Littérature, suicide et connerie

Denis Lévesque a encore démontré que ce n’est pas lui qui haussera la qualité générale de TVA.

Denis Lévesque

Évidemment, il a parlé de la mort, apparemment suicide, de Nelly Arcand. Pour tenter de bien comprendre le suicide et pourquoi elle aurait pu faire ça (parce tsé, c’est évidemment facile à cerner ça), il a invité le président d’une association de prévention du suicide (je n’ai pas entendu le nom, je zappais quand je suis tombé sur ça).

Et comment ce prince de la nouvelle commentée commence l’entrevue? De même:  » Comment une fille belle, intelligente, populaire, une vedette, peut s’être suicider? « , avec un ton incrédule.

J’entends ça et je ne peux que me dire que:
– Décidemment, peu de monde comprennent encore ce qu’est le suicide;
– À prétendre que le bonheur absolu réside dans la beauté et le vedettariat, il vient de donner le goût à pas mal de gens dépressifs de se suicider;
– Il est vraiment con, Lévesque.

Intimidation régionale

Lorsqu’on étudie en communication, que ce soit écrit, radiophonique ou télévisuel, le pourcentage de gens se plaçant dans sa job de rêve est faible. Durant les premières années du moins (s’élève-t-il vraiment ensuite?). Le résultat, à la fin des diplômes, qu’ils soient bacc, aec ou dec, se divise vers ces trois tangentes: on devient miss météo, journaliste/animateur en région ou emballeur dans une épicerie/caissier dans un dépanneur.

Depuis quelques mois, on peut aussi ajouter scab au Journal de Québec/Journal de Montréal, mais c’est temporaire – mettons.

KM Zéro

Ce soir, l’émission Kilomètre zéro de Télé-Québec s’est penchée sur l’une de ces tangentes. Pas tant sur le sort des pauvres étudiants, mais sur les difficultés d’être journaliste en région. Des difficultés qui semblent douces, anodines, mais bien présentes. Puis je sais de quoi je parle, je suis dans cette situation.

Plusieurs trucs peuvent venir nuire à la libre-expression du journalisme en région. D’une part, le journal est bien souvent indépendant et donc des finances pas tant solides. C’est-à-dire qu’une poursuite peut faire très mal.

Récemment, une journaliste d’un hebdomadaire en Montérégie a dévoilé des gestes illégaux du maire. Lui, il l’a pas pris. Intimidation. Retrait de toutes les publicités de la Ville. Poursuite pour diffamation. Pourtant, les faits sont véridiques. Mais elle n’avait pas d’affaire à sortir l’histoire. Dans l’émission, un journaliste se fait sortir du conseil de ville par la SQ! Pas dans la feu-URSS là, icitte, au Québec.

Un Patrick Lagacé ou un Alain Gravel peut faire ces révélations sans problème, leurs patrons ont les moyens de les soutenir s’ils se font poursuivre. Pas un petit média communautaire ou un petit indépendant privé. Souvent ces organismes n’ont que 2, 3 ou 4 employés… ce qui n’inclut aucun avocat.

Le même problème se pose aussi avec simplement d’autres entrepreneurs de la région. Encore plus lorsqu’il y a un immense employeur, comme une ville existant grâce à ses ressources naturelles. Qui chie dans la main de celui qui le nourrit?

Ensuite, dans une petite ville comme Fermont ou Havre-Saint-Pierre ou Témicaming, tout le monde se connaît. Tu ne vas pas dire n’importe quoi n’importe comment, tu vas recroiser la personne concernée toute la semaine à l’épicerie, à la caisse, en marchant, à la poste, etc. Tout devient plus sensible. En plus, bonjour les conflits d’intérêts!

L’émission super intéressante de Kilomètre zéro se pogne sur le web pour les geeks icitte et pour les traditionnels, en reprise mardi 15h ou mercredi minuit30, sur Télé-Québec.

Oh, je tiens à spécifier que si je me reconnais dans plusieurs de ces situations, je dois avouer que c’est quand même tranquille dans mon Grand Nord. Il n’y a pas encore eu d’histoires de fraudes, de poursuites, de scandales, etc. Du moins, depuis que j’y suis!

Je suis un sacré pacificateur!!!

Même pas six étoiles sur dix

J’aime bien Catherine Perrin. Elle fait un travail très honnête en animation et elle est à sa place dans une émission culturelle. Je donnais donc une chance à l’émission Six dans la cité, malgré son très mauvais nom qui ne veut absolument rien dire, sauf faire des mauvais clins d’œils. Je donnais une chance également malgré la brochette d’intervenants annoncés.

Que je peux être bon joueur. J’ai bien essayé d’écouter l’émission. J’ai vraiment essayé.

Disons-le, je me demandais bien ce que serais la différence entre On fait tous du show-business et Six dans la cité, vu que c’est pratiquement les mêmes intervenants. Finalement, y’en a une, c’est moins bon. Faut-il vraiment que les six soient en formule débat pour qu’il y ait de la « vraie » critique? On dirait, c’est ça la grosse différence entre les deux, surtout. Et le retrait d’un invité de la semaine y allant avec ses impressions, volet qui étaient parfois intéressant, selon l’invité, dans On fait tous du show-business.

Mais revenons à ces fameux six se promenant dans la cité – comme si c’était supposé faire frémir. Quelle mauvaise liste de critiques: elle manque de jeunesse, d’originalité et de divergence. Entendre Nathalie Petrowski, Franco Nuovo, Marie-Christine Blais, René Homier-Roy, c’est comme entendre du vieux Charlebois, y’a rien va nous surprendre là! Je ne parle même pas de Geneviève Guérard qui a zéro crédibilité comme critique… quand on sort de la danse.

On a plein de jeunes critiques articulés qui, eux, n’ont vraiment pas peur de dire ce qu’ils pensent. Un bon mélange aurait été dynamique, aurait affiché un vrai visage d’audace. Une Petrowski ou un Homier-Roy, d’accord, mais avec quelqu’un qui détonne, s’il vous plait. Mettez un Philippe Renaud, un ORL, une Marie-Hélène Poitras ou pourquoi pas un André Péloquin (bon, là je pousse fort peut-être, je sais). Mais mettre un peu de jeunesse, une autre génération, une personne que le large public ne connait pas, pour créer une surprise. Parait que la moyenne d’âge des auditeurs de Radio-Canada est 52 ans… je n’en doute pas avec ce choix de critiques.

Pour de la « vraie » critique, faudra aussi repasser. Si écorcher c’est simplement dire qu’on n’aime pas, je vais continuer à me « contenter » des webzines, des journaux écrits ou de la radio. L’émission est certainement moins complaisante que TVA, mais rien pour faire brailler un artiste. Puis depuis quand TVA est un exemple en contenu?

Bref, c’est bien décevant comme émission. Dommage. J’espérais que Radio-Canada ose davantage.

S’il faut répéter trois fois, je reste couché

Merci à Avec pas d’casque pour le titre de ce magnifique billet en puissance. D’ailleurs, félicitons-les pour leur nomination au gala de l’ADISQ 2009 dans la catégorie Auteur-compositeur de l’année. Amplement mérité. Merci aussi de me faire sourire en ce moment en jouant avec vos deux albums en random dans itunes.

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En ce moment, en ce, euh…, 15 septembre 2009 1h10 du matin, il neige pour une 2e fois à Fermont. La première fois c’était le 27 août dernier. Bon, la neige paraît même pas au sol, mais elle tombe pareil!

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Vous savez, ou pas, qu’importe, c’est futile comme détail puisque je vais le dire anyway, j’oeuvre en ce moment à CFMF, la radio communautaire de Fermont. Cette radio communautaire n’est pas comme les radios communautaires ou étudiantes de Québec, Montréal, Sherbrooke et autres villes « normales » du sud de la province. C’est-à-dire qu’elle est la seule radio du coin. Donc est plus similaire aux radios commerciales qu’aux communautaires.

Elle doit donc jouer les gros hits, des Black Eyed Peace aux Sylvain Cossette. En parlant avec la directrice musicale de la station, nous avons découvert que les reprises sont salement à la mode, ces temps-ci. Voici un coup d’oeil rapide et non exhaustif.

Sylvain Cossette, rendu à deux putains de disques de reprises des années 70. DEUX!
Le single actuel de Stéphanie Lapointe est une reprise
Le disque Génération Passe-Partout vient de sortir son premier single
Le single d’Audrey De Montigny est en ce moment une reprise (mais tout le monde pense que c’est Nathalie Simard qui chante la toune)
Tous les singles du disque de Star Académie sont des reprises, évidemment
Kate Ryan a lancé une autre reprise de France Gall
Boom Desjardins sort des reprises
Étienne Drapeau nous casse les oreilles avec femme libérée
Marie-Élaine Thibert a sorti un single… une reprise
Les Lost Fingers ne font que des reprises
Et le dernier, Pépé, a aussi fait un disque de reprise.

De quossé qui se passe?! Ça suffit! Un peu d’originalité, les amis! Vous avez beau être en général des artistes poches, pas obligé de scraper des vieux hits ou de ressortir des vieilles merdes!

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Mon site ne fonctionne plus temporairement. Donc les photos que j’ai mises un peu partout sur ce blogue via mon serveur ne s’affichent plus. Mon billet sur la route 389 perd pas mal de pertinence, ainsi que ceux sur les photos du festival d’été… Ça va revenir dans pas long.

Le Nord, c’est loin (plus que le FME)

Je lis évidemment les différents retours sur le FME. Depuis trois ans, c’est la même affaire. Avant l’évènement, je me dis que ça me dérange pas, que je ne peux pas, que je vis autre chose maintenant, que je l’ai déjà vécu. Bref, j’essaie d’appliquer ce que ma barbe m’impose: la sagesse.

Puis chaque fois que le FME se déroule, là, ça vient me chercher. Étant quelqu’un de réservé, je ne pleure pas dans mon coin. De quoi perdre toute autorité devant mon chien. Mais j’ai pu soupirer une ou deux fois depuis jeudi.

Je vous parle de ça parce que l’acronyme FME est probablement le plus populaire ces temps-ci, pis chez BangBang, on est accro aux clics de souris. On aime la visite, parce qu’on est pas sorteux, sûrement. Ensuite parce que je vais vous montrer une vraie longue route, moé.

La route 117 qui relie les Laurentides à l’Abitibi, désolé mes poussins, mais c’est de la petite bière. C’est une Tremblay à côté d’une bonne Boréale rousse en fût. La 20 étant digne d’une Molson Dry sans goût.

Analogie d’alcoolique faite, présentons les arguments, de poids.

La route 389, premièrement, est aussi appelée la route Trans-Québec-Labrador. Parce que le nom l’indique, c’est la seule route reliant le Québec au Labrador.

Plus précisément, elle part de Baie-Comeau, longe les barrages de la Manic, le réservoir Manicouagan (et donc l’île René-Levasseur), passe ensuite à côté de Fermont et termine à la limite du Labrador, une quinzaine de kilomètres avant Labrador City. Un périple d’environ 570km.

Évidemment, là, les petits malins me diront que la distance entre Montréal et Rouyn-Noranda est d’un peu plus de 600km. Oui, peut-être, mais on ne parle vraiment pas d’un même contexte. Premièrement, c’est 570km à partir de Baie-Comeau. Pis cette ville-là est environ à 5h de Québec et à 7h30 de Montréal.

Ensuite, on y croise pas de villages ou de villes sur la 389, c’est carrément sauvage. En fait, c’est un peu comme si la 117 était le Parc de la Vérendrye tout le long. Mais avec plus de courbes, une asphalte plus laide et la moitié en terre. Bref, pas du tout le même contexte.

Parce que la route est vachement sinueuse. Du moins entre Baie-Comeau et Manic 5. Plusieurs personnes sont malades dans cette partie. Même moi, qui vise pourtant une retraite médiatique comme camionneur, je ne pouvais pas trop regarder le ipod longtemps pour choisir le musique, lorsque j’étais passager. Quelqu’un qui lit dans cette partie vomit au moins 2 fois. Je me demande s’il y a même un kilomètre sans courbes!

Vous savez, les montagnes russes, ça monte, descend et tourne parfois en même temps. La 389, entre Baie-Comeau et Manic 5, c’est un peu la même chose. Mais on se console en se disant que c’est une des parties les plus laides du parcours. Du point de vue routier. Parce que les paysages sont superbes, comme sur toutes les routes qui traversent les Laurentides. Des lacs, des rivières, de la fôret… pendant 6 heures de temps. On y croise aussi Manic 2 et Manic 5.

Rendu à Manic 5, deux choses. D’une part, le barrage est vraiment immense, c’est impressionnant. J’y ai eu le même effet qu’avec les Rocheuses, dans l’Ouest. On se pense proche, et plus on avance, plus on se rend compte qu’on était encore loin. Ce n’est pas si haut, 214 mètres – ce qui est quand même plus haut que Place Ville-Marie, mais c’est fichtrement large et imposant, 1314 mètres. Un sacré mur.


* Une voiture se cache sur cette photo


* Une voiture se cache sur cette photo

Puis après ce dernier barrage qui détruirait Baie-Comeau s’il cédait, on tombe sur une route de terre. La route devient toutefois beaucoup plus normale au niveaux des courbes. Après une heure ou une heure et demi, on revient sur de l’asphalte pour une autre heure, pour ensuite revenir sur de la terre jusqu’au Mont-Wirght, la mine qui a donné naissance à Fermont. Entre Manic 5 et Fermont, un relais pour étancher la soif de la voiture et payer beaucoup trop cher de la nourriture.

Une route qui, malgré ses défauts, se fait très bien. C’est juste long. Les résidents de Fermont et les camionneurs devant emprunter la 389 pressent, avec raison, le gouvernement de la transformer en vraie route. Asphaltée et avec moins de courbes dangereuses. Parce que le dernier quart de la route est très en deçà des normes québécoises, avec une dizaine de virages à 90 degrés débouchant sur un chemin de fer…

Dans son dernier budget, Jean Charest a fait de belles promesses. Une énorme enveloppe de 440 millions de dollars. On pourrait crier victoire… Mais il n’a donné aucun détail sur le comment et surtout sur le quand. Après 6 mois, c’est encore un brouillard digne de Londres.

Puis tout ça pour aboutir dans une ville de 2700 habitants, où règne un immense mur.

Plus de photos de cette route icitte.

Parce que je ne vais pas au FME

J’ai eu la chance de couvrir les 2e, 3e et 4e édition du FME. Je me souviens avoir vanter ce festival. Je le fais encore. C’est de loin le plus meilleur des festivals au Québec. Dans une ville que j’aime tant qu’il me faut aller y vivre un jour. Bref, je suis vendu pas pirement.

Mais voilà, depuis, je n’ai pas pu y retourner. Et depuis deux-trois ans, on dirait justement que ceux qui, comme moi, se sont mis à vanter le FME, voient le fruit de leur travail. C’est maintenant LE happening de la scène musicale. À quelques virgules d’être une légende urbaine. Si c’est mérité, c’est cocasse. C’est toute la puissance des hypes qu’on a pu voir grandir petit à petit.

Mais je n’y vais pas pis c’est donc pas pour parler du FME que je viens caresser – bon, soyons honnête, je frappe plus que je caresse – mon clavier. Je me permettrais quand même cette dernière chose: maintenant que je demeure à Fermont, entendre ces gens parler de l’exotisme du « nord » de Rouyn-Noranda, ou de la grannnnde distance à faire, je rigole bien dans ma barbe.

Mais justement, j’habite Fermont depuis janvier dernier. Si bien que maintenant, je fais plus lire sur les groupes que les écouter. Je n’ai plus accès à tout, je n’ai pas le temps de faire le tour de tous les myspace, pis bien des groupes « indie » sont introuvables sur les torrent.

Cet été, j’ai donc été refaire le plein pendant mes vacances chez mes anciens collègues de CHYZ FM à Québec. Ça a fait salement du bien. Certains me trouveront immoral d’avoir copié dans mon portable quelques gigs de disques, mais je tente de me reprendre en disant qu’en échange, je les fais jouer sur les ondes de CFMF à Fermont.

J’ai le goût de vous partager des petits coups de coeur, de même.

Un de ses coups de coeur était justement le #1 du palmarès chyzien au moment de ma visite.

Tortoise - Beacons of Ancestorship
Tortoise – Beacons of Ancestorship
Un vrai petit bijou, ce petit disque de Tortoise. C’est à la fois catchy et intense. Un superbe mariage d’un rock-électro assez gras – et aux élans post-rock… et même des saveurs de jazz et de progressif! Même après 6 albums, le groupe s’impose encore. Chapeau!

Ancient Astronauts - We Are The Answer
Ancient Astronauts – We Are The Answer
Je ne connaissais pas du tout. C’est en explorant un palmarès hip hop que je suis tombé sur ça. J’adore! Des pièces tantôt instrumentales, tantôt rappées. Il y a une chaleur dans leur musique, avec ces instruments qui sonnent « vrais ». Ça pige dans le funk pis dans le hip hop old school, mais ça sonne comme un album qui aurait salement bien vieilli.

Brun Citron - Josée, Nicole, Ginette, Sandra
Brun Citron – Josée, Nicole, Ginette, Sandra
Le disque ludique de l’été! On pourrait se dire « un autre qui s’inspire du ukulélé? » Mais personne au Québec ne se l’est approprié comme ça. C’est à la fois si léger et si vulgaire. Si mélodique et si coup-de-poing. Pleins de trucs pour se coller dans notre tête comme du duck tape sur une guitare de rocker. Est-ce trop bonbon pour toffer longtemps? On verra. Mais pour le moment, j’adore ça! J’ai l’impression d’entendre le fils bâtard de Pépé et des Marmottes Aplaties.

Le Klub des 7 - La classe de musique
Le Klub des 7 – La classe de musique
Tout simplement un excellent deuxième album pour la formation hip hop française. C’est funky, c’est drôle, c’est rythmé, c’est fou, c’est bon. Rien à dire de plus, du bonbon.

En vrac, j’aurais pu aussi parler de The Clues, comme tout le monde, le dernier Think About Life, Phoenix, Électrons Libres ou de Math The Band,

Pis Fred Fortin sort tellement un nouvel album le 29 septembre. La joie, toi!