Le Nord, c’est loin (plus que le FME)

Je lis évidemment les différents retours sur le FME. Depuis trois ans, c’est la même affaire. Avant l’évènement, je me dis que ça me dérange pas, que je ne peux pas, que je vis autre chose maintenant, que je l’ai déjà vécu. Bref, j’essaie d’appliquer ce que ma barbe m’impose: la sagesse.

Puis chaque fois que le FME se déroule, là, ça vient me chercher. Étant quelqu’un de réservé, je ne pleure pas dans mon coin. De quoi perdre toute autorité devant mon chien. Mais j’ai pu soupirer une ou deux fois depuis jeudi.

Je vous parle de ça parce que l’acronyme FME est probablement le plus populaire ces temps-ci, pis chez BangBang, on est accro aux clics de souris. On aime la visite, parce qu’on est pas sorteux, sûrement. Ensuite parce que je vais vous montrer une vraie longue route, moé.

La route 117 qui relie les Laurentides à l’Abitibi, désolé mes poussins, mais c’est de la petite bière. C’est une Tremblay à côté d’une bonne Boréale rousse en fût. La 20 étant digne d’une Molson Dry sans goût.

Analogie d’alcoolique faite, présentons les arguments, de poids.

La route 389, premièrement, est aussi appelée la route Trans-Québec-Labrador. Parce que le nom l’indique, c’est la seule route reliant le Québec au Labrador.

Plus précisément, elle part de Baie-Comeau, longe les barrages de la Manic, le réservoir Manicouagan (et donc l’île René-Levasseur), passe ensuite à côté de Fermont et termine à la limite du Labrador, une quinzaine de kilomètres avant Labrador City. Un périple d’environ 570km.

Évidemment, là, les petits malins me diront que la distance entre Montréal et Rouyn-Noranda est d’un peu plus de 600km. Oui, peut-être, mais on ne parle vraiment pas d’un même contexte. Premièrement, c’est 570km à partir de Baie-Comeau. Pis cette ville-là est environ à 5h de Québec et à 7h30 de Montréal.

Ensuite, on y croise pas de villages ou de villes sur la 389, c’est carrément sauvage. En fait, c’est un peu comme si la 117 était le Parc de la Vérendrye tout le long. Mais avec plus de courbes, une asphalte plus laide et la moitié en terre. Bref, pas du tout le même contexte.

Parce que la route est vachement sinueuse. Du moins entre Baie-Comeau et Manic 5. Plusieurs personnes sont malades dans cette partie. Même moi, qui vise pourtant une retraite médiatique comme camionneur, je ne pouvais pas trop regarder le ipod longtemps pour choisir le musique, lorsque j’étais passager. Quelqu’un qui lit dans cette partie vomit au moins 2 fois. Je me demande s’il y a même un kilomètre sans courbes!

Vous savez, les montagnes russes, ça monte, descend et tourne parfois en même temps. La 389, entre Baie-Comeau et Manic 5, c’est un peu la même chose. Mais on se console en se disant que c’est une des parties les plus laides du parcours. Du point de vue routier. Parce que les paysages sont superbes, comme sur toutes les routes qui traversent les Laurentides. Des lacs, des rivières, de la fôret… pendant 6 heures de temps. On y croise aussi Manic 2 et Manic 5.

Rendu à Manic 5, deux choses. D’une part, le barrage est vraiment immense, c’est impressionnant. J’y ai eu le même effet qu’avec les Rocheuses, dans l’Ouest. On se pense proche, et plus on avance, plus on se rend compte qu’on était encore loin. Ce n’est pas si haut, 214 mètres – ce qui est quand même plus haut que Place Ville-Marie, mais c’est fichtrement large et imposant, 1314 mètres. Un sacré mur.


* Une voiture se cache sur cette photo


* Une voiture se cache sur cette photo

Puis après ce dernier barrage qui détruirait Baie-Comeau s’il cédait, on tombe sur une route de terre. La route devient toutefois beaucoup plus normale au niveaux des courbes. Après une heure ou une heure et demi, on revient sur de l’asphalte pour une autre heure, pour ensuite revenir sur de la terre jusqu’au Mont-Wirght, la mine qui a donné naissance à Fermont. Entre Manic 5 et Fermont, un relais pour étancher la soif de la voiture et payer beaucoup trop cher de la nourriture.

Une route qui, malgré ses défauts, se fait très bien. C’est juste long. Les résidents de Fermont et les camionneurs devant emprunter la 389 pressent, avec raison, le gouvernement de la transformer en vraie route. Asphaltée et avec moins de courbes dangereuses. Parce que le dernier quart de la route est très en deçà des normes québécoises, avec une dizaine de virages à 90 degrés débouchant sur un chemin de fer…

Dans son dernier budget, Jean Charest a fait de belles promesses. Une énorme enveloppe de 440 millions de dollars. On pourrait crier victoire… Mais il n’a donné aucun détail sur le comment et surtout sur le quand. Après 6 mois, c’est encore un brouillard digne de Londres.

Puis tout ça pour aboutir dans une ville de 2700 habitants, où règne un immense mur.

Plus de photos de cette route icitte.

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