présentes: oui, beaucoup d’autopromo. Mais elle n’est pas aussi envahissante que je le craignais. Vu que les tweets défilent tout de même rapidement, l’autopromo passe vite et vu la petitesse du message, c’est davantage informatif que masturbatoire. J’avais aussi peur que le monde ne poste que des messages à l’opposé de l’intérêt public, comme « Après ce gâteau, ce verre de lait est délicieux » et c’est pas si mal, finalement, mais je pense que c’est simplement car j’ai bien choisi ceux que je suis. J’avais peur aussi que ça ressemble trop à du chat, et ça l’est parfois. Surtout durant les épreuves olympiques, tabarnak que le monde poste trop souvent leurs impressions après chaque performance, chaque but, etc.

Toutefois, je dois reconnaitre certaines forces. En s’abonnant à ceux de La Presse, Le Devoir, Le Soleil, CNW, etc., on ne peut avoir des excuses de ne pas être au courant de plusieurs événements d’actualité. On est aussi rapidement au courant des mises à jour d’autres sites dignes d’attention, blogues et compagnie. Et ça, c’est pas pire pentoute. C’est comme un immense fil de presse. Certains sont également très divertissants à lire.

Et moi-même, si je veux partager un truc sans pour autant bloguer là-dessus, twitter est une bonne alternative. Je l’admets (et ça fait probablement aussi mal à mon égo de le dire que la couronne d’épines que portait Jesus). Toutefois, je ne peux me considérer encore comme un twitter d’intérêt… je débute, je tâte encore les rebords.

Je ne crois pas un jour avoir le goût de me foutre du Twitter direct « dins veines » (dixit Barney et la bière Duff), mais contrairement à mes préjugés, je peux comprendre l’engouement et je pense bien y demeurer branché.

Curieux buzz pareil
Néanmoins, le phénomène m’intrigue, médiatiquement et sociologiquement. C’est rendu que ces réseaux alimentent des nouvelles. C’est un peu dingue. Dans l’absolu, ces sites demeurent des gros insides. La majorité du monde n’est pas branché et la majorité des gens sur Internet ne sont pas sur ces sites, malgré ce que les gens là-dessus pensent. Il ne faut pas croire que les sept millions de Québécois s’amusent sur ça tous les jours!

Maintenant, on se plogue?
Mon twitter: twitter.com/MickaelBrun (LaBarbe était déjà pris!?!?)
De BangBang (alias Simon J, le dieu du web): twitter.com/BangBangBlog
De André Péloquin (le rédac’ en chef et podmoderniste): twitter.com/andredesorel
Il y a évidemment plein d’autres collaborateurs du BangBang là dessus, on dirait bien, mais ça serait long faire la liste. Laissons-les se plugger eux-mêmes.

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