365 jours de frette

Il y a un an, le Québec vivait une solide vague de froid. Dans la Vieille Capitale, où j’habitais, on se tappait des températures sous les -30 degrés. Voire des -40, sans parler du facteur vent. Si c’était aussi frette dans le Petit Sud, on pouvait avoir froid juste à songer au Grand Nord.

Il y a un an, je prenais l’avion pour Fermont, question d’y emménager pis de jouer au journaliste au journal local.

Il y a un an, donc, je réalisais un souhait bien ancré chez moi: vivre dans une petite communauté du Nord. Si la plupart des animateurs et journalistes viennent prendre de du métier à Fermont et repartent ensuite vers un journal ou une station plus au sud, moi je venais surtout vivre une expérience en soi.

Du métier aussi, évidemment, puisqu’ici, j’allais me déspécialiser un peu, en touchant à autre chose que le culturel: politique, faits divers, sports, etc. Mais surtout une expérience de vie.

Je ne saurais réellement faire un bilan. Je remarque surtout qu’un an, ça passe vite. Je disais que je resterais dans la région au minimum un an et je n’ai pas encore le goût de regarder ailleurs. Mais je ne saurais pas, pour autant, dire combien de temps je pense rester encore. Un an? Deux ans? On verra.

Mais allons-y pour des petits souvenirs.

Premier constat en sortant de l’aéroport: même s’il faisait plus froid à Fermont, il ne paraissait pas si froid. L’air sec compense comparativement aux petits froids humides de la Vallée du St-Laurent.

Mes deux premières semaines, je les marchais dans le légendaire mur, puisque mon logement et mon bureau s’y trouvent, tout comme le centre commercial et tout le centre-ville. Après deux semaines, j’ai pris une première vraie marche à l’extérieur. Voici ce que je disais à l’époque:

En marchant dans les rues, couvertes de neige, de glace et de traces de ski-doo, on sent ce Nord. […] Il y aussi, et surtout, ce silence. Un silence rarement vécu. Même en plein milieu d’une forêt dans le Maine, il n’était pas aussi intense. Ni en campagne. Non, ici, c’est particulier.

L’image de cette neige, maître partout, dormant sur les toits des maisons. Ces mêmes maisons colorées de bleu, vert, brun, gris. La nuit en devient que plus noir devant ce contraste blanc.

Mes pas dans la neige rebondissaient sur le Mur. Un écho clair comme rarement entendu. Je les entendais tant que je me disais qu’une personne pourrait sortir sa tête d’une fenêtre pour me dire de faire moins de bruit. Pourtant, un bruit de pas dans la neige, c’est tout doux. Mais dans ce silence, il ressort royalement

Depuis, marcher dans le mur m’emmerde vraiment. J’ajouterais que je suis toujours fasciné par la pureté de la neige (elle brille constamment, presque toujours poudreuse et bien blanche) et par les ciels majestueux (lorsqu’il n’y a pas de nuages).

La visite de la principale mine de la région (depuis un mois, il y en a une nouvelle en opération, mais n’a pas encore la capacité de production ni autant d’employés de celle qui s’est installée ici dans les années 60′), était aussi impressionnante. C’est comme entrer dans un pays de géants.

En terminant, je vous proposerais des photos prisent lors d’une marche sur la rue des Bâtisseurs et du Lac, qui longent le lac Daviault, qui ceinture la moitié de la ville. Après, c’est de la grosse forêt d’épinettes noires.

Vous remarquerez que le soleil se couchait durant ma marche.

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Fermont givré Fermont givré

Du jazz comme je l’aime

Il n’y a pas longtemps, j’appuyais les propos du vénérable Jean-Nic Labrie qui disait en avoir ras le cul des tops.

Je partage encore l’opinion. À la fin d’année, on se fait noyer sous les tops et la tendance nous approche des tsunamis avec tous les blogues qui pullulent sur les internets.

Un peu comme pour Haïti en ce moment. Est-ce un drame? Oui. Le sujet mérite d’être couvert? Que oui. Le sujet mérite-t-il de faire la une du Soleil pendant presque une semaine? Là, je commence à me poser des questions. Est-ce que RueFrontenac a bien fait de demander des dons pour y aller? Encore une question.

Une question de dosage.

Petite parenthèse. Lagacé déchire sa chemise trois fois pour défendre le nombre de journaliste présent dans le petit pays gravement touché. Là où il a raison, c’est qu’il est vrai que ce ne sont pas les journalistes qui empêchent les médecins d’être là. Ce n’est ni eux qui empêche la moindre aide sur le terrain, au contraire. S’ils n’étaient pas là, nous, occidentaux du nord paisible, ne serions pas si prompt à aider, car on ne saurait l’ampleur du drame. Mais ceci ne veut pas dire qu’il n’y en a pas trop. Parce que si, il y en a peut-être un peu trop pareil. Chaque média a-t-il réellement besoin de cette armée de journalistes? Le Téléjournal sur place, vraiment?!

Fin de la parenthèse.

Où voulais-je aller? Ah! Oui! Les palmarès.

Donc, lorsqu’un sujet nous tombe dessus telle la bombe H sur le Japon, il y a quand même une façon de résister à cette hyperactivité: trier. Choisir le messager qui les résumera tous.

Fak, j’ai tout de même consulté quelques palmarès, pour savoir ce que j’avais manqué, noter des suggestions de futur découvertes, etc.

L’un de ceux-ci était celui de CHYZ 94,3 FM, une station où j’œuvrais encore il y a un peu plus d’un an.

Je me suis donc amusé à visiter les myspace ou autres endroits avec des extraits des groupes dont je ne connaissais ni d’Eve, ni d’Adam et ni de toute leur famille consanguine.

Devant le coup de foudre subi par l’une d’elles, je ne peux que partager et vous incitez à découvrir ce groupe si vous ne le connaissez pas.

Je le dis avant-tout, même si j’adore le jazz, je suis loin d’être un expert en. Je ne sais pas pourquoi. Ça me fait tripper, mais on dirait que je laisse le hasard en mettre sur ma route, la plupart du temps. J’allais à plusieurs soirées jazz à Québec quand je l’habitais, mais je ne fouille pas les disquaires, si vous voyez la nuance.

Puis là, le palmarès de l’année 2009 de CHYZ a mis le groupe The Bad Plus en cinquième position. Les extraits m’ont enchanté et, maintenant, ce sont tous leur disques qui me procurent parfois de pures jouissances musicales.

Un trio américain qui balance un jazz assez rock, il y a souvent une tension entre le piano, la contrebasse et la batterie, une rage presque. Mais ce n’est que de l’intensité. Il y a du métal qui fesse moins que ça.

Sur Knows the Difference (Suspicious Activity?), le rythme charge à la vitesse d’un troupeau de guépards (imaginons que ce n’est pas solitaire), sans arrêt, on s’essouffle pour eux!

Le trio s’amuse aussi à refaire quelques pièces, comme Smells Like Teen Spirit de Nirvana (qui est loin de la reprise mielleuse de Paul Anka), Tom Sawyer de Rush (hallucinante!) ou encore Iron Man de Black Sabbath.

The Bad Plus, pour les intéressés, voici le myspace (myspace.com/badplus), le site officiel (thebadplus.com) et le Wikipédia (fr.wikipedia.org/wiki/The_Bad_Plus).

… Si vous avez des suggestions de groupes jazz du genre, ne vous gênez SURTOUT pas. Merci!

Combien de disques avez-vous écoutés dans votre vie?

Plusieurs personnes aiment zieuter les bibliothèques des autres. Ils considèrent que savoir ce que la personne possède comme livres, disques ou films est révélateur sur la dite personne. Ce qui n’est pas tout à fait faux. Imaginez un macho qui, finalement, a une collection d’Harlequin dans sa bibliothèque et aucun film de Chuck Norris.

Je ne sais pas si ma discothèque me représente bien, ou si je présente une image cohérente à celle-ci. Je sais que l’image serait incomplète, du moins. Je dois avoir autant de disques en format numérique seulement qu’en plastique. Je pense même que maintenant le numérique surpasse le cd. Fort probablement.

Puis les albums que je possède, sous une forme ou une autre, ne représente pas non plus tout ce que j’ai pu écouter dans ma vie. Et je ne pourrais même pas essayer d’estimer ce chiffre. Tout ce que je sais, c’est que mon iTunes me dit avoir environ 13 000 chansons dans sa bibliothèque. Mais ceci n’est encore qu’une partie des albums que je possède.

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Lorsque je suis allé à Sept-Îles en novembre dernier, j’y avais alors raconté mon énorme déception d’apprendre que cette ville n’avait plus de disquaire. Une honte.

Toutefois, il y a au moins un libraire. J’y ai fait un achat de consolation: Les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie.

1001 albums qu'il faut avoir écoutés

Une bonne brique: environ 1000 pages. Près d’une centaine de spécialistes et critiques ont participé à son élaboration. On démarre en 1955 et on stoppe en 2005. Je suis rendu à l’année 1987 dans ma lecture.

Je savais déjà que j’étais loin de tout connaitre et ce livre me le confirme bien. Une fois sur deux, peut-être, l’artiste ou l’album ne me dit rien, ou pas grand chose. Et même lorsque je connaissais l’artiste ou l’album, ils réussissent à m’apprendre quelque chose. Car les textes peuvent autant décrire l’album que parler de son impact ou de son contexte.

Ce livre là me crée une énorme liste d’albums à me procurer. Des idées qui vont du jazz au reggae, en n’oubliant pas le country, le rock et, évidemment, la pop.

Mais le bouquin n’est pas sans défauts. Peu de place à la musique non anglaise, à part un petit Brel ici, un petit Gainsbourg là. Il ne respecte pas non plus tout à fait la chronologie. C’est-à-dire que si les années se suivent, les mois ne se suivent pas dans une même année. Ils peuvent parfois parler d’un disque sorti en décembre avant un album paru en février de la même année. Ça semble un détail, mais parfois ils vont parler de l’influence de tel premier disque de tel artiste sur l’album X de Chose, mais parleront de ce disque d’influence que 20 pages plus loin.

Je dirais que parfois ils semblent un peu trop focusser sur certains artistes. Certains groupes voient tous leurs disques nommés, alors que pour d’autres, ils se contentent de résumer 10 ans de production avec un seul album, même s’ils insistent pour dire à quel son oeuvre est incontournable. Mais ceci doit rentrer dans l’éternel débat des top: pourquoi lui il est là et pas lui?

En somme, ça reste un bouquin que je conseillerais à n’importe quel mélomane assumé et passionné. Pis je ne suis pas le seul à le dire, Patrick Baillargeon aussi le pense.

À deux clics de chez vous

Au début, je voulais simplement partager les belles lettres de Jean-François Lisée pour le ministre des Finances. Dans ces lettres, il lui donne son avis et ses idées pour le prochain budget.

Au total, il nous présente quatre lettres, « À quel prix l’équilibre », « Est-ce l’heure des taxes », « Tarifer au cube », « Pour un Québec enrichi ». Des petits textes précis, concis et généralement plein de bon sens. Je ne suis pas d’accord avec toutes ses propositions, mais je ne peux que respecter et féliciter la démarche et saluer le plaisir de les lire.

Lisée est un ancien conseiller péquiste, il est un souverainiste et il tend à gauche. Toutefois, ce que j’aime beaucoup chez cet homme, c’est qu’il n’est pas trop partisan, ni dogmatique. Ce qu’il fait qu’il ne s’empêche pas de féliciter les bons coups des Libéraux et de pointer du doigt des conneries de la gauche. Il est assez lucide et pragmatique dans ses opinions. Il semble, de plus, posséder une bonne éthique professionnelle.

Bref, je pensais au départ m’étaler sur ces petits bijoux de textes. Puis, je me suis dit qu’il serait bien, du coup, d’inciter les gens à suivre son blogue très actif. Puis, tant qu’à ploguer son blogue, pourquoi je ne ploguerais pas ceux que j’aime bien suivre.

Je suis un grand lecteur de blogues. Très peu de blogue du type journal intime, mais plusieurs sur la politique, la musique, de journalistes, de médias, sur les médias, pseudo-humoristique, divertissant et parfois un peu con. Mon signet pour ces sites doit contenir au moins une trentaine d’adresses.

Donc, en voici quelques-uns qui ont ma visite quotidienne. Ensuite, ce sera à vous de m’en proposer.

Jean-François Lisée @ L’Actualité / http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/
Je l’ai déjà plogué, mais on va le faire officiellement. Il est très actif et sait être à la fois léger et profond. Un blogue sur la société en général, souvent politique, parfois sur la vie. On se sent moins con en lisant ce blogue.

Le blogue du journalisme @ Le Trente / trente.ca/
Le site du magazine Le Trente, le magazine publié par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Le site est devenu un blogue il y a quelque temps et traite du journalisme en général. Des nouvelles, des réflexions, les poids médiatiques, etc. Pour ceux qui aime l’envers du décor.

Urblog @ Urbania / urbania.ca/blog
Étant déjà un fan de la revue, le blogue ne peut que me plaire. C’est dans le ton du magazine: plaisant, baveux, humain, branché et, évidemment, urbain. Puis régulièrement mis à jour.

Patrick Lagacé @ Cyberpresse / blogues.cyberpresse.ca/lagace/
Super pas original. Je ne dirais pas que je suis fan de son blogue, mais je trouve qu’il demeure incontournable, même si parfois il recycle et étire ses sujets, même si parfois je trouve ça banal, au nombre de textes qu’il lance sur son blogue, on trouve son compte quotidiennement.

Steve Proulx – Angle mort @ Voir / http://www.voir.ca/blogs/steve_proulx/default.aspx
L’automne dernier, il a été très tranquille sur son blogue. Mais depuis quelques semaines, il est revenu en force. Et on s’en réjouit, un des blogues les plus intéressants du web québécois, où l’intelligence côtoie l’humour et la critique.

Jozef Siroka @ Cyberpresse / blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/
Un des plus intéressants blogues sur le cinéma. Il ne joue pas au critique. Il parle de cinéma. Avec passion et intelligence. Siroka est chef de pupitre cinéma pour La Presse.

Coups de pubs / www.coupsdepub.com/
Ce blogue vient toucher mon amour pour les arts et les médias, puisque la publicité est un peu le mariage des deux. Ils décortiquent, critiquent et encensent des publicités. Les deux gars oeuvrent eux-mêmes dans le domaine. Ils connaissent bien la bibitte. Le ton est un brin baveux.

Tu mourras moins bête / tumourrasmoinsbete.blogspot.com/
Le blogue est mis à jour environ une fois par semaine, mais il est tellement délicieux. Sous un humour assez absurde, la bédéiste démystifie des trucs scientifiques. J’adore. Je suis littéralement un fan de ces petites BD.

En vrac, j’aurais pu parler aussi de Scène Local et le blogue Cinéma de Voir, des incontournables pour se tenir au courant. Puis La clique du plateau, qui malgré ses prévisibilités et le trait parfois un peu trop gros, réussit encore à me divertir assez pour que j’y aille encore.

Que me proposez-vous d’ajouter à ma liste?!

ps: évidemment, les blogues du BangBang sont déjà des blogues intéressants. C’est évident.

I just want to pogne

Lorsque l’on fait de l’insomnie, parfois, on niaise sur les Internets, parfois on ouvre un livre, parfois on tourne en rond dans son lit en rageant, pis parfois on ouvre la télé et on écoute SuperÉcran.

Puisque j’en ai fait dernièrement, j’ai opté quelques fois pour la télévision. J’ai la chance d’avoir le câble fourni dans mon appartement fermontois et d’en plus y avoir SuperÉcran. Chance est un grand mot puisque je ne pense pas que je me paierais SuperÉcran, mais gratuitement, on le prend pis on écoute des films… quand on ne l’a pas vu.

Toujours est-il qu’il y a quelques jours, vers 5h du matin, je m’installe devant ma télévision et je zappe. Entre les infopubs, RDI et les films plates ou que j’avais déjà vu, j’ai opté pour 1,2,3 Party! 2. Signe de mon désespoir. Je pensais vraiment que ce film allait m’endormir.

Je ne prendrai pas le temps de critiquer le film, c’est un film pour ado. Il s’en fait des meilleurs, mais ce n’est pas complètement nul non plus.

Ce qui m’a surtout irrité, c’est qu’il n’y a aucune chanson en français. Puis ce n’est pas parce qu’ils sont allés chercher des hits qui pognent chez les ados comme du Simple Plan ou du Lady Gaga. Niet. Ce sont toutes des compositions originales, créées par des Québécois francophones, mais en anglais. À 100%.

Je ne suis pas nationaliste, ni patriote – les souverainistes me considèrent fédéralistes, mais voir une production québécoise engager des québécois et incorporer que des chansons en anglais, ça me laisse perplexe. Peut-être que les paroles mielleuses auraient immédiatement parues niaiseuses en français. La chanson d’Andrée Watters du premier était poche, mais au moins elle était en français!

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En parlant de zappage la nuit, je suis tombé sur un truc qui m’a aussi estomaqué, hier soir, vers 3h du matin. MusiquePlus et Musimax diffusent des infopubs! Le MagicBullet super-vraiment-pas-cher-qu’est-ce-que-t’attends-du-con.

Merde!

Un poste câblé, une chaîne spécialisée. Ça n’a pas sa place là.

Bientôt, plus de poker ou de reprise de hockey sur RDS la nuit, mais des infopubs.