Intimidation régionale

Lorsqu’on étudie en communication, que ce soit écrit, radiophonique ou télévisuel, le pourcentage de gens se plaçant dans sa job de rêve est faible. Durant les premières années du moins (s’élève-t-il vraiment ensuite?). Le résultat, à la fin des diplômes, qu’ils soient bacc, aec ou dec, se divise vers ces trois tangentes: on devient miss météo, journaliste/animateur en région ou emballeur dans une épicerie/caissier dans un dépanneur.

Depuis quelques mois, on peut aussi ajouter scab au Journal de Québec/Journal de Montréal, mais c’est temporaire – mettons.

KM Zéro

Ce soir, l’émission Kilomètre zéro de Télé-Québec s’est penchée sur l’une de ces tangentes. Pas tant sur le sort des pauvres étudiants, mais sur les difficultés d’être journaliste en région. Des difficultés qui semblent douces, anodines, mais bien présentes. Puis je sais de quoi je parle, je suis dans cette situation.

Plusieurs trucs peuvent venir nuire à la libre-expression du journalisme en région. D’une part, le journal est bien souvent indépendant et donc des finances pas tant solides. C’est-à-dire qu’une poursuite peut faire très mal.

Récemment, une journaliste d’un hebdomadaire en Montérégie a dévoilé des gestes illégaux du maire. Lui, il l’a pas pris. Intimidation. Retrait de toutes les publicités de la Ville. Poursuite pour diffamation. Pourtant, les faits sont véridiques. Mais elle n’avait pas d’affaire à sortir l’histoire. Dans l’émission, un journaliste se fait sortir du conseil de ville par la SQ! Pas dans la feu-URSS là, icitte, au Québec.

Un Patrick Lagacé ou un Alain Gravel peut faire ces révélations sans problème, leurs patrons ont les moyens de les soutenir s’ils se font poursuivre. Pas un petit média communautaire ou un petit indépendant privé. Souvent ces organismes n’ont que 2, 3 ou 4 employés… ce qui n’inclut aucun avocat.

Le même problème se pose aussi avec simplement d’autres entrepreneurs de la région. Encore plus lorsqu’il y a un immense employeur, comme une ville existant grâce à ses ressources naturelles. Qui chie dans la main de celui qui le nourrit?

Ensuite, dans une petite ville comme Fermont ou Havre-Saint-Pierre ou Témicaming, tout le monde se connaît. Tu ne vas pas dire n’importe quoi n’importe comment, tu vas recroiser la personne concernée toute la semaine à l’épicerie, à la caisse, en marchant, à la poste, etc. Tout devient plus sensible. En plus, bonjour les conflits d’intérêts!

L’émission super intéressante de Kilomètre zéro se pogne sur le web pour les geeks icitte et pour les traditionnels, en reprise mardi 15h ou mercredi minuit30, sur Télé-Québec.

Oh, je tiens à spécifier que si je me reconnais dans plusieurs de ces situations, je dois avouer que c’est quand même tranquille dans mon Grand Nord. Il n’y a pas encore eu d’histoires de fraudes, de poursuites, de scandales, etc. Du moins, depuis que j’y suis!

Je suis un sacré pacificateur!!!

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