Parce que ce n’est pas le concours de Miss America

Miss America

Je regarde, inévitablement puisque nous en sommes saturés, ce qui se passe à Montréal, pour les élections municipales, pis je dois dire que je trouve ça triste. Ça fait vraiment pitié. Pas de charisme, pas de talent particulier, pas de véritables débats.

Puis à Québec, ce n’est pas mieux. On fait face à un énorme égo, charismatique, certes, mais gros égo. Non seulement l’égo déborde, mais il est pratiquement porté comme un être grandiose. Comme si la bonne santé actuelle de Québec était le fruit de Saint-Régis seulement. Come on! Il est là que depuis deux ans. Beaucoup des bons coups ont été débutés ou sont une répercussion d’un geste de l’ère Jean-Paul L’Allier ou d’Andrée Boucher. Il a fait des bons gestes pour le 400e, d’accord… et ensuite?

Encore une fois, avec Régis Labeaume, la personnalité prend le dessus sur les projets et les idées. Quelle idée y a-t-il vraiment eu, à part le Colisée? Laissez-moi me caresser la barbe toute la nuit pour bien réfléchir à ce n’importe quoi.

Ceci dit, à Fermont, on n’évite pas ça non plus. Les candidats parlent des défis de la petite ville. Ça jase, ça lance des idées et ça déplore les gestes non-faits ou n’ayant pas aboutis. Toutefois, tout le monde se connait, ou presque, alors parfois les gens ne votent pas pour tel candidat juste parce qu’ils ne l’aiment pas, non pas parce qu’ils ne sont pas d’accord avec ses idées.

Puis voilà que mon ami Philippe O’Brien se présente à la mairie de Québec! Je suis en retard dans les nouvelles. On ne garde pas contact régulièrement. C’est Le Soleil qui me l’a appris. L’article est banal, de la même façon que l’on traite toujours les candidats « hors-normes » dans les médias. Mais cette fantastique bibitte y décoche de belles phrases, de belles idées.

Quelques citations.

Questionné sur ce qu’il fait dans la vie: « Ça n’a pas d’importance […] Une des choses que je veux faire, c’est extirper l’obsession biographique. Est-ce qu’on est capable d’utiliser des idées sans personnaliser le débat? »

Le journaliste ajoute: « Dès lors, le candidat à la mairie imposait sa règle. Il n’a pas l’intention de parler de lui ni de son occupation professionnelle ou autre. »

Puis, cette conclusion: « À la fin de l’entrevue, Le Soleil demande un rendez-vous pour une prise de photo. Autre refus. «La semaine prochaine, peut-être.» Quel­ques heures plus tard, un appel de la directrice de campagne indique que le quotidien recevra enfin une photographie. Ô surprise à l’ouverture de la pièce jointe au courriel: une photographie de mains… »

Bien entouré par une équipe ayant une réelle expérience en politique et aimant bien, aussi, marcher sur la mince ligne floue séparant l’absurde du vrai, il lancera 10 communiqués proposant chacun une idée pour la Ville.

Je dis Go! mon Philippe.

Votez O’Brien – même s’il ne veut pas être élu! On y va pour le principe, tsé.

Pas si Grand que ça!

grand nord

Depuis que je demeure à Fermont, ce qui fera un an dans trois mois, je doute de l’appellation Grand Nord. Certes, Fermont est dans le Nord, ça, ça va. Mais le Grand?

Oser dire que Fermont est dans le Grand Nord, c’est, je trouve, un peu présomptueux face aux gens de Ivujivik ou Kuujjuaq. Mais moins pompeux que St-Jérôme qui ose se dire la porte du Nord. Faut vraiment pas connaître sa géographie pour s’afficher fièrement – et bêtement – de cette façon.

Lors d’une soirée arrosée, un collègue radiophonique qui provient de Lebel-sur-Quévillon, techniquement dans la région du Nord-du-Québec, en jasant du pompeux terme de Grand Nord, a évoqué en exemple que sa ville, au 49e parallèle, était exactement à la même hauteur que la majeur partie de la frontière entre le Canada et les États-Unis, la partie située dans les prairies… Pis c’est vrai! Cette partie de la frontière est exactement sur le 49e parallèle.

On s’entend que cette zone n’est vraiment pas nordique. Checkez bien ces autres surprises.

Sur le même parallèle que Fermont et Labrador City, c’est-à-dire le 52e, on retrouve aussi:
Berlin, Allemagne
Amsterdam, Hollande
Nottingham, Angleterre (oui oui, Robin des bois)

Ces trois villes sont vraiment, mais vraiment pas nordiques. Pourtant, Fermont serait du Grand Nord!!

On continue les comparaisons. Plus au nord que Fermont, en latitude, on retrouve:
Manchester, Angleterre – 53e
Dublin, Irlande – 53e
Edmonton, Canada – 53e
Glasgow, Écosse – 55e
Moscou, Russie – 55e

Puis ces plus évidentes:
Oslo, Norvège – 59e (mais frôle le 60e)
Stockholm, Suède – 59e
Helsinki, Finlande – 60e

Ces trois cités scandinaves affichent pourtant une moyenne de température autour de 0 en janvier. Alors que Fermont affiche une moyenne de -23 en janvier, pour une latitude plus basse!

Fermont a beau déjà avoir un manteau blanc depuis une semaine et le garder jusqu’en juin, si Fermont est le Grand Nord, alors Ivujivik, le village le plus nordique du Québec eu 62e, il est quoi? L’Extrême Nord? Et Iqualuit au Nunavut? Et Alert? L’Ultime Nord?

Comme quoi il reste encore du sang français en nous. On se rebute encore face à nos hivers. On refuse d’occuper notre Nord, si bien que ce Nord représente 55% de notre territoire mais moins de 1% de la population. Pour s’assurer de pas y aller, on en décuple sa réalité en le faisant Grand. Puis un jour, on sort un Plan. Non pas pour l’habiter, mais pour l’exploiter. Digne de Colbert.

Quelques petites dernières comparaisons pour les curieux.
Londres, Angleterre: 51e
Vancouver, Canada: 49e
Paris, France: 48e
Tadoussac, Québec: 48e
Rouyn-Noranda, Québec: 48e
Québec, Québec: 46e
Montréal, Québec: 45e
Halifax, Canada: 44e
Bordeaux, France: 43e
Marseille, France: 43e
Boston, États-Unis: 42e
Barcelone, Espagne: 41e
New York, États-Unis: 40e

Évidemment, tout est une question de climat. La péninsule du Québec est bordée que par des eaux froides (Baie d’Hudson, mer du Labrador). Tandis que l’Europe est bordée par la chaude Méditerranée, protégée par les Alpes, puis par la Scandinavie, la mer Baltique, etc. Bref, nous on accueille les courants froids de l’Arctique, alors que l’Europe reçoit les courants chauds des Antilles (Gulf Stream). C’est donc normale que Barcelone soit plus chaude que New York et Londres de Montréal.

Je veux mon fleurdelysé

Je ne me considère pas particulièrement chanceux. Je ne parle pas de ma vie, mais dans les concours. Je n’ai jamais gagné de gros lot à la loto, qu’il soit décidé par des boules ou par un grattage. Lorsqu’on fait des prix de présences, je pourrais tout aussi bien être absent. Et lorsque je participe à un moitié-moitié, c’est purement altruiste, sachant très bien que je vais enrichir quelqu’un et aider l’organisme solliciteur.

Sauf dans un truc à l’école primaire. Régulièrement – une fois par année?, l’école recevait des billets pour une partie des Nordiques, au Colisée. Pour un gamin de 7, 8 et même 11 ans, allez voir les Nordiques au Colisée, c’est plus magique que Noël. C’était quelque chose. Pis j’ai gagné ça au moins 2 fois, je pense bien.

Je me souviens encore d’une partie contre les Red Wings, une partie avec une avalanche de buts, terminant quelque chose comme 6 à 4. Je me souviens qu’une partie contre les Pingouins, j’étais déçu de l’absence de Mario Lemieux. Je n’ai cependant pu assister à une partie contre le Canadien. Ça, tu pouvais mourir après. Je me souviens très bien d’avoir admiré le talent de Sakic et Forsberg. Puis de Thibault ou du rebelle Owen Nolan. J’aimais la fougue de ce joueur. Il représente à mes yeux le joueur jouant avec passion.

En 1995, j’avais 13 ans environ. Le départ des Nordiques vers le lointain Colorado m’a marqué. Ce fut le moment où j’ai arrêté de suivre le hockey. Ce fut à ce moment que j’ai compris que la LNH était avant-tout une entreprise et non juste une ligue de hockey. Ça été une grande leçon sur le capitalisme. Je ne me suis pas réintéressé au hockey avant 2002, lorsque vivant à Montréal, je fus emporté par la fièvre de mes amis envers le Canadien en série.

Je dis réintéressé, parce que je regarde depuis parfois des parties de hockey à la télévision ou dans un bar. M’enfin, lorsque je n’étais pas à Fermont pour la deuxième option. Mais je n’ai pas la même ferveur qu’avant. Bien que je ne déteste pas le Canadien, vraiment pas, cette équipe ne crée pas de passion particulière non plus. Donc je ne passe pas de temps à étudier les alignements des équipes et à connaître les nouveaux joueurs. D’ailleurs, les meilleurs joueurs d’aujourd’hui, je les connais à peine.

Puis voilà qu’on parle du retour des Nordiques. Rien de nouveau, au début, j’en étais même blasé. Dans ma chronique Sainte-Barbe de juillet 2008 dans le BangBang, à son époque papier, je déclarais même: « Depuis le départ des Nordiques, en 1995, les rumeurs de retour, ou plutôt les rumeurs sur de potentiels investisseurs, reviennent souvent. C’en est redondant. »

Mais là, eille, ça semble de plus en plus sérieux. Labeaume, le flamboyant, rencontre Bettman. Les promoteurs d’un nouvel aréna vendent des milliers de sièges pré-construction. Marcel Aubut tourne autour du dossier. Québécor pourrait se venger de ne pas avoir les Habs en se procurant le Fleurdelysé. Ou encore ce serait Red Bull qui investirait d’autres millions dans la Vieille Capitale. Y’a un millionnaire russe aussi qui s’y intéresse. Ça se bouscule les amis, plus que dans une partie de football entre le Rouge & Or et les Carabins.

Soyons sérieux, ou faisons comme: il s’est vendu autant de chandails des Nordiques ces dernières années que de chandails des Trashers d’Atlanta, une équipe pourtant active! Une récente étude d’Influence médias concluait que 20% de la couverture médiatique de la LNH provenait de Montréal seulement. Imaginez la faible place qu’une équipe comme les Coyotes de Phoenix doivent avoir dans leur média. L’équipe de football du Highschool doit avoir une plus grande couverture que l’ancienne équipe de Wayne Gretzky.

Ce soir, je n’ai pu m’empêcher d’écouter les débats sur le sujet à L’Attaque à 5. Je crois bien que si les Nordiques revenaient, je reprendrais facilement le goût d’écouter le hockey pis je m’achèterais un chandail bleu bordé de fleur de lys. Plus ça avance, plus je les veux finalement, mes Nordiques.

Parce que c’est comme ça à Québec. Ce sont NOS Nordiques. Pis ils le sont toujours, quand ça va mal et quand ça va bien. Simplement à voir combien on a été patient pour bâtir la petite dynastie … qui a remporté la coupe à Denver… Le Colisée était plein, même en bas du classement. On avait Sakic qui trônait pareil au sommet des pointeurs de la ligue. Dans vos dents, le CH.

Nordiques - Sakic
* image provenant de histoirenordiques.ca.

La seule chose que je demande, c’est, S’IL VOUS PLAIT, de pas songer au nouveau chandail que l’organisation avait proposé quelques semaines avant le déménagement. C’était affreux. Assez pour ne plus supporter l’équipe.

Supposé ancien nouveau chandail Nordiques

Le phénomène des lipdubs

Quelle belle mode que ces incroyables lipdubs, hein?! Le pire, c’est que je ne crois pas qu’on ait encore atteint le sommet.

Reçu cette semaine, comme sûrement plusieurs médias, un communiqué de MusiquePlus se vantant dont.

Ce qu’il faut cependant savoir, c’est que bien avant eux, et même avant la folie qui entoure leur création sur Youtube, c’est MusiquePlus qui a reconnu et diffusé en primeur leur talent.

En effet, quelques minutes seulement après la fin de son tournage, ce lip dub était diffusé une première fois sur les ondes de MusiquePlus. « Ce bon coup de notre part concorde directement avec notre mandat de diffuseur musical qui sait laisser une place importante aux nouveaux créateurs et avec notre volonté de nous rapprocher des institutions académiques et, de façon plus précise, des jeunes et de leurs intérêts » affirme Luc Doyon, vice-président principal et directeur général de MusiquePlus.

Euh…

Certes, je concède que le clip est le travail de nouveaux créateurs en réalisation, mais certainement pas en musique. C’est du lipsync, là! Alors, en quoi est-ce en lien avec le mandat de diffuseur musical?!

Là, je ne parle pas contre ce vidéo des étudiants en communication de l’UQÀM, qui semble devenir une fierté culturelle québécoise, même que je dois avouer qu’il est dans les rares bons que j’ai vu. Toutefois, en général, les lipdubs, je trouve ça bien navrant.

Chaque fois que j’en vois, je ne peux m’empêcher de revoir les vidéos amateurs que le Club des 100 watts passaient dans ses concours de lipsync. C’est, pour moi, la même maudite affaire, mais seulement avec plus de monde et parfois une meilleure réalisation, plus éclatée. Ça reste quand même du monde faisant semblant de chanter sur une toune en essayant d’être synchronisé.

Même que ce phénomène du lipdub est une des plus belles preuves que l’on vit bel et bien dans un retour des années 80′ (sa 2e moitié du moins), tant c’est cool et branché. Le lipsync aussi avait connu ses heures de gloire dans les années 80′.

Et justement, voici un de ses clips du Club des 100 watts: http://www.youtube.com/watch?v=CaJduXAHFOE