Rétrospective d’une décennie

Je sais, je suis aussi original que le dernier disque de Boom Desjardins en ce moment. Ça aurait pu être avec les autres textes des confrères, mais au moment de pondre ces poèmes du troisième millénaire, j’avais la tête occupée à travailler sur autre chose.

Je dois aussi avouer que je n’étais pas certain d’avoir le goût de faire ça. Je ne suis pas du genre nostalgique.

Puis voilà que j’ai lu les quand-même-divertissant textes de différentes personnalités, publiques ou non, sur Le Détesteur. Ça m’a inspiré. Mais étant peu haineux, je vais autant parler des trucs qui m’ont gossé dans cette dernière décennie que des choses plaisantes.

Section gossante comme Eric Salvail
Eric Salvail est gossant

Les cellulaires
Je pourrais parler de ceux qui ne lâchent jamais leur cellulaire, comme ma belle-soeur qui texte tout le long des repas, non-stop; ceux qui jasent constamment au cellulaire. Mais l’engin me gosse tout court. Surtout les maudites options. C’est quoi ce besoin d’avoir un couteau-suisse comme téléphone? Comme ces couteaux, ils ont l’air cool, on semble pouvoir faire plein de truc, mais peu de trucs fonctionnement vraiment: les couteaux coupent à moitié, la scie ne scie rien, les ciseaux ne coupent pas.

Même chose pour les cellulaires. Qui a déjà pris une belle photo avec un cellulaire? Elles sont toujours moches. Un polaroid fait des plus belles photos qu’un téléphone portable. Bon, dans une urgence, peut-être. Mais cessez, s’il-vous-plait, de prendre des photos avec votre téléphone dans les spectacles, les bars, etc. C’est une honte. Il en va donc de même pour les vidéos. Et c’est quoi ce besoin de chatter partout?

C’est l’une des raisons pour laquelle je n’ai toujours pas de cellulaire, même si j’oeuvre dans les communications. J’ai l’impression que c’est impossible d’avoir juste un téléphone qui ne fait que téléphoner.

Les lipdubs
Je ne comprends juste pas le phénomène. S’il était marginal, je pense qu’il pourrait être cool, il y en a quelques-uns qui sont bien faits. Mais en général, ce n’est qu’un foutu lipsync mal fait version 2008. Et la population mondiale en chie des tonnes! Le buzz est étrange.

L’environnement
Je me désole évidemment du retard. Pourquoi en sommes-nous encore là? On avance, mais si lentement! Ce mouvement a des décennies derrière lui, mais ça ne parait pas tant dans notre quotidien. Je m’exaspère de voir que l’économie a priorité sur tout, y compris sur ce qui lui permet d’exister.

D’un côté, l’écologie est devenue une religion pour certains. De l’autre, des connards continuent à nier l’impact de l’humain sur l’écosystème.

Je me désole aussi du manque de juste milieu. Sur la scène publique, trop souvent les idéalistes ne font que s’obstiner contre les cons. Il faut des utopistes et il y aura toujours des caves, mais pourquoi ne pouvons-nous pas entendre plus souvent les gens plus dosés? Ceux qui ont des solutions concrètes qui ne viendraient pas nuire à la sacro-sainte-économie. On peut être réaliste et vert!

En fait, en y pensant bien, ce n’est pas de bloquer l’environnement pour l’économie. Car plusieurs économistes eux-mêmes avancent que des plans verts aideraient l’économie. Le hic, c’est davantage que cela pourrait nuire à des amis du pouvoir, à des gens influents, à des grosses entreprises.

Harper
Quelle tristesse. J’en n’ai pas contre la droite, je crois à la liberté d’opinion et malgré ses défauts, je crois à la démocratie. Cependant, les Conservateurs ne sont pas seulement à droite, ils sont cons. Et surtout prétentieux. Avec eux, c’est « With Us or Against Us », c’est « Après moi le déluge ». Ça ne discute pas, le gouvernement de Stephen Harper. Ça méprise les idées divergentes. Ça accuse ceux qui critiquent le gouvernement de ne pas être patriotique. Ils disent un truc au Québec et disent le contraire en Alberta. Ils sont sournois et prennent bien des détours pour arriver à leurs fins partisanes. Jamais a-t-on vu à quel point le Canada est régional et que chaque région tire la couverte sur son bord. Je me demande d’ailleurs si un jour les Maritimes pourront tirer sur la couverte…

Téléréalité
Un autre buzz incompréhensible et surexploité. Le pire, on ne semble pas encore près de la fin du buzz et de sa surutilisation.

Texto
Sur les cellulaires, je comprends que les utilisateurs utilisent le texto, puisque l’on facture pour chaque caractère. Mais sur Internet, courriel, msn et compagnie: non. Ne me sortez pas le prétexte du « c’est plus rapide »: si t’es pressé, qu’est-ce tu fous sur Internet?

La Labeaumanie
Arrêtez de faire comme si Québec allait bien grâce à Labeaume! Il a peut-être sauver le 400e avec Daniel Gélinas, mais tout le reste, ce n’est pas son oeuvre. Ce sont les résultats des politiques de L’Allier et de la mairesse Boucher. Ça fait seulement 2 ans qu’il est à la mairie, son impact ne se fait encore réellement sentir… sauf dans les médias. On s’en reparlera dans 4 ans. Toutefois, j’aime bien sa grande gueule. Pas parce qu’il dit des trucs censés, sinon je serais souvent triste, mais parce qu’il est un des trop rares politiciens à le faire.

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Section plaisante comme un disque d’Avec pas d’casque
Le plaisir avec Avec pas d'casque

Urbania
J’en avais entendu parlé, je l’avais feuilleté quelques fois, mais ce n’est qu’il y a deux ans que j’en ai lu un pour la première fois. C’est évident: ce jour là Cupidon se promenait dans St-Jean-Baptiste et est venu planté une des ses flèches avec ses mains, dans mon coeur, pendant que je lisais ce magazine. J’ai alors emprunté tous ceux que ma coloc possédait, ce qui en faisait une bonne dizaine. Depuis, je l’ai acheté en kiosque puis je me suis abonné, même si je trouve que c’est agace de publier qu’une fois par saison – heureusement, il y a le site et le blogue. Depuis ce jour, je rêve secrètement d’y collaborer un jour, même si je ne suis pas aussi cool que Diaz et Guindon et que je n’habite pas à Montréal – et même maintenant loin dans le Nord.

Puisqu’ils célèbrent leur 25e numéro, profitons-en pour saluer la création de cette belle revue, il y a 6 ans.

CHYZ – L’Avant-garde
De 2003 à 2009, j’ai eu la chance de faire à peu près tout ce que l’on peut faire dans une station de radio universitaire, à CHYZ 94,3, à Québec. Cette période correspond à mes plus belles années. Du moins jusqu’à maintenant. C’est prétentieux quand même déclarer une telle chose à 27 ans, comme si l’on n’allait pas vivre d’autres belles choses plus tard. C’est d’un pessimisme.

Bref, une joie et un bonheur indescriptible, même si les deux dernières années je me trouvais mûr pour la quitter. De toutes les émissions que j’y ai animé, j’en retiens trois: la mienne sur la scène locale qui aura vécu 6 ans, l’émission du retour-à-la-maison axée sur la vie culturelle et une série de douze émissions sur l’histoire de la scène locale. On y ajoute les centaines d’entrevues, les multiples projets, les rencontres, l’ambiance de travail, une job très peu payante mais de rêve, la passion, le plaisir, les partys et compagnie.

Bien-sûr, il n’y a pas que cela. Il y a tout le contexte de ma vie à cette époque qui explique que ce sont des années folles, intenses et enrichissantes. Mais la station a été l’épicentre de ce brouhaha. Je ne sais pas si je regagnerai un jour ma vie avec la radio, mais le besoin d’en faire au minimum bénévolement sera toujours là, je crois bien.

Avant de passer à un autre sujet, je dois mentionner qu’il n’y a pas que mon expérience personnelle à la station. CHYZ a su faire sa place durant les années 2000′ dans le portrait de la ville de Québec. Le petit poste de radio né en 1997 rejoint maintenant 66 000 auditeurs dans la région. Elle se démarque des autres stations par son contenu musical et en fait une indispensable.

BangBang
Bien-entendu, ayant été dans l’aventure dès les premiers numéros, j’ai un point de vue bien personnel. Toutefois, la naissance de ce journal se résumait pour moi à un gros ENFIN!. Enfin un média sur la scène en marge, un média panquébécois, un média beau et sérieux. Quand j’ai vu le numéro zéro, j’ai contacté l’équipe et abandonné mon projet similaire pour Québec pour embarquer dans le projet. Ça été une belle aventure… qui se poursuit encore, différemment.

Quartier St-Jean-Baptiste
Simplement que c’est en demeurant dans ce quartier de Québec que j’ai vraiment commencé à apprécier Québec. Sur mes 27 ans accumulés depuis ma naissance, j’en ai vécu 23 dans cette région, mais surtout en banlieue. Lorsque je suis parti vivre à Montréal en 2002, je n’aimais pas la Vieille Capitale. Trop banlieusarde. Je passais déjà beaucoup de temps dans le centre-ville de Québec. Depuis mon retour en 2003, j’y étais tout le temps, mais je l’ai vraiment découvert en y restant. La Ville est encore trop banlieusarde, mais lorsque je pense à Québec, je pense à mes trois années dans St-Jean-Baptiste, à l’ombre de la rue St-Jean, pis je souris.

iPod
Merci d’exister! J’étais tanné de me graver des cd de mp3 pour mon lecteur cd portatif. C’était gros, tannant, gossant, ça sautait, etc. Toi, tu n’as pas ces défauts. Amen.

Internet
Bien que ce type de communication date d’avant les années 2000, Internet n’est entré dans ma vie que dans le courant de l’été 1999. Puis, de toutes façons, le grand boum de celui-ci a surtout eu lieu dans les années 2000, il était encore une bibitte un peu marginale avant. Maintenant, il est incontournable.

Même si Internet fait ressortir plein de conneries, même s’il crée des faux buzz, même si je ne suis pas sur Facebook et Twitter, l’impact d’Internet dans ma vie a certainement plus de bon que de mauvais. Même en général dans la société. Pour un tannant LOL, on a un contact avec ses amis à porté de la main via le courriel, le défunt ICQ, Msn, Skype et compagnie; pour un buzz myspace surévalué, on découvre une tonne de groupes; pour un blogue poche facilement évitable, nous avons d’autres blogues intéressants ou divertissants; pour un citoyen se prenant pour un journaliste aguerri, on a accès à des milliers de sites d’informations, générales ou spécialisées. La liste pourrait être longue.

Les fantaisistes des années 50′ se sont trompés, la grosse affaire du futur n’était pas les voitures volantes, mais Internet. Le buzz des années 2000 n’est pas de voler, mais de communiquer.

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Pis toi, fripon lecteur et coquine lectrice, c’est quoi ton plus et ton moins des premières années 2000? Cette question est diablement clichée à la fin d’un blogue, mais elle est sincère comme un enfant.

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